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01/02/2008

L'ambiance... en Prison

Comme tu peux t’en douter, la prison, c’est un monde à part, un peu (beaucoup) hors du temps, hors du lieu, hors des contraintes avec ses moments de rigolade, mais surtout avec ses obligations et l’obligation de supporter ses compagnons de route (d’infortune)…

Mon emploi d’écrivain a l’avantage « certain » de me permettre d’occuper mon temps avec une certaine utilité.

Pour moi, c’est primordial, ne rien faire m’aurait été très pénible et si pendant quatre mois, je n’ai rien fait si ce n’est lire et jouer au tarot, j’en avais l’overdose et si je n’avais pas eu, en plus, à m’occuper de ma défense et de mon procès, je crois bien que j’aurais « pété les plombs » (comme on dit ici). Et, crois-moi, c’est fréquent… et toujours pénible de voir dans quel état « l’incarcération » peut mettre certains individus… et ce, malgré une médicalisation optimum pour 3/4 des détenus (calmant, somnifère, et toutes sortes de saloperies (comme nous, nous disons) qui ont, certes, leur nécessité un certain temps, mais ils sont mal contrôlés et sources de « trafic ». Ici, les mélanges « maison » sont fréquents avec Subutex ou Méthanol, etc…, bref de quoi « exploser » ou pour le moins « s’évader » et si on rajoute à cela la « fumette »… Bref, je suis entré dans un monde que j’ignorais et si on ne le côtoie pas, on ne peut l’imaginer…

Pour dire vrai, ma plus grande tristesse est la séparation de ma famille qui m’est imposée.

Pour le côté matériel, je fais partie des privilégiés, je sais m’adapter et le reste est « supportable », surtout que je ne suis pas obligé de participer à des activités « collectives » pour trouver un minimum de relations humaines.

Je passe « au mieux » mon temps, je ne souffre pas trop de la promiscuité imposée et bien réelle.

Pour bon nombre de détenus (et en particulier, pour ceux qui y reviennent et donc qui y ont leurs habitudes), on ne peut pas dire que la prison est un lieu redouté où on se sent brimé. Ce n’est pas le bagne ; certes, la liberté n’existe pas (plus), mais une certaine organisation de vie existe qui fait que l’ambiance n’a rien de très désagréable.

En chaque chose, on recherche ce qui est plaisant, on masque ce qui fâche, on transforme ce qui peut l’être. En fait, on vit dans un monde irréel, faux, artificiel.

Les relations « de prison » n’existent pas. Les promesses faites (à la sortie) sont rarement respectées, les retrouvailles (hors murs) plus que rares.

L’individualisme est de mise, chacun vit pour lui-même et les rapports « vrais » avec l’autre sont rares, les échanges, de même.

Il est vrai que comme écrivain, j’ai été le témoin, le confident d’un certain nombre de détenus. Ont-ils été sincères, je ne sais, je les ai écoutés, j’ai essayé de répondre à leur attente, mais, malgré ma « fonction » et l’aide que j’ai pu apporter à certains, je ne peux pas dire que des relations « suivies » ont pu se créer.

Il y a, il y aura de très rares exceptions, peut-être…

Le lieu n’ayant pas pour vocation d’être agréable, en cela, il réussit, mais l’humain ayant la faculté de s’adapter, il s’adapte à ce cadre rigide et quelque peu hors du commun, en sachant l’apprivoiser, en sachant le transformer… en un lieu de vie… où chacun y trouve ce qu’il y apporte.

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Rajout :

Ca c’est vrai, n’avoir rien à faire, c’est aussi casse-pieds que d’avoir trop de chose à faire…
Moi, je n’ai jamais pété les plombs, mais j’en ai connu et subi des pas tristes, de pétages de plomb… je te dis pas.

J’ai connu beaucoup de gars qui prenaient des médocs. Et les mélanges, je te dis pas. Chacun essayait de planer quelque temps, pour occuper, pour oublier, pour passer le temps.

