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25/08/2008

Djamel... en prison

Quelques cas personnalisés qui, souvent, pourraient être généralisés…

Djamel

C’est un jeune homme de 26 ans qui est en prison, pour un motif dont je ne me souviens plus, mais ce ne devait pas être très grave, si ce n’est qu’il avait perdu tous ses permis de conduire (il travaillait, en dernier, comme chauffeur-livreur), il avait aussi participer à un trafic de stupéfiants (dealer), mais ce n’est pas de cela que je veux vous parler, mais de son cursus personnel.

Il est d’origine algérienne, peut-être né en Algérie, mais, en fait, il a toujours vécu en France, et il est donc bien intégré, parle bien français, il a, à mon avis, suivi un cursus scolaire normal.
J’ai eu à intervenir pour lui, pour lui permettre de récupérer ses permis (il les avait presque tous), c’est pour cela qu’il s’est un peu confié à moi, chaque fois qu’il a eu des problèmes.

Sa famille, parents, sont plutôt, dirons-nous, comme beaucoup, respectueux des traditions musulmanes, ou pour le moins, respectueux de ce qui se fait dans leur communauté.

Djamel, comme tout jeune de son âge, avait une copine, une française… ce qui était déjà mal vu par sa famille. Lorsqu’il a commencé à trafiquer (revendre un peu de cannabis), cela n’a pas plu à ses parents et le temps passant, il était un peu rejeté, bien que vivant à la maison, mais le mur du silence s’était construit.

A 18 ans, comme beaucoup de jeunes de sa génération, il a demandé et acquis la nationalité française.
A l’âge de 22 ans, sous la pression familiale, malgré son désaccord, il est allé en Algérie, pour « être marié », comme cela se fait encore, donc un mariage « arrangé ».
De retour en France avec sa femme, comme c’est souvent le cas (et un peu la tradition, au début du mariage), ils (les nouveaux époux) se sont installés chez les parents. Le niveau d’intimité n’était pas terrible, vous vous en doutez bien, mais un enfant est, quand même, arrivé… Tout le monde était content, sauf Djamel qui pensait toujours à sa copine française qu’il continuait à voir, parfois, à « fréquenter » comme il dit, ce qui me laisse entendre une intimité certaine…

Quand il « tombe » en prison, pour les parents, c’était la honte et si le mariage et l’enfant avaient un peu amélioré les relations, c’était de nouveau le rejet, et ce, d’autant plus que même si « on » n’en parlait pas, « ils » savaient qu’il fréquentait encore « sa » française.
Mais, même en prison, un fils reste un fils…

Vient le problème des « parloirs ». Ses parents venaient, sa femme, je ne sais, il ne m’en a jamais parlé. Sa copine a, également, demandé et obtenu le permis de visite. Les deux « clans » ne se parlant pas… c’était un peu « beaucoup » le conflit permanent, car, ne se concertant pas, l’un et l’autre, parfois, sollicitaient un RDV-parloir pour le même jour… Ce qui ne laissa pas « indifférent » (en raison de la fréquence d’interconnexion) la préposée au RDV… Mais tant bien que mal, ce dualisme dura plusieurs mois.

Arrive le jour de la 1ère permission de sortie. Obtenue, et donc, ses parents sont venus le chercher. Le voyage a déjà été houleux.
Parenthèse : pour régler les conflits, l’habitacle d’une voiture est souvent commode… on ne peut s’échapper… Je l’ai, moi-même, utilisé lorsque je voulais dire quelque chose à un de mes enfants et que je ne voulais pas qu’il n’écoute pas et qu’il tourne les talons avant d’avoir tout entendu…
Donc 3 jours de perm, avec contrôle en gendarmerie (normal !). Le premier jour, ambiance très tendue, et Djamel manifeste le désir de retrouver sa française. « Non, tu n’iras pas », « Laisse cette traînée » et le flot d’injures usuels… Ce qui devait arriver, arriva… Djamel prend son sac, claque la porte… et disparaît… et part chez sa copine, toute heureuse. Il respecte ses obligations (contrôles policiers) et c’est sa française qui le ramène à Saint Mihiel. Ce qui n’est pas « normal » : celui qui prend en charge le transport d’un permissionnaire doit assurer l’aller et le retour, on lui fait signer une prise en charge !!!
L’incident est noté… Et ce, d’autant plus que la prison pensait ne pas le revoir. En effet, son père était allé, à la gendarmerie, déclarer sa disparition, chose que les gendarmes ne comprenaient pas puisque Djamel était venu « pointer » à chaque moment fixé. Bref, deuxième rapport d’incident qui arrive à la prison, par la gendarmerie…

Il est vrai qu’à son retour, j’avais remarqué que cela n’allait pas, ce qui ne m’a pas surpris, car c’est souvent (trop souvent) le cas… L’abattement psychologique est fréquent pour ne pas dire l’habitude… l’obligatoire…, au retour de perm.

