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29/08/2008

Mes arabes (suite)... en prison

Quelques cas personnalisés qui, souvent, pourraient être généralisés…

Mes arabes : - 2 -

Mon autre « arabe » est l’exemple type de ce qui se produit souvent :
Quand je l’ai connu, il avait une bonne cinquantaine.
Il est algérien, parlait presque bien le français, mais l’écrivait très mal, phonétiquement, et donc, il m’appelait de nombreuses fois, pour écrire et/ou lui lire ce qu’il recevait du tribunal.

En fait, ce qu’il souhaitait aussi, c’était parler et se confiait, je l’ai vu pleurer…
Bref, il arriva de France, il y a 25 ou 30 ans. Il travaillait à la SNCF, et gagnait bien sa vie.
Il était marié, mais pendant longtemps, lui vivait en France, sa femme, au pays, avec leurs enfants, et chacun de ses séjours en Algérie se soldait, neuf mois plus tard, par une naissance.
Bref, la vie « harmonieuse » de nombreux ressortissants du Magreb.
Il avait au moins, 5 ou 6 enfants, garçons et filles.

Arriva ce qui arrive souvent et devait arriver. Bon bricoleur, il racheta une ruine dans un petit village, et avec des copains, il refit toute la maison et la rendit plus que confortable… et il fit venir sa famille.

C’était il y a, au moins, 15 ans, puisque l’aîné de ses enfants avait une dizaine d’années et, à l’époque des faits, il en avait 25 ou 26, je ne sais plus.

Ce qui veut dire qu’en fait, assez facilement et normalement, ils ont fait une scolarité « moyenne » et une bonne intégration.
Mais la génération du dessus, les parents, n’a pas suivi.
La mère trouvait ce mari bien encombrant, visiblement, elle ne l’avait pas choisi, lorsqu’il venait en Algérie pour un ou deux mois, et qu’il envoyait des mandats, c’était le meilleur des hommes.

Lui, le père, était le père, et à ses dires, je résume, il était le maître absolu de sa femme et de ses enfants, comme au pays, comme il y a 50 ans… Ce qui veut dire qu’il a toujours été fidèle à sa femme et à sa famille.
Pour lui, cette famille, c’est tout, sa seule raison de vivre, et les faire venir en France, leur apporter le confort, était dans son esprit, la preuve de sa réussite.
Tant que les enfants ont été petits, même si, au village, il n’y avait que peu d’étrangers, et peut-être à cause de cela, et parce que, lui, travaillait, 20h/24 ou presque, il ne les vit pas grandir et n’a pas su s’adapter à cette nouvelle vie familiale.

En fait, l’intégration des « arrivants » me semble mieux réussie que celle du père qui, lui, pourtant, était là depuis plus longtemps.
Il me semble même qu’un de ses enfants est marié à un (une) français (e)… un scandale… familiale…
Le motif, je ne le connais pas, mais ce qu’il y a de sûr, c’est que sa femme a demandé le divorce et l’a obtenu, deux ans avant les faits. Mais le partage des biens n’avait pas été fait. Ce nouveau statut, en fait, n’a rien changé dans sa vie quotidienne. Il n’a jamais quitté la maison familiale, il a toujours continué à travailler et à amener son argent à la famille. Les comptes bancaires sont restés communs et/ou sa femme garda la procuration.
Certes un divorce, mais pas de changement, si ce n’est « chambre à part », mais je ne suis pas sûr que cet état n’était pas « déjà » antérieur au divorce.

Qu’est ce qui a basculé ?
En fait, il ne supporta « jamais » que ses enfants (et sa femme) s’intègrent, les aînés, avec l’âge, ont quitté le foyer familial, ce qui ne se fait pas avant le mariage et même souvent, les premiers mois (années) de mariage se passent sous le toit familial.
Cela fit que, parfois, l’ambiance était chaude… et les éclats de voix et les coups se sont multipliés, bien vite regrettés, de part et d’autre.
Il avait un fusil de chasse, et il l’avait même, une nuit, amené à la Gendarmerie, pour être sûr de ne pas s’en servir…
Mais quelques jours, plus tard, ce fusil lui fut rendu… Allez savoir pourquoi… ?... !!!