Avant de tomber, je fumais parfois, du cannabis, en prison, j’ai pu en fumer, aussi, mais c’était pas pareil, c’était plus pour braver l’interdit que vraiment planer.
Tu es dur, pour ceux qui reviennent, je crois pas que c’était parce qu’il y était bien, la fois précédente…

Mais ton optimisme et ton sens de l’organisation, t’ont permis de transformer ce qui était autour de toi, je crois que c’est ça… et ça, c’est balaise, je crois pas que beaucoup de mecs réussissent à faire cela.

C’est vrai, en prison, tout est faux. J’ai même connu des gars qui « dehors » était blancs et qui « dedans » se disaient « noirs », même à moi qui les connaissais… Tu piges le problème.

Ca, c’est vrai, la prison n’a rien d’agréable, malgré ce que tu en dis parfois.
C’est sur, on en survit, mais c’est jamais sans laisser des traces…

De Alex, le 31/01/07
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A travers : « 1019 jours de détention… ou la vie en prison, vue du dedans, comme si vous y étiez… » (index des notes sur la journée du 7 janvier)
Clémence et Paul Denis tentent de vous faire vivre le quotidien d’un détenu « moyen », pas inculte, mais pas VIP, non plus (vous avez l’intégral de ce bouquin, complété par vos questions / remarques et mes réponses…).
Nota : Sur la journée du 14 janvier, vous trouverez un lexique des mots qui méritent une explication et/ou un commentaire…
……..
Ma Prison… ou quelques questions qui fâchent… et des solutions proposées…
A travers ces pages, Paul Denis poursuit sa réflexion, il ne se considère plus comme un détenu, mais comme un observateur qui très souvent est devenu un confident.
Vous trouverez, sur la journée du 17 mai les dates de parution de mes articles…
……
Les bouquins de Paul DENYS n’ont pas encore trouvé d’éditeur.
Si vous désirez avoir leur version papier, vous pouvez acquérir (l’un ou l’autre ou les deux) en envoyant, par volume, un chèque de 17 € (frais d’envoi compris) à TOP SERVICES, 7 Bld d’Alsace à 57070 METZ. Pour 10 €, je peux vous l’envoyer par e-mail (150 pages A4 ou 220 pages A4).


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Commentaires

bientôt un prof en prison , pour délit de gifle,une autre expérience à relater,

Écrit par : framboisine | 01/02/2008

Bonne réflexion… et cette affaire vient à propos pour confirmer mes déclarations concernant la « garde à vue » que vous découvrirez à partir de mai 2008… On y constate un abus de pouvoir… Une gifle… amène en garde à vue… Conditions matérielles et psychologiques déplorables et constatées par ce prof… Alors, imagine ce que l’on peut faire subir à un jeune de 18 ans ou moins… quand on est capable de mettre en garde à vue, un prof qui n’a fait que répondre/manifester sa réprobation à une insulte de la part d’une jeune de … 13 ans (je crois)…
Où va notre monde… ? Comment peut-on faire confiance à notre Police/Gendarmerie et à notre Justice… ?
Nota : il est peut-être « injuste » de généraliser… mais même une seule fois… n’est-ce pas inadmissible ?
De Paul Denis à Framboisine, le 4 février 2008 à 11 h 410

Écrit par : Paul Denis | 04/02/2008

bsr
si les parents faisait leurs devoir de "parents" ils y aurais moins de jeunes larguer et moins d'adultes qui petes les plombs ,il faut sanctionner les parents avant tout,en faisant bien sur une enquete sur le mode de vie de chacune de ces familles qui ne gere pas

mais nous on est impuissant contre cette injustice

bonne soiree françoise

Écrit par : framboise | 06/02/2008

Notre société est responsable… de ses dysfonctionnements… et la différence est trop importante entre les nantis (ceux qui ont un travail et un héritage) et ceux qui ont du mal de finir le mois … Aussi n’est-il pas surprenant qu’il y ait des dérapages que nous ne savons pas corrigés…
De Paul Denis à Françoise, le 10 février 2008 à 8 h 15

Écrit par : Paul Denis | 10/02/2008

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