07.05.2008

En guise de conclusion...

A tous ceux qui m’ont permis de passer ces longs mois… sans embûche…
A tous ceux que mon éloignement n’a pas laissé indifférent qu’ils se soient manifestés, ou qu’ils s’en soient abstenus…


En guise de conclusion,

Dès les premiers jours, mon fils Victor, dans sa première lettre, en citant NIETZSCHE, m’a placé la barre très haute : "Tout ce qui ne me tue pas, me rend plus fort, accroît ma puissance, car s'il ne dépend pas de nous d'aller contre les événements, du moins est-il en notre pouvoir de les assumer, de les dépasser et d'en tirer profit...".
Dès mon arrivée à la Maison d’Arrêt de Metz, une phrase de l’Etranger d’Albert Camus, m’a interpellé (un co-détenu l’avait affichée sur notre panneau d’affichage) : « C’est un homme banal, innocent, que la Justice prend pour un criminel (un coupable). Tout cela parce qu’il refuse de mentir et d’entrer dans son jeu ». Celle-ci me semblait résumer ma situation.
La vocation première de la prison qui n’est, selon la loi, que de « priver de la liberté d’aller et venir » m’a guidé dans mes objectifs.

Ces trois phrases ont été constamment à mon esprit, pendant ces près de 34 mois.

Les deux premières étaient faciles, pour moi, elles ne dépendaient que de moi, elles ne résumaient que mon intime conviction, et le fruit de ma vie passée, ce que mes parents m’avaient appris de la vie, ce que la vie familiale et professionnelle m’avait fait mettre en pratique.
Bien vite, je me suis rendu compte que ce que disait la loi n’était pas le quotidien de ce que je vivais et allais vivre et il m’appartenait de ne pas me laisser dépasser par les événements…

Je ne conteste pas le fait que ce que l’on m’a reproché soit le fruit d’une attitude « hors-norme », et je ne prétends pas que c’était ce qu’il y avait de mieux à faire.
Dans les affaires, il y a des hauts et des bas. Et soyez-en bien sûr, j’ai une conscience et elle ne me reproche rien. Il me semble que je n’ai pas été un « danger public ».
Mais c’est fait, je le regrette, cela a été jugé, et il n’y a pas lieu de revenir sur la décision prise, même si je trouve « souvent » que celle-ci est quelque peu disproportionnée, pour ne pas dire « excessive »…

Ma seule volonté, dès le départ, a été d’assumer, en espérant et en faisant en sorte que ma propre famille ne souffre pas trop de cette situation.

Mon seul souhait a été de faire en sorte que ma période de détention ne soit que la « privation d’aller et venir », et pas plus.

Certes, ce ne fut pas facile, tous les jours.
Et pendant les quatre premiers mois, j’ai souffert « intellectuellement » et « mentalement » de « l’inactivité » et de « l’inutilité » de mon temps. Je n’y étais pas habitué…

Dès que j’ai pris « les fonctions d’écrivain », outre les avantages, en confort matériel, incontestables, ma vie entre ces murs a pris, à mes yeux, un autre sens.
En fait, je mettais tout en œuvre, pour moi-même et pour les autres, pour appliquer la pensée de Nietzsche.
C’est ainsi que jusqu’aux derniers jours, puisque ma dernière demande a été examinée le 13 septembre, j’ai tout mis en œuvre pour écourter ce temps d’éloignement… ( demande de confusion de peines, demande de non-révocation du sursis, demande de libération conditionnelle (JAP + en appel), demande de semi-liberté)… Je n’ai jamais été suivi, je n’ai jamais été compris, entendu…

Mais ces demandes (répétées) ont eu, pour effet, qu’en attendant une échéance plus favorable à ce qui était prévu, je ne pensais pas que je resterai, en prison, aussi longtemps… et cela aussi, m’a (nous a) permis de survivre… sans une « permission de sortir » pour renouer avec la famille et chercher du « travail »…

Comme vous le savez, j’ai toujours été « actif » : actif, pour m’occuper, mais aussi « actif » pour rendre service.
De cela, j’ai conscience, même si cela n’a pas été du goût de tout le monde… mais on ne se refait pas… si facilement.
Et cela m’a valu une diminution de mes remises de peines supplémentaires (RPS) = 2 x 10 j de RPS au lieu de 2 x 1 mois.

L’important était donc d’être occupé, car c’est, assurément, la seule façon de supporter un tel éloignement de sa famille, dans de telles conditions.

Je pense avoir « réussi » ma détention, mais vous le savez, comme pour tous les détenus, même les « meilleurs », les plus « résistants », les plus « adaptables », cette période n’a pas été « agréable » pour moi… !

En détention, consciemment et inconsciemment (souvent, j’espère), on est le fruit d’attitude de mépris, de brimades, de manque de respect de la personne humaine, aussi bien de la part d’autres détenus que d’autres intervenants (surveillants, intervenants extérieurs).
Certains êtres humains sont ainsi faits…
Ce n’est certes pas « physique » (au moins à mon égard), mais c’est souvent psychologique et extrêmement « déstabilisateur »… et je comprends très bien que certains (plus faibles) ne soient pas capables de résister, d’où les « pétages de plomb » (« réprimés »… et dont on en recherche pas l’origine), et pire, les suicides… j’en ai connu, en 33 mois, au moins 5, des tentatives, une bonne dizaine… des automutilations…, trop souvent.

Vous comprendrez qu’on n’arrive pas à ce stade, à de telles extrémités, sans motif… « valable »… même si beaucoup sont jeunes… ils ne sont pas tous « débiles » et/ou « incapables » (au sens médical et juridique).
L’accumulation de petits détails, pris individuellement « insignifiants », peut produire des effets très pernicieux…

Ce qui est plus malsain, en détention, c’est l’obligation que vous avez de supporter tout cet environnement hostile, je pense particulièrement :
. au bruit perpétuel (musique, cris, dialogues hauts et forts, etc…),
. à la surpopulation qui fait que les équipements sanitaires (et services communs – salles d’activité, parloirs, cuisine, etc…) ne sont plus adaptés au nombre, ce qui provoque, immanquablement, la présence d’une saleté latente qui déteint sur les lieux, mais aussi sur les individus et provoque des maladies suspectes,
. au laxisme de certains décideurs qui, trop souvent, ressemble à de la faiblesse, et lorsque l’autorité réapparaît, elle n’est plus comprise et elle provoque des conflits qui auraient pu (du) être évités,
. à une cohabitation forcée avec certains individus dangereux, peut-être pas physiquement, mais pour l’influence néfaste qu’ils peuvent avoir sur certains détenus influençables ou avides de connaissances délictueuses… !

Bien sûr, tout cela ne produit pas une situation inacceptable, insurmontable… mais cette situation est tellement négative que l’on est en droit de se demander si elle a sa raison d’être…
La prison a-t-elle vocation d’être une école de la délinquance… ? Pourquoi y a t il autant de récidivistes, d’allers et retours… ? Cette question s’est-elle imposée aux décideurs ?

Je crois qu’il est temps de regarder la vérité, en face…, même si elle doit faire mal…

Ne croyez-vous pas… ?

Aussi, vous comprendrez qu’une détention longue, si elle ne déstabilise pas complètement l’individu, elle le choque plus que la « normale »…, c’est pour cela que je la trouve trop longue, d’autant plus qu’elle ne sert pas à la réinsertion « vraie ».

En qualité d’écrivain et de confident (obligé), j’ai eu connaissance de « réels » projets, tout à fait réalisables et allant dans le sens de la « vraie » réinsertion… et ils n’ont pas abouti… pourquoi ? Parce que « ne pas prendre de risque » est la devise de certains décideurs, ce qui provoque des remises en liberté… sans préparation, sans accompagnement, et donc, des « retours »… en prison… et après, ces mêmes décideurs ont l’audace de dire « je vous l’avais bien dit »… !

Moi, j’ai 60 ans, une famille, des amis, une personnalité qui me permettront de reprendre, assez facilement, je l’espère… une vie « normale » et « honnête », sans dérapage… mais je reste l’exception qui confirme la règle.

Il n’y a pas que du négatif, dans une prison, on y rencontre aussi des personnes formidables qui font tout pour ne pas t’abaisser, pour te redonner confiance en toi-même, certains surveillants nous appellent Monsieur et vouvoient, disent « Bonjour », certains même referment ta porte (le matin lorsqu'ils voient que tu es encore couché…). Bref, le respect existe… mais c’est aussi l’exception qui confirme la règle.

Entre détenus même, il existe un certain respect « individuel » et « réciproque », et s’il est vrai que la majorité pense d’abord à elle-même, il y a aussi, chez les détenus, une solidarité « exceptionnelle »… mais cela reste des exceptions qui confirment la règle…

Certaines fonctions (très proches des détenus) sont tenues par des êtres « remarquables », aussi bien à l’Ecole qu’en formation, et dans les aumôneries. Ce n’est plus un métier, c’est plus qu’une vocation, c’est un « apostolat » …
Pour tenir, croyez-moi, il faut vraiment être « accroché » et croire que l’homme… n’est pas aussi noir qu’il peut paraître.
En général, la majorité des détenus leur rend cet hommage par leur respect… ce qui me fait penser que quand on sait « le prendre » et qu’on le respecte… un détenu est un être comme les autres, pas meilleur, mais pas plus mauvais que beaucoup d’autres.

Pour revenir à ma détention personnelle… elle m’a permis à maintes reprises de faire le point sur mon passé, à extrapoler sur le futur…

Avec le recul, un de mes regrets est de m'être laissé autant accaparer par mes différents métiers, mon travail (que j’aimais bien) et de ne pas avoir su profiter d’une vie de famille heureuse et de nos enfants petits… Ils n’ont pas l’air d’en avoir trop souffert, mais pour ma part, quand je me retrouve seul dans le noir, je ne les vois pas « petits »… et quand je vois où tout cela m’a mené, je pense que j’aurais mieux fait de plus profiter de la vie, au quotidien…
Certes, j’ai l’impression que nous avons bien vécue, sans excès, mais aussi, sans privations fondamentales…

Ce n’est pas le moment de regretter, mais parfois, on se surprend, soi-même, en pensant qu’on aurait pu organiser notre vie d’une autre façon. Un simple choix (décision) à un certain moment peut changer tout le futur…

Ainsi va la vie…


Mais je suis pour rester optimiste et je sais que j’ai encore de bonnes années, devant moi… certes il me faudra organiser notre nouvelle vie, mes nouvelles activités professionnelles, mais cela ne me semble pas « mission impossible »…

En étant, de nouveau, l’exception qui confirme la règle, je dirai que cette période de détention me laissera des mauvais souvenirs, mais aussi de bons souvenirs…

Je sais, déjà, que je ne respecterai pas la tradition qui veut que tu dois quitter la prison, sans te retourner.

