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29/02/2008

Calcul du CRP - RPS, en Prison

En ce qui concerne le récent repérage de ta cellule que nous avons effectué en repartant lors de notre dernière visite, je trouve ça vraiment bien. C’est à la fois amusant et bizarre de te voir comme ça de si loin, mais en même temps de savoir avec certitude que cette serviette blanche au loin, c’est bien toi et que cette voiture au milieu de la route, c’est bien nous. Je trouve cela vraiment chouette.
Bien, je me permets maintenant de revenir sur tes écrits avant d’achever cette lettre.
Pour ce qui est de tes menus, force m’est de constater qu’au moins, ils ont l’air équilibrés, même sans être formidables.
En plus, tu peux cantiner pour les petits extras, ce qui te permet de te faire un peu plaisir quand le cœur t’en dit.
Mine de rien, il faut voir le côté positif de ton incarcération, à savoir que tu auras, enfin, pu effectuer un « régime » efficace qui te permet de perdre les kilos que tu trouvais superflus…




Ma destinée :


Contrairement aux apparences, un « Centre de détention » a pour mission et est un lieu où tout est mis (en théorie) en place, en vue de la « réinsertion », donc le retour à la vie libre.
Même si tu n’oses pas me le demander, ton silence me fait comprendre que tu souhaites être « informés » sur ce qui m’attend et surtout sur ma date de libération…
Mais, en fait, pour moi, la date de ce retour est particulièrement « floue », car, il y a encore plusieurs incertitudes et les démarches entreprises feront changer les données ci-dessous :
donc, voici, « le pire » : j’ai été condamné à 30 mois de prison + 10 + 18 (révocation d’un sursis).
Il est vrai que cette peine de 58 mois est tout à fait théorique. En effet, nous pouvons bénéficier de « grâces » et de « remises de peines » (RP), ce qui d’ailleurs a déjà été mon cas.

En théorie, le décompte de remises de peines et des grâces est le suivant :

Rectificatif, fait le 30 mai 2007

Depuis le 1er janvier 2005, (loi Perben II, du 9 mars 2004) ce décompte a changé, de plus, il a lieu dès que la condamnation est connue. Pour vous informer, je vous donne ces changements :

CRP – RPS – RPE :

Nota : Depuis le 1er janvier 2005, il est désormais accordé à tout condamné un crédit de réduction de peine (CRP) :
Dès la mise à l’écrou (entrée en prison), ou dès la mise à exécution de la peine (après le jugement et tous les recours possibles), pour les personnes déjà détenues, ce crédit est calculé sur la base de la condamnation prononcée (c’est le greffe qui informe le détenu) : soit 3 mois pour la 1ère année de détention, 2 mois pour les années suivantes, 7 jours par mois pour une année incomplète.
Le CRP remplace les RPO (remise de peines ordinaires, dit « de bonne conduite ». Le condamné en bénéficie de plein droit. Il peut être retiré partiellement ou totalement en cas de « mauvaise conduite » aussi bien pendant le temps de détention qu’après sa libération pendant une période d’une durée équivalente à celle des réductions accordées.
Attention : lorsque le condamné est en récidive légale, le CRP est réduit à 5 jours par mois, si la peine prononcée est de moins de 12 mois. Si la peine est supérieure à 1 an, le CRP sera de deux mois pour la première année, à un mois pour les années suivantes et à cinq jours par mois (dans la limite d’un mois) pour la partie restante.
Pour ce calcul (fait après la condamnation) il est tenu compte de toutes les périodes de détention faites avant (détention provisoire). S’il y a plusieurs condamnations, le calcul se fait peine par peine. En cas de révocation d’un sursis, le calcul se fait sur la durée de prison résultant de la révocation.
Si par la suite, il y a confusion de peines, le crédit est recalculé, sans la peine confondue.

RPS (Remise de peines supplémentaires) : elle reste prononcée par le JAP (Juge d’Application des Peines), annuellement : primaire : maxi 3 mois ou 7 jours par mois pour une année incomplète. Détenu en récidive légale : 2 mois par année ou 4 jours par mois pour une année incomplète.
Elle est accordée lorsque le condamné a manifesté des « efforts sérieux de réadaptation sociale ». Sont considérés comme des « efforts … » le succès à un examen, le suivi d’un enseignement ou d’une formation, une thérapie destinée à éviter la récidive, des efforts pour indemniser les victimes (versements volontaires en plus de ceux faits sur le pécule (voir sous ce mot), etc…
Le condamné peut demander ces RPS (par l’intermédiaire du greffe de la prison).
Des RPS peuvent être accordées sur la 1ière année (nota : c’est nouveau). Elles sont données année par année. En principe, il n’y a pas de RPS possible si la peine est inférieure à un an.
Une RPE (Réduction de peine exceptionnelle) peut être accordée, lorsqu’un condamné a fait des déclarations ayant permis de faire cesser ou d’éviter la réalisation d’une infraction relevant de la criminalité organisée (cf art. 706-73 et 706-74 du CPP).