Il est donc venu se confier à moi. Est-ce moi qui lui ai demandé ce qui n’allait pas, est-ce lui qui est venu spontanément, je ne sais plus, mais le résultat est qu’il me raconte le déroulement de sa perm… Cela me laisse perplexe… et je sens qu’il ne faut pas laisser cela prendre des proportions « irréalistes » et je lui suggère d’écrire au Juge d’Application des peines pour lui expliquer sa situation et s’excuser… ce, afin d’éviter des sanctions « lourdes »…

En fait de sanction, il n’y en a eu qu’une, que je trouve monstrueuse, et c’est à cause d’elle que je vous ai évoqué le cas de Djamel : l’administration ( et/ou le JAP) lui a fait choisir entre ses parents et sa copine, qui il préférait voir venir au parloir…

Je pense que la réponse, vous l’avez deviné, il a choisi sa copine…
Cela me semble d’autant plus monstrueux qu’à la suite de cet incident, car il ne s’agit bien que de cela, à la suite de ce conflit familial, les parents de Djamel et sa copine avaient poursuivi leur venue au parloir, sans problème, lui-même gérant, par téléphone, les heures et jours de chacun. Il me faut vous préciser que la décision de l’administration pénitentiaire n’est arrivée que deux mois après les faits…
Quand j’ai appris cela, j’étais effondré, à sa place. C’était, pour moi, d’autant plus incompréhensible que les parents, en fait, s’étaient « enfin » rendus compte de l’absurdité de leur attitude, de ce mariage forcé (combiné), de plus, il avait admis le principe d’un futur divorce, et que surtout, il me semble qu’ils avaient enfin compris que les coutumes devaient être « actualisées ».
En lui-même, Djamel était quand même content de son combat et il n’était plus inquiet quant au sort de ses trois frères et sœurs, plus jeunes… les choses avaient bougé dans le bon sens…
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A travers : « 1019 jours de détention… ou la vie en prison, vue du dedans, comme si vous y étiez… » (index des notes sur la journée du 7 janvier)
Clémence et Paul Denis tentent de vous faire vivre le quotidien d’un détenu « moyen », pas inculte, mais pas VIP, non plus (vous avez l’intégral de ce bouquin, complété par vos questions / remarques et mes réponses…).
Nota : Sur la journée du 14 janvier, vous trouverez un lexique des mots qui méritent une explication et/ou un commentaire…
……..
Ma Prison… ou quelques questions qui fâchent… et des solutions proposées…
A travers ces pages, Paul Denis poursuit sa réflexion, il ne se considère plus comme un détenu, mais comme un observateur qui très souvent est devenu un confident.
Vous trouverez, sur la journée du 17 mai les dates de parution de mes articles…
……
Les bouquins de Paul DENYS n’ont pas encore trouvé d’éditeur.
Si vous désirez avoir leur version papier, vous pouvez acquérir (l’un ou l’autre ou les deux) en envoyant, par volume, un chèque de 17 € (frais d’envoi compris) à Ligue des Droits de l’Homme (LDH 57), 3 rue Gambetta à 57000 METZ. Pour 10 €, je peux vous l’envoyer par e-mail (150 pages A4 ou 220 pages A4).

