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15/12/2008

Le Parloir

« Parloirs » :
La prison, vue de l’extérieur, si elle ne laisse pas indifférent, rebute le commun des mortels, cela me semble une certitude.
En ce qui concerne les familles (et amis) de détenus, je pense que l’attitude est un peu la même.
Il est vrai que pour pouvoir venir « visiter » un détenu, c’est un peu le parcours du combattant, surtout si vous n’êtes pas de sa famille proche (épouse, enfants, frères et sœurs). Avant le jugement (lorsque tu es en détention « en préventive »), c’est encore plus dur et au bon vouloir du juge d’instruction (qui a connaissance, aussi, de tout courrier (hors avocat) à l’aller et au retour) et parfois (souvent) la possibilité d’avoir des parloirs – famille, est refusée au détenu, pendant plusieurs mois, sous prétexte (vrai ou faux) que le dialogue avec l’extérieur pourrait nuire à l’instruction…
Hypocrisie… crois-moi… si un détenu « doit » communiquer avec l’extérieur, il y arrive. Fais-lui confiance…
Néanmoins, pour venir, il faut le vouloir et se décider. Beaucoup de détenus n’ont pas de parloir, pour des raisons légitimes, mais aussi pour des raisons, pour moi, quelques peu incompréhensibles.
Pour certains, ce peut être l’éloignement (les kms qui les séparent), c’est aussi une question d’argent, et à cause d’un problème de coût, le nombre des parloirs est réduit : un par mois, au moment des Allocations familiales… !, pour d’autres, une volonté délibérée de ne pas venir : c’est un rejet manifeste, un refus de communication, en raison (s’il peut y en avoir une) du délit lui-même, ou plus souvent, pour « punir » le parent détenu, pour marquer sa désapprobation…

Permets-moi de te faire une parenthèse, sur l’avant et l’après-parloir, vu de l’intérieur.
D’abord, on nous prévient, la veille, au plus tard, ou 2 jours avant que nous avons « parloir », mais nous ne savons pas qui viendra.
C’est souvent une surprise… mais, dans certains cas, cela peut poser problème, car parfois un détenu ne veut pas avoir de rencontre avec telle ou telle personne de son entourage. J’ai, parfois, été témoin de demi-tour, lors de l’apparition du visiteur…
Donc, l’heure du parloir est attendue (de plus, il faut être prêt, sur place, un quart d’heure avant)… pour certains, il y a toujours l’incertitude, viendra-t-elle, ne viendra-t-elle pas… Ici, c’est plus facile, il y a le téléphone, et, en conséquence, nous connaissons le visiteur, ne serait-ce que par déduction…, et le parloir « fantôme » (le visiteur ne vient pas) est plus rare, mais en Maison d’arrêt, c’était fréquent et j’ai souvenir de détenus qui, une fois sur 2, bénéficiaient d’un parloir « fantôme »… même s’ils s’y attendaient, c’était toujours un moment (retour) très pénible.
D’ailleurs, le retour, la séparation est toujours pénible, pour tout le monde, pour le visiteur trouvant le parloir trop court, pour le détenu qui, pendant quelques minutes, s’est échappé et qui se retrouve en prison avec de bonnes mais souvent aussi de mauvaises nouvelles « en tête ».
Je dirai que, pour tous les détenus, même pour celui qui ne le reconnaît pas, le parloir est « une épreuve »…
On nous arrache à notre train-train, on nous replonge dans une vie (des problèmes) que nous avions presque oubliée, et on nous rejette dans un monde (la prison) qui nous est hostile.