Grâces présidentielles :

Depuis 2007 : le Président de la République ne donne plus ces grâces dites collectives, à l’occasion du 14 juillet.


Pour les aménagements de peines, « libération conditionnelle » et « semi-liberté » - ces deux aménagements nécessitent les mêmes conditions : avoir un hébergement et un « travail » - CDI ou CDD pour la période théorique restant à faire.
En « semi-liberté », il faut aller dormir en prison, en semaine, et, il ne doit pas rester plus de 12 mois théoriques à faire.
Ces mesures sont assujetties à l’accord du JAP et sous son contrôle… - il faut être à mi-peine + mi-grâce, je te passe le calcul assez difficile à déterminer, car il ne faut tenir compte, en théorie, que des grâces « signées » ; mais en pratique, le JAP considère (souvent), la mi-peine, mi-grâce « acquises ».

Et pour moi, cette date serait le 14/08/03. Ce qui veut dire que, toujours en théorie, avec 58 mois « ferme », je pourrais être « dehors » à la mi-août de cette année.
Je dois dire au pire (au mieux) parce que cette date tient compte de 58 mois de condamnation, alors que je pense que nous sommes « en droit » d’obtenir, d’une part, la non-révocation du sursis de 18 mois et/ou, d’autre part, d’une confusion de peines entre ces trois peines, ce qui pourrait donner : minimum 30 mois ou 40 mois ou 48 mois… et tous les calculs seraient à refaire.
Nous avons entrepris ces deux démarches qui devraient aboutir dans un délai de 4 à 6 mois.
Et celles-ci, avec un résultat positif total et partiel, sont cumulables avec les aménagements de peines. Ce qui veut dire qu’en théorie (toujours), je pourrais déjà être « dehors ».
A travers ce raisonnement, j’ai essayé d’être le plus clair possible, tu comprendras que le « flou » évoqué en début de propos n’est pas superflu.
Mais sois certaine que moi-même et mon avocat, faisons le maximum pour que cette fin de « captivité » puisse avoir lieu, le plus tôt possible, et ce, dans les meilleures, les moins contraignantes conditions possibles.

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A travers : « 1019 jours de détention… ou la vie en prison, vue du dedans, comme si vous y étiez… » (index des notes sur la journée du 7 janvier)
Clémence et Paul Denis tentent de vous faire vivre le quotidien d’un détenu « moyen », pas inculte, mais pas VIP, non plus (vous avez l’intégral de ce bouquin, complété par vos questions / remarques et mes réponses…).
Nota : Sur la journée du 14 janvier, vous trouverez un lexique des mots qui méritent une explication et/ou un commentaire…
……..
Ma Prison… ou quelques questions qui fâchent… et des solutions proposées…
A travers ces pages, Paul Denis poursuit sa réflexion, il ne se considère plus comme un détenu, mais comme un observateur qui très souvent est devenu un confident.
Vous trouverez, sur la journée du 17 mai les dates de parution de mes articles…
……
Les bouquins de Paul DENYS n’ont pas encore trouvé d’éditeur.
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27/02/2008