22/08/2008

Ignace... en prison

Quelques cas personnalisés qui, souvent, pourraient être généralisés…

Ignace

Il est des gars « impénétrables » que l’on croit connaître et qu’en fait, on ne connaîtra jamais… J’ai vécu pendant de nombreuses heures (mois) avec ce gars (la quarantaine), car nous avions de nombreuses activités communes. De plus, il était dans mon unité et même si nous n’avions pas les mêmes centres d’intérêt, nous pouvions cependant « échanger » quelques impressions.
Pour vous présenter son affaire en quelques mots, je vous dirai qu’il se dit victime de complot(s) familial (iaux), qu’il s’est laissé accuser pour protéger sa sœur, qu’il est innocent de ce qu’on lui reproche, que ce sont les autres qui ont menti, que tout cela n’est pas, matériellement, possible, que la Justice est contre lui, que l’enquête a été mal faite ou pas faite du tout, que le juge d’instruction lui en veut particulièrement pour des raisons inconnues, c’est la faute de son avocat (payant) qui n’a rien compris et ne l’a pas défendu, l’a même « jeté », au dernier moment, que sa place n’est pas ici, qu’il sortira l’année prochaine, etc…
Bref, en deux peines (une, en correctionnelle, et une, en assises) il en a pris pour 22 ans… pour des problèmes de mœurs, vous vous en étiez doutés, je pense.
En fait, son affaire était si complexe, si obscure, et ses propos si contradictoires que je n’ai jamais eu (voulu) essayer de la comprendre, de rentrer dedans, de prendre partie… (on se serait fâché, ce que je ne souhaitais pas, car il avait, à mes yeux, certaines qualités). Je n’ai pris que ce qu’il m’en a dit et ce que j’en ai compris à travers les multiples (innombrables) courriers qu’il adressait tous azimuts aux juge d’instruction, procureur, maires, témoins, médecins, etc… anciens élèves, amis, clients, etc… Il est vrai que son orthographe était tel qu’il me fallait au moins deux relectures / corrections pour les rendre compréhensibles et en français lisible.

Mais, il écrivait, cherchait des preuves, des témoignages, de la matière à révision de son dossier, mais pour moi, toutes ces recherches sont (seront) vaines, car, je vous l’ai déjà dit : « la chose jugée est très, très rarement contestée (contestable) ».
Tout cela, il fallait le faire avant « ses » jugements ».
La seule chose qu’il a réussi à faire, c’est se mettre la « chose judiciaire », d’une manière irrémédiable, contre lui, et que, maintenant, pour faire admettre « une » petite vérité… c’est pour lui, chose impossible…

Il me faut vous préciser que, même pour moi, son passé n’est pas clair. Je vais essayer de vous l’expliquer.

Il est fils de militaire. Son père et sa seconde femme (sa belle-mère, donc) viennent le voir, chaque semaine. C’était chaque fois un moment de conflit, mais ils venaient. Il leur téléphonait tous les jours et les « engueulait » quand ils n’étaient pas chez eux… (à attendre son appel,… que d’ailleurs, il ne donnait pas à heure fixe… !).
Dès son plus jeune âge, il a souffert d’une maladie cardiaque (maladie bleue ?) dont je ne connais pas les détails si ce n’est que cela lui provoquait certains symptômes bien visibles comme les mains froides et un eczéma sur tout le corps.
Donc, il fut mis en pension médicalisée dès son plus jeune âge, sa présence, à ses dires, troublant l’équilibre familial et ses proches. Il a subi plusieurs opérations du cœur et aujourd’hui, à l’exclusion d’un traitement lourd, aucun signe visible de cette maladie n’est perceptible. Cependant en 1986, date présumée des faits, il avait, selon lui, des symptômes visibles de sa maladie. Bref, à 18 ans, on le disait mort dans les mois à venir. Mais il est toujours là.
Avant sa seconde condamnation et ensuite, il fit la grève de médicaments, donc il ne les prenait plus… et cela dura plusieurs mois… En fait, il s’est affaibli, il a maigri, il est devenu plus irritable… Arrêter son traitement, selon lui et le corps médical, devait provoquer sa mort, ou, pour le moins, des malaises mortels,…mais, il n’est pas mort…
Depuis son enfance, il a l’âme artiste, et il est artiste. Dès l’adolescence, il vécut une vie d’artiste comme disciple d’un certain nombre de peintres, pour moi, inconnus, et pour eux, comme il était « doué », il faisait, pour son plaisir, et le gîte et le couvert, des tableaux dans le style et avec la signature du maître.
Est-ce vrai, je ne sais. Ce qui est sûr, c’est qu’effectivement, il avait des connaissances artistiques (hors de la moyenne) et de plus, il dessinait (peignait) bien. C’est, certes, abstrait et pas toujours compréhensible pour un profane comme moi, mais, visiblement, son art, à l’entendre, lui avait rapporté beaucoup d’argent, et il avait encore de nombreuses oeuvres (en stock). Il était pourtant assez radin (plus qu’économe) et vivait avec presque rien… Il me prétendait ne pas vouloir demander de « son » argent à son père qui gérait ses affaires (sans lui rendre de compte !!!). Est-ce vrai, je ne sais.