La prison m’a pris 34 mois de ma vie, mais je sais que ce ne sera pas, en vain…


Un grand merci à tous ceux qui m’ont soutenu et aidé, mentalement et matériellement.

Une nouvelle page s’ouvre…



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A travers : « 1019 jours de détention… ou la vie en prison, vue du dedans, comme si vous y étiez… » (index des notes sur la journée du 7 janvier)
Clémence et Paul Denis tentent de vous faire vivre le quotidien d’un détenu « moyen », pas inculte, mais pas VIP, non plus (vous avez l’intégral de ce bouquin, complété par vos questions / remarques et mes réponses…).
Nota : Sur la journée du 14 janvier, vous trouverez un lexique des mots qui méritent une explication et/ou un commentaire…
……..
Ma Prison… ou quelques questions qui fâchent… et des solutions proposées…
A travers ces pages, Paul Denis poursuit sa réflexion, il ne se considère plus comme un détenu, mais comme un observateur qui très souvent est devenu un confident.
Vous trouverez, sur la journée du 17 mai les dates de parution de mes articles…
……
Les bouquins de Paul DENYS n’ont pas encore trouvé d’éditeur.
Si vous désirez avoir leur version papier, vous pouvez acquérir (l’un ou l’autre ou les deux) en envoyant, par volume, un chèque de 17 € (frais d’envoi compris) à Ligue des Droits de l’Homme (LDH 57), 3 rue Gambetta à 57000 METZ. Pour 10 €, je peux vous l’envoyer par e-mail (150 pages A4 ou 220 pages A4).

05.05.2008

Ma prison...

Ma prison… ou la prison, telle que je la voudrais…

Comme je vous l’ai déjà dit, la durée de détention est souvent trop longue et de ce fait, elle est destructrice de l’individu. De plus, elle le rejette d’une façon irrémédiable, hors de la normalité et il est vain de prétendre qu’une réinsertion est possible. Les séquelles sont tels que l’ancien détenu ne sera plus jamais le citoyen qu’il était avant sa détention, sa délinquance.

Pour moi, la durée maximale de détention devrait être de 6 mois, quelque soit le délit ou crime. Pendant ce laps de temps, la Justice aura tout le loisir de trouver des peines (hors prison) pour punir le délinquant.

Les statistiques disent que la durée moyenne de détention est de 8 mois, ce qui veut dire qu’en fait, il y a beaucoup de petits séjours en prison… donc je devrais être satisfait.
Mais, je ne le suis pas, car ces séjours courts en prison, à l’heure actuelle, son tout à fait inopérants dans leur fonction punitive.
Le détenu n’y trouve pas des contraintes susceptibles de le faire réfléchir, susceptibles de lui faire regretter sa présence en ces murs.
Il vit, il attend que le temps passe dans des conditions matérielles si elles ne sont pas bonnes, pour le moins, elles ne sont pas traumatisantes.
De plus, une fois dehors, la prison ne lui laisse pas de souvenir assez déplaisant pour le persuader qu’il ne doit pas y retourner.

Pour moi, si on est reconnu coupable, on doit aller en prison, ne serait-ce que quelques temps.
Ainsi, les jeunes « petits » délinquants sont condamnés à la prison avec sursis de nombreuses fois avant d’y rentrer… Si à la première condamnation, il allait en prison… (dans ma prison), il n’y retournerait plus ou pour le moins, il redouterait un retour… ce qui n’est pas le cas aujourd’hui.

Donc ce passage obligé court (pas plus de 6 mois) permettrait aux juges de trouver des peines complémentaires en fonction de la nature du délit ou crime commis. Je leur en donnerai quelques pistes.

Pourquoi pas plus de 6 mois ?
6 mois me semblent, tout d’abord, largement suffisant pour trouver des peines complémentaires.
Pour celui qui est dedans, le régime que je lui propose devrait le dégoûter assez pour ne pas avoir envie d’y retourner…
Pour lui-même, s’il avait un employeur, ce dernier peut l’attendre (s’il en a besoin) 6 mois, au-delà, c’est du mécénat… Si la détention est longue, il sera difficile à l’ancien détenu de retrouver du travail (cf. trou dans le CV, les techniques ont évoluées, etc), de plus, l’ancien entourage professionnel l’aura oublié et ne sera pas enclin à l’aider dans sa recherche professionnelle.
S’il a une famille, avec l’aide d’amis et de leur famille, elle devrait pouvoir survivre et supporter l’éloignement de celui qui est souvent le chef de famille, celui qui apporte la meilleure paie.
De plus un éloignement long va le marginaliser dans sa propre famille, on se sera organisé sans lui, sa place ne sera plus la même.
D’un point de vue plus personnelle, la détention s’accompagne souvent d’une crise au sein du couple même, qui fait que celui-ci éclate à la sortie même si pendant la détention, les apparences ont été maintenues.

Si je veux que le maximum de délinquants passe par la prison, cela implique que les juges, sur la seule accusation (procureur), sur les seuls faits concrets connus (délit caractérisé, pris sur le fait, accident, meurtre, viols, etc), sur les seules investigations de la police judiciaire, décident qu’il y a faute et que celle-ci, au nom de la société, doit être suivie d’une punition.

Pour découvrir la gravité des faits, 6 mois sont largement suffisants dans la majorité des cas, si on s’occupe du dossier sans le faire traîner dans un placard… Alors, en fonction de ladite gravité, il sera possible de déterminer les peines complémentaires applicables en l’espèce. Dans l’absolu, je pense même que celles-ci pourraient être « choisies » en accord avec le délinquant.

Parmi les peines les plus efficaces, pour éviter la récidive, à mes yeux, et qui, souvent, peuvent aussi soulager la ou les victimes, je mettrai en premier : le déplacement du délinquant, en l’obligeant à quitter sa région d’origine. En second, je mettrai l’obligation de travailler et pas de chômage et de RMI possible (autorisé) pendant x mois ou années. Le reste suivra sans difficulté : dédommagement des victimes, interdiction de fréquenter telle ou telle personne, en rapport avec l’origine du délit, , port du bracelet, interdiction de fréquenter certains lieux, etc…

Tout cela ne se fera pas au bon gré du délinquant, mais sous la surveillance et avec l’aide d’un tuteur (éducateur) qui ne s’occupera que d’une dizaine d’individus.
Il faut une aide, une écoute et un soutien permanent, aide à la recherche d’emploi et de logement, aide aux observations et à l’exécution des peines complémentaires. 10 surveillés – protégés, cela ne fait qu’une vingtaine d’heures par mois maxi, pour chacun, cela me semble bien peu… mais on peut partir avec l’idée que le nouveau « protégé » aura / sera plus demandeur d’aide que celui qui est sur les rails depuis plusieurs mois, cela devrait faire un équilibre.

Pour éviter la récidive, il y a deux choses qui me semblent fondamentales : exiger l’éloignement et mettre en place le tuteur, présent à chaque instant, aussi bien pour aider et conseiller que pour surveiller et mettre en garde.

Ces peines, au-delà des 6 mois, doivent être acceptées par le délinquant, s’il refuse de s’y soumettre ou s’il dérape malgré les mises en garde, c’est le retour en prison pour une durée fixée d’avance et qui ne pourra être réduite (pas de RP – RPS – Grâces).


MA PRISON…


Je pense qu’elle ne plaira pas à tout le monde.

Nota : pour ne pas alourdir mon texte, je vous ferai des renvois pour expliquer pourquoi je pense que cela doit être comme cela.

Cellule individuelle (1) de 7 à 9 m² avec un lit, une table, une armoire, une chaise, un cabinet de toilette (2) avec lavabo et eau froide, WC (3),
Toute décoration, toute personnalisation interdites (4),
Pas de TV, pas de poste de radio ou CD, pas de DVD, pas de Playstation (5),
Musique de fond (ambiance), flash d’informations audio, chaque heure ou 3 fois par jour, avec possibilité pour le détenu de l’éteindre (6),
Bien sûr, porte fermée 24 h/24, sauf pour certaines activités,
Interdiction de fumer en cellule (7),
Interdiction d’y cuisiner, pourraient être toléré une bouilloire, du nescafé, sucre, etc et un peu de nourriture (type biscuits),
Au niveau confort et hygiène, bien sûr, il faut un lit correct et une literie propre, désinfectée entre chaque occupant, draps changés chaque quinzaine, maxi,
Si le coût n’en était pas trop excessif, j’envisagerai bien le retour au vêtement banalisé, type bleu de travail, avec seule possibilité de linge personnel dans les sous-vêtements, chaussettes et chaussures (8),

Cet environnement, quelque peu spartiate, devrait produire un effet d’isolement, un sentiment de non – bien-être avec cependant un confort digne du XXI° siècle.

Il est important que la prison ne soit pas un facteur de dé-sociabilisation. Donc, je pense qu’il faut y créer une vie sociale, et la possibilité de côtoyer d’autres individus, sans pour cela favoriser la trop bonne cohabitation – confraternité.
Ainsi, je pense que toute prison devrait être divisée en secteur regroupant au maximum 20 à 25 cellules.
Dans chaque secteur, on trouverait douche individuelle à laquelle chacun pourra aller une fois par jour, une salle d’activité–fumoir, un réfectoire.
Attenante à cette salle, parce que chacun doit se prendre en charge, à disposition, évier pour la vaisselle, machine à laver et sèche-linge. On peut même imaginer que les draps et serviettes sont lavés par le détenu (9).
En effet, dans ma prison, tous les repas (les 3) sont pris en commun, par table de 4 ou 6, pour un semblant de cellule familiale où parler est possible (10). Dans cette salle, on pourrait y trouver des casiers (comme dans les gares) où le détenu mettrait ses couverts, serviette, sel, poivre, etc… et son tabac. Il serait autorisé à fumer qu’après les repas, pendant un laps de temps court. La pose repas + rangement + tabac serait limité à 30 + 15 minutes.