Tout cela, bien sûr, ne veut pas dire que les « parloirs » doivent être supprimés, car, au final, c’est quand même un moment privilégié dans ta vie de détenu.
En général, il n’est pas fait de « publicité » sur le fait d’avoir « parloir », mais, lorsqu’il le sait, tout détenu te souhaite « bon parloir », et à ton retour, on te demande si « c’était un bon parloir ? ». Ce ne sont que des mots… mais pour moi, même si la réponse, s’il y en a une, n’est pas écoutée ou sans conséquence pour le demandeur, ces interpellations, au départ, m’ont surpris.
Et avec le temps, je les analyse comme le résultat de l’atmosphère (les sentiments) que j’ai évoqué, ci-dessus. Je pense que c’est plus inconscient que conscient. Rares sont ceux qui te diront qu’ils ont regretté d’avoir eu « parloir »… mais, à leur attitude qui, parfois, dure plusieurs heures (jours), tu te rends compte qu’il aurait mieux valu qu’ils n’aient pas eu de « parloir ».
Le « moment parloir » ne fait pas l’objet de jalousie. Personne ne dit : tu as de la chance d’avoir « parloir », c’est quelque chose que l’on n’exprime pas, même avec ceux que tu fréquentes journellement… Il est vrai que l’échange « Bon parloir », « C’était un bon parloir ? » est plutôt le fait de ceux qui ont « parloir », même si ce n’est pas très régulièrement, ceux qui n’ont « jamais » parloir, restent muets sur ce sujet.
Pour ma part, je pense que le parloir est aussi important pour le visiteur que pour le visité.
Le visiteur a besoin de ce lien physique, et s’il fait l’effort de cette démarche, ce n’est pas par pur altruisme. Il est facile de se réfugier derrière une impossibilité matérielle…
Le visité a besoin, aussi, de ce contact, pour ne pas se sentir rejeté, isolé, banni par les siens.

A plusieurs occasions, j’ai été en discussion avec certains de mes co-détenus qui « voulaient » refuser leurs parloirs (ou échange de courrier et téléphone). Ma position a toujours été la même et mon but a été de convaincre mon interlocuteur : « ce n’est pas au détenu à briser le lien s’il existe ».
Pour nous, l’isolement est dur, pour celui qui est « dehors », cet isolement est aussi imposé et dur. Il n’y est pour rien. Ce n’est pas à lui de payer, même s’il paie. Ce n’est pas lui qui a fait que nous sommes détenus. Refuser son amitié, son amour serait le rendre coupable de quelque chose qu’il n’a pas commis. C’est sûr que, pour lui comme pour nous, il y a des hauts et des bas. Mais ce n’est pas lui qui est demandeur d’affection, de lien. Lui, il peut en trouver, dehors, auprès d’autres que nous. Et même si tu as conscience qu’il y a eu, peut-être, un dérapage, c’est à toi de pardonner, tu ne peux pas l’en rendre responsable. C’est toi qui es absent. C’est lui qui t’apporte son soutien, son amour. Ce n’est pas toi qui as le droit de « rejeter »… Et s’il y a rejet, tu ne peux lui en vouloir, et tu dois laisser au temps, le temps de combler les vides et tu dois attendre d’être dehors pour prendre une décision. N’oublie jamais que c’est toi qui es « demandeur » et que celui qui te fait l’amitié de ne pas t’oublier, a droit à tout ton respect, ton affection, ton amour.
Tu le comprendras, si je parle à mon interlocuteur de la sorte, c’est parce que c’est aussi ce que je ressens.
Il me semble que parfois j’ai été convaincant, parfois le risque de rupture persiste, mais il faut avouer que bien souvent, rien que le fait d’en parler entre hommes, est déjà un pas vers un éventuel respect de l’autre et un pas vers la réconciliation et souvent le désamorçage d’un conflit latent.

Ceux qui viennent me voir, ont parfois été les témoins d’altercations verbales, plutôt agressives… Cela fait partie du quotidien et est provoqué par cet isolement qui nous fait perdre conscience de la dureté de la vie « dehors »… Bien souvent, c’est sans suite, et, en fait, il est très rare que lors du face à face, un refus de parloir ait lieu. Mais j’ai rencontré des détenus qui refusaient et ont fait annuler le permis de visite, sollicité et obtenu, par un de leurs parents ou amis.
A priori, nous ne sommes pas « avertis » du fait qu’une personne a obtenu le permis de visite, et d’ailleurs, cela me semble tout à fait logique, mais cette acceptation d’office, tacite, doit être le reflet de la réalité qui est que le visité est plus demandeur de « parloir » et qu’il est, en fait, très rare, que cela ne fasse pas plaisir…

Un conseil, si vous me le permettez, valable aussi bien pour le détenu que pour la famille qui vient le visiter.
Il faut savoir taire ses propres craintes, par affection, ne pas parler de ses propres ennuis, de sa propre santé, des éventuelles catastrophes survenues depuis la dernière visite, ne pas s’apitoyer sur son sort.
Il faut sourire, redonner confiance.

