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18/02/2008

La surpopulation... en Prison

Les questions que tu ne me poses pas, mais qui méritent une réponse…

Parloir :

Le parloir est attendu, souhaité, mais aussi redouté.
Pourquoi ?
Tout simplement parce que d’une manière ou d’une autre, le détenu est agressé par l’extérieur.
Il le souhaite et l’attend parce que, pour lui, c’est la preuve qu’il existe, que quelqu’un pense encore à lui.
Il le redoute parce que c’est souvent, à cette occasion, que les mauvaises nouvelles arrivent… et cela casse le moral… pour plusieurs jours…
Souvent, il est préférable, de part et d’autre, de ne pas évoquer les sujets qui fâchent… Le silence et le non-dit évitent les mauvaises interprétations et souvent, des rancoeurs bien inutiles. Certes, faire l’autruche n’est pas forcément bon, non plus. A chacun de juger ce qui doit être dit et ce qui doit être tu…
Et puis, il y a les « parloir-fantômes »… le visiteur ne vient pas, et le retour en cellule est très, très pénible, tu peux l’imaginer… Pourquoi cette absence ? Que s’est-il passé ? Ont-ils eu un accident ?
Bref, tout passe en tête… et comme en Maison d’arrêt, le détenu n’a pas accès au téléphone, il faut attendre… attendre… une lettre d’explication qui, souvent, n’arrive pas.
Malgré le cérémonial (appel, attente, contrôle) et les contraintes (fouille par palpage ou à corps) que provoque l’événement « parloir », il est rare de se trouver une bonne raison de faire l’impasse sur ce moment d’évasion et de communication avec l’extérieur. Même si les banalités sont de rigueur… la présence suffit pour apporter son lot de réconfort.
Le parloir peut être complété par le courrier ou le téléphone (en Centre de détention).
Pour ma part, je dois vous avouer qu’à cause de, ou grâce à mon esprit d’adaptation, je ne souffre pas trop « physiquement » de l’isolement que m’impose la Justice et j’arrive à m’évader. Aussi, sur le plan affectif, mental et amical, je suis toujours hors de ces lieux et, paradoxalement, les moments les plus attendus et les plus redoutés sont les « parloirs » où je rencontre famille et parfois quelques amis fidèles : là, la réalité m’est jetée à la face, et la barrière apparaît : je suis ici et je ne suis pas parmi eux, et eux, ne sont pas autour de moi… Mais « annuler » ces rencontres bi-hebdomadaires serait encore pire…

Surpopulation…
vrai ou faux problème…

Les médias te parlent sans cesse de la surpopulation, en prison. Certes, elle existe, ici : 654 détenus pour 439 places.
Pour moi, elle a eu pour conséquence le retrait de notre privilège… et je suis, depuis peu, en cellule, avec un autre détenu (celui qui est avec moi, en bibliothèque). Chacun a su garder une certaine autonomie dans l’espace… ce qui fait que cette cohabitation se passe bien, on discute beaucoup ensemble, et le temps passe ainsi très vite, et comme les « urgences » sont « rares », je néglige quelque peu mes correspondants…
En fait, le surnombre n’est pas ressenti directement, par le détenu. En effet, souvent, surtout les plus jeunes (et ils sont nombreux) préfèrent être ensemble, même un peu entassé à 3 dans 9 m² (avec un matelas par terre).
Ce qui est plus inadmissible, c’est bien sûr que cette surpopulation n’a pas été prévue et que, si on peut entasser les détenus, on ne peut étendre les infrastructures et les services communs (cuisine, salle d’activités, de sport, cour, douches, etc…), si bien que la qualité de vie s’en ressent.
L’énervement et une certaine excitation, consécutifs à cette surpopulation, font que la vie devient pénible. Les tensions sont fortes. Un rien provoque un conflit…
Tout cela se gère très mal, de plus, il me semble que le nombre de surveillants ne suit pas… pour eux, c’est donc, aussi, un surcroît de travail et d’énervement… qu’ils passent… sur notre dos, leur disponibilité… disparaît… un peu…
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Rajout : Parloirs
Cool les parloirs, mais à la réflexion, c’est vrai que souvent j’en sortais « déprimé » par les mauvaises nouvelles… et le reste.
De plus, la fouille à poils, cela ne m’a jamais motivé ? Je comprends que c’est utile, mais quand même…. faite par certains, c’est dégeu.

Surpopulation
D’accord avec toi, sur tout.
De Alex, le 18/02/07
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A travers : « 1019 jours de détention… ou la vie en prison, vue du dedans, comme si vous y étiez… » (index des notes sur la journée du 7 janvier)
Clémence et Paul Denis tentent de vous faire vivre le quotidien d’un détenu « moyen », pas inculte, mais pas VIP, non plus (vous avez l’intégral de ce bouquin, complété par vos questions / remarques et mes réponses…).
Nota : Sur la journée du 14 janvier, vous trouverez un lexique des mots qui méritent une explication et/ou un commentaire…
……..
Ma Prison… ou quelques questions qui fâchent… et des solutions proposées…
A travers ces pages, Paul Denis poursuit sa réflexion, il ne se considère plus comme un détenu, mais comme un observateur qui très souvent est devenu un confident.
Vous trouverez, sur la journée du 17 mai les dates de parution de mes articles…
……
Les bouquins de Paul DENYS n’ont pas encore trouvé d’éditeur.
Si vous désirez avoir leur version papier, vous pouvez acquérir (l’un ou l’autre ou les deux) en envoyant, par volume, un chèque de 17 € (frais d’envoi compris) à TOP SERVICES, 7 Bld d’Alsace à 57070 METZ. Pour 10 €, je peux vous l’envoyer par e-mail (150 pages A4 ou 220 pages A4).


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Commentaires

Je reviendrai lire tranquillement... ça ne peut pas être bâclé. Bises de miche

Écrit par : miche | 18/02/2008

Les commentaires sont fermés.

 
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