Comme tout artiste, il a eu une vie quelque peu chaotique, décousu, et même, à ses dires, quelque peu (ou beaucoup) dépravé… à travers diverses expériences sexuelles… ! Est-ce vrai, je ne sais.
A part son art, il donnait des cours collectifs et privés de peinture dans le cadre d’une association. Il fut, aussi, président de l’association locale des « Restos du Cœur », pendant plusieurs années et fit donc de l’insertion professionnelle d’handicapés mentaux légers.
Sa première affaire de mœurs est en rapport avec sa famille et, si j’ai bien compris, une histoire de photos de sa nièce nue et d’autres enfants, retrouvées chez lui et dans son ordinateur. Pour lui, cela n’avait aucun caractère pédophile… il s’agissait de photos artistiques… ! Il semble que la Justice ne soit pas de son avis…
Sa deuxième affaire est en rapport avec son activité au sein des « Restos du Cœur » ou plutôt avec la fille (gardée par sa belle mère, chez eux) de la secrétaire de l’association qui s’occupait des handicapés qu’il embauchait en CES. Il y aurait eu, pour le moins, selon la jeune fille, attouchements…
Tout cela est contesté par lui. Je l’ai connu avant son deuxième jugement. Pour lui, il aurait du être relaxé (non-lieu). Tout cela était monté pour lui nuire. La date des faits de la seconde affaire était bien antérieure à la date de son premier jugement.
Si je vous dis tout cela, c’est pour vous faire comprendre que, dans tout condamné (ou beaucoup), il y a toujours (très souvent) une façade fausse, un jeu mensonger pour les autres, même pour ceux qui ont été plus familiers comme je l’étais avec lui.

Bref, il ne m’a jamais montré un document « officiel » important dans ses affaires (mise en examen, avis à parties, conclusion d’avocat, etc…) donc, je ne sais que ce qu’il a bien voulu m’en dire et c’est de cela que je veux vous parler.

Tout d’abord, il m’a menti sur la durée de sa peine et donc, par ricochet, sur la nature de sa condamnation. En effet, je vous l’ai déjà dit les longues peines sont synonymes de mœurs ou meurtres (+ de 5 ans).

Pour lui, il devait sortir avant l’été 2004 (alors que c’était 2009).
Si je lui en veux quelque peu, c’est pour cette attitude mensongère. Je n’ai appris la date réelle de sa sortie que lorsqu’il est parti pour son deuxième jugement.
Je me sentais assez familier (ami) avec lui, pour qu’il me dise la vérité. Et ce, d’autant plus qu’il savait que je n’étais pas celui qui irait raconter la vérité. Ce qui m’a déplu, aussi, c’est qu’il était assez critique (entre nous) envers les membres de sa confrérie (pointeurs). Pour le moins, il pouvait rester neutre…

Tout cela a fait que, lors de son retour, de surcroît, dans mon unité, son ancienne unité (ce qui est assez rare), je ne l’ai plus vu sous le même œil et nous n’avons plus jamais parlé de « ses affaires ». J’ai essayé de me mettre un peu, en retrait (sans faire, pour cela, la gueule) et je me suis efforcée de me cantonner à ma seule fonction de correcteur de fautes d’orthographe (plus de relecture circonstanciée pour rendre la chose plus compréhensible). J’ai limité nos rapports à une cohabitation pacifique. En bref, je ne lui veux pas de mal, mais, je ne lui veux pas de bien, non plus. Pas bête, il a compris mon changement d’attitude et n’a rien fait pour l’améliorer… !

J’ai gardé mes distances dans la mesure du possible. Pas de zèle, pas d’avance d’entraide, nos relations sont encore « correctes », sans plus…
Mais, vous l’avez compris, il m’a « déçu »…, au niveau « humain »…

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Nota : Sur la journée du 14 janvier, vous trouverez un lexique des mots qui méritent une explication et/ou un commentaire…
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Ma Prison… ou quelques questions qui fâchent… et des solutions proposées…
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20/08/2008

Bruno... en prison

Quelques cas personnalisés qui, souvent, pourraient être généralisés…

Bruno

Voilà un exemple typique d’une aberration de la « chose judiciaire ».

Une nouvelle loi (du 15 juin 2000) a « prôné » la présomption d’innocence, c’est à dire que toute personne est considérée comme innocente des faits qui lui sont reprochés, tant qu’elle n’a pas été déclarée coupable par la juridiction compétente.

Sa mise en application au 1er janvier 2001, a eu pour effet de mettre « dehors », un certain nombre de détenus en détention provisoire (c’est à dire avant d’être jugé).