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Cette fiche (avec dessins) a été réalisée par Paul Denis, dans le cadre de son engagement au sein de l’ ADELFA (association d’aide aux détenus et à leurs familles). Elle est distribuée aux familles, venant au parloir.

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Le parloir, comment cela se passe-t-il ?

La Maison d’Accueil des Familles :
Aux abords de chaque prison, il y a une Maison d’accueil des familles où des bénévoles accueillent les personnes venant au parloir.
On y trouve, outre un accueil chaleureux, de multiples informations permettant à chacun de connaître ses droits et devoirs, lors des parloirs, vis-à-vis de la prison.
On peut y chauffer un biberon, changer un bébé. Il y a des toilettes, souvent un distributeur de boissons. On y est au chaud, en attendant l’heure du parloir.
La Maison d’accueil des familles n’est pas une garderie, donc, on ne peut pas y laisser les enfants, pendant le temps du parloir.
Le parloir :
En fin de fascicule, vous trouverez un rappel des conditions et documents à fournir pour obtenir le permis de visite.

L’avant parloir :
Il est possible d’amener au détenu du linge propre. Il est nécessaire d’en faire une liste (formulaire fourni à la maison d’accueil). Les quantités sont limitées. Ne pas oublier que le détenu ne dispose que d’une armoire de 60 x 60 cms sur 1,50 m de haut et qu’il partage celle-ci avec un co-détenu, ce qui fait qu’il n’a pas beaucoup de place de rangement.
La famille pourra récupérer, à la fin du parloir, le linge à laver.
Voici les différentes étapes du parloir :
Il est impératif de se présenter 15 minutes (avant l’heure prévue du parloir), à l’entrée de la prison. Si vous arrivez en retard, l’accès au parloir vous sera refusé. Dans le meilleur des cas, on pourra vous proposer un horaire plus tardif. Pensez au « visité » qui lui, ne sera pas prévenu de la raison de votre absence… !
Avant ce passage (contrôle) obligé, il est recommandé (obligatoire) de déposer (laisser dans sa voiture) tout ce qui n’est pas indispensable, et en particulier, tout ce qui est métallique. En fait, au parloir, tout est interdit, donc le mieux est de se présenter à la porte de la prison, avec sa seule carte d’identité (ou titre de séjour).
Attention aux objets métalliques cachés (dans les semelles de chaussures, les baleines de soutien-gorge, ceinturon, etc). Le mieux est d’y arriver les poches vides (pas d’argent, monnaie, pas de téléphone portable).
Pour les personnes dotées de prothèse médicale interne, il faut se munir (à chaque parloir) des attestations et preuves de l’existence de cette prothèse.

L’entrée dans la prison :

Un premier contrôle permet au portier de s’assurer que vous disposez bien d’un permis de visite. Votre carte d’identité (ou titre de séjour) vous est prise. Elle vous sera rendue à la sortie.
Un numéro de box de parloir vous est attribué.
Votre sac de linge vous est pris et sera remis au détenu, directement dans sa cellule, après contrôle (fouille).
Avant le passage sous le portique « anti-métaux », vous pourrez mettre, gratuitement, dans un casier (type consigne de gare), les quelques objets que vous avez gardés (sac à mains, portable, cigarettes, clefs de voiture, etc).
A part vous, rien ne doit passer (pénétrer) en prison. Toute nourriture est interdite. Tout manquement à cette règle peut être sanctionné.

Vers le parloir :
Avec les autres familles, vous irez, ou, on vous accompagnera (selon les prisons) vers la salle des parloirs.
Selon l’établissement, la topographie du parloir peut changer, mais il y a de grandes lignes communes.
Pour le moins, vous aurez droit à un box de 1 m x 1 m avec une table qui vous séparera du détenu. Chacun des présents aura une chaise ou un tabouret. Vous serez donc quelque peu isolé, mais le temps du parloir, vous serez « surveillés ».

Le temps du parloir :

Sa durée est fixée d’avance, en général 30 minutes, parfois une heure.
Vous devez parler en français (des dérogations peuvent être accordées aux personnes d’origine étrangère).
Il n’y a aucune intimité. Certes vous pourrez embrasser la visité, mais cela s’arrêtera là.
Aucun échange n’est toléré. Après autorisation (et contrôle), il est possible de montrer des documents scolaires (carnet de notes, etc…)
Par courrier, vous pouvez faire parvenir au détenu des photos et d’autres documents (non susceptibles de perturber la sécurité de l’établissement).

