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06/08/2008

L'alcoolique... en prison

« Le barbare » :

Je ne sais comment ils doivent être appelés. Ce qui est sûr, c’est qu’avec violence, ils ont pratiqué des actes que l’on peut qualifier de « barbare » et/ou contre nature. Cela passe par la séquestration, par des sévices physiques (très divers), parfois sexuels.
Il m’est difficile d’imaginer de tels actes et lorsque je suis en présence de l’auteur… je reste souvent perplexe et le connaissant mieux, je suis surpris qu’il ait pu commettre de tels actes.
Aussi, pour ma part, je pense qu’ils sont avant tout des malades, ce qui ne les excuse pas, mais ils ont besoin de soins et surtout d’un suivi que ni la prison, ni l’après-prison ne leur offriront…
Certains restent assez « indifférents »… au point de se demander s’ils ont des regrets, un remords…
Certains n’en parlent « jamais »… et l’on peut « supposer » qu’ils ont agi sous le coup d’une pulsion incontrôlable… une fois… mais peut-on être sûr qu’il n’y en aura pas une autre.
Leur présence, ici, certes, est justifiée, mais elle ne devrait être que le tremplin vers une nouvelle vie « sous contrôle ».
Ceux que j’ai connus, sortaient d’un milieu familial très perturbé, pour ne pas dire inexistant, … ceci peut expliquer cela… Il est probable que la violence a fait partie de leur quotidien, même si eux, sont passés au stade supérieur…
Sans prise en charge « réelle » seront-ils capables de vivre une vie normale ?

« L’alcoolique » :

C’est souvent une situation aggravante d’une autre infraction (accident automobile, agression, etc…).
En prison, ils sont bien pris en charge… en raison d’un sevrage médicamenteux. Il paraît que c’est dur, très dur, au départ.
Je me souviens avoir croisé un gars à Metz, qui était là pour l’alcool, arrêté lors d’un banal contrôle de police avec un taux d’alcoolémie qui aurait dû le tuer… depuis longtemps. Au bout de quelques semaines, physiquement, on lui donnait 20 ans de moins (rides disparus, peau saine, comportement et langage corrects)… une « transfiguration ».
Ils sont, outre le côté médical, « soutenus » par l’association « Vie libre » qui s’occupe des anciens alcooliques. Ils ont, d’ailleurs, une « obligation » judiciaire de participer à ces rencontres hebdomadaires.

Le problème, d’après ceux que j’ai côtoyés, réside dans le fait que, de retour, à la vie « en liberté »… la tentation est trop grande, et eux, trop faciles, ce qui veut dire que l’alcoolisme reviendra… et revient, dans de trop nombreux cas, un peu comme le fumeur qui a du mal de se débarrasser de ses « habitudes »…

En prison, ils ne posent pas de problème. Ils se reconnaissent comme « malades » et acceptent de se soigner. Sa famille le soutient et l’aide.
Le danger est le retour à la vie, après sevrage. Sera-t-il capable de poursuivre cette abstinence… ?

« Trafiquant de cigarettes » :

Voilà des gens heureux. Notre système judiciaire est tel que les risques encourus (peine de prison, amende) sont, par la loi, si limités que le passage en prison ne leur pose aucun problème. C’est un incident.
Peut-être, un camion a été perdu… mais c’était un camion volé… et la marchandise, confisquée, … mais sa valeur d’achat a été, au préalable, ou sera, largement compensé par d’autres voyages.

Vous l’avez compris, je vous parle de « maîtres » dans ce trafic (qui se disent « chauffeurs occasionnels »), mais qui, en fait, travaillent pour leur compte, à 2 ou 3. Et même si l’un est pris, les autres sont passés… et dans six mois, il retrouvera sa place.
Jusqu’à maintenant, la France n’était qu’un transit vers l’Angleterre, avec les hausses actuelles, je crains fort que la France devienne « terre d’accueil ».

Il m’a été agréable de terminer ce panorama de mes co-détenus, par ce type de détenu « heureux »… ou presque.

Volontairement, je ne vous ai pas parlé de gens de mon espèce qui sont en prison pour délits d’argent et/ou fiscaux. J’ai connu aussi, à Metz et ici, quelques trafiquants de cartes bancaires, un escroc à l’association caritative, un employé de banque qui volait ses clients, quelques escrocs à l’assurance ou au crédit, mais vraiment, ici, nous sommes des « marginaux », des « exceptions », peut-être 5 ou 6/400…

En guise de conclusion, s’il peut y en avoir une, je ne peux que vous dire que je suis très sceptique sur la capacité de la « seule » prison pour produire la réinsertion…

Je vais vous donner mon opinion personnelle sur la politique actuelle, vis à vis des délinquants.

Je suis obligé de reconnaître et reconnais que le tout répression de Sarkozy, porte ses fruits. On s’aperçoit que la présence des radars sur nos routes, limite (réduit) le nombre d’accidents et donc, de morts, c’est donc une bonne chose.
La peur du gendarme et la présence de la police, de plus en plus fréquente, en coup de poing, dans les quartiers chauds, difficiles, même si elles ne sont pas appréciées par les locaux, permet « d’ébranler » les trafics en tout genre.
Dire qu’ils les feront « disparaître » me semble quelque peu utopique. Mais c’est pour le moins la manifestation d’une volonté de mettre fin à certaines pratiques délictueuses. A ce titre, elles sont « utiles ».

Mais la répression ne guérit pas le mal, il le plâtre, l’ampute ponctuellement de quelques uns de ses ténors. J’ai à l’esprit la réflexion d’un de mes co-détenus qui était accusé d’être la « tête de réseau » en matière de revente de stupéfiants. Il me disait : « Je suis peut-être là, mais dehors, cela continue pareil, donc on ne peut pas dire que j’étais la tête de réseau ». Bien sûr, son interprétation des faits est toute personnelle, et son « remplacement » par un autre n’est pas une preuve de son innocence.

Et cette constatation me permet de faire la transition avec ce qui me tient le plus à cœur : la réinsertion.
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A travers : « 1019 jours de détention… ou la vie en prison, vue du dedans, comme si vous y étiez… » (index des notes sur la journée du 7 janvier)
Clémence et Paul Denis tentent de vous faire vivre le quotidien d’un détenu « moyen », pas inculte, mais pas VIP, non plus (vous avez l’intégral de ce bouquin, complété par vos questions / remarques et mes réponses…).
Nota : Sur la journée du 14 janvier, vous trouverez un lexique des mots qui méritent une explication et/ou un commentaire…
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Ma Prison… ou quelques questions qui fâchent… et des solutions proposées…
A travers ces pages, Paul Denis poursuit sa réflexion, il ne se considère plus comme un détenu, mais comme un observateur qui très souvent est devenu un confident.
Vous trouverez, sur la journée du 17 mai les dates de parution de mes articles…
……
Les bouquins de Paul DENYS n’ont pas encore trouvé d’éditeur.
Si vous désirez avoir leur version papier, vous pouvez acquérir (l’un ou l’autre ou les deux) en envoyant, par volume, un chèque de 17 € (frais d’envoi compris) à Ligue des Droits de l’Homme (LDH 57), 3 rue Gambetta à 57000 METZ. Pour 10 €, je peux vous l’envoyer par e-mail (150 pages A4 ou 220 pages A4).

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