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19/05/2008

Convocation... pour une Garde à vue

Rendez-vous… :

Je t’ai déjà décrit, en gros, comment se déroule un « passage » en hôtel de police. Mais, je voudrais revenir sur quelques tactiques ou méthodes employées.
D’amblée, je vous dirai que l’école de formation est bonne et que les techniques diffèrent fort peu d’un enquêteur à l’autre.

Comme déjà dit, en fonction de la « convocation reçue », tu sais, avec l’expérience, de quoi il s’agit, car en fait, l’hôtel de police est divisé en quartiers, étages et donc, en fonction de celui indiqué, vous savez dans quel service il va falloir que vous vous rendiez.
Dès l’accueil, vous êtes mis dans l’ambiance. A l’entrée de l’hôtel de police, il faut attendre votre tour… il te faut « déjà » te justifier : pourquoi tu viens, qui tu es, donc présenter : convocation et carte d’identité, et cela est collationné sur un registre, et déjà, il faut faire preuve « d’autorité » pour faire inscrire ton heure exacte d’arrivée et non, ton heure de passage au contrôle. Pendant « Vigipirate », on te prenait ta carte d’identité. A priori, lors de ce passage obligé, ton interlocuteur (futur) est prévenu de ton arrivée… mais malgré « l’heure de RDV respectée », on te fait attendre… en général, un bon quart d’heure… (c'est systématique, c’est une tactique)… dans une salle d’attente, à la vue de tous… de tous les passants… Même si tun’as rien à te reprocher, être vu dans ces lieux est toujours un peu suspect (Es-tu un indic ? Pourquoi es-tu là ?, etc…).
Bref, « enfin », on te laisse aller (si tu connais), ou, on vient te chercher.
Commence « la mise en confiance », par une conversation un peu à bâtons rompus, sur tout et rien… pour te mettre en confiance… puis arrive la question attendue : « Vous savez pourquoi je vous ai convoqué… ». Réponse « Non »… dire « Oui » pourrait paraître suspect. « Je n’en doute » est acceptable… Donc, sans rien te montrer, on t’explique l’affaire et on te demande ce que tu en penses. Ce qui est pernicieux, mais cela fait partie de la technique, c’est que l’on ne te dit pas tout ce que l’on sait. Aussi, il te faut, sans cesse, être sur tes gardes et lorsqu’il s’agit de la rédaction de ta « déposition », il est important de faire « respecter » ce que tu as dit, dans tes « mots », et non d’accepter ce que l’enquêteur veut écrire, car « lui », il sait où il veut en venir. Pour ma part, je ne suis toujours dit qu’il fallait mieux en dire, au départ, le moins possible, il faut rester sur ses gardes pour éviter tout « rétractation » ou « erreur involontaire », quitte à compléter ou à revenir sur le sujet, lors de la relecture « sur écran », en disant : « Ah oui, je me souviens, on peut rajouter… ». J’insiste sur « sur écran »… car, lors qu’il y a eu « impression », toute modification autre que l’orthographe, fait l’objet d’un rajout « suspicieux »… si ce que tu rajoutes, ne convient pas ou ne correspond pas à la version que l’enquêteur voulait entendre.
Il n’est pas rare que l’interrogatoire soit interrompu par un visiteur…
Pour ma part, j’ai eu (ou rarement eu à subir, le changement d’interlocuteur (sauf en gendarmerie où la technique passe par là) et donc une reprise (redite)… mais je sais que c’est une technique « courante », même par la police, pour faire se contredire l’interrogé.
Il est vrai que, pour ma part, j’ai souvent eu affaire, au moins quand j’étais directement concerné, à la brigade financière, donc des spécialistes (peu nombreux) et « ton » dossier est suivi par une personne, et, est assez complexe pour éviter toute question anodine.
En général, dès les premières minutes, j’ai compris comment cela allait se terminer. Le suspens était rompu. En effet, si l’interrogatoire était, dès le départ, précis, concret, rapide… il ne s’agissait que d’un simple interrogatoire, une simple « déposition »… et donc, je savais que je n’’étais là que pour quelques heures.
Lorsque tout le monde prenait son temps, avec apport d’un petit café et dialogue sur des banalités (temps, famille, affaires, etc…) cela sentait le roussi…
En effet, à l’issue de ce premier « dialogue » spontané, certes, sur le sujet, mais non approfondi, arrive une première étape déjà évoquée : la « mise en examen » qui, elle, devient donc une étape « officielle » de procédure.
La « mise en garde à vue » ne démarre que si « la mise en examen » et sa première étape (les interrogatoires) doivent durer plus d’une journée (donc, si une nuit et des repas sont à prévoir). Rappel : le fameux décompte de 48 h maxi, ne commence que lors de la mise en « garde à vue », donc, parfois après une journée ou presque d’interrogatoires.
La « mise en examen » et la « mise en garde à vue » ne peuvent se faire qu’avec l’accord du procureur… donné par téléphone, confirmé et/ou contresigné par la suite, je pense, et lors de ces deux étapes, un certain nombre de formulaires sont remplis… qui précisent le déroulement de celles-ci.
Il me semble « évident », ayant été à l’écoute de nombreux co-détenus, que, souvent, les aveux sont dirigés, voire « arrachés », lorsqu’ils ne sont pas, purement et simplement « dictés ».
Il est vrai que pour un individu, un peu faible, ou, un peu indécis, ou, un peu « pas clair »… il est facile à un enquêteur de faire croire « n’importe quoi »… même des « énormités », croyez-moi, et par là-même, lui faire avouer ce qu’il n’a jamais fait…

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A travers : « 1019 jours de détention… ou la vie en prison, vue du dedans, comme si vous y étiez… » (index des notes sur la journée du 7 janvier)
Clémence et Paul Denis tentent de vous faire vivre le quotidien d’un détenu « moyen », pas inculte, mais pas VIP, non plus (vous avez l’intégral de ce bouquin, complété par vos questions / remarques et mes réponses…).
Nota : Sur la journée du 14 janvier, vous trouverez un lexique des mots qui méritent une explication et/ou un commentaire…
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Ma Prison… ou quelques questions qui fâchent… et des solutions proposées…
A travers ces pages, Paul Denis poursuit sa réflexion, il ne se considère plus comme un détenu, mais comme un observateur qui très souvent est devenu un confident.
Vous trouverez, sur la journée du 17 mai les dates de parution de mes articles…
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Les bouquins de Paul DENYS n’ont pas encore trouvé d’éditeur.
Si vous désirez avoir leur version papier, vous pouvez acquérir (l’un ou l’autre ou les deux) en envoyant, par volume, un chèque de 17 € (frais d’envoi compris) à Ligue des Droits de l’Homme (LDH 57), 3 rue Gambetta à 57000 METZ. Pour 10 €, je peux vous l’envoyer par e-mail (150 pages A4 ou 220 pages A4).

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