La fin du parloir :

Après avoir dit « A bientôt » et « Bon courage » au visité, vous ferez le chemin inverse de l’aller, vous récupérerez votre pièce d’identité et ce que vous avez laissé dans le casier. Vous récupérerez le linge à laver.
Avec amertume, vous retrouverez votre véhicule et attendrez le prochain parloir.
Avant de quitter la prison, n’oubliez pas de prendre rendez-vous pour un prochain parloir. Il y a souvent des bornes électroniques. N’hésitez pas à vous adresser au personnel pénitentiaire qui est sur place et qui souhaite vous aider dans votre accès au parloir.

Le parloir, vu par le détenu :
Le détenu est prévenu la veille qu’il aura parloir à telle heure. Il n’est pas prévenu de l’identité du visiteur. S’il a du linge à donner à laver, il devra demander l’autorisation de le sortir.
Une demi-heure avant l’heure prévue, il pourra sortir de sa cellule pour se rendre au parloir, où il devra être « en attente », un quart d’heure avant l’heure prévue. Avant d’arriver à la salle des parloirs, il sera fouillé. Il devra y arriver, sans montre, les poches vides, car il lui est interdit de vous donner (ou montrer) quoi que ce soit.
A la fin du parloir, le détenu sera, de nouveau, fouillé, en général, il s’agit d’une fouille à corps (c'est-à-dire, nu) pour s’assurer que rien d’interdit ne pénètre dans la prison (drogue, portable ou objet dit dangereux, entre autres).
Le parloir est un droit du détenu, sauf si… le juge d’instruction pense que le contact avec ce visiteur peut contrarier l’instruction.
Le parloir est toujours un moment « attendu », c’est pour le détenu la preuve qu’il existe, que quelqu’un pense encore à lui. C’est, aussi, un moment « difficile », car il plonge le détenu dans la vie extérieure et c’est, souvent, à cette occasion, que les mauvaises nouvelles arrivent… et cela casse le moral…pour plusieurs jours.
Les sanctions :
Si vous (ou le visité) ne respectez pas les consignes (et le règlement), vous pouvez être sanctionné.
Ce qui est sanctionnable :
. toute tentative d’introduction de produits ou objets interdits : nourriture, documents, produits stupéfiants, objets dangereux, portable, etc…
. toute attitude provocante, contraire à la bienséance (éclats de voix, bruit excessif, bagarres, etc)
. toute tentative de pratiques sexuelles,
. toute attitude de rébellion contre l’autorité pénitentiaire.
Les sanctions peuvent être :
. parloir avec dispositif de séparation, c'est-à-dire, séparé par une vitre et sans possibilité de contact physique, pendant un certain temps,
. suspension de permis de visite, quelques semaines ou mois,
. suppression du permis de visite (avec décision motivée),
. autres sanctions disciplinaires pour le détenu,
. action judiciaire en matière de stupéfiants et/ou détention/introduction d’armes à feu.

Rappel des conditions d’obtention d’un « permis de visite » :

Il faut en faire une demande au Juge d’Instruction, chargé du dossier (si le visité n’est pas encore passé en jugement), au Directeur de la prison (si le visité est condamné).
Il faut y joindre :
. 2 photos d’identité,
. une photocopie d’une pièce d’identité (carte d’identité ou titre de séjour, etc),
. une enveloppe timbrée à votre adresse,
. un petit mot pour indiquer votre lien de parenté avec le détenu.
Les visiteurs ne faisant pas partie de la famille proche du détenu peuvent faire l’objet d’une enquête de moralité.
Les enfants de 0 à 13 ans doivent figurer sur le permis de visite du parent.
De 13 à 18 ans, le jeune a son propre permis de visite, mais il doit être accompagné d’un adulte titulaire d’un droit de visite.

Ce fascicule a été réalisé par Paul Denis, dans le cadre de son engagement au sein de l’ ADELFA (association d’aide aux détenus et à leurs familles).

………………………………………………………………………………………..

