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30/07/2008

Le délinquant sexuel... en prison

« Le délinquant sexuel » :

C’est le plus impénétrable. C’est dans cette catégorie que l’on trouve le plus grand nombre de « condamné-innocent » ou de « innocent-condamné », je ne sais quel terme il faut employer… !

Est-ce vrai ? Pour le condamné, assurément, pour la Justice, certes non, puisqu’elle l’a condamné.
On y retrouve les violeurs de toutes sortes, les proxénètes, les pédophiles, etc…
On peut les diviser en deux catégories. Ceux qui, a priori, se sentent coupables, et paient « en silence » leur dette, vis à vis de la société et de leur victime. On ne les entend pas. Ils font partie de ceux qui sont les plus calmes et ce, pour plusieurs raisons.

Tout d’abord, en raison de leur délit-crime, ils sont rejetés par les autres détenus. « On » ne leur parle pas. « On » ne leur sert pas la main.
Rappel, ici, le serrement de la main est un signe fort de lien « amical », de reconnaissance, d’acceptation, j’allais dire de « communion », mais c’est un peu cela. Si certains refusent de te serrer la main, c’est qu’il te considère comme « pointeur » (violeur) et là, il faut faire quelque chose, pour enlever cette image négative et fausse. Ils font l’objet de propos blessant et pour eux, le mieux est de ne pas répondre. « Manifester », toute riposte « directe » provoque la colère, et l’agression physique (des coups, des croche-pieds, etc…) n’est pas rare.
Ici, comme partout, ils sont protégés, souvent ils sont réunis dans le même quartier, et cela, aussi bien pour leur sécurité que pour éviter les provocations gratuites. Je ne sais si c’est bien de les « cloîtrer », mais certains parmi eux ne semblent pas en souffrir, bien au contraire, mais c’est quand même une ségrégation, un certain racisme. Même si cela se comprend et si leur délit est dur « à accepter », « à comprendre », cette mise à l’écart, si elle apporte le calme, elle provoque quand même une injustice de plus.

En fait, il est difficile de connaître leur « histoire ». Eux-mêmes n’en parlent pas, et s’ils en parlent, la vérité n’est pas sûre d’être au rendez-vous.
Le « on dit que » est leur domaine, et, l’affabulation des autres est grande.
Il est vrai que, pour certains, la presse a fait « écho » de leur affaire… mais le temps (et la nature humaine) provoque des déformations de la vérité.

Par principe « personnel », si j’essaie de ne pas les juger, je n’essaie pas, non plus, de les comprendre, d’en savoir plus. Je n’en suis pas « curieux » et me refuse à rentrer dans un monde qui m’échappe et où le mensonge est monnaie courante.
J’ai, bien sûr, eu (reçu) des confidences, mais plutôt de la seconde catégorie dont je vais vous parler.
Mais avant cela, je tiens à vous faire part d’une attitude fréquente.
Par nécessité (je pense et espère), de nombreux délinquants sexuels se créent une « affaire » qui n’a rien à voir avec la vérité. Ils créent de toute pièce un délit qu’ils répandent autour d’eux, souvent, bien sûr, hors sujet. Cela tient quelques temps, mais la vérité (peut-être pas la vraie vérité), un jour ou l’autre, est découverte et là, cela ne passe pas et c’est souvent, lors de la découverte des faits que l’agression physique est la plus violente, au point que l’administration, pour sa sécurité, doit intervenir.

Dans cette catégorie, il y a beaucoup d’ « innocent-condamné ». Innocent, c’est ce qu’il dit, condamné, c’est le résultat.