Arrivée en Centre de Détention

Arrivée en Centre de détention
« Mes premiers regrets » d’avoir quitté la Maison d’Arrêt se sont vite dissipés. Ici, tout y est mieux. Mon seul regret est que, lorsque vous voudrez, pourrez venir me voir, ce sera plus loin pour vous, mais ce sera les samedis, dimanches et jours fériés… et je pourrai vous téléphoner.
Cela ne fait donc que quelques jours que je suis ici, et j’en apprécie, déjà, la différence.
Tout d’abord, au niveau accueil, quand tu dis « bonjour », on te répond, on te sourit. Quand tu questionnes, on te répond. En fait, on te considère comme une personne « normale »… Je parle, bien sûr, de l’accueil des surveillants et chefs.
Au niveau des détenus, mon arrivée n’est pas passée inaperçue, et tout le monde sait que l’écrivain de Metz est là… et pour le moment, je garde mon « ancien » titre.
Nous avons été accueilli au secteur « arrivants » : période d’observation de 10 à 15 jours et les premiers signes d’un temps nouveau s’annoncent.
Un premier paquetage nous avait été remis avec l’indispensable et le matériel individuel en « hôtellerie » et en « hygiène » + un livret d’accueil ARRIVANT et l’organisation des « cantines » + un casse-croûte (froid) puisqu’il était 13 heures.
Rien ne devant se passer avant 14 h, j’ai pris le temps de manger et de lire les documents reçus.
Vers 15 h 30, nous sommes reçus par un gradé qui reprend et complète les informations et répond à nos questions, puis entretien individuel.
En gros, on apprend nos conditions « actuelles » et « futures » de détention.
D’emblée, j’ai ressenti que l’ambiance et les relations « administration-détenu » n’avaient rien de comparable avec celles d’une Maison d’arrêt. Il paraît clair que l’objectif est « la réinsertion » et que tout se passe pour le mieux dans le meilleur des mondes et, a priori, leur confiance nous est donnée, et ce n’est que l’attitude « individuelle » qui peut perturber-provoquer des conditions « restrictives », voire « répressives ».
En fait, tu n’es pas rejugé avec des a priori négatifs. Tu es là, pour un certain temps, le reste (le pourquoi) est ton affaire.
Tout est fait pour que chacun se prenne en charge, les surveillants ne sont là que pour assurer la « sécurité » et les « mouvements » (allers et retours), c’est tout, de plus, leur disponibilité et leur esprit de coopération sont évidents : pas de cri, pas d’attente inutile (ou injustifiée), pas d’attitude négative… bref, une ambiance d’entreprise où chacun a sa place et respecte l’autre…
[Cette impression première, je l’ai conservée pendant tout mon temps d’incarcération en Centre de Détention, même si, parfois, certains faits précis me font penser que pour d’autres, tout n’est pas aussi beau…
Et une mauvaise impression donnée, à la suite d’un incident, d’un dérapage, reste, longtemps, en mémoire, et la « nouvelle » bonne volonté évidente du « fautif » n’est pas (plus) pris en compte.
Ce qui me fait penser que si les objectifs de réinsertion sont une volonté « générale », tout n’est pas forcément mis en œuvre pour la permettre.
L’évidence nous le rappelle : il n’en demeure pas moins que nous avons affaire (des deux côtés) à des hommes et que tout ne se passe pas toujours comme cela devrait…]
Après cette parenthèse, reprenons notre première journée : on apprend, également, que nos affaires personnelles ne nous seraient données que le lendemain. En fait, ce n’était pas grave, puisque nous avions déjà tout l’indispensable. Et n’ayant rien à faire, comme les autres, j’ai entrepris un nettoyage général de la cellule qui, au demeurant, était propre.
Bref, passage au Cif et eau de javel, partout.
Passons à un peu de description : l’ensemble de la prison est divisé en 3 bâtiments : A et B pour les détenus, « La Rue », pour l’Administration et les services communs (parloir, infirmerie, bibliothèque, formation professionnelle, école, socio-culturel, musique, arts plastiques, TV interne, ancien gymnase où nous faisons « relaxation » et « santé par le sport », mais aussi, cuisines, greffe, bureaux des travailleurs sociaux, bureaux des chefs, salle d’audience du JAP, etc…) + un gymnase et des ateliers. Le tout est entouré de murs + grillage + barbelés, pas de miradors, mais des caméras vidéo. L’ensemble se trouve sur la hauteur de Saint Mihiel, et en pleine campagne, à ce qui me semble.
Pour mon environnement immédiat : la cellule fait 2,50 m x 3,30 m, donc à peu près comme en maison d’arrêt, mais elle semble plus grande(de plus, on y est seul). Il est vrai que la fenêtre (sur la face 2,50 m) est plus petite 65 x 105 (haut), une seule fenêtre vitrée + de « vrais » barreaux, bien réels moins discrets qu’à Metz, mais en fait, moins volumineux.
Ma vue est surprenante : la campagne et une route plutôt fréquentée et bruyante lorsque ma fenêtre est ouverte. A quelques mètres des murs, il y a des champs cultivés et de la verdure qui sera bientôt verte.
A Metz, nous n’avions que du goudron et un semblant de végétaux qui n’avaient d’herbe que le nom, pas la couleur…
Pour ce qui est du mobilier, il est fixé au sol (lit et armoire), seule la table (57 x 63 – un peu plus petite que celle de Metz), peut être déplacée et une chaise plastique (du style meuble de jardin). Un vrai et efficace chauffage. Au niveau hygiène, une cabine fermée (100 x 120) du style hôtel Première (en moins bien quand même), avec un lavabo/évier et WC et… eau chaude et eau froide (boutons poussoir). J’allais oublier, accrochée au mur une TV, 13 chaînes. Deux « bons » éclairages dont un dans le cabinet de toilettes avec prise de courant au dessus de la glace + deux autres prises de courant, placées à des endroits « normaux », ce qui évite les rallonges.