A travers : « 1019 jours de détention… ou la vie en prison, vue du dedans, comme si vous y étiez… » (index sur la journée du 7 janvier)
Clémence et Paul Denis tentent de vous faire vivre le quotidien d’un détenu « moyen », pas inculte, mais pas VIP, non plus (vous avez l’intégral de ce bouquin en début de blog, complété par vos questions / remarques et mes réponses…).
Nota : Sur la journée du 14 janvier, vous trouverez un lexique des mots qui méritent une explication et/ou un commentaire…
……..
Ma Prison… ou quelques questions qui fâchent… et des solutions proposées…
A travers ces pages, Paul Denis poursuit sa réflexion, il ne se considère plus comme un détenu, mais comme un observateur qui très souvent est devenu un confident.
Vous trouverez ci-dessous, les dates de parution de mes articles…sur la journée du 17 mai 2007.
……
Les bouquins de Paul DENYS n’ont pas encore trouvé d’éditeur.
Si vous désirez avoir leur version papier, vous pouvez acquérir (l’un ou l’autre ou les deux) en envoyant, par volume, un chèque de 17 € (frais d’envoi compris) à la Ligue des Droits de l'Homme (Moselle), 3 rue Gambetta à 57000 METZ. Pour 10 €, je peux vous l’envoyer par e-mail (150 pages A4 ou 220 pages A4).

01/12/2008

Ma prison... fin)

Post-scriptum :

Coût d’une telle réforme.

Il est vrai que j’ai laissé sous silence, le coût de « Ma prison ». Je l’ai fait volontairement, parce que je pense que c’est un faux problème.

Actuellement, il est admis qu’une journée de détenu coûte entre 90 à 120 €, selon la structure (neuf, vieux, gestion privée) et son régime (Maison d’Arrêt, Centre de détention, Centrale).
Ce coût comprend, outre ce que coûte le détenu (alimentation, entretien), les frais des personnels de surveillance et administratifs et les coûts de structure (amortissement des bâtiments).

Les statistiques (chiffres pris sur PRISON.EU.ORG) nous disent, qu’en 2005, il y a eu :
. 81.629 entrées, dont :
. 29.466 entrées de condamnés en comparution immédiate,
. 28.387 entrées de prévenus (non encore jugés),
. 3.907 condamnés à plus d’un an,
.19.860 condamnés à 1 an ou moins.
Ces chiffres me semblent assez bizarres, car elles ne nous indiquent pas à quelle durée ont été condamnés les 29.466 condamnés en comparution immédiate.

Mais, en fait pour mon propos, cela n’a pas d’importance. Je garde le chiffre de 81.600 entrées dont 28.400 prévenus et le chiffre de 30.000 (sur 53.400 condamnés) condamnées à environ 8 mois (moyenne de la durée de détention).

Ces chiffres montrent qu’avec ma conception de la prison (maxi 6 mois), il y a largement assez de places de prison (54.000) même si on admet que 15.000 détenus seront maintenus en prison pour de longues peines.
Comme le nombre d’entrée est relativement stable, d’une année à l’autre, on peut admettre que le nombre de sorties est quasiment équivalent au nombre d’entrées, puisque le nombre de détenus reste stable, autour de 60.000.

Ce qui veut dire que, avec 6 mois de détention maxi, on va gagner (30 jours x 6 mois x 40.000 détenus) 7.200.000 journées de détention par année, à un coût moyen de 100 €, soit 720.000.000 €.

Le surcoût de « Ma prison » ne réside que dans l’obligation que je fais, pour l’ancien détenu, d’un suivi, pendant un certain temps, parfois long, par un tuteur – éducateur.
Un tel emploi coûtera à la société 35.000 €/an (salaire et charges et structure d’encadrement)). Avec le nombre de journées en moins, on peut financer 20.500 emplois, donc suivre (1 pour 10) 205.000 anciens détenus, comme il y en a 40.000 à aider/surveiller, cela fait que nous avons le financement de 5 années de suivi… !

Personnellement je pense que cette durée est tout à fait excessive, dans mon esprit, un suivi de 2 à 3 ans serait déjà pas mal. Si en deux ans, l’ancien délinquant n’est pas remis sur les bons rails… sa cause me semble désespérée et il risque de se retrouver en prison…

Ces chiffres ne tiennent pas compte du fait que « Ma prison » est susceptible de réduire considérablement le nombre de récidivistes (ceux qui sur 10 ans de leur vie, en passe 5 ou 6 en prison, avec une dizaine de condamnations), donc le nombre d’entrées, chaque année, va se réduire puisque plus de 40 % (chiffre officiel, à mon avis sous-estimé) sont récidivistes.

