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19/03/2008

Coutume... en Prison

Fenêtres = poubelle…

En prison, il y a des traditions, des habitudes qu’il est difficile de faire disparaître et même, ici, où il nous est distribué, chaque mois, sur demande, 30 sacs-poubelles, pour certains, la fenêtre semble être le chemin normal de leurs détritus.
Voyons, d’abord, la situation de Metz. Mais d’emblée, je peux t’affirmer que « partout » où cela est « possible » (du possible, nous reparlerons), cette tradition demeure…
Donc, à Metz, tout passe par les fenêtres… et sert à nourrir une colonie de rats. Cette pratique est fort peu « réprimée »… mais elle coûte, outre l’emploi de deux auxi, la coquette somme, selon une source bien informée, de près d’un million d’euros, chaque année, en dératisation périodique.
A décharge pour le détenu, en cellule, nous n’avions pas de poubelle et encore moins de sacs-poubelles…
Cependant, il était dans les attributions des auxi d’étage (et ils le faisaient) de collecter les déchets à l’issue de chaque repas. Il s’agissait de récupérer tous les plats-assiettes à alvéole (inox), puis les barquettes plastiques vides et les déchets.
Malgré une note de service à l’intention des détenus et du personnel pénitentiaire, cette « obligation » n’a été respectée que quelques jours, voire semaines pour les plus zélés… Il était pourtant simple : deux détenus, à la distribution = 2 plats-assiettes + x barquettes ; à l’issue du repas, le ramassage devait être : 2 plats-assiettes + x barquettes et les déchets.

Ce serait trop simple…

Les surveillants ne se sentaient pas chargés d’une telle mission – vérification, les auxi n’étaient pas là pour sanctionner leurs co-détenus…
Nous avons appris que l’administration avait l’intention de doubler les fenêtres de grilles (losange de 2 cm) qui empêcheraient l’envoi de déchets (et pain) et l’usage des yoyos. Le yoyo est un cordage (lamelle de drap !) qui sert à communiquer, à envoyer quelque chose, par la fenêtre, d’une cellule à l’autre, et malgré le décalage des fenêtres, cette pratique est courante bien que réprimable …
Une telle installation de grilles devant faire l’objet d’une autorisation municipale puisqu’elle touche à l’aspect extérieur des bâtiments, le maire de Metz s’y serait opposé, en disant que « les détenus n’étaient pas des animaux ». Merci à lui.
Cela n’a pas empêché la pose d’un certain nombre de grilles, dont j’ai vu l’installation. En effet, le stationnement et le chargement des fourgons cellulaires, arrivant ou partant, étaient bien visibles et lorsqu’ils ont lieu, chaque jour, plusieurs fois par jour, chaque fois ou presque, ils étaient accompagnés de cris d’hostilité et l’envoi de projectiles de toutes sortes (yaourt, boîte métallique (vide ou pleine), etc… tout était bon. Pour les protéger, une grille avait déjà été posée entre le bâtiment et le lieu d’embarquement, mais elle était d’une efficacité relative, car du 5ème étage, avec un bon tir, le projectile pouvait passer au dessus de la grille et aboutir…
Or, un week-end, un débile, mais il y en a, hélas, plusieurs, a trouvé le moyen de mettre le feu aux poubelles (contenairs) qui étaient stockées sous nos fenêtres. Les pompiers ont dû intervenir… et ils ont fait l’objet d’un « canardage » de projectiles de toutes sortes…