Parmi les activités possibles : 1 h maximum le matin, et 1 h l’après-midi.

Ce qui est proposé ; promenade à l’extérieur (air libre),
salle d’activité avec jeux de société,
sport individuel (muscu),
sport collectif (11),

En sus de ces activités, seraient possible l’accès à la bibliothèque (2 ou 3 fois par semaine), les activités scolaires et bien sûr, l’accès à tous les soins – suivis médicaux nécessaires, et aux activités cultuelles.

J’envisage de réduire la possibilité d’échanges avec la famille : un seul parloir d’une demi-heure par semaine (pas de prolongation) (12), courrier libre et contrôlé (si vous voulez), pas d’accès au téléphone sauf nécessité et donc sous contrôle du travailleur social (et avec lui). Pas d’échange de linge, que des apports, rappel : le détenu lave son linge.

Au niveau des cantines : tabac (13), produits d’hygiène (de qualité, mais pas forcément de marque prestigieuse), produits alimentaires dits de confort : nescafé, sucre, gâteaux secs.

Le non respect du règlement, des consignes et de la sécurité serait sanctionné par la suppression de toute activité collective (y compris douche (14), parloir, activités, courrier), les repas seraient pris en cellule (15).
Ce régime d’isolement devrait être limité à une semaine.

Voilà ma prison idéale…

Je pense qu’elle vous a bien choqué et que vous n’avez pas envie d’y goûter…

Pour ma part, j’ai bien déliré (comme disent les jeunes), mais je pense qu’il y a du bon là dedans et qu’une telle prison serait efficace…

Avant de conclure et pour répondre à certains qui ne jurent que par la détention préventive.
Je ne suis pas contre la détention préventive, mais contre la forme qu’elle a aujourd’hui. Elle peut se justifier si les faits reprochés sont très graves et les preuves quelque peu minces, mais les présomptions grandes.
Cependant, si détention il y a, le prévenu doit avoir la possibilité de présenter tout ce qui peut être en sa faveur et avoir la possibilité de communiquer avec l’extérieur (téléphone, courrier fermé) et même on doit lui donner la possibilité de « sortir ». Pour cela le bracelet électronique (avec GPS) est tout à fait adapté. Le prévenu fait son itinéraire et le respecte.

A ce jour, ce qui est catastrophique, c’est que le prévenu n’a pas accès à son propre dossier, il ne lui est pas possible de rechercher par lui-même documents, témoignages, etc…
Actuellement, l’instruction se fait à charge, souvent mal, mais jamais à décharge, même les affirmations ne sont pas vérifiées.
Comme il s’agit de détenu, non encore reconnu comme coupable, on pourrait imaginer leur accorder un régime de type centre de détention, c'est-à-dire, régime ouvert (sauf nuit) et libre circulation.
Il est indispensable qu’il soit isolé des autres détenus condamnés qui purent leur 6 mois (maximum).

Notes :

(1) : un par cellule, comme déjà expliqué dans mon bouquin (1019 jours de détention), le plus pénible pour beaucoup de détenu, c’est de se retrouver seul. S’il y a cohabitation imposée et/ou choisie, ce n’est pas pour cela que cette cohabitation ne sera pas source de conflits. De plus, beaucoup de détenus, surtout parmi les plus jeunes, recherche la compagnie 24 h/24 d’autres détenus. Pourquoi lui offrir ce plaisir… ?

(2) : cabinet de toilettes : au XXI° siècle et parce que tout homme a droit à un minimum de respect et d’intimité. Je pense que l’on doit au détenu, un cabinet de toilettes fermé, à l’abri des regards et de l’œilleton. En cas de besoin, une interpellation peut permettre de s’assurer que tout va bien.

(3) : eau froide : l’eau chaude n’est pas nécessaire et peut être considérée comme superflu et un luxe. Il est très sain de se laver à l’eau froide…

(4) : décoration : il n’est pas bon que le détenu se sente bien « moralement » dans sa cellule. Il ne faut pas qu’il puisse se recréer un chez soi.

(5) : la TV permet trop de s’évader. Pouvoir la regarder en permanence permet de faire passer le temps. On est en prison pour subir, ce luxe n’est pas nécessaire. Les postes de radio ou CD sont, à ce jour, plus source de bruit et de conflits que de convivialité.

(6) : musique : les psychologues sont à même de sélectionner des musiques qui calment les esprits, tout en étant variées et distrayantes. Pour éviter un trop grand isolement avec l’extérieur, il faut qu’il soit prévu des flashs d’informations afin que l‘actualité soit connue du détenu. Autrement, à sa sortie, il va être déphasé. Celui qui ne veut pas en profiter, peut éteindre cette source sonore.

(7) ; linge : dans le respect de l’individu, il peut garder certains effets personnels de confort. En effet, il n’est pas nécessaire d’imposer le slip à celui qui préfère le caleçon et vice-versa. Il n’est pas nécessaire de faire marcher un individu dans des chaussures qu’il ne supporte pas…

(8) : le tabac tue… alors pourquoi en favoriser la consommation en prison. Celui qui voudrait se faire aider pour quitter la cigarette devrait y être aidé, sans réserve.

(9) : on peut imaginer que chaque détenu aurait accès à la machine à laver – sèche-linge :1/3 journée par semaine (9h à 12h – 12h à 15h – 15h à 18h).

(10) : pour éviter tout débordement et respecter l’hygiène, on peut imaginer qu’à l’issue du sport, les intéressés auraient accès à des douches collectives – limitées dans le temps. Pas de possibilité de prendre une douche à l’issue du sport dans le secteur d’habitation.

(11) : tabac en quantité limité, pour éviter tout trafic et racket… et favoriser l’arrêt de consommation.

(12) : il me semble indispensable (surtout si faire semblant de cuisiner est interdit) qu’une alimentation suffisante et équilibrée soit donnée au détenu. Celle-ci devrait être sous le contrôle permanent et journalier de diététiciens indépendants (hors administration) – établissement des menus, contrôle des produits utilisés et préparation.

(13) : cela limitera aussi l’introduction de substances interdites et donc leur consommation. A ce sujet, à l’issue du parloir, je serai assez favorable à un examen médical plus approfondi pour s’assurer que les anciens consommateurs ne consomment plus. Bien sûr, une aide médicale au sevrage sera mise en place. Je ne suis pas opposé à des vérifications sur les non-consommateurs avant.

(14) : si on est seul en cellule, on peut se laver très bien, sans avoir de douche et d’eau chaude…

(15) : on peut même imaginer un repas plus frugal, moins varié, ne contenant que le nécessaire et indispensable. Et même, suppression de la tolérance : nescafé + gâteaux secs cantinés.


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Votre idée de la prison me plaît bien, mais j’ai un peu peur du coût d’une telle réforme. Qu’en pensez-vous, Paul-Denis ? Alexandre

A Alexandre,

Cette question, je l'attendais...

Il est vrai que j'y ai pensé. En fait, je pense que c'est un vrai faux problème, car mes réformes doivent pouvoir être financées par les économies faites.

A Bientôt, et merci pour cette question pertinente...
Paul-Denis,

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Coût de ma prison…


Il est vrai que j’ai laissé sous silence, le coût de « Ma prison ». Je l’ai fait volontairement, parce que je pense que c’est un faux problème.

Actuellement, il est admis qu’une journée de détenu coûte entre 90 à 120 €, selon la structure (neuf, vieux, gestion privée) et son régime (Maison d’Arrêt, Centre pour peines, Centrale).
Ce coût comprend, outre ce que coûte le détenu (alimentation, entretien), les frais des personnels de surveillance et administratifs et les coûts de structure (amortissement des bâtiments).

Les statistiques (chiffres pris sur PRISON.EU.ORG) nous disent, qu’en 2005, il y a eu :
. 81.629 entrées, dont :
. 29.466 entrées de condamnés en comparution immédiate,
. 28.387 entrées de prévenus (non encore jugés),
. 3.907 condamnés à plus d’un an,
.19.860 condamnés à 1 an ou moins.
Ces chiffres me semblent assez bizarres, car elles ne nous indiquent pas à quelle durée ont été condamnés les 29.466 condamnés en comparution immédiate.

Mais, en fait pour mon propos, cela n’a pas d’importance. Je garde le chiffre de 81.600 entrées dont 28.400 prévenus et le chiffre de 30.000 (sur 53.400 condamnés) condamnées à environ 8 mois (moyenne de la durée de détention).

Ces chiffres montrent qu’avec ma conception de la prison (maxi 6 mois), il y a largement assez de places de prison (54.000) même si on admet que 15.000 détenus seront maintenus en prison pour de longues peines.
Comme le nombre d’entrée est relativement stable, d’une année à l’autre, on peut admettre que le nombre de sorties est quasiment équivalent au nombre d’entrées, puisque le nombre de détenus reste stable, autour de 60.000.

Ce qui veut dire que, avec 6 mois de détention maxi, on va gagner (30 jours x 6 mois x 40.000 détenus) 7.200.000 journées de détention par année, à un coût moyen de 100 €, soit 720.000.000 €.

Le surcoût de « Ma prison » ne réside que dans l’obligation que je fais, pour l’ancien détenu, d’un suivi, pendant un certain temps, parfois long, par un tuteur – éducateur.
Un tel emploi coûtera à la société 35.000 €/an (salaire et charges et structure d’encadrement)). Avec le nombre de journées en moins, on peut financer 20.500 emplois, donc suivre (1 pour 10) 205.000 anciens détenus, comme il y en a 40.000 à aider/surveiller, cela fait que nous avons le financement de 5 années de suivi… !