A cela, vous devez rajouter un effet non négligeable, c’est lui qui va désengorger les tribunaux, puisqu’il y aura moins de récidivistes. De plus, pour les condamnés qui ne contestent pas leurs délits, pourquoi faire des investigations supplémentaires qui n’apportent aucun élément susceptible de faire modifier la peine encourue : 6 mois de prison ferme (maxi) et un programme de réinsertion avec suivi (efficace).


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A travers : « 1019 jours de détention… ou la vie en prison, vue du dedans, comme si vous y étiez… » (index des notes sur la journée du 7 janvier)
Clémence et Paul Denis tentent de vous faire vivre le quotidien d’un détenu « moyen », pas inculte, mais pas VIP, non plus (vous avez l’intégral de ce bouquin, complété par vos questions / remarques et mes réponses…).
Nota : Sur la journée du 14 janvier, vous trouverez un lexique des mots qui méritent une explication et/ou un commentaire…
……..
Ma Prison… ou quelques questions qui fâchent… et des solutions proposées…
A travers ces pages, Paul Denis poursuit sa réflexion, il ne se considère plus comme un détenu, mais comme un observateur qui très souvent est devenu un confident.
Vous trouverez, sur la journée du 17 mai les dates de parution de mes articles…
……
Les bouquins de Paul DENYS n’ont pas encore trouvé d’éditeur.
Si vous désirez avoir leur version papier, vous pouvez acquérir (l’un ou l’autre ou les deux) en envoyant, par volume, un chèque de 17 € (frais d’envoi compris) à Ligue des Droits de l’Homme (LDH 57), 3 rue Gambetta à 57000 METZ. Pour 10 €, je peux vous l’envoyer par e-mail (150 pages A4 ou 220 pages A4).

28/11/2008

Ma prison... (suite)

MA PRISON…

Je pense qu’elle ne plaira pas à tout le monde.

Nota : pour ne pas alourdir mon texte, je vous ai fait des renvois pour expliquer pourquoi je pense que cela doit être comme cela.

Cellule individuelle (1) de 7 à 9 m² avec un lit, une table, une armoire, une chaise, un cabinet de toilette (2) avec lavabo et eau froide, WC (3),
Toute décoration, toute personnalisation interdites (4),
Pas de TV, pas de poste de radio ou CD, pas de DVD, pas de Playstation (5),
Musique de fond (ambiance), flash d’informations audio, chaque heure ou 3 fois par jour, avec possibilité pour le détenu de l’éteindre (6),
Bien sûr, porte fermée 24 h/24, sauf pour certaines activités,
Interdiction de fumer en cellule (7),
Interdiction d’y cuisiner, pourraient être toléré une bouilloire, du nescafé, sucre, etc et un peu de nourriture (type biscuits),
Au niveau confort et hygiène, bien sûr, il faut un lit correct et une literie propre, désinfectée entre chaque occupant, draps changés chaque quinzaine, maxi,
Si le coût n’en était pas trop excessif, j’envisagerai bien le retour au vêtement banalisé, type bleu de travail, avec seule possibilité de linge personnel dans les sous-vêtements, chaussettes et chaussures (8),

Cet environnement, quelque peu spartiate, devrait produire un effet d’isolement, un sentiment de non – bien-être avec cependant un confort digne du XXI° siècle.

Il est important que la prison ne soit pas un facteur de dé-sociabilisation. Donc, je pense qu’il faut y créer une vie sociale, et la possibilité de côtoyer d’autres individus, sans pour cela favoriser la trop bonne cohabitation – confraternité.
Ainsi, je pense que toute prison devrait être divisée en secteur regroupant au maximum 20 à 25 cellules.
Dans chaque secteur, on trouverait douche individuelle à laquelle chacun pourra aller une fois par jour, une salle d’activité–fumoir, un réfectoire.
Attenante à cette salle, parce que chacun doit se prendre en charge, à disposition, évier pour la vaisselle, machine à laver et sèche-linge. On peut même imaginer que les draps et serviettes sont lavés par le détenu (9).
En effet, dans ma prison, tous les repas (les 3) sont pris en commun, par table de 4 ou 6, pour un semblant de cellule familiale où parler est possible (10). Dans cette salle, on pourrait y trouver des casiers (comme dans les gares) où le détenu mettrait ses couverts, serviette, sel, poivre, etc… et son tabac. Il serait autorisé à fumer qu’après les repas, pendant un laps de temps court. La pose repas + rangement + tabac serait limité à 30 + 15 minutes.