Résultat… ils ont porté plainte (à juste titre)… apprenant cela, les gendarmes et les policiers et les syndicats de surveillants ont aussi porté plainte…, et, ce qui devait arriver, arriva, par mesure de sécurité, un certain nombre de cellules ont été équipées, sur les 5 étages, de grilles (en losange de 2 cm).
Et la mise en place a été vite faite, avec une nacelle extérieure, niveau par niveau, en 5 jours… Les grilles étaient pré-prêtes, il ne restait qu’à les fixer par des boulons extérieurs. Et pour une fois, l’administration a été « diplomate »… Il est sûr que cela a provoqué une certaine révolution (agitation)… et ceux qui n’étaient pas satisfaits, ont été déplacés dans une autre partie du bâtiment et, en plus, ils (l’administration) ont fait d’une pierre, deux coups, car beaucoup de ces cellules n’étaient occupées que par un seul détenu (en effet, il s’agit de ce que l’on appelle « le petit quartier », donc, à priori, plus calme, plus protégé) et on les a mis en cellule de 2. Pour eux, difficile de refuser… ils étaient demandeurs… outre la vue et la cellule très obscurcies, plus de yoyos (et trafics) possibles…
Et de « nouveaux » arrivants ont été mis dans ces cellules, rendues libres (et doubles), les nouveaux ne connaissant pas l’ancien système, ils ne pouvaient que s’y adapter et l’accepter…

Pour revenir à l’extérieur, donc, tout passait par les fenêtres : plats alvéolés (inox), barquettes plastiques, pain, boîte vide, bouteille vide, toute sorte d’emballages, déchets, vraiment tout ce qui aurait dû se trouver dans une poubelle. Cela occupait, chaque jour, au moins deux auxi (donc rémunérés) à qui on avait fourni des « casques »… Même s’ils n’étaient pas des cibles (n’exagérons pas), le risque de recevoir quelque chose de blessant n’était pas à exclure.

Donc, tous ces détritus, en majeure partie d’origine alimentaire, étaient comestibles pour nos amis les bêtes… qui étaient de deux sortes.
D’une part, des corbeaux (des corneilles, paraît-il), de taille imposante (de vrais poulets), sur une face du bâtiment, de l’autre, des pigeons (même gabarit). Bizarrement (ou naturellement), chaque groupe avait son territoire.
Outre ces volatiles, certes gênants, mais aussi distrayants… (il était fréquent de les voir se bagarrer pour « se » nourrir), il y avait (a) aussi, surtout, une colonie très importante de rats de taille majestueuse (de vrais chats) et périodiquement, une nouvelle nichée arrivait…
On m’a rapporté que, parfois, « ils » (les rats) rentraient dans les bâtiments : en sous-sol, sûrement, au RDC, absolument pas. J’en ai pris la confirmation auprès de détenus, ayant séjourné, longtemps, au RDC.
D’ailleurs, dans la journée, nous ne les voyions pas, ils sortaient à la tombée de la nuit et circulaient (se battaient) toute la nuit. Certes, cela fait un spectacle, mais un spectacle désolant. Outre le risque d’infections, de maladies, le côté « occupation des lieux » est un peu gênant…
Qu’y faire ? Faire la chasse aux pollueurs… et sévir… Je ne vois pas d’autre solution…

A Saint-Mihiel, comme tu le sais, nous avons « poubelle et sacs poubelle ». De plus, les humeurs étant plus calmes, il y a moins de choses qui passent par les fenêtres, mais il y en a quand même.
Ce qui est incompréhensible, c’est le laxisme de l’administration, les auteurs de ces envois seraient facilement identifiables.

Ici, les fenêtres sont alignées (4 niveaux) et bien séparées, l’une de l’autre, ce qui fait que les détritus se trouvent « toujours » en dessous d’une même rangée de fenêtres… et il serait facile de faire une vérification « de visu », avec très peu d’attente par un surveillant, à l’heure des repas.
Mais, ce n’est pas fait, et il y a donc deux « ramasseurs »… A priori, s’il y a bien quelques corneilles, à ma connaissance, il n’y a pas de rats… une fois, j’ai vu une petite souris… !

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Rajout : Fenêtres = poubelles

Tu as osé parler de cela. Moi, j’ai toujours pensé que c’était dégueulasse et honteux. Pourquoi faire cela et ne pas le faire chez soi, dehors, hein. Je dois avouer que parfois, pour s’amuser, on canardait les rats à Metz, mais bon, avec le recul, je trouve cela un peu débile.