A l’étage, nous avons les douches (4 pour 25 détenus) et un office (cuisine) avec 4 plaques chauffantes + une machine à laver, un sèche-linge (en libre-service et gratuit) + du matériel collectif + un téléphone (pour 50 détenus) avec Carte France Telecom et 10 numéros pré-enregistrés (à certaines heures, il faut attendre son tour). Bizarrement, tu ne peux pas téléphoner à ton avocat…
Voilà pour la description des installations, j’ai oublié de te dire qu’en CD (Centre de Détention), où il n’y a que des « condamnés », on est toujours SEUL, en cellule, il y a quand même 2 cellules doubles (en taille) pour 2 qui le souhaiteraient.
En CD, le régime « normal » est « ouvert », c’est-à-dire que les portes sont ouvertes du lever (7 h 30) au coucher (18 h 45), à l’exception du temps de midi (12 h à 13 h 30) et circulation libre. Au secteur « arrivants », nous sommes au régime « semi-ouvert », en fait, « fermé », le matin.
Bien sûr, je peux fermer ma cellule lorsque je suis « hors cellule » (j'ai une clef). Pendant que c’est « ouvert », je peux aller où je veux dans mon unité, et en particulier, dans la cellule d’un autre, aux douches, à la cuisine, au téléphone, etc…
Pour ma part, j’ai repris mon rythme du début : écriture, lecture, TV… Je sors peu et que par nécessité. Je ne vais pas en promenade (de 8 h à 9 h 30)… Je ne me lève qu’à 8 h 30…
Par la suite, il me faudra travailler, ne serait ce que pour m’occuper. De toutes façons, en CD, la réinsertion est une des priorités, donc, le travail… et/ou la formation professionnelle.
Au niveau « repas », ce n’est pas organisé « pareil » et à des horaires plus normaux 11 h 45 et 18h45. On est servi, selon l’appétit et les goûts (en + ou en -, selon les plats). La qualité est bien meilleure, tout cela est bien propre… les entrées sont en barquette pelliculée et tout non-gaspillage est « favorisé ».
A ce jour, le tout barquette est de rigueur (normes européennes exigent, paraît-il), ce n’est pas mieux, ce n’est pas pire, en fait, au moins dans mon unité, il n’y a pas trop de gaspillage, et ceux qui mangent beaucoup peuvent avoir « double ration » et moi qui préfère les salades, je suis bien servi…
Pour moi, la qualité est bonne, mais ce qui manque, c’est la diversité… c’est toujours pareil… et il y a peu de variation d’une saison à l’autre… beaucoup de boîtes de conserve, peu de fantaisie…
Au niveau « achat » cantine, le choix est plus limité qu’à Metz, et, en plus, « plus cher », sauf la TV et le frigo, mais nous aurons accès au catalogue de « La Redoute ».
D’ici quelques jours, mon « régime » sera établi et la vie en CD s’organisera plus « libre » et plus « intéressante ». Ma première impression du secteur « arrivants » est que ceux qui y arrivent, découvrent, redécouvrent, une « liberté » oubliée ou brimée, lors de leur séjour en Maison d’Arrêt.
Il faut avouer que le verbe y est « haut » et que la musique « Boum-Boum » m’oblige à augmenter le volume de la TV, plus que nécessaire, mais les nuits sont « calmes » : ce qui est l’essentiel. Porte fermée, l’ambiance « générale » est acceptable. Par la suite, je pense que les volumes sonores et les manières vont évoluer dans le bon sens…
Comme tu le vois, comme tu peux le comprendre aisément, les conditions matérielles de vie sont toutes autres. Au niveau « mental », comme tous les détenus sont condamnés, on a moins de « crises » et comme, il n’y a pas de « mélange », la situation est la même pour tous, seul le motif et la durée différent. D’ailleurs, ici, on ne demande pas « pourquoi » tu es là, mais pour « combien » de temps… Cela veut tout dire…
En théorie, un CD est prévu pour des détenus ayant entre 1 à 5 ans de détention (prévu sur le papier). En pratique, il semblerait, et c’est même sûr, qu’il y a, ici, certains détenus qui sont là pour 10 ans et plus… et là, à mon avis, ce n’est pas la même chose. Pour 10 ans et plus, on ne s’organise pas pareil, on n’a pas les mêmes besoins, ni les mêmes préoccupations, ni les mêmes perspectives… de réinsertion…
Et comme pour moi, ma durée de peine n’est pas encore définitivement établie…, attendons l’aboutissement des démarches entreprises…
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Rajout : Saint Mihiel
Ah, on change de lieu. Bien vu l’accueil en centre de détention. C’est vrai que l’on n’a pas la surprise de la première fois, mais le cérémonial est le même : greffe, fouilles, chef, toubib, travailleur social, etc… A croire qu’on est « nouveau » alors qu’on vient de moisir dans un autre chtar.
C’était tout comme tu dis, je m’y revois et cela me fait drôle…
De Alex, le 26 février 2007
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A travers : « 1019 jours de détention… ou la vie en prison, vue du dedans, comme si vous y étiez… » (index des notes sur la journée du 7 janvier)
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Nota : Sur la journée du 14 janvier, vous trouverez un lexique des mots qui méritent une explication et/ou un commentaire…
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Ma Prison… ou quelques questions qui fâchent… et des solutions proposées…
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25/02/2008