Personnellement je pense que cette durée est tout à fait excessive, dans mon esprit, un suivi de 2 à 3 ans serait déjà pas mal. Si en deux ans, l’ancien délinquant n’est pas remis sur les bons rails… sa cause me semble désespérée et il risque de se retrouver en prison…

Ces chiffres ne tiennent pas compte du fait que « Ma prison » est susceptible de réduire considérablement le nombre de récidivistes (ceux qui sur 10 ans de leur vie, en passe 5 ou 6 en prison, avec une dizaine de condamnations), donc le nombre d’entrées, chaque année, va se réduire puisque plus de 40 % (chiffre officiel, à mon avis sous-estimé) sont récidivistes.

A cela, vous devez rajouter un effet non négligeable, c’est lui qui va désengorger les tribunaux, puisqu’il y aura moins de récidivistes. De plus, pour les condamnés qui ne contestent pas leurs délits, pourquoi faire des investigations supplémentaires qui n’apportent aucun élément susceptible de faire modifier la peine encourue : 6 mois de prison ferme (maxi) et un programme de réinsertion avec suivi (efficace).

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A travers : « 1019 jours de détention… ou la vie en prison, vue du dedans, comme si vous y étiez… » (index des notes sur la journée du 7 janvier)
Clémence et Paul Denis tentent de vous faire vivre le quotidien d’un détenu « moyen », pas inculte, mais pas VIP, non plus (vous avez l’intégral de ce bouquin, complété par vos questions / remarques et mes réponses…).
Nota : Sur la journée du 14 janvier, vous trouverez un lexique des mots qui méritent une explication et/ou un commentaire…
……..
Ma Prison… ou quelques questions qui fâchent… et des solutions proposées…
A travers ces pages, Paul Denis poursuit sa réflexion, il ne se considère plus comme un détenu, mais comme un observateur qui très souvent est devenu un confident.
Vous trouverez, sur la journée du 17 mai les dates de parution de mes articles…
……
Les bouquins de Paul DENYS n’ont pas encore trouvé d’éditeur.
Si vous désirez avoir leur version papier, vous pouvez acquérir (l’un ou l’autre ou les deux) en envoyant, par volume, un chèque de 17 € (frais d’envoi compris) à Ligue des Droits de l’Homme (LDH 57), 3 rue Gambetta à 57000 METZ. Pour 10 €, je peux vous l’envoyer par e-mail (150 pages A4 ou 220 pages A4).

02.05.2008

Peinabilité... de la Prison

Je vais essayer de vous indiquer en quoi la prison est et restera pénible.

Comme je vous l’ai déjà dit, pour ma part, si les conditions matérielles font partie des choses pénibles, ce n’est pas l’essentiel… Du matériel, on s’adapte… avec un peu de bonne volonté et de philosophie…
Ce qui est pénible (dans le désordre – comme cela me vient) :

Surnombre = insécurité : La surpopulation carcérale fait que, à tout moment, quand vous êtes hors de votre cellule, vous êtes confronté à d’autres que vous ne connaissez pas et qui peuvent (au moins, vous le pensez) être un danger pour soi.
Le fait d’être obligé de côtoyer des inconnus (qui l’on juge pire que soi-même et qui méritent d’être en prison, on le pense) fait qu’un sentiment d’insécurité s’installe et demeure en permanence. Vous ne retrouvez le calme qu’en cellule et/ou lorsque vous êtes avec d’autres détenus connus. La recherche de détenus connus est, chaque fois que possible, une préoccupation. On va en activités que si un tel y va, pour aller aux douches, on essaie d’y aller lorsque des connus y vont, etc…

Promiscuité imposée : c’est la vie en cellule avec un ou des autres détenus. C’est plus que galère… pour tout ce qui impose une certaine intimité. Même si chacun, en ces moments, essaie d’être discret, se laver est possible, aller uriner n’est pas facile, aller à la selle, je n’ai jamais pu, lors de la présence d’un tiers… si vraiment, dans la journée je ne me retrouvais pas un moment seul, la nuit, je me relevais pour.
Outre ces problèmes vitaux, être sans cesse avec quelqu’un vous oblige à l’écouter, et certains racontent toujours la même chose, dix fois par jour… à longueur de semaine… et comme il ne faut pas vexer, on s’oblige à écouter, à répondre toujours la même chose, à ne pas prendre partie…

L’attente, c’est ce qu’il y a de plus pénible… tu attends tout le temps et en 1er lieu… ta sortie qu’on espère la plus proche, on rêve qu’on va t’annoncer que cette date va se rapprocher parce que…
Outre cette attente viscérale… il faut toujours attendre, devant une porte, avant un parloir, on attend l’arrivée du courrier, on attend l’arrivée des repas, on attend…, on attend…, on attend que le temps passe…

Bruits… Le niveau sonore d’une prison est relativement élevé, et ce, jour et nuit… Certes, on vit la vie de la prison, de sa cellule, en fonction des bruits que l’on entend, les portes, les clefs, les gars qui passent et interpellent à travers la porte, et inconsciemment, on guette ces bruits qui apportent … un réconfort… mais qui, aussi, importunent…
A part ces bruits désirés, il y a tout le bruit provoqué par les autres : les TV écoutées trop fort, les musiques de chacun qui se mêlent, les appels à travers les fenêtres… tout cela a lieu le jour, mais surtout la nuit… parce que les sons passent mieux et que la maison est calme, et surtout parce que les surveillants sont « absents » ou pas sur place…
Bizarrement, lorsque vous êtes dehors (après votre libération) ce sont encore les bruits de la vie normale qui agressent le plus.

Isolement. Malgré les bruits et la présence de tant de gars dans un si petit bâtiment, on ressent un sentiment d’isolement… On se retrouve seul avec personne avec qui partager, au moins avec personne avec qui on a un minimum d’affinité si ce n’est de l’affection… Il manque ce quelque chose qui fait que la présence d’êtres aimés rassure, et fait que l’on est bien… même si aucun échange verbal ou physique ne se produit.

Souvent je me suis senti mal à l’aise entre ces murs qui ne renfermaient rien qui me rappelait mon passé, mes activités professionnelles, mes goûts, mes préoccupations…. La vie, quoi… Heureusement que sur les 34 mois faits, j’ai fait une formation de 9 mois et 23 mois comme écrivain… sans ces activités dans lesquels je me suis investi, corps et cœur, je crois que j‘aurais très mal supporté ces conditions matérielles acceptables. En fait, c’est ce qui se produit dans la tête de nombreux détenus qui ne font rien et ne veulent rien faire… un rien les agresse et ils ne réagissent jamais en positif.

Un autre sentiment ressenti, c’est le sentiment de n’être plus rien, d’être un numéro, un pion que la Justice et les autres ballottent à leur gré… Un sentiment d’impuissance contre tout ce que d’autres te reprochent… Aucune initiative personnelle n’est possible, tout doit passer par un autre et selon son bon vouloir…

Il existe aussi une crainte permanente du lendemain, de la sortie… Vous avez le sentiment que votre avenir ne vous appartient plus, que votre volonté ne peut l’influencer. Pour l’intérieur, c’est très vite une lassitude et un sentiment de résignation. Pour la sortie, on s’en préoccupe très vite, en imaginant ce qui devrait être, ce qu’elle sera et en se rendant compte que cet avenir ne vous appartient plus et qu’il sera ce que les autres le feront. Je pense principalement au travail (à retrouver et à reprendre) mais aussi à l’entourage proche qui s’est passé de toi, pendant un temps parfois long, alors tu appréhendes ce retour : y aurais-je encore ma place... ?

Pour ma part, j’ai eu aussi la souffrance psychologique d’être impuissant, vis-à-vis, des proches laissés « dehors ». J’avais beau tout mettre en œuvre pour ne pas les inquiéter, je savais que tant bien que mal, ils viendraient à bout des problèmes matériels rencontrés, mais une inquiétude viscérale a persisté tout au long de ma détention qui faisait que j’étais souvent mal à l’aise, même en leur présence réconfortante…
Voilà ce que je voulais rajouter pour répondre et faire comprendre, à vous lecteurs, qu’en prison, même si on s’y sent bien (matériellement), on n’y est pas bien, parce que ce n’est pas un lieu de vie « normale » que l’on choisit…, que l’on peut influencer…, que l’on peut s’approprier… pour qu’il nous soit familier et propre à s’intégrer à son moi…

Je pense vous avoir transmis un peu des sentiments que j’ai ressentis pendant ces 34 mois… Y ai-je réussi ? Je ne sais, car ressentir est une chose, arriver à l’exprimer, à le faire vivre avec des mots est plus délicat.
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A travers : « 1019 jours de détention… ou la vie en prison, vue du dedans, comme si vous y étiez… » (index des notes sur la journée du 7 janvier)
Clémence et Paul Denis tentent de vous faire vivre le quotidien d’un détenu « moyen », pas inculte, mais pas VIP, non plus (vous avez l’intégral de ce bouquin, complété par vos questions / remarques et mes réponses…).
Nota : Sur la journée du 14 janvier, vous trouverez un lexique des mots qui méritent une explication et/ou un commentaire…
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Ma Prison… ou quelques questions qui fâchent… et des solutions proposées…
A travers ces pages, Paul Denis poursuit sa réflexion, il ne se considère plus comme un détenu, mais comme un observateur qui très souvent est devenu un confident.
Vous trouverez, sur la journée du 17 mai les dates de parution de mes articles…
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Les bouquins de Paul DENYS n’ont pas encore trouvé d’éditeur.
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28.04.2008

La sortie... de Prison

La sortie de prison… il y en a toujours « une »…

Elle doit se préparer.
Les travailleurs sociaux sont là, en principe, pour aider à la réinsertion et à la sortie, dans de bonnes conditions. (voir le fiche faite sur le sujet, réf. dans le sommaire sur la journée du 14 janvier)

Il y a cependant des obstacles qui feront que rien de ce qui est prévu, ne va arriver.