La goutte qui a fait débordé le vase…
Un jour, il apprit, constata, que sa fille aînée (24 ans) qui était infirmière ou aide-soignante, s’était fait installé une ligne téléphonique « perso », dans sa chambre…
Ce fut la crise, le ton est monté. Sa femme l’a jeté dehors avec ses affaires, mises dans sa voiture…
Mais lui ne voulait pas partir. En pleine nuit, c’est l’affrontement entre les époux… Il s’installe dans sa voiture, au garage.

Voici les faits, comme ils apparaissent dans son dossier pénal :
Sa femme serait intervenue pour qu’il sorte du garage. Des éclats de voix ont été entendus par les enfants présents, sa fille « fautive », un fils, âgé alors de 16/17 ans, la plus jeune dormait. La fille apparaît, à la porte intérieure, dans le garage, un coup de feu part, un deuxième, la fille est blessée gravement par le premier coup de feu (elle risque d’être handicapée à vie).
Le fusil était bien dans le coffre de sa voiture, il prétend que ce n’est pas lui qui l’a chargé, il voulait faire peur, en menaçant, c’est un coup parti tout seul. Le jeune fils n’a rien vu, arrivé trop tard, mais c’est lui qui a prévenu les secours et la gendarmerie qui sont arrivés sur les lieux rapidement.
La jeune fille est transportée à Metz, puis Toul.
Il a, bien sûr, conscience de la gravité des faits, mais il ne peut les expliquer, ce n’est pas ce qu’il voulait, loin de là.
Son amour pour ses enfants est toujours aussi vif. Il souffre beaucoup de leur silence. Personne ne venait le voir, mais il avait correspondu avec son fils, quelques temps. Il écrivait à sa plus jeune fille (une dizaine d’années) qui lui avait répondu, il m’a montré ses lettres qu’il conservait amoureusement, mais il n’avait plus de réponses… et il pensait que son ex-épouse faisait le barrage et ne lui donnait pas ses lettres. D’ailleurs, il pensait que c’était elle qui manoeuvrait ses enfants contre lui… A la limite, je ne sentais même pas de haine, vis à vis de son ex-épouse…

C’était la faute à pas de chance… un accident…
Ses seules relations, avec l’extérieur, étaient les courriers qu’il avait envoyés à sa banque, à son avocat et ceux qu’il adressait à un copain qui venait le voir, de temps en temps, et surtout qui lui achetait les vêtements qui lui étaient nécessaires et qu’il payait, bien sûr. Il lui envoyait des mandats.
Il souffrait de cet isolement, de ce rejet familial, et ce, d’autant plus qu’il avait le sentiment d’avoir été et d’être un « bon père ».
Mes arguments pour lui faire comprendre que ce qui se passait, il y a 50 ans, en Algérie, ne pouvait pas se passer en 2000, en France… ont été vains. Il écoutait, semblait être d’accord, mais ne pouvait se les approprier, les appliquer à son propre cas, à sa propre famille…
Ce qui le faisait, visiblement, le plus souffrir, c’est de ne pas avoir des nouvelles de sa plus jeune fille… Du reste, il s’accommodait et il le subissait, avec résignation.
Outre la côté judiciaire et sa condamnation qui n’a pas retenu le thèse de l’accident : 15 ans + expulsion du territoire français (il a fait appel et je n’en connais pas le résultat)… Ce qui est déplorable, c’est l’attitude de son ex-femme qui a retiré de « leurs » comptes, plus de 400.000 francs en 12 mois… alors qu’il avait un crédit sur la maison et que l’organisme prêteur lui réclamait, à lui, les échéances non payées… depuis son incarcération.
En fait, elle lui a tout piqué, en un temps record, et hélas, en pure légalité puisqu’elle avait la procuration… ! Après coup, je me dis qu’elle a, peut-être, bien fait, si elle a utilisé cet argent pour ses enfants, c’est ce qu’elle affirmait. Sa part, à lui, aurait été prise par d’autres créanciers…

A priori, il va tout perdre, mais je ne suis pas sûr qu’il s’en soit déjà rendu compte : famille, biens, même la maison qui sera, avec vraisemblance, vendu pour payer la CPAM qui lui réclame, à juste titre, les frais d’hospitalisation et de soins de sa fille.
A l’issue de sa peine, il va être expulsé, en Algérie. J’ai cru comprendre qu’il y avait encore des frères… et une maison. Il aura largement plus de 65 ans.
A vouloir bien faire, il a tout perdu… je ne dis pas qu’il ne pourra pas y finir « agréablement » ses jours, mais il aura assurément le sentiment d’avoir raté sa vie et de cela, il va souffrir…