Les surveillants... de Prison

Les questions que tu ne me poses pas, mais qui méritent une réponse…


Le personnel :
Au dessus du surveillant qui côtoie, sans cesse, le détenu, il y a les chefs (gradés) avec qui tu as peu de contact, sauf problème, au dessus des chefs, la direction et les services administratifs que tu ne vois jamais ou presque (comptabilité, courrier, greffe, etc…).
Parlons des surveillants (gardiens), que l’on peut classer dans différentes catégories.
Il y a les « bons », souvent des anciens, pour qui ce n’est pas un métier, mais une vocation. On le sent, ils sont là pour t’aider, et non, pour te faire des misères. En général, ils sont respectés par tous et/ou, en tous cas, ils savent se faire respecter, et ce, sans éclat.
Il y a le surveillant « moyen » (de base) qui fait son boulot comme il ferait un autre boulot. Il ne faut pas trop le solliciter, sa disponibilité ne t’est pas acquise.
Il y a celui qui se fout de tout, aussi bien de toi que de son boulot. S’il n’avait pas les clefs, on pourrait s’en passer.
Il y a les stagiaires (souvent Bac +, mais le niveau requis n’est que le brevet)… Je les plains, ils entrent souvent par hasard ou obligation, dans un monde qui leur est étranger et, par définition, hostile (du moins, le pensent-ils). C’est par eux que tu apprends « ce qui devrait être fait », car, en général, ils respectent les consignes données, à la lettre.
Un seul regret : il faudrait leur faire faire une semaine d’observation, au début, cela leur éviterait une formation « inutile » : plus de 60 % (paraît-il) ne poursuivent pas après leur stage pratique !!!
Les surveillants sont « hommes » ou « femmes ».
En général, si tu respectes l’autre, l’autre te respecte.

L’affaire :
C’est ainsi que l’on nomme, la raison pour laquelle tu es là.
C’est souvent un sujet « tabou » qui attire la curiosité, car l’on veut savoir ce que l’on reproche à celui avec qui on parle.
Il y a autant d’affaires qu’il y a de détenus. Chaque cas est particulier.
L’essentiel est de rester « honnête » avec soi-même et avec l’autre. Mentir n’est jamais bon. Un jour ou l’autre, la vérité apparaît et alors, ce peut être le moment des représailles.
Il est sûr qu’il est souvent difficile d’assumer soi-même ce que l’on te reproche, alors le communiquer à d’autres est encore plus « délicat ».
Très souvent, le coupable se dit innocent, c’est la faute d’un autre. En fait, la prison est remplie de beaucoup d’ «innocents-coupables » ou de « coupables-innocents », au choix.
Au demeurant, je pense qu’à part quelques « rejets systématiques » (violeurs, pédophiles principalement), une entente sans a priori est souvent de mise. On ne se préoccupe pas du pourquoi tu es là, mais de qui tu es, et je crois que c’est tant mieux.
Avec le temps, on apprend à se connaître, on choisit ceux de qui on s’entoure, et sans rejeter les autres dont on ne se préoccupe pas. C’est au moins, ce qui devrait être mis en pratique, ce qui n’est pas toujours, hélas, le cas.
Les jeunes étant, en général, assez intolérants envers l’autre…