Au niveau psychologique : Un ancien détenu, à sa sortie, n’est plus le même. Quoi qu’en disent certains, la prison traumatise, et c’est la capacité de chacun de s’adapter qui fera la différence.
Le passé ressurgit et choque.
Le présent n’est pas ce que l’on a connu.
Il ne faut pas redouter de rencontrer ceux que l’on a connus. Ils auront, soit une attitude silencieuse, comme si rien ne s’était passé, soit, ils seront attentifs à ton attente et prêts à t’aider. Il n’y a pas de milieu. Rares sont ceux qui posent des questions. Nombreux sont ceux qui savent écouter et attendre que tu souhaites parler de cette tranche de ta vie.
Même ceux qui ont dit du mal de toi, en ton absence, sauront se taire en ta présence…

Au niveau « santé » : Même si tu n’as pas été « malade » en prison, il n’est pas sûr que ton état de santé ne se soit pas dégradé (mauvaise nutrition, mauvaises conditions d’hygiène), aussi, il me semble important qu’une visite chez ton médecin traitant et un bilan complet soient faits afin de s’assurer que la détention n’a pas entraîné des aggravations de l’existant ou provoqué de nouvelles maladies…

Outre les troubles du sommeil inévitables, après quelques jours de liberté, tu vas traverser une période « dépressive », d’une durée variable, mais qui peut être longue… rien ne va comme tu le voudrais… Il est important de savoir la gérer, avec l’appui de ses proches ou d’une aide extérieure.

Au niveau professionnel : Il te faudra redémarrer, et ce n’est pas le plus simple.
L'étiquette restera longtemps et le trou dans ton CV sera dur à expliquer.
Il n’y a pas, cependant, de raison de « cacher » la vérité qui, un jour ou l’autre, se saura…
Ce peut être un re-départ, dans une autre branche, l’ancienne t’étant interdite par décision de justice.
Ne pas oublier que l’extérieur ne t’a pas attendu et que nul n’est irremplaçable… C’est à toi de te rendre « utile »…

Au niveau financier : Ton pécule va vite « fondre », même s’il était important. Tu as, peut-être, perdu la notion de la valeur des choses et tu seras tenté d’acheter des choses inutiles.
C’est aussi, souvent un nouveau départ, la famille ayant épuisé les « réserves », s’il y en avait.

Peu d’aides permettent à l’ancien détenu d’attendre un travail correspondant à ses capacités et souhaits. Il te faudra faire avec les lois du marché qui ont changé et qui, souvent, ne te seront pas favorables.
Quelques conseils à la famille et aux proches d’un détenu « sortant » :

. Allez le chercher si vous le pouvez et s’il vous l’a demandé. Se retrouver « seul », sur le trottoir, est difficilement supportable,

. Ne vous étonnez pas de ses attitudes « expressives » qui peuvent vous choquer, mais qui, pour lui, ont un sens. Il retrouve une « liberté » de mouvements, perdue…,

. Vous pouvez le prendre dans vos bras, même si ce n’était pas dans votre habitude « avant », et si cela le ne sera plus, plus tard. Il a besoin de ce contact physique pour s’assurer qu’il est « encore » aimé,
Il n’est pas rare que le détenu pleure… Ce n’est qu’un signe de décompression qui n’a rien à voir avec un autre sentiment, ce n’est que l’émotion du moment et du souvenir… Dans ce cas, il est préférable de ne rien dire et de passer à la suite des évènements,

. Il vous faudra savoir l’écouter, ne pas le questionner. D’ailleurs, à sa sortie, l’ancien détenu est trop préoccupé par le présent pour parler du passé. Chaque chose en son temps, s’il veut s’exprimer, il le fera spontanément, au moment où il le jugera opportun. Sachez être patient (lui, il l’est devenu) et s’il ne s’exprime « jamais », ce n’est pas grave, le présent témoignage vous aura fait découvrir l’essentiel de ce qu’il a vécu,

. Pour l’ancien détenu, les moments de silence (sans échange de paroles) sont nécessaires. Il a eu tant de moments de silence, que cela lui reste « longtemps »… un besoin. Sachez respecter son silence…,

. Même s’il a été privé de "bonnes" choses, en général, son souhait n’est pas de faire un repas gastronomique qu’il ne supporterait pas… De plus, sa présence dans un restaurant va le gêner, il se croira « surveillé » (observé) comme si son état d’ancien détenu était inscrit sur son front.
Ce sentiment, il l’aura, également, dans la rue.
Tout va l’agresser : les bruits, les lumières, l’espace non limité…
N'oubliez pas que ce monde extérieur l’a rejeté, momentanément.
Un retour en famille ou dans un groupe de familiers, au calme, sera apprécié à sa juste valeur.

. Ne pas oublier que les premières nuits sont, aussi, des épreuves et la redécouverte de nouvelles sensations, liées à l’environnement et à ceux qui l’ont rencontré.
C’est toujours pendant les nuits que le passé et le présent se remettent à leur juste place…

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Rajout : La sortie, il y en a toujours une

Il faut se préparer à sortir.
C’est vrai que l’on fait des projets et que rien ne se passe comme prévu.
Quand tu sors, tout t’agresse : la circulation, la vitesse, ceux qui t’entourent, même si tu les aimes… , la recherche de taf.

D’Alex

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A travers : « 1019 jours de détention… ou la vie en prison, vue du dedans, comme si vous y étiez… » (index des notes sur la journée du 7 janvier)
Clémence et Paul Denis tentent de vous faire vivre le quotidien d’un détenu « moyen », pas inculte, mais pas VIP, non plus (vous avez l’intégral de ce bouquin, complété par vos questions / remarques et mes réponses…).
Nota : Sur la journée du 14 janvier, vous trouverez un lexique des mots qui méritent une explication et/ou un commentaire…
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Ma Prison… ou quelques questions qui fâchent… et des solutions proposées…
A travers ces pages, Paul Denis poursuit sa réflexion, il ne se considère plus comme un détenu, mais comme un observateur qui très souvent est devenu un confident.
Vous trouverez, sur la journée du 17 mai les dates de parution de mes articles…
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Les bouquins de Paul DENYS n’ont pas encore trouvé d’éditeur.
Si vous désirez avoir leur version papier, vous pouvez acquérir (l’un ou l’autre ou les deux) en envoyant, par volume, un chèque de 17 € (frais d’envoi compris) à Ligue des Droits de l’Homme (LDH 57), 3 rue Gambetta à 57000 METZ. Pour 10 €, je peux vous l’envoyer par e-mail (150 pages A4 ou 220 pages A4).

25.04.2008

Droits des détenus... en Prison

Droits et Obligations (à connaître), (suite)
extraits du Code de Procédure Pénale (CPP),
rédaction inspirée de celle du « Guide du Prisonnier » (O.I.P.)


LES DROITS DES DETENUS


Le détenu est toujours en droit de contester une décision des autorités pénitentiaires (cf. sanction disciplinaire, refus de l’entrée d’un livre, permis de visite retiré, agrément retiré, etc…).
Depuis plusieurs années, le législateur essaie de faire entrer le « droit commun » en détention…
Mais cela est difficile à mettre en place et les répercussions sont lentes…

Les démarches à suivre sont :

. « recours gracieux » auprès de l’autorité qui a pris la décision,
. « recours hiérarchique » auprès du supérieur de l’auteur de la décision,
. « autorités administratives et judiciaires (DR et Tribunal Administratif, en général) mais aussi magistrats et élus,
. « commission d’accès aux documents administratifs »,
. « commission nationale de déontologie de la sécurité »,
. « médiateur de la République »

Motifs à invoquer :

. illégalité de la décision
. l’équité : « pourquoi moi et pas lui »

Recours gracieux :


= contestation « écrite » détaillée (circonstances et conséquences négatives) à la personne dont émane la mesure critiquée,
. délai de 2 mois, la réponse au « recours gracieux » doit être donnée dans les deux mois,
. la « non-réponse » dans les 2 mois équivaut à un refus (décision implicite de rejet) et permet la contestation devant le juge administratif,
. une entrevue avec le chef d’établissement peut être demandée, la demande doit être « motivée », si c’est le cas, le directeur se doit de recevoir le détenu.

Recours hiérarchique :


Pour demander l’annulation d’une décision prise, en s’adressant, par écrit, au supérieur de l’auteur de la décision.
Il n’a pas d’effet suspensif sur la décision prise.
En cas de refus, le détenu doit contester les deux décisions devant le Tribunal administratif.
Le recours hiérarchique est obligatoire avant un recours devant un juge.
En matière de sanction (prise en Commission de discipline), le recours doit se faire auprès du Directeur Régional (DR), dans un délai de 15 jours. La décision du DR se substitue à celle de la Commission de discipline. C’est donc la seule décision du DR qui pourra être contestée devant le Tribunal administratif (TA).

CONTROLE DES ETABLISSEMENTS PENITENTIAIRES


En théorie, un certain nombre de fonctionnaires, de parlementaires, de membres de commission sont tenus de vérifier l’état des établissements pénitentiaires, les conditions de détention, les conditions sanitaires et médicales.
En pratique, faute de temps et de moyens, ces contrôles sont très rares pour ne pas dire inexistants.
Au mieux, ils interviennent lors de plaintes et/ou d’événements graves (rébellion, évasion, nombreux suicides, etc…).
Un détenu peut saisir le « médiateur de la République ».
Pour se faire, il doit avoir fait un recours (rejeté) de l’autorité compétente, passer par un parlementaire (député ou sénateur).
La réclamation individuelle ne peut concerner qu’un « préjudice » qu’il subit personnellement, lors d’un litige qui l’oppose à l’administration (ex. : transfert, affectation, accès aux soins, conditions matérielles de détention, etc…).

Un « détenu « VICTIME » d’une infraction pénale.

Un détenu peut être « auteur » d’actes punissables, mais il peut aussi être « victime » d’un acte qui peut (doit) être poursuivi, étant une infraction pénale.

Marche à suivre :

Types d’actes : vol, violence physique de la part d’un (de) détenu(s), d’un (de) surveillant(s).

S’il a été « blessé »… il doit faire constater par le médecin de l’établissement ses blessures.
C’est ce document qui servira de base. S’il n’a pu être reçu, sur le champ, par le médecin, il devra signaler cet empêchement au procureur de la république.

Porter plainte : devant le Procureur de la République, directement ou par l’intermédiaire d’une autorité qui aura eu connaissance de l’infraction et qui devra saisir le procureur.