En prison, il a su se faire une vie frugale, mais bien « huilée », il travaillait « sans bruit » (ce qui est apprécié, par les chefs), il avait peu de contact avec les autres (ce qui est apprécié, par les chefs), et surtout pas d’ennemis… (ce qui est apprécié, par les chefs). Jamais une vague… il avait assez d’argent pour vivre et payer ses frais (cantine, avocat, etc…).
Sa tristesse était intérieure et s’il la supportait, ce n’était pas sans mal… Mais un avenir « heureux » me semble lui être interdit… (refusé) à moins que le temps fasse son œuvre et qu’un retour se produise…
A l’avoir côtoyé pendant de longues heures, je pense que la thèse de l’accident n’est pas à exclure… mis je ne suis pas la Justice…

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A travers : « 1019 jours de détention… ou la vie en prison, vue du dedans, comme si vous y étiez… » (index des notes sur la journée du 7 janvier)
Clémence et Paul Denis tentent de vous faire vivre le quotidien d’un détenu « moyen », pas inculte, mais pas VIP, non plus (vous avez l’intégral de ce bouquin, complété par vos questions / remarques et mes réponses…).
Nota : Sur la journée du 14 janvier, vous trouverez un lexique des mots qui méritent une explication et/ou un commentaire…
……..
Ma Prison… ou quelques questions qui fâchent… et des solutions proposées…
A travers ces pages, Paul Denis poursuit sa réflexion, il ne se considère plus comme un détenu, mais comme un observateur qui très souvent est devenu un confident.
Vous trouverez, sur la journée du 17 mai les dates de parution de mes articles…
……
Les bouquins de Paul DENYS n’ont pas encore trouvé d’éditeur.
Si vous désirez avoir leur version papier, vous pouvez acquérir (l’un ou l’autre ou les deux) en envoyant, par volume, un chèque de 17 € (frais d’envoi compris) à Ligue des Droits de l’Homme (LDH 57), 3 rue Gambetta à 57000 METZ. Pour 10 €, je peux vous l’envoyer par e-mail (150 pages A4 ou 220 pages A4).

27/08/2008

Mes arabes... en prison

Quelques cas personnalisés qui, souvent, pourraient être généralisés…


Mes arabes :

J’en ai connu beaucoup, mais deux, en particulier, qui avait des problèmes avec l’écriture du français.
Ils ont une histoire, tout à fait, similaire, pour moi, alors que les faits sont bien différents.
C’est, en fait, un problème d’intégration.

L’un, le plus jeune, la trentaine, avait été marié à une française, avec lequel il avait eu deux filles de 9 et 7 ans. Il a toujours été rejeté par sa belle famille et pense que c’est elle qui manipulait sa femme et qui a provoqué la rupture de leur couple.
Il avait une passion paternelle pour ses filles. Sa femme (et belle-famille) a fait et fait encore tout pour l’empêcher de les voir. Il avait, lors de leur divorce, obtenu une garde « alternée » traditionnelle : 1/2 week-end, les vacances scolaires. Il travaillait beaucoup en intérim et s’arrangeait pour être libre, chaque fois que nécessaire pour pouvoir les accueillir.
De nature, peut-être, un peu violente, il proféra un certain nombre de menaces, devant témoins, et avec la complicité de la gendarmerie qui aurait pris le partie de son ex-femme, la française (il se disait s’être fait piégé par leurs mensonges), il écopa de 6 mois de prison ferme qu’il fit… ! (L’exception qui confirme la règle – mais le fait qu’il s’agisse de menaces n’est pas étranger à son incarcération, pour une si petite durée – « pour le calmer »…).