Inutilité de la prison :

Au lieu d’entretenir une surpopulation, à la réflexion, je suis persuadé que la prison n’est pas toujours la solution la mieux adaptée à « la faute ».
La prison reste un lieu où les « mauvaises » rencontres sont plus fréquentes… que les « bonnes ». On y apprend beaucoup de choses, crois-moi… et pas toujours de bonnes… choses.
Celui qui veut être « initié », peut l’être sans difficulté. C’est plutôt le contraire qui est difficile : ne pas se laisser influencer…
Aussi notre société ne joue-t-elle, peut-être, pas la bonne carte en introduisant en prison des délinquants, certes, mais en fait des « petits » délinquants qui auraient besoin d’un accompagnement socio-familial éducatif, plutôt qu’une répression inadaptée…
Pour s’en convaincre, si c’était nécessaire, il suffit de consulter les statistiques et de calculer le taux de récidivistes…
Pour ma part, je l’évalue à 60 à 70 % … (au moins) ! Les statistiques officielles disent 30 à 50 %.
Aussi, pour mon cas personnel, ce qui me pèse le plus est, assurément, l’inutilité de mon temps, l’inactivité qui me sont imposées, alors que j’ai bien l’impression qu’il y aurait eu moyen de prévoir/trouver, une situation aussi contraignante pour moi, mais qui serait plus utile à la société. Que de gâchis…

Le bracelet :
Les médias parlent beaucoup de ce nouveau mode d’incarcération…
Voyons les chiffres : en 2004, l’aménagement de peines accordé, par les JAP, le plus souvent, est un régime de semi-liberté (6.500), ou le contrôle par bracelet fixe (5.600) – surveillance et autorisation de sortie contrôlées à heure fixe -, ou, depuis peu, le bracelet électronique (GPS) qui suit le détenu-libéré, m par m, minute par minute (1000 aujourd’hui, prévu pour 2007 : 3000). Les libérations conditionnelles arrivent bien après, quelques centaines.
Il est à constater que le nombre de libérés, en fin de peines, sont la majorité. Il est vrai qu’avec le jeu des grâces et remises de peines, le temps prévu est bien réduit - Ainsi, pour moi, sur 58 mois, il aurait pu être de 33 mois. J’en ai fait 34, sans une permission de sortie...
Quand on sait qu’il n’y a que 49.000 places pour plus de 65.000 détenus, que le coût d’un bracelet (GPS) est de 40 €/jour (9 € en Amérique !), un bracelet fixe : 11 €, et qu’une journée de détenu en prison coûte 60 € (de 90 à 120 €, si on compte tout : bâtiment, personnel, coût d’entretien d’un détenu), on est en droit de se dire qu’il est urgent de trouver une solution.
Cela est d’autant plus évident pour tous ceux qui touchent, de près ou de loin, la prison, que la détention n’est pas un lieu idéal pour acquérir une « vraie » réinsertion.
Avec l’économie faite, il serait peut-être judicieux de former de « vrais » éducateurs qui seraient là pour prévenir une certaine délinquance…
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Rajout :
Le personnel
C’est vrai, il y a des « bons », mais je dois dire qu’on se rappelle plus des « pas bons » qui visiblement n’aimaient pas leur boulot.
Il fallait toujours « pleurer » pour obtenir le peu auquel on avait droit… et puis, le respect de leur part, je te dis pas, c’est pas toujours au top, aussi il ne faut pas s’étonner que certains détenus leur faisaient la vie dure… C’est la vie… œil pour œil, dent pour dent…

L’affaire
C’est vrai qu’en prison, comme ailleurs, on aime bien savoir à qui on a « affaire », cela évite des mots de travers et des conflits pour des conneries.
De toutes façons, moi, j’étais toujours sur mes gardes et j’avais peu de potes, mais assez pour rester cool et bien délirer.
De Alex, le 24 février 2007
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