Les grilles aux fenêtres, c’est pas cool, j’ai connu cela quelques semaines. En plus de ce que tu dis, ça rend les cellules encore plus sombres et on avait l’impression d’être dans une cage à oiseaux.

D’ Alex, le 18 mars 2007 à 18h20

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A travers : « 1019 jours de détention… ou la vie en prison, vue du dedans, comme si vous y étiez… » (index des notes sur la journée du 7 janvier)
Clémence et Paul Denis tentent de vous faire vivre le quotidien d’un détenu « moyen », pas inculte, mais pas VIP, non plus (vous avez l’intégral de ce bouquin, complété par vos questions / remarques et mes réponses…).
Nota : Sur la journée du 14 janvier, vous trouverez un lexique des mots qui méritent une explication et/ou un commentaire…
……..
Ma Prison… ou quelques questions qui fâchent… et des solutions proposées…
A travers ces pages, Paul Denis poursuit sa réflexion, il ne se considère plus comme un détenu, mais comme un observateur qui très souvent est devenu un confident.
Vous trouverez, sur la journée du 17 mai les dates de parution de mes articles…
……
Les bouquins de Paul DENYS n’ont pas encore trouvé d’éditeur.
Si vous désirez avoir leur version papier, vous pouvez acquérir (l’un ou l’autre ou les deux) en envoyant, par volume, un chèque de 17 € (frais d’envoi compris) à TOP SERVICES, 7 Bld d’Alsace à 57070 METZ. Pour 10 €, je peux vous l’envoyer par e-mail (150 pages A4 ou 220 pages A4).

17/03/2008

Les perms...

Permissions de sortir :

Aujourd’hui, je voudrais te parler des permissions de sortie.

Pour pouvoir en bénéficier, il faut remplir certaines conditions : avoir fait une partie de sa peine (au moins 1/3 ou 1/2, selon le cas), avoir un hébergement, avoir une prise en charge (véhicule qui vient te chercher et te ramener – cela peut être remplacé par les moyens financiers de payer ton billet aller et retour), avoir en poche, au minimum 15 €.

Conditions simples, en théorie, à remplir, en pratique, ce n’est pas toujours aussi évident.
Certains n’ont pas les 15 €, au bon moment, certains n’ont pas d’hébergement, ou, il leur est interdit de retourner dans leur région (par décision judiciaire), donc il faut trouver un foyer d’hébergement (presque toujours interdit aux familles – enfants et femme = nuit seul…!) entre les deux lieux d’implantation (famille – centre de détention), assurer les frais de route et de séjour… et tout cela, pour 48 heures (1ère perm), 4 jours (2ème perm), 1 semaine (3ème perm), maxi 10 jours (une fois par an), et ce, avec entre chaque, un délai minimum de 3 mois.
Autre condition qui détermine l’octroi ou non de cette perm est l’attitude du détenu en détention, et son bon vouloir, en matière de réinsertion et en matière de dédommagement de ses victimes… ce qui veut dire, en bref, que si on ne veut pas te donner cette perm (à laquelle tu as droit), on peut trouver une bonne raison (excuse).
Comme pour le travail, ce sont les plus calmes, ceux qui ne font pas de vague, s’exécutent qui bénéficient le plus facilement d’une permission de sortie…

Admettons que la perm soit obtenue.

Là aussi, il y a des conditions : interdiction de fréquenter certains lieux, certaines personnes, interdiction de conduire, de fréquenter les débits de boissons, obligation de pointer une ou deux fois (par jour) à la police (ou gendarmerie), etc…
Va-t-elle bien se passer ?
Dans la plupart des fois « oui », certaines fois « non » pour plusieurs raisons que je t’évoquerai en final.

L’obtention de