Parmi les activités possibles : 1 h maximum le matin, et 1 h l’après-midi.

Ce qui est proposé ; promenade à l’extérieur (air libre),
salle d’activité avec jeux de société,
sport individuel (muscu),
sport collectif (11),

En sus de ces activités, seraient possible l’accès à la bibliothèque (2 ou 3 fois par semaine), les activités scolaires et bien sûr, l’accès à tous les soins – suivis médicaux nécessaires, et aux activités cultuelles.

J’envisage de réduire la possibilité d’échanges avec la famille : un seul parloir d’une demi-heure par semaine (pas de prolongation) (12), courrier libre et contrôlé (si vous voulez), pas d’accès au téléphone sauf nécessité et donc sous contrôle du travailleur social (et avec lui). Pas d’échange de linge, que des apports, rappel : le détenu lave son linge.

Au niveau des cantines : tabac (13), produits d’hygiène (de qualité, mais pas forcément de marque prestigieuse), produits alimentaires dits de confort : nescafé, sucre, gâteaux secs.

Le non respect du règlement, des consignes et de la sécurité serait sanctionné par la suppression de toute activité collective (y compris douche (14), parloir, activités, courrier), les repas seraient pris en cellule (15).
Ce régime d’isolement devrait être limité à une semaine.

Voilà ma prison idéale…

Je pense qu’elle vous a bien choqué et que vous n’avez pas envie d’y goûter…

Pour ma part, j’ai bien déliré (comme disent les jeunes), mais je pense qu’il y a du bon là dedans et qu’une telle prison serait efficace…

Avant de conclure et pour répondre à certains qui ne jurent que par la détention préventive.
Je ne suis pas contre la détention préventive, mais contre la forme qu’elle a aujourd’hui. Elle peut se justifier si les faits reprochés sont très graves et les preuves quelque peu minces, mais les présomptions grandes.
Cependant, si détention il y a, le prévenu doit avoir la possibilité de présenter tout ce qui peut être en sa faveur et avoir la possibilité de communiquer avec l’extérieur (téléphone, courrier fermé) et même on doit lui donner la possibilité de « sortir ». Pour cela le bracelet électronique (avec GPS) est tout à fait adapté. Le prévenu fait son itinéraire et le respecte.

A ce jour, ce qui est catastrophique, c’est que le prévenu n’a pas accès à son propre dossier, il ne lui est pas possible de rechercher par lui-même documents, témoignages, etc…
Actuellement, l’instruction se fait à charge, souvent mal, mais jamais à décharge, même les affirmations ne sont pas vérifiées.
Comme il s’agit de détenu, non encore reconnu comme coupable, on pourrait imaginer leur accorder un régime de type centre de détention, c'est-à-dire, régime ouvert (sauf nuit) et libre circulation.
Il est indispensable qu’il soit isolé des autres détenus condamnés qui purgent leur 6 mois (maximum).

Notes :

(1) : un par cellule, comme déjà expliqué dans mon bouquin (1019 jours de détention), le plus pénible pour beaucoup de détenu, c’est de se retrouver seul. S’il y a cohabitation imposée et/ou choisie, ce n’est pas pour cela que cette cohabitation ne sera pas source de conflits. De plus, beaucoup de détenus, surtout parmi les plus jeunes, recherche la compagnie 24 h/24 d’autres détenus. Pourquoi lui offrir ce plaisir… ?

(2) : cabinet de toilettes : au XXI° siècle et parce que tout homme a droit à un minimum de respect et d’intimité. Je pense que l’on doit au détenu, un cabinet de toilettes fermé, à l’abri des regards et de l’œilleton. En cas de besoin, une interpellation peut permettre de s’assurer que tout va bien.

