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30/01/2008

Impressions d'arrivant... en Prison

Aujourd’hui, j’ai envie de faire le point sur les premières sensations que l’on ressent lorsque l’on « tombe » (rentre) en prison, et, en particulier, sur cet environnement nouveau : sensations réfléchies et partagées par plusieurs détenus avec lesquels j’en ai parlé.

Le plus surprenant ce sont toutes les portes, en fait, c’est ce qui choque (traumatise) le plus. Ainsi pour aller du « parloir » à ma cellule, il y a 8 portes (pour 200 m maxi). Pour ceux qui viennent me voir (parloir), il y en a 6 (pour 30 m maxi).

Ici, les portes s’ouvrent électriquement et se referment de même, et il y a donc, chaque fois, un « clac! » retentissant, et comme une 2ème porte ne peut être ouverte si la précédente n’est pas fermée, tu es sans cesse en train d’entendre et d’attendre les « clac ! » d’ouverture et de fermeture. Et toutes ces opérations se font « de visu » par l’opérateur (un surveillant).

Ainsi, quand tu es en cellule, tu vis la circulation dans le couloir au rythme des « clac! ».

Même l’ouverture (manuelle, à clef) des cellules voisines est entendue (bruyamment). Ainsi, tu prévois les « visites » (en fait, tu es très rarement « surpris ») et tu connais les sorties. La nuit, ce sont les seuls bruits que l’on entend, lors des rondes : une toutes les 2 heures ==+ aussi, il vaut mieux ne pas être malade la nuit ou avoir de mauvaises idées… En effet, entre deux rondes, on a tout le temps de mourir… et il y a des suicides...

Outre ce « clac! », le passage de chaque porte ne se fait pas sans difficulté (contrainte), il faut attendre la disponibilité ou le bon vouloir du surveillant qui actionne (de visu), éventuellement se faire connaître à chaque point « stratégique » et dire le motif du déplacement. Puis il y a les blocages (de mouvement) nécessités par des mouvements collectifs (plusieurs étages, ou par étage, pour les promenades ou sport /ou/ par le passage d’un détenu particulièrement protégé, surveillé et en tout cas accompagné /ou/ les prioritaires : les gradés et le personnel « civil » (souvent féminin), travailleurs sociaux, intervenants, personnel d’entreprises extérieures (qui viennent pour des travaux). Bref, cela fait que pour les 8 portes (mon exemple), il faut au moins 5 à 10 minutes pour faire les 200 m. Par expérience, si on voyage beaucoup, comme moi, on sait qu’il faut éviter certaines heures (sport surtout qui provoque six blocages par jour de 10 à 15 minutes…, c’est long en raison du manque d’organisation et d’un minimum de discipline…).

Mais, comme on s’amuse à le dire ici, on a le temps…

Encore une sensation forte, à l’arrivée, mais on ne le comprend que par la suite, et cette fois, en positif.
Et cela est peut-être du à une idée d’architecte.
En effet, en prison, il y a, bien sûr, des barreaux, beaucoup de barreaux, sur chaque ouverture (fenêtres) ou passage (portes), mais ici, ces barreaux sont horizontaux, contrairement à l’image de barreaux verticaux, attachée aux prisons. Cette sensation «inhabituelle » et cette vision « agréable » font que l’impression de prison est un peu estompée. Cela peut te sembler un détail, mais crois-moi, c’est terriblement important pour le moral : le fait de « casser » l’image ancrée dans notre subconscient.

Paradoxalement, le seul endroit où les barreaux sont verticaux, est l’entrée de l’infirmerie… un endroit qui, en théorie, devrait être plus « ouvert » et sécurisant.
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Rajout :

Ah oui ! les portes… le clac, l’attente, c’était galère.
Un barreau reste un barreau. A y réfléchir, ce que tu dis sur les barreaux horizontaux, c’est peut-être juste, mais moi, j’avais pas fait la différence.
De Alex, le 27.01.07
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A travers : « 1019 jours de détention… ou la vie en prison, vue du dedans, comme si vous y étiez… » (index des notes sur la journée du 7 janvier)
Clémence et Paul Denis tentent de vous faire vivre le quotidien d’un détenu « moyen », pas inculte, mais pas VIP, non plus (vous avez l’intégral de ce bouquin, complété par vos questions / remarques et mes réponses…).
Nota : Sur la journée du 14 janvier, vous trouverez un lexique des mots qui méritent une explication et/ou un commentaire…
……..
Ma Prison… ou quelques questions qui fâchent… et des solutions proposées…
A travers ces pages, Paul Denis poursuit sa réflexion, il ne se considère plus comme un détenu, mais comme un observateur qui très souvent est devenu un confident.
Vous trouverez, sur la journée du 17 mai les dates de parution de mes articles…
……
Les bouquins de Paul DENYS n’ont pas encore trouvé d’éditeur.
Si vous désirez avoir leur version papier, vous pouvez acquérir (l’un ou l’autre ou les deux) en envoyant, par volume, un chèque de 17 € (frais d’envoi compris) à TOP SERVICES, 7 Bld d’Alsace à 57070 METZ. Pour 10 €, je peux vous l’envoyer par e-mail (150 pages A4 ou 220 pages A4).


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Commentaires

Il n'y a que 3 semaines que j'ai rejoint la "communauté" de blog50 et je viens de découvrir tes articles que j'ai parcouru en diagonale car ils sont légion. Mais ta émarche étant fort intéressante j'y reviendrais car généralement les informations glanées çà et là ne sont que des souvenirs d'après détention, ce qui n'est pas ton cas.
Si je ne me trompe pas, cette activité d'écrivain biblothéquaire qui te sors de ta cellule 6 heures par jour est en quelque sorte une thérapie permettant "d'accepter" cette incarcération qui n'est pas toujours facile compte tenu d'une certaine forme de promiscuité même si tu es maintenant seul dans ta cellule.
Compte tenu de l'heure de diffusion, au milieu de la nuit, je pense qu'il y a une raison ? Insomnie ou problème de connection ? Mais cela est secondaire par rapport à ce que tu nous enseignes. Continue à nous faire partager cette vie que tu nous fais vivre et essaie d'en garder que le meilleur pour ta sortie.
Bien Cordialement et à+
Michel

Écrit par : Michel | 30/01/2008

Privilégié… je pense que je l’ai été…. Et comme tu le dis si bien, mon « emploi » d’écrivain m’a permis de supporter cette détention pour laquelle je n’étais pas prédestiné… si parfois, on peut penser que certains le sont… Oui, j’y ai trouvé le moyen de lui donner un but, un sens… Mon seul regret est d’avoir mis ma famille dans l’embarras…
Oui, en prison, j’ai subi des insomnies dues à la non-fatigue d’une journée à ne rien faire… j’ai été obligé de prendre des somnifères, mais cela ne m’empêchait des nuits de veille et donc de longues heures d’écriture, et si aujourd’hui, tu peux lire ces lignes, c’est un peu grâce à ces insomnies… et à mes nombreux correspondants, comme je l’explique en début de blog. Aujourd’hui, tous mes articles sont prêts et je sais que nous serons ensemble jusqu’à la fin de l’année… S’ils sont postés, d’avance, la nuit, c’est plus par simplicité que par obligation… les circuits sont moins encombrés et, je pense (imagine) que c’est mieux… !
Rappel, je ne suis plus en prison depuis fin 2004, mais j’y suis resté 34 mois…
De Paul Denis à Michel, le 30 janvier 2008 à 20 h 50

Écrit par : Paul Denis | 30/01/2008

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