Et son perpétuel combat, sa raison de vivre était de récupérer ses filles, ou pour le moins, son droit de visite « normal »… « Elle » (il l’appelait ainsi) lui en faisait voir de toutes les couleurs, l’empêchait de leur téléphoner, avait obtenu qu’elles n’aillent plus chez lui, qu’il ne verrait ses filles qu’en milieu surveillé (sorte de foyer d’accueil (sur terrain neutre), où les pères peuvent venir voir leurs enfants que la mère amenait quelques minutes avant), il s’était également embrouillé avec les responsables de ce centre qui lui avait fait signer des papiers qu’il n’avait pas compris, et il leur en voulait… (à mon avis, à juste titre, si cette magouille est bien réelle).
Bref, j’ai eu beaucoup de mal à clarifier sa situation, et j’étais assez effrayé par le caractère inéluctable de tout ce qui lui arrivait.
Avec beaucoup de mal, lorsqu’il quitta Metz, ayant fini sa peine de prison, il avait obtenu un rendez-vous (entre 4 yeux) avec le juge pour enfants…
Il avait encore des affaires en cours, de faux témoignages, d’harcèlement moral, etc… mais tout cela ne pouvait aboutir… Il y a tant à boire et des torts des deux côtés qu’aucun juge ne serait capable de démêler le vrai du faux, sans condamner un innocent…
Le pourquoi, sa situation m’émouvait, c’est que je me rendais compte qu’en fait, il n’avait aucune haine contre son ex-femme, et pourtant, c’est elle qui était parti avec un autre. Sa seule préoccupation était ses deux filles et sa seule volonté, son obstination (bien légitime, il me semble) était de vouloir participer à leur éducation et à les voir grandir… en bon père, en quelque sorte.

Réussira-t-il, a-t-il réussi, je ne sais, mais c’est ce que je lui ai souhaité, lors de son départ…

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A travers : « 1019 jours de détention… ou la vie en prison, vue du dedans, comme si vous y étiez… » (index des notes sur la journée du 7 janvier)
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Ma Prison… ou quelques questions qui fâchent… et des solutions proposées…
A travers ces pages, Paul Denis poursuit sa réflexion, il ne se considère plus comme un détenu, mais comme un observateur qui très souvent est devenu un confident.
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25/08/2008

Djamel... en prison

Quelques cas personnalisés qui, souvent, pourraient être généralisés…

Djamel

C’est un jeune homme de 26 ans qui est en prison, pour un motif dont je ne me souviens plus, mais ce ne devait pas être très grave, si ce n’est qu’il avait perdu tous ses permis de conduire (il travaillait, en dernier, comme chauffeur-livreur), il avait aussi participer à un trafic de stupéfiants (dealer), mais ce n’est pas de cela que je veux vous parler, mais de son cursus personnel.

Il est d’origine algérienne, peut-être né en Algérie, mais, en fait, il a toujours vécu en France, et il est donc bien intégré, parle bien français, il a, à mon avis, suivi un cursus scolaire normal.
J’ai eu à intervenir pour lui, pour lui permettre de récupérer ses permis (il les avait presque tous), c’est pour cela qu’il s’est un peu confié à moi, chaque fois qu’il a eu des problèmes.

Sa famille, parents, sont plutôt, dirons-nous, comme beaucoup, respectueux des traditions musulmanes, ou pour le moins, respectueux de ce qui se fait dans leur communauté.

Djamel, comme tout jeune de son âge, avait une copine, une française… ce qui était déjà mal vu par sa famille. Lorsqu’il a commencé à trafiquer (revendre un peu de cannabis), cela n’a pas plu à ses parents et le temps passant, il était un peu rejeté, bien que vivant à la maison, mais le mur du silence s’était construit.

A 18 ans, comme beaucoup de jeunes de sa génération, il a demandé et acquis la nationalité française.
A l’âge de 22 ans, sous la pression familiale, malgré son désaccord, il est allé en Algérie, pour « être marié », comme cela se fait encore, donc un mariage « arrangé ».
De retour en France avec sa femme, comme c’est souvent le cas (et un peu la tradition, au début du mariage), ils (les nouveaux époux) se sont installés chez les parents. Le niveau d’intimité n’était pas terrible, vous vous en doutez bien, mais un enfant est, quand même, arrivé… Tout le monde était content, sauf Djamel qui pensait toujours à sa copine française qu’il continuait à voir, parfois, à « fréquenter » comme il dit, ce qui me laisse entendre une intimité certaine…

Quand il « tombe » en prison, pour les parents, c’était la honte et si le mariage et l’enfant avaient un peu amélioré les relations, c’était de nouveau le rejet, et ce, d’autant plus que même si « on » n’en parlait pas, « ils » savaient qu’il fréquentait encore « sa » française.
Mais, même en prison, un fils reste un fils…

Vient le problème des « parloirs ». Ses parents venaient, sa femme, je ne sais, il ne m’en a jamais parlé. Sa copine a, également, demandé et obtenu le permis de visite. Les deux « clans » ne se parlant pas… c’était un peu « beaucoup » le conflit permanent, car, ne se concertant pas, l’un et l’autre, parfois, sollicitaient un RDV-parloir pour le même jour… Ce qui ne laissa pas « indifférent » (en raison de la fréquence d’interconnexion) la préposée au RDV… Mais tant bien que mal, ce dualisme dura plusieurs mois.