C’est sûr qu’il y a des erreurs, c’est sûr qu’il y a des innocents en prison, surtout dans cette catégorie. Pourquoi ? Parce que la loi protège la victime, la pseudo victime, et cela, bien longtemps après les faits. Ainsi, mais je pense que vous le savez, la loi prévoit qu’un mineur peut porter plainte jusqu’à 10 ans, après sa majorité. Une autre victime (adulte) a dix ans pour se manifester.
Rappel, dans les autres délits, le délai de prescription est, en général, de 3 ou 5 ans : c’est à dire que si tu n’es pas pris dans les 3 ou 5 ans, tu n’es plus condamnable !
Donc si la victime à 12 ans, elle a 16 ans pour déclarer ce dont elle a été victime.
Vous imaginez bien les difficultés que cela peut provoquer. Je comprends qu’une victime « sexuelle » est besoin de temps pour accepter d’en parler, je comprends que la loi protège particulièrement ce type de victime. Mais je crois aussi, que la loi permet (favorise) un maximum d’erreurs… Que pouvez-vous « prouver » après 10-15 ans… ! S’il n’y a pas d’aveux, ce sera la parole de la victime (mineure ou autre) qui sera privilégiée. Dans le doute, dans ce domaine, la loi condamne celui que l’on appelle l’agresseur…
Et là, je veux faire une parenthèse sur le rôle des expertises psychiatriques.
Dans ce domaine, il y en a, en général au moins deux, par deux médecins différents. J’en ai lu plusieurs (beaucoup) et leur jargon, imprécision, est assez affolante : on leur demande, après une demi-heure, voire une heure d’entretien de se faire une opinion sur une personne, sur sa personnalité. Il faut préciser, en plus, que ce « coupable » n’est, bien sûr, pas forcément « coopérant » dans cette analyse. Et même si cette analyse est, a priori, favorable au « présumé coupable », il y a toujours la phrase fatidique : « Mais, en certaines circonstances, si tel ou tel événements sont réunis, si…, si…, si…, l’intéressé peut avoir été capable de réaliser ce qu’on lui reproche… ».
Aucune expertise n’est claire, déjà le vocabulaire est quasi incompréhensible pour un non-spécialiste, même le dictionnaire ne peut vous être d’un secours pour sa compréhension. Les 15 ou 20 pages rédigées après une demi-heure d’entretien (et de nombreux silences), c’est beaucoup d’interprétation, d’intime conviction.
Autant vous dire, tout de suite, que ce type de document qui souvent (hélas) sert de base à la justice, est, toujours, sujet à discussion, à interprétation…

Revenons à « l’innocent », au condamné qui est ou, pour le moins, se prétend innocent.
Est-il innocent ? Il est le seul à le savoir, et il restera le seul à le savoir, pour plusieurs raisons. Tout d’abord, parce que la victime a pu se tromper d’individu.

Cette catégorie se divise en deux. Ceux qui ont jamais reconnu les faits, eux qui, tout au long de la procédure et après, ont clamés, haut et fort, leur innocence, la non compréhension de ce qui leur arrive.

Mais il y a aussi ceux qui, à un moment ou à un autre, ont reconnu les faits. Pourquoi ont-ils « avoué » ? J’ai du mal à le comprendre, mais je peux l’expliquer et pour ce faire, reportez-vous à ce que je vous ai déjà dit sur les conditions dans lesquelles se passe la « garde à vue »… La fatigue, les maltraitances physiques et psychologiques, les promesses (les mensonges), etc… ont fait qu’il s’est cru obliger d’avouer… Parfois, on lui a fait croire que le fait d’avouer lui apporterait « protection », que ce n’est pas si grave, etc… Souvent, il avoue pour que le présent cesse et il pense (prévoit) qu’il va se rétracter lors de la comparution devant le juge d’instruction… Peine perdue…
Mon expérience (auditeur) me permet de vous affirmer que, quoiqu’il fasse, son innocence ne sera jamais reconnue, même si elle existe.

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A travers : « 1019 jours de détention… ou la vie en prison, vue du dedans, comme si vous y étiez… » (index des notes sur la journée du 7 janvier)
Clémence et Paul Denis tentent de vous faire vivre le quotidien d’un détenu « moyen », pas inculte, mais pas VIP, non plus (vous avez l’intégral de ce bouquin, complété par vos questions / remarques et mes réponses…).
Nota : Sur la journée du 14 janvier, vous trouverez un lexique des mots qui méritent une explication et/ou un commentaire…
……..
Ma Prison… ou quelques questions qui fâchent… et des solutions proposées…
A travers ces pages, Paul Denis poursuit sa réflexion, il ne se considère plus comme un détenu, mais comme un observateur qui très souvent est devenu un confident.
Vous trouverez, sur la journée du 17 mai les dates de parution de mes articles…
……
Les bouquins de Paul DENYS n’ont pas encore trouvé d’éditeur.
Si vous désirez avoir leur version papier, vous pouvez acquérir (l’un ou l’autre ou les deux) en envoyant, par volume, un chèque de 17 € (frais d’envoi compris) à Ligue des Droits de l’Homme (LDH 57), 3 rue Gambetta à 57000 METZ. Pour 10 €, je peux vous l’envoyer par e-mail (150 pages A4 ou 220 pages A4).

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