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24/09/2008

Sami... en prison - 3 -

Quelques cas personnalisés qui, souvent, pourraient être généralisés…


Sami – 3 –

Ce qui m’intéressait plus, c’était sa version des faits, son état de « panique » que je trouve tout à fait « compréhensible » et « réaliste » à 23/25 ans, dans son état. Qu’il ait paniqué, qu’il ait perdu la raison, qu’il ait souhaité venir en aide à sa victime, nouvelle panique lorsqu’il constate la mort, que faire et son souhait de faire disparaître les traces de l’accident, peur de la justice, peur des conséquences de cet accident, cela me semble conforme à la réaction que de nombreuses personnes auraient eu.

Je n’ai plus 25 ans, mais je pense que vu les lieux et l’état de la jeune fille, j’aurais, aussi, tenté de la transporter vers un lieu de secours. On lui a dit : « Il fallait la laisser sur place et aller chercher du secours ». Facile à dire, mais quand on se rend compte que chaque minute compte, et que le temps d’aller-retour aurait été, avec quasi certitude, « fatale »pour la blessée, je pense que j’aurais aussi tenté l’impossible…
« Il fallait vous rendre à la police ». Facile à dire et moins à faire lorsqu’on se rend compte que l’on est meurtrier (même par accident) et qu’il serait facile de prouver qu’il n’était pas dans un état « normal » pour conduire.

Tout cela me fait penser et m’a fait croire en sa « sincérité » si les faits s’étaient bien passés comme il me les indiquait. Il faut que je vous précise qu’au cours de l’instruction, à ce qu’il me semble, sa copine a changé plusieurs fois de version des faits, cela n’a pas été pour clarifier les choses…

Loin de moi, la pensée de lui trouver des circonstances atténuantes, mais tout cela est possible et encore aujourd’hui, je pense que cela a pu se passer de cette façon-là : il y a eu accident, beaucoup de panique, accompagnée ou suivie de beaucoup de conneries. Mais au départ, dans sa tête de 25 ans, pas très évolué, au passé trouble et difficile, pour moi, je comprends son attitude (je l’admets) sans bien sûr l’excuser.
J’ai parlé de son passé… et il me faut l’évoquer. Cela, je l’ai, dirons-nous, plutôt reconstitué, et appris, petit à petit, à travers de multiples conversations et des « révélations » coup par coup.

Sa famille, si l’on peut parler d’une famille, ce fut la DAS et les familles d’accueil. D’ailleurs, ceux qu’ils appelaient ses parents et qui venaient le voir, de temps en temps, étaient une de ses dernières familles d’accueil, avant ses 18 ans. Sa mère naturelle, il ne m’en a pas parlé, mais il m’a dit que son père avait fait de la prison.
Donc enfance difficile, caractériel assurément, il a connu foyers et familles d’accueil ?
A 18 ans, c’est la rue, sans formation, les petits boulots, les copines, et au final, la mère de leur fille qui, à l’époque, devait avoir 4 ans. Elle venait parfois le voir avec des éducateurs. En fait, j’ai cru comprendre qu’à la suite de l’accident, la mère naturelle de l’enfant l’avait « abandonnée » et elle était à la DAS. Cette situation, pour l’avoir connue, le contrariait beaucoup, il en était peiné.
Comme je vous l’ai déjà dit, son éducation et ses références culturelles et affectives étaient très « primaires ». N’étant pas très évolué, ses actes étaient parfois bizarres et souvent impulsifs, ce qui lui valait, en détention, d’être mal considéré par les surveillants. Son agressivité naturelle (compréhensive, en fonction de sa jeunesse) était souvent amplifiée par des riens, et souvent, il se mettait dans des situations inadmissibles pour l’administration.
Ainsi, à l’issue de son procès, il péta les plombs (ce qui était compréhensible / excusable avec une peine de 20 ou 30 ans…) et agressa ses accompagnateurs qui eux, n’y étaient pour rien.
D’agresseur, il s’est dit agressé, refusa la fouille à corps (faite de force), prétendit avoir subi des violences sexuelles… etc… Bref, pour moi, tout un cinéma, tout à fait inutile et ses accusations, assurément, fausses ou pour le moins exagérées. Il est sûr que les surveillants le connaissant bien, l’ont sûrement un peu charrié… (ce qui est inadmissible, mais plausible), mais, ils ne sont pas fous et connaissant le personnage, ils n’ont pas du outrepasser de beaucoup leur mission.

Il y eut donc un nouveau procès, où il refusa de comparaître, et une nouvelle condamnation…
J’ai oublié de vous dire qu’en appel, la peine a été confirmée, condamnation à perpétuité, ce qui veut dire, en fait, à 30 ans.. Sa copine a pris aussi quelques années de prison, mais n’a pas fait appel.
Si je vous ai parlé longuement de ce gars et de son affaire, c’est pour vous faire comprendre qu’un banal, et certes grave, accident peut prendre des proportions… en raison d’une instruction zélée, de la haine, et de procédures – instructions médiatisées.

J’ai souvenir d’un gars qui, sous l’emprise de l’alcool, en pleine nuit, a perdu le contrôle de sa voiture, et a tué un piéton, sur un passage protégé, et qui n’a eu que 2 ans de prison…
2 ans de prison pour un mort, 20/30 ans pour Sami… pour une morte… Qu’est ce qui justifie une telle différence ?

Sami, au mieux, sortira de prison à 50 ans… Quel avenir aura-t-il ? Je n’ose y penser…

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A travers : « 1019 jours de détention… ou la vie en prison, vue du dedans, comme si vous y étiez… » (index des notes sur la journée du 7 janvier)
Clémence et Paul Denis tentent de vous faire vivre le quotidien d’un détenu « moyen », pas inculte, mais pas VIP, non plus (vous avez l’intégral de ce bouquin, complété par vos questions / remarques et mes réponses…).
Nota : Sur la journée du 14 janvier, vous trouverez un lexique des mots qui méritent une explication et/ou un commentaire…
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Ma Prison… ou quelques questions qui fâchent… et des solutions proposées…
A travers ces pages, Paul Denis poursuit sa réflexion, il ne se considère plus comme un détenu, mais comme un observateur qui très souvent est devenu un confident.
Vous trouverez, sur la journée du 17 mai les dates de parution de mes articles…
……
Les bouquins de Paul DENYS n’ont pas encore trouvé d’éditeur.
Si vous désirez avoir leur version papier, vous pouvez acquérir (l’un ou l’autre ou les deux) en envoyant, par volume, un chèque de 17 € (frais d’envoi compris) à Ligue des Droits de l’Homme (LDH 57), 3 rue Gambetta à 57000 METZ. Pour 10 €, je peux vous l’envoyer par e-mail (150 pages A4 ou 220 pages A4).

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