(3) : eau froide : l’eau chaude n’est pas nécessaire et peut être considérée comme superflu et un luxe. Il est très sain de se laver à l’eau froide…

(4) : décoration : il n’est pas bon que le détenu se sente bien « moralement » dans sa cellule. Il ne faut pas qu’il puisse se recréer un chez soi.

(5) : la TV permet trop de s’évader. Pouvoir la regarder en permanence permet de faire passer le temps. On est en prison pour subir, ce luxe n’est pas nécessaire. Les postes de radio ou CD sont, à ce jour, plus source de bruit et de conflits que de convivialité.

(6) : musique : les psychologues sont à même de sélectionner des musiques qui calment les esprits, tout en étant variées et distrayantes. Pour éviter un trop grand isolement avec l’extérieur, il faut qu’il soit prévu des flashs d’informations afin que l‘actualité soit connue du détenu. Autrement, à sa sortie, il va être déphasé. Celui qui ne veut pas en profiter, peut éteindre cette source sonore.

(7) ; linge : dans le respect de l’individu, il peut garder certains effets personnels de confort. En effet, il n’est pas nécessaire d’imposer le slip à celui qui préfère le caleçon et vice-versa. Il n’est pas nécessaire de faire marcher un individu dans des chaussures qu’il ne supporte pas…

(8) : le tabac tue… alors pourquoi en favoriser la consommation en prison. Celui qui voudrait se faire aider pour quitter la cigarette devrait y être aidé, sans réserve.

(9) : on peut imaginer que chaque détenu aurait accès à la machine à laver – sèche-linge :1/3 journée par semaine (9h à 12h – 12h à 15h – 15h à 18h).

(10) : pour éviter tout débordement et respecter l’hygiène, on peut imaginer qu’à l’issue du sport, les intéressés auraient accès à des douches collectives – limitées dans le temps. Pas de possibilité de prendre une douche à l’issue du sport dans le secteur d’habitation.

(11) : tabac en quantité limité, pour éviter tout trafic et racket… et favoriser l’arrêt de consommation.

(12) : il me semble indispensable (surtout si faire semblant de cuisiner est interdit) qu’une alimentation suffisante et équilibrée soit donnée au détenu. Celle-ci devrait être sous le contrôle permanent et journalier de diététiciens indépendants (hors administration) – établissement des menus, contrôle des produits utilisés et préparation.

(13) : cela limitera aussi l’introduction de substances interdites et donc leur consommation. A ce sujet, à l’issue du parloir, je serai assez favorable à un examen médical plus approfondi pour s’assurer que les anciens consommateurs ne consomment plus. Bien sûr, une aide médicale au sevrage sera mise en place. Je ne suis pas opposé à des vérifications sur les non-consommateurs avant.

(14) : si on est seul en cellule, on peut se laver très bien, sans avoir de douche et d’eau chaude…

(15) : on peut même imaginer un repas plus frugal, moins varié, ne contenant que le nécessaire et indispensable. Et même, suppression de la tolérance : nescafé + gâteaux secs cantinés.


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A travers : « 1019 jours de détention… ou la vie en prison, vue du dedans, comme si vous y étiez… » (index des notes sur la journée du 7 janvier)
Clémence et Paul Denis tentent de vous faire vivre le quotidien d’un détenu « moyen », pas inculte, mais pas VIP, non plus (vous avez l’intégral de ce bouquin, complété par vos questions / remarques et mes réponses…).
Nota : Sur la journée du 14 janvier, vous trouverez un lexique des mots qui méritent une explication et/ou un commentaire…
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Ma Prison… ou quelques questions qui fâchent… et des solutions proposées…
A travers ces pages, Paul Denis poursuit sa réflexion, il ne se considère plus comme un détenu, mais comme un observateur qui très souvent est devenu un confident.
Vous trouverez, sur la journée du 17 mai les dates de parution de mes articles…
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Les bouquins de Paul DENYS n’ont pas encore trouvé d’éditeur.
Si vous désirez avoir leur version papier, vous pouvez acquérir (l’un ou l’autre ou les deux) en envoyant, par volume, un chèque de 17 € (frais d’envoi compris) à Ligue des Droits de l’Homme (LDH 57), 3 rue Gambetta à 57000 METZ. Pour 10 €, je peux vous l’envoyer par e-mail (150 pages A4 ou 220 pages A4).

 
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