Bruno avait été incarcéré pour usage et petit trafic de stupéfiants, et ce, depuis plusieurs mois. Bref, en vertu de cette nouvelle loi, il a été libéré « en provisoire », sous contrôle judiciaire, il sera jugé, plus tard, « en libre »…

Le problème est ce « plus tard », car il est arrivé bien tard, plus de 18 mois après sa libération provisoire…

Entre temps, comme il se doit, il avait vécu en « honnête citoyen », avait trouvé un travail (il était cariste de métier), il s’est même marié et a eu un enfant.

Donc, plus de deux ans après l’accomplissement de son délit, et de nombreux mois après son retour à une vie normale sans usage de stupéfiants… il est condamné pour usage et revente de stupéfiants (en récidive, il me semble) à trois ans de prison. Il avait déjà fait six mois, il lui en restait donc 24 à faire…

Incarcération « à la barre » (donc arrivé « en libre », ressorti en direction de la prison, entre deux gendarmes).

Ce qui devait arriver, arriva. Sa femme l’a quitté après quelques mois de visite au parloir…

Il me faut vous dire que lui-même reconnaît que son couple n’allait pas fort et que la détention (prévue) n’a été que le catalyseur d’une rupture qui aurait, peut-être (ou sûrement), eu lieu, quand même.
Il est vrai que d’un physique agréable, d’un caractère affable, sans être un homme à femmes, il reconnaît qu’il plaisait aux femmes (même beaucoup plus âgées que lui qui a maintenant 24 ans), depuis son plus jeune âge. Il est vrai qu’il est doté d’un physique et d’un attribut mâle qui peut plaire à certaines femmes… !

De plus, plutôt intelligent, et d’un milieu plus que correct, sa compagnie était agréable : on pouvait discuter avec lui (ce qui n’est pas le cas de nombreux détenus…), il avait de la conversation…
En fait, ce que je veux vous démontrer, avec son cas (qui n’est pas unique, j’en ai connu au moins 4 ou 5), c’est que toute loi, même si elle est bonne, peut avoir des effets pervers dans son application.

Ainsi, lors de son jugement, donc plusieurs années après les faits, alors qu’il était sorti de toute délinquance, qu’il a su se créer une famille, qu’il avait un emploi « stable » qui lui permettait de bien vivre avec sa famille, les juges n’ont pas tenu compte de sa « nouvelle » vie et situation et l’ont condamné, comme s’il venait d’être arrêté, en flagrant délit…

Ceci me semble, tout à fait, significatif du malaise actuel de la justice qui est aveugle et ne tient pas compte de l’individu et des conséquences que peut avoir la détention sur un individu et sur sa famille.

Lui-même le disait, il n’a pas demandé cette libération provisoire, c’est la loi et la justice qui lui ont donnée.
De plus, s’il avait été jugé en 1999/2000, sa peine aurait été moindre qu’en 2002. La chasse (répression) aux usages de stupéfiants n’était pas encore dans l’air du temps…
Je pense qu’à juste titre, il pouvait être amer d’une telle situation.

Je ne suis pas inquiet pour lui… il repartira bien… d’ailleurs, ici, il a pris l’emploi de cariste, et à sa sortie, son ancien employeur était prêt à le reprendre et l’attendait avec impatience, car, dans son boulot, il était un gars sérieux et apprécié.

Pour sa vie personnelle, ce sera peut-être moins facile… Il avait (déjà) une nouvelle copine (une ex) qui venait le voir au parloir…, mais elle est très jalouse… et je ne suis pas sûr qu’il ait perdu son côté beau gosse dragueur, pendant ses deux ans de détention…
Sincèrement, je lui ai souhaité un bon retour à la vie « dehors »… mais je crains que cela ne se passe pas aussi calmement que ce serait souhaitable…

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A travers : « 1019 jours de détention… ou la vie en prison, vue du dedans, comme si vous y étiez… » (index des notes sur la journée du 7 janvier)
Clémence et Paul Denis tentent de vous faire vivre le quotidien d’un détenu « moyen », pas inculte, mais pas VIP, non plus (vous avez l’intégral de ce bouquin, complété par vos questions / remarques et mes réponses…).
Nota : Sur la journée du 14 janvier, vous trouverez un lexique des mots qui méritent une explication et/ou un commentaire…
……..
Ma Prison… ou quelques questions qui fâchent… et des solutions proposées…
A travers ces pages, Paul Denis poursuit sa réflexion, il ne se considère plus comme un détenu, mais comme un observateur qui très souvent est devenu un confident.
Vous trouverez, sur la journée du 17 mai les dates de parution de mes articles…
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