Suite de la plainte :

. Le procureur n’est jamais obligé de poursuivre l’infraction, en cas de classement sans suite, le détenu (victime d’une infraction) peut déclencher des poursuites pénales, dans ce cas, il faut déposer une plainte « avec constitution de partie civile » devant le doyen des juges d’instruction du Tribunal du lieu de détention,
. dans ce cas, il sera demandé une consignation (blocage d’une certaine somme d’argent), mais en général, le détenu en est « dispensé » parce qu’insolvable et susceptible de bénéficier de l’aide juridictionnelle,

. Une instruction est alors ouverte, mais cela peut tourner court si les faits dénoncés ne sont pas punissables (ce qui est souvent le cas, en cas de « classement sans suite » par le procureur. Il peut être fait appel (sous 10 jours) de cette ordonnance de refus d’informer.

. Un membre du personnel pénitentiaire qui est témoin ou a connaissance d’un délit ou d’un crime est obligé de le porter à la connaissance du procureur, sans délai.
Il se doit d’intervenir pour empêcher le délit dans la mesure où il peut l’empêcher sans risque pour lui ou pour les tiers présents.
Ne pas le faire est passible d’une condamnation de cinq ans d’emprisonnement.
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A travers : « 1019 jours de détention… ou la vie en prison, vue du dedans, comme si vous y étiez… » (index des notes sur la journée du 7 janvier)
Clémence et Paul Denis tentent de vous faire vivre le quotidien d’un détenu « moyen », pas inculte, mais pas VIP, non plus (vous avez l’intégral de ce bouquin, complété par vos questions / remarques et mes réponses…).
Nota : Sur la journée du 14 janvier, vous trouverez un lexique des mots qui méritent une explication et/ou un commentaire…
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A travers ces pages, Paul Denis poursuit sa réflexion, il ne se considère plus comme un détenu, mais comme un observateur qui très souvent est devenu un confident.
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23.04.2008

Discipline... Les Sanctions... en Prison

Droits et Obligations (à connaître), (suite)
extraits du Code de Procédure Pénale (CPP),
rédaction inspirée de celle du « Guide du Prisonnier » (O.I.P.)


DISCIPLINE

Toute vie en collectivité est régie par des règles à respecter parce qu’elles sont indispensables au bon fonctionnement de l’établissement.
Tout non-respect d’une instruction reçue fait l’objet d’un « compte-rendu d’incident » (rapport) qui peut être suivi, si le chef d’établissement le décide, de poursuites disciplinaires.

Sanctions disciplinaires


Donnent lieu à sanction les fautes mentionnées dans le Code de Procédure Pénale et les manquements au Règlement intérieur de l’établissement.
Elles ont pour but de faire respecter l’ordre, et surtout le respect d’autrui et du matériel.
Et ceci passe, par aucune discrimination de quelle que nature que ce soit, par la propreté de soi-même et de sa cellule, par le respect du matériel, mis à notre disposition.
De plus, aucun échange ou don entre détenus, ne peut avoir lieu s’il n’a pas été, au préalable, autorisé par le chef de l’établissement.
Il est interdit de se trouver dans un bâtiment ou une unité autre que celui ou celle d’affectation.

Le règlement prévoit une liste non limitative des fautes disciplinaires (voir ci-dessous, un résumé).
Les fautes disciplinaires sont réparties en 3 catégories (degrés)…
Les sanctions (fermes ou avec sursis) sont diverses et adaptées à la faute.

Elles peuvent faire l’objet de placement en quartier disciplinaire, pour une durée cumulée ne pouvant dépasser 45 jours.

Les fautes disciplinaires du 1er degré
(les plus graves) :
. toute violence physique à l’encontre d’un membre du personnel ou d’un visiteur
. toute action collective de nature à compromettre la sécurité de l’établissement
. détention ou trafic de stupéfiants, d’objets ou de substances dangereuses
. toute menace de violences ou contraintes
. toute participation ou tentative d’évasion
. tous graves dommages aux locaux ou matériel
. mise en danger de la sécurité d’autrui.

Les fautes disciplinaires du 2ème degré :

. toutes insultes ou menaces à l’égard d’un membre du personnel ou d’un visiteur
. toute action collective de nature à perturber l’ordre
. tout vol (ou tentative)
. tout acte obscène ou susceptible d’offenser la pudeur
. tout refus de se soumettre à une mesure de sécurité
. tout trafic ou échange non autorisé
. tout tapage de nature à troubler l’ordre de l’établissement
. tout acte pouvant mettre en danger la sécurité d’autrui par une imprudence ou une négligence.

Les fautes disciplinaires du 3ème degré :

. outrages et menaces, par lettre, adressée aux autorités administratives et judiciaires
. formuler des menaces, des injures contre personne ayant autorité
. proférer des insultes ou des menaces à l’encontre d’un co-détenu
. refus d’obtempérer aux injonctions du personnel
. ne pas respecter le règlement intérieur de l’établissement
. négliger l’entretien de sa cellule
. entraver les activités de l’établissement (travail, formation, activités culturelles et de loisirs)
. jeter des détritus ou tout autre objet par les fenêtres
. faire un usage abusif ou nuisible d’objets autorisés.

Peuvent être prononcées, les sanctions disciplinaires suivantes :
. avertissement
. interdiction de recevoir des subsides (argent) de l’extérieur (pendant une période maximum de 2 mois)
. privation de cantiner (pendant une période maximum de 2 mois) autre que l’achat de produit d’hygiène, de correspondance, de tabac
. confinement en cellule ordinaire (isolement)
. mise en cellule disciplinaire (pour une durée variable)
. mais aussi, si la faute est commise au cours de…, à cause de… ou à l’occasion de… :
. mise à pied d’un emploi (pendant une durée maximale de 8 jours)
. déclassement d’un emploi (auxi ou atelier) ou d’une formation
. privation de tout appareil acheté ou loué (pendant une durée maximale d’un mois)
. suppression de l’accès au parloir sans dispositif de séparation (pendant une durée maximale de 4 mois)
. exécution d’un travail de nettoyage des locaux ou extérieurs (pendant une durée maximale de 40 heures)
. privation d’activités sportives, culturelles, de formation (pendant une durée maximale d’un mois)
. exécution de travaux de remise en état.


La Commission de Discipline


Le détenu est prévenu deux jours, au minimum, avant la date de la commission de discipline qui examinera son cas.
Il est informé du déroulement de la procédure, de la faculté que lui offre la loi d’être assisté par un avocat (choisi ou commis d’office), de la date de comparution, la copie du dossier lui est remise, pour consultation.

En cas d’incidents graves, le détenu peut être placé en quartier disciplinaire ou à l’isolement, sur le champ. Il sera informé de ses droits dans les 48 heures.

Toute sanction peut être « contestée » dans un délai de 15 jours, auprès de la Direction Régionale de l’Administration Pénitentiaire (DR). Tout autre recours ne peut avoir lieu qu’après le rejet par le DR (l’absence de réponse dans le délai d’un mois, vaut décision de rejet).


Quartier disciplinaire

. le détenu a à sa disposition : matelas en mousse, avec housse, traversin, couvertures et draps,
. il peut effectuer, isolément, une promenade d’au moins une heure, par jour,
. il doit être conduit à la douche trois fois par semaine,
. il doit maintenir la propreté de sa cellule, des produits et du matériel lui sont remis à cet effet,
. il doit veiller aux règles d’hygiène personnelle,
. le régime alimentaire est le même que celui de la détention ordinaire,


Privations :


. le détenu ne peut cantiner. Cependant, il est proposé au détenu, un bon spécial « quartier disciplinaire » qui comprend, outre des produits d’hygiène, du tabac, feuilles et allumettes, du matériel de correspondance, des produits de premières nécessités comme Ricoré (« l’ami du petit prisonnier »), sucre, confiture, lait.
La semaine précédant sa sortie du quartier disciplinaire, le détenu peut cantiner afin de bénéficier de ces produits dès son retour en détention ordinaire,
. le détenu est aussi privé d’éducation physique et sportive, d’activités culturelles et de loisirs, de tout matériel audio-vidéo, informatique et jeux électroniques,
. il n’a pas droit au parloir (seul le premier parloir peut avoir lieu, si la famille n’a pas pu être prévenue de sa mise en quartier disciplinaire). Il peut recevoir et envoyer du courrier. Il ne peut pas téléphoner,
. il a accès à une bibliothèque. Il pourra se faire remettre des ouvrages lui appartenant, des articles d’enseignement ou de formation,
. il reçoit la visite du médecin au moins deux fois par semaine et aussi souvent que le médecin l’estime utile, le psychologue peut, également, le visiter,
. toute communication des détenus qui y sont placés avec d’autres détenus est interdite.

L’exécution d’une sanction disciplinaire peut être différée, assortie pour tout ou partie d’un sursis. Elle peut être suspendue, fractionnée ou dispensée pour raisons médicales, pour bonne conduite, pour permettre de suivre une formation.

Le placement au quartier disciplinaire, à titre préventif, peut être décidé si les faits constituent une faute du 1er ou 2ème degré ou s’il apparaît que celui-ci est nécessaire pour préserver l’ordre intérieur de l’établissement.


En milieu carcéral, il existe une réelle psychose de « l’évasion » qui serait considérée comme le signe d’une défaillance extrême de l’établissement.
Aussi, cet état provoque toute une série de contraintes au nom de la sécurité qui brise le principe de la loi qui limite la détention à la privation de la « liberté d’aller et venir ».
Elle explique la politique du « porte-clefs » (ouverture, fermeture continuelle), la violation de l’intimité du détenu, elle provoque et justifie le recours à des moyens de contrôle et de contrainte souvent humiliants.
Certes, il y a eu des évolutions et le régime d’il y a 20 ans, n’est pas celui d’aujourd’hui. Les fautes et sanctions disciplinaires ont été clairement définies en 1996, puis 2000, par le droit de se faire assister par un avocat.
Tout cela est régi par le Code de Procédure Pénale (CPP) et le règlement intérieur de l’établissement.
En fait, l’administration pénitentiaire concentre toute son énergie sur sa mission de « garde », au risque de négliger sa mission de « réinsertion des condamnés » et de la « présomption d’innocence » des prévenus.
Ceci peut s’expliquer par le fait que le chef d’établissement et son personnel peuvent être « disciplinairement » responsables des incidents, accident, évasions, imputables à leur négligence et/ou à l’inobservation des règlements.