Arrive le jour de la 1ère permission de sortie. Obtenue, et donc, ses parents sont venus le chercher. Le voyage a déjà été houleux.
Parenthèse : pour régler les conflits, l’habitacle d’une voiture est souvent commode… on ne peut s’échapper… Je l’ai, moi-même, utilisé lorsque je voulais dire quelque chose à un de mes enfants et que je ne voulais pas qu’il n’écoute pas et qu’il tourne les talons avant d’avoir tout entendu…
Donc 3 jours de perm, avec contrôle en gendarmerie (normal !). Le premier jour, ambiance très tendue, et Djamel manifeste le désir de retrouver sa française. « Non, tu n’iras pas », « Laisse cette traînée » et le flot d’injures usuels… Ce qui devait arriver, arriva… Djamel prend son sac, claque la porte… et disparaît… et part chez sa copine, toute heureuse. Il respecte ses obligations (contrôles policiers) et c’est sa française qui le ramène à Saint Mihiel. Ce qui n’est pas « normal » : celui qui prend en charge le transport d’un permissionnaire doit assurer l’aller et le retour, on lui fait signer une prise en charge !!!
L’incident est noté… Et ce, d’autant plus que la prison pensait ne pas le revoir. En effet, son père était allé, à la gendarmerie, déclarer sa disparition, chose que les gendarmes ne comprenaient pas puisque Djamel était venu « pointer » à chaque moment fixé. Bref, deuxième rapport d’incident qui arrive à la prison, par la gendarmerie…

Il est vrai qu’à son retour, j’avais remarqué que cela n’allait pas, ce qui ne m’a pas surpris, car c’est souvent (trop souvent) le cas… L’abattement psychologique est fréquent pour ne pas dire l’habitude… l’obligatoire…, au retour de perm.

Il est donc venu se confier à moi. Est-ce moi qui lui ai demandé ce qui n’allait pas, est-ce lui qui est venu spontanément, je ne sais plus, mais le résultat est qu’il me raconte le déroulement de sa perm… Cela me laisse perplexe… et je sens qu’il ne faut pas laisser cela prendre des proportions « irréalistes » et je lui suggère d’écrire au Juge d’Application des peines pour lui expliquer sa situation et s’excuser… ce, afin d’éviter des sanctions « lourdes »…

En fait de sanction, il n’y en a eu qu’une, que je trouve monstrueuse, et c’est à cause d’elle que je vous ai évoqué le cas de Djamel : l’administration ( et/ou le JAP) lui a fait choisir entre ses parents et sa copine, qui il préférait voir venir au parloir…

Je pense que la réponse, vous l’avez deviné, il a choisi sa copine…
Cela me semble d’autant plus monstrueux qu’à la suite de cet incident, car il ne s’agit bien que de cela, à la suite de ce conflit familial, les parents de Djamel et sa copine avaient poursuivi leur venue au parloir, sans problème, lui-même gérant, par téléphone, les heures et jours de chacun. Il me faut vous préciser que la décision de l’administration pénitentiaire n’est arrivée que deux mois après les faits…
Quand j’ai appris cela, j’étais effondré, à sa place. C’était, pour moi, d’autant plus incompréhensible que les parents, en fait, s’étaient « enfin » rendus compte de l’absurdité de leur attitude, de ce mariage forcé (combiné), de plus, il avait admis le principe d’un futur divorce, et que surtout, il me semble qu’ils avaient enfin compris que les coutumes devaient être « actualisées ».
En lui-même, Djamel était quand même content de son combat et il n’était plus inquiet quant au sort de ses trois frères et sœurs, plus jeunes… les choses avaient bougé dans le bon sens…
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A travers : « 1019 jours de détention… ou la vie en prison, vue du dedans, comme si vous y étiez… » (index des notes sur la journée du 7 janvier)
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