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20/08/2008

Bruno... en prison

Quelques cas personnalisés qui, souvent, pourraient être généralisés…

Bruno

Voilà un exemple typique d’une aberration de la « chose judiciaire ».

Une nouvelle loi (du 15 juin 2000) a « prôné » la présomption d’innocence, c’est à dire que toute personne est considérée comme innocente des faits qui lui sont reprochés, tant qu’elle n’a pas été déclarée coupable par la juridiction compétente.

Sa mise en application au 1er janvier 2001, a eu pour effet de mettre « dehors », un certain nombre de détenus en détention provisoire (c’est à dire avant d’être jugé).

Bruno avait été incarcéré pour usage et petit trafic de stupéfiants, et ce, depuis plusieurs mois. Bref, en vertu de cette nouvelle loi, il a été libéré « en provisoire », sous contrôle judiciaire, il sera jugé, plus tard, « en libre »…

Le problème est ce « plus tard », car il est arrivé bien tard, plus de 18 mois après sa libération provisoire…

Entre temps, comme il se doit, il avait vécu en « honnête citoyen », avait trouvé un travail (il était cariste de métier), il s’est même marié et a eu un enfant.

Donc, plus de deux ans après l’accomplissement de son délit, et de nombreux mois après son retour à une vie normale sans usage de stupéfiants… il est condamné pour usage et revente de stupéfiants (en récidive, il me semble) à trois ans de prison. Il avait déjà fait six mois, il lui en restait donc 24 à faire…

Incarcération « à la barre » (donc arrivé « en libre », ressorti en direction de la prison, entre deux gendarmes).

Ce qui devait arriver, arriva. Sa femme l’a quitté après quelques mois de visite au parloir…

Il me faut vous dire que lui-même reconnaît que son couple n’allait pas fort et que la détention (prévue) n’a été que le catalyseur d’une rupture qui aurait, peut-être (ou sûrement), eu lieu, quand même.
Il est vrai que d’un physique agréable, d’un caractère affable, sans être un homme à femmes, il reconnaît qu’il plaisait aux femmes (même beaucoup plus âgées que lui qui a maintenant 24 ans), depuis son plus jeune âge. Il est vrai qu’il est doté d’un physique et d’un attribut mâle qui peut plaire à certaines femmes… !

De plus, plutôt intelligent, et d’un milieu plus que correct, sa compagnie était agréable : on pouvait discuter avec lui (ce qui n’est pas le cas de nombreux détenus…), il avait de la conversation…
En fait, ce que je veux vous démontrer, avec son cas (qui n’est pas unique, j’en ai connu au moins 4 ou 5), c’est que toute loi, même si elle est bonne, peut avoir des effets pervers dans son application.

Ainsi, lors de son jugement, donc plusieurs années après les faits, alors qu’il était sorti de toute délinquance, qu’il a su se créer une famille, qu’il avait un emploi « stable » qui lui permettait de bien vivre avec sa famille, les juges n’ont pas tenu compte de sa « nouvelle » vie et situation et l’ont condamné, comme s’il venait d’être arrêté, en flagrant délit…

Ceci me semble, tout à fait, significatif du malaise actuel de la justice qui est aveugle et ne tient pas compte de l’individu et des conséquences que peut avoir la détention sur un individu et sur sa famille.

Lui-même le disait, il n’a pas demandé cette libération provisoire, c’est la loi et la justice qui lui ont donnée.
De plus, s’il avait été jugé en 1999/2000, sa peine aurait été moindre qu’en 2002. La chasse (répression) aux usages de stupéfiants n’était pas encore dans l’air du temps…
Je pense qu’à juste titre, il pouvait être amer d’une telle situation.

Je ne suis pas inquiet pour lui… il repartira bien… d’ailleurs, ici, il a pris l’emploi de cariste, et à sa sortie, son ancien employeur était prêt à le reprendre et l’attendait avec impatience, car, dans son boulot, il était un gars sérieux et apprécié.

Pour sa vie personnelle, ce sera peut-être moins facile… Il avait (déjà) une nouvelle copine (une ex) qui venait le voir au parloir…, mais elle est très jalouse… et je ne suis pas sûr qu’il ait perdu son côté beau gosse dragueur, pendant ses deux ans de détention…
Sincèrement, je lui ai souhaité un bon retour à la vie « dehors »… mais je crains que cela ne se passe pas aussi calmement que ce serait souhaitable…

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A travers : « 1019 jours de détention… ou la vie en prison, vue du dedans, comme si vous y étiez… » (index des notes sur la journée du 7 janvier)
Clémence et Paul Denis tentent de vous faire vivre le quotidien d’un détenu « moyen », pas inculte, mais pas VIP, non plus (vous avez l’intégral de ce bouquin, complété par vos questions / remarques et mes réponses…).
Nota : Sur la journée du 14 janvier, vous trouverez un lexique des mots qui méritent une explication et/ou un commentaire…
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Ma Prison… ou quelques questions qui fâchent… et des solutions proposées…
A travers ces pages, Paul Denis poursuit sa réflexion, il ne se considère plus comme un détenu, mais comme un observateur qui très souvent est devenu un confident.
Vous trouverez, sur la journée du 17 mai les dates de parution de mes articles…
……
Les bouquins de Paul DENYS n’ont pas encore trouvé d’éditeur.
Si vous désirez avoir leur version papier, vous pouvez acquérir (l’un ou l’autre ou les deux) en envoyant, par volume, un chèque de 17 € (frais d’envoi compris) à Ligue des Droits de l’Homme (LDH 57), 3 rue Gambetta à 57000 METZ. Pour 10 €, je peux vous l’envoyer par e-mail (150 pages A4 ou 220 pages A4).

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