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Rajout : Discipline

Ca me fait gerber… toutes ces sanctions… j’avais pas pensé qu’il pouvait y avoir tant de conneries possibles à faire… !

Quartier disciplinaire

Je ne suis jamais allé au cachot, mais des potes m’ont raconté… C’est dégeu et galère, on peut pas dire mieux.

D’Alex

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A travers : « 1019 jours de détention… ou la vie en prison, vue du dedans, comme si vous y étiez… » (index des notes sur la journée du 7 janvier)
Clémence et Paul Denis tentent de vous faire vivre le quotidien d’un détenu « moyen », pas inculte, mais pas VIP, non plus (vous avez l’intégral de ce bouquin, complété par vos questions / remarques et mes réponses…).
Nota : Sur la journée du 14 janvier, vous trouverez un lexique des mots qui méritent une explication et/ou un commentaire…
……..
Ma Prison… ou quelques questions qui fâchent… et des solutions proposées…
A travers ces pages, Paul Denis poursuit sa réflexion, il ne se considère plus comme un détenu, mais comme un observateur qui très souvent est devenu un confident.
Vous trouverez, sur la journée du 17 mai les dates de parution de mes articles…
……
Les bouquins de Paul DENYS n’ont pas encore trouvé d’éditeur.
Si vous désirez avoir leur version papier, vous pouvez acquérir (l’un ou l’autre ou les deux) en envoyant, par volume, un chèque de 17 € (frais d’envoi compris) à Ligue des Droits de l’Homme (LDH 57), 3 rue Gambetta à 57000 METZ. Pour 10 €, je peux vous l’envoyer par e-mail (150 pages A4 ou 220 pages A4).

21.04.2008

Pour changer... de Prison

Droits et Obligations (à connaître), (suite)
extraits du Code de Procédure Pénale (CPP),
rédaction inspirée de celle du « Guide du Prisonnier » (O.I.P.)

AFFECTATION

Les prévenus (présumés innocents) sont les détenus les plus mal lotis : surpeuplement et état délabré de nombreuses Maisons d’arrêt. En principe, le prévenu est placé dans la Maison d’Arrêt, la plus proche du lieu où il va être jugé. Cependant, il peut être « déplacé » en raison de la nature de ce que la société lui reproche ; et aussi, parce qu’il y a plusieurs prévenus dans la même affaire que le juge d’instruction veut séparer.
Les condamnés sont placés en « établissements pour peines » (Centre de détention – Centrale).
L’affectation est tributaire de différents facteurs : proximité de la famille, possibilité de réinsertion (formation), mais en général, c’est souvent la place disponible qui détermine la 1ère affectation.
Sur sa demande, d’un établissement pour peine, le condamné peut être transféré vers un autre établissement lui étant plus propice.
Les conditions de détention, et les régimes de détention varient d’un établissement à l’autre, néanmoins, elles sont, quasiment toujours, meilleures qu’en Maison d’Arrêt (cellule seul, accès au téléphone, circulation plus aisée au sein de l’établissement, travail plus « intéressant » et/ou mieux « rémunéré », etc…).
Le transfert vers un établissement (moins apprécié) pour les meneurs, les dangereux, fait partie des sanctions à la disposition de l’administration pénitentiaire.

PROCEDURE D’ORIENTATION

Elle est constituée par le chef d’établissement d’affectation initiale.
Elle doit être faite dans les 3 mois, à compter de la date de condamnation définitive (donc dans les 5 mois). Elle est transmise à la Direction Régionale, qui donne son avis et c’est le ministre qui prend la décision d’affectation (si la peine est supérieure à 5 ans).
Le transfert est obligatoire pour tout condamné à une peine, supérieure à un an.
L’affectation étant faite, il faut, parfois, attendre… longtemps, le transfert.

LE CNO

Un nombre réduit de détenus (36 cellules) doivent passer au CNO (Centre National d’Observation).
Dans ce lieu (situé à Fresnes), ils subissent un certain nombre d’examens, destinés à une meilleure affectation.
La période d’observation dure 6 semaines. Mais l’affectation faite, il n’est pas rare que le détenu doive attendre de longs mois (entre 2 mois et 2 ans) – sous le régime de la Maison d’Arrêt (plusieurs milliers de détenus), le transfert vers l’établissement pour peines désigné… !
Seul le ministre peut décider du passage d’un condamné au CNO. Le détenu peut demander à y être envoyé.
En théorie, c’est pour son bien, mais le délai d’affectation réduit le bénéfice d’une affectation « adaptée » à la personnalité et aux « souhaits » du détenu.

CHANGEMENT d’AFFECTATION


Il peut intervenir à tout moment, une affectation n’étant jamais définitive.
Il peut être provoqué par l’attitude du détenu (c’est alors une sanction).
Il peut être demandé par l’administration pénitentiaire pour désengorger un établissement ou remplir un autre ou pour des motifs de sécurité.
Il peut être demandé par le détenu (pour raisons familiales, pour une meilleure réinsertion future (comme une formation souhaitée).
La demande de changement d’affectation, émanant du détenu, fait l’objet d’une étude et d’un avis, émis par le chef d’établissement et par le SPIP (Travailleur social), mais la demande doit obligatoirement être transmise à la Direction Régionale de l’Administration Pénitentiaire.

Le transfert s’effectue, toujours, avec discrétion, et le détenu en est prévenu, au dernier moment, souvent le jour même.
Il arrive que les effets personnels suivent avec retard… Les effets personnels sont, en théorie, limités à 22 kgs. Le surplus peut être envoyé, à la charge du détenu (coût du fret).

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A travers : « 1019 jours de détention… ou la vie en prison, vue du dedans, comme si vous y étiez… » (index des notes sur la journée du 7 janvier)
Clémence et Paul Denis tentent de vous faire vivre le quotidien d’un détenu « moyen », pas inculte, mais pas VIP, non plus (vous avez l’intégral de ce bouquin, complété par vos questions / remarques et mes réponses…).
Nota : Sur la journée du 14 janvier, vous trouverez un lexique des mots qui méritent une explication et/ou un commentaire…
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A travers ces pages, Paul Denis poursuit sa réflexion, il ne se considère plus comme un détenu, mais comme un observateur qui très souvent est devenu un confident.
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18.04.2008

Hospitalisation... en Prison

Droits et Obligations (à connaître), (suite)
extraits du Code de Procédure Pénale (CPP),
rédaction inspirée de celle du « Guide du Prisonnier » (O.I.P.)


VIE PRIVEE

Le droit à une sexualité pour les détenus n’est pas reconnu. Ainsi, toute pratique sexuelle peut être sanctionnée, même si parfois, une certaine tolérance existe.
Ainsi, l’unité médicale se doit de proposer des préservatifs et organise régulièrement des consultations de dépistage d’I.S.T.

HOSPITALISATION


Si besoin est, un détenu doit être «hospitalisé » dans l’établissement d’attache ou tout établissement spécialisé.
Comment cela se passe-t-il ?
Si l’hospitalisation (- de 48h) a lieu dans l’hôpital dont dépend l’UCSA (unité médicale), le transport est assuré par le personnel pénitentiaire, si l’hospitalisation a lieu dans une UHSI (Unité Hospitalière Sécurisée Interrégionale), le détenu est transféré (virtuellement) à l’établissement pénitentiaire dont dépend l’UHSI, le transfert est assuré par des policiers ou des gendarmes. Le port des menottes + éventuellement entraves (pieds) est de rigueur.
A l’arrivée à l’hôpital, le détenu est transporté dans une cellule sécurisée, sous la responsabilité de la police.
Il est dépouillé de ses effets personnels, il revêt des vêtements médicaux comme tout malade.
Il est transporté en salle d’examen ou de soins, ou de chirurgie, avec escorte (avec ou sans menottes).
Le personnel de surveillance n’est pas habilité à assister aux soins, examens, mais doit rester à proximité, au cas où…
Si l’hospitalisation dure un certain temps, les titulaires du permis de visite peuvent le visiter.
Il peut également emmener avec lui, de l’argent pour survenir à ses besoins (dépenses courantes).

En théorie, le détenu ne devrait pas être menotté sur le lit d’hôpital, surtout s’il est dans un secteur sécurisé. Dans la pratique, ce peut être tout autre… !

Le secret médical doit être respecté. Le dossier médical d’un détenu ne peut être transmis à l’administration pénitentiaire.
Cependant, s’il le juge nécessaire, le médecin peut prononcer des recommandations à l’usage de l’administration pénitentiaire, dans l’intérêt du détenu, et avec son accord.
Le dépistage de la tuberculose et des MST (IST) est obligatoire dans les premiers jours d’incarcération, le test SIDA ne peut être imposé. Les détenus « contaminés » doivent être isolés, pour éviter tout risque de contamination.
On estime à 1,04 % de détenus atteints du VIH.

Le détenu bénéficie (quelque soit son régime antérieur) de :
- 100 % des soins
- à la libération, droits maintenus pendant 3 ans
- possibilité d’une mutuelle pour les ayants droits et certains appareillages, prothèses, soins dentaires, lunettes. En théorie, un détenu dépourvu de ressources suffisantes doit bénéficier de tous les soins, la part lui revenant devant être prise en charge par l’établissement.

TOXICOMANIE


Au 01/01/04 : 14 % des condamnés, l’étaient pour infraction à la législation sur les stupéfiants, mais on estime à 60 % des entrants, le nombre de détenus qui ont un problème, lié à une consommation d’alcool et/ou d’usage de drogues. Les usagers de drogues sont évalués entre 23 % et 43 %.
Ils sont pris en charge par l’unité médicale.
Ils doivent/peuvent recevoir des produits de substitution (86 % du Subutex, le reste de la Méthadone).


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A travers : « 1019 jours de détention… ou la vie en prison, vue du dedans, comme si vous y étiez… » (index des notes sur la journée du 7 janvier)
Clémence et Paul Denis tentent de vous faire vivre le quotidien d’un détenu « moyen », pas inculte, mais pas VIP, non plus (vous avez l’intégral de ce bouquin, complété par vos questions / remarques et mes réponses…).
Nota : Sur la journée du 14 janvier, vous trouverez un lexique des mots qui méritent une explication et/ou un commentaire…
……..
Ma Prison… ou quelques questions qui fâchent… et des solutions proposées…
A travers ces pages, Paul Denis poursuit sa réflexion, il ne se considère plus comme un détenu, mais comme un observateur qui très souvent est devenu un confident.
Vous trouverez, sur la journée du 17 mai les dates de parution de mes articles…
……
Les bouquins de Paul DENYS n’ont pas encore trouvé d’éditeur.
Si vous désirez avoir leur version papier, vous pouvez acquérir (l’un ou l’autre ou les deux) en envoyant, par volume, un chèque de 17 € (frais d’envoi compris) à Ligue des Droits de l’Homme (LDH 57), 3 rue Gambetta à 57000 METZ. Pour 10 €, je peux vous l’envoyer par e-mail (150 pages A4 ou 220 pages A4).

16.04.2008

Droit de visite... en Prison

Droits et Obligations (à connaître),
extraits du Code de Procédure Pénale (CPP),
rédaction inspirée de celle du « Guide du Prisonnier » (O.I.P.)


DROIT de VISITE


En théorie, tout détenu est en droit de recevoir des visites. Cependant, le visiteur doit en obtenir l’autorisation.

Comment obtenir un permis de visite ?


. Pour un prévenu
:
s’adresser au magistrat chargé du dossier d’instruction (en précisant éventuellement le lien familial ou d’amitié, absence de lien avec l’infraction, etc…)
. faire une demande écrite
. y joindre 2 photos d’identité
. y joindre une photocopie (recto-verso) de la Carte Nationale d’Identité (CNI) ou du titre de séjour.
. y joindre une enveloppe timbrée, à votre adresse.

Le juge d’instruction peut refuser (sans justification) d’accorder un permis de visite aux personnes n’appartenant pas à la famille du prévenu.
Pour la famille, ce refus ne peut dépasser un mois, sauf nécessité de l’instruction (le refus doit être motivé).
L’avocat a toujours le droit de communiquer et de visiter son client prévenu ou condamné.

Pour un condamné :

La demande doit être faite au chef d’établissement avec les mêmes pièces que pour un prévenu (voir ci-dessus).
Le chef d’établissement ne peut refuser le permis à un membre de la famille que dans un seul cas : si cette visite peut mettre en danger la sécurité et le bon ordre de l’établissement pénitentiaire.
Pour les visiteurs « étrangers » à la famille, le chef d’établissement dispose d’une grande marge d’appréciation. Il peut diligenter une enquête (de moralité) qui sera réalisée par les services de la police ou de la gendarmerie (délai variable, mais souvent 2 à 3 mois). Il est possible de présenter, en cas de refus, un recours hiérarchique auprès de la Direction Régionale de l’Administration Pénitentiaire, puis si nécessaire devant le Tribunal administratif, (cf. Art. 145-4 et D404 du CPP et l’art. 8 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme).
Nota : les permis de visite suivent le détenu (lors de transfert) aussi, souvent est-il plus simple (judicieux) de les demander dès le début de la détention.

Enfant de parent incarcéré :
Le permis de visite ne peut être refusé à un enfant, en effet les motifs de refus (instruction, troubles) ne peuvent être invoqués. Aussi, le parent incarcéré peut-il « exiger » l’exercice de son droit de visite, auprès du juge. Et la personne qui en a la garde (foyer, famille d’accueil, autre parent) a l’obligation de tout mettre en œuvre pour que ces rencontres aient lieu dans les meilleures conditions possibles.
Mais cela n’est jamais simple, ni pour l’enfant, ni pour le parent incarcéré.

Tout détenu peut demander à recevoir la visite d’un « visiteur de prison » (bénévole autorisé à rencontrer un ou plusieurs détenus régulièrement).
Leur venue a le but de soutenir le détenu durant son incarcération et de contribuer, ainsi, à sa réinsertion.
Il peut réaliser certaines démarches bien précises et ne peut en aucun cas servir d’intermédiaire pour détourner le règlement intérieur.

LES PARLOIRS

La durée des parloirs, leur aménagement, leur intimité, l’organisation dépendent et varient selon les établissements.
La durée des parloirs varie d’une demi-heure à deux heures.
La prise de RDV nécessite un appel téléphonique ou une inscription sur place, dans certains établissements sur une borne électronique. Par téléphone, c’est souvent galère, long, il faut rappeler plusieurs fois.
Le nombre de visiteurs, en même temps, est fixé par le règlement intérieur, c’est souvent 3 adultes ou 2 adultes + 2 enfants, parfois 4 adultes, ce qui semble être le maximum.
La fréquence des visites est souvent 3 x une demi-heure pour les prévenus, 2 x par semaine pour les condamnés, d’une durée variable selon les établissements.
Dans les Maisons d’arrêt, les parloirs ont lieu en semaine, dans les établissements pour peines, les week-ends et jours fériés.
Un détenu ne peut avoir plus d’un parloir par jour.
A priori, les conversations doivent être entendues (par le surveillant) et/ou écoutées. Ce dispositif de contrôle peut être renforcée par la présence de caméras.
Aussi, les conversations doivent se faire « en français ». Pour les étrangers, ils doivent être autorisés à communiquer dans leur langue. C’est une tolérance.
En général, le parloir est « sans disposition ( ? = dispositif) de séparation », sauf décision contraire (sanction) du chef d’établissement.
Le dispositif de séparation (diaphone) est une vitre, donc aucune possibilité de contact « physique ».

Les détenus sont parfois « fouillés à corps » avant le parloir, toujours à l’issue du parloir. Un système de reconnaissance biométrique est mis en place depuis 2003.
Les visiteurs passent sous un détecteur de métaux, ils ne peuvent être fouillés par le personnel pénitentiaire. Seul un officier de police judiciaire est habilité à fouiller un visiteur dans le cadre d’une perquisition (en lien avec l’infraction, dans le cadre de la recherche de stupéfiants).
Tout objet est interdit au parloir (aussi bien pour le détenu que le visiteur), sauf autorisation spéciale du chef d’établissement.
Cependant, après contrôle, peuvent être présentés au parent détenu des documents, concernant l’enfant pour lequel il a conservé l’autorité parentale. Par contre (rappel), tout document (écrit) peut être envoyé par voie postale.
Donc, ni argent, ni lettre ou colis ne peuvent être remis lors d’un parloir. A l’occasion des fêtes de fin d’année (en fait, de début décembre à début janvier), il est possible d’apporter au détenu, un ou des colis de vivres d’un poids (global et maximum) de 5 kgs.
Seul l’échange de linge (sortie + entrée), après contrôle, est autorisé. Une liste des objets apportés doit être jointe au paquet.
Malgré les demandes d’associations de défense des droits des détenus, la création d’ « unités de visites familiales » n’a pas lieu et les parloirs « intimes » très rares pour ne pas dire inexistants (dans 2 établissements pour peines).

En général, les familles peuvent bénéficier d’une structure d’accueil aux abords de l’établissement pénitentiaire.
Elles y sont accueillies, parfois, par des bénévoles, certaines structures d’hébergement pour les familles existent auprès de 25/190 établissements pénitentiaires.

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Rajout : Droits et obligations

Toujours bien expliqué… C’est dommage que je n’avais pas lu tout cela avant de tomber… peut-être que j’aurais mieux compris, appris… et accepté ce qu’il faut faire
et ne pas faire.

D’Alex, le 15 avril 2007

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A travers : « 1019 jours de détention… ou la vie en prison, vue du dedans, comme si vous y étiez… » (index des notes sur la journée du 7 janvier)
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Nota : Sur la journée du 14 janvier, vous trouverez un lexique des mots qui méritent une explication et/ou un commentaire…
……..
Ma Prison… ou quelques questions qui fâchent… et des solutions proposées…
A travers ces pages, Paul Denis poursuit sa réflexion, il ne se considère plus comme un détenu, mais comme un observateur qui très souvent est devenu un confident.
Vous trouverez, sur la journée du 17 mai les dates de parution de mes articles…
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Les bouquins de Paul DENYS n’ont pas encore trouvé d’éditeur.
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09.04.2008

L'autorité... en Prison

Quelques réflexions – à méditer : L'autoritarisme...

Il est sûr que, comme dans toute collectivité, il doit y avoir des règles, et celles-ci doivent être respectées « de part et d’autre ». C’est ce « de part et d’autre » qui pose problème, et même si ces règles existent, leur mode d’application, du côté des surveillants, « change » de l’un à l’autre.
Il faut reconnaître que l’excès de zèle en « sévérité » est rare, je dirai même très rare, en ce sens que les plus rigoureux sont ceux qui font respecter les règlements dans leur intégralité, sans zèle, mais aussi sans adaptation…
Deux exemples simples :
. les horaires des promenades sont « fixes ». Certains les respectent, et rouspètent ou refusent (à juste titre) de te faire entrer ou sortir de la promenade si ce n’est pas l’heure fixée. D’autres sont plus cools et ouvrent « à la demande ». Le détenu est-il en droit de « râler » ?... je ne le pense pas, mais il râle…
. autre exemple : le règlement intérieur prévoit que tu dois rester dans ton unité, et par conséquent, que tu n’as rien à faire dans un étage qui n’est pas le tien. Certains surveillants font respecter cette consigne et évitent (refusent) les allers et retours dans leur lieu de surveillance (2 unités) et vers les autres unités. Dans l’étage du dessous (ou dessus), c’est plus cool… ce qui provoque un conflit…
Le détenu est-il en droit de « râler » ?... je ne le pense pas, mais il râle…

Pénétrer dans l’unité, c’est interdit et appliqué, mais devant les unités, il y a une espèce de vestibule dans lequel aboutissent les portes (et grilles).
Et bien, en permanence de 8h à 19h, il y a des gars qui discutent avec d’autres, à travers la grille, qui quémandent du tabac ou autre chose, qui apportent de la nourriture préparée, ailleurs, etc…
En règle générale, je ne trouve pas cela très gênant, même si c’est, parfois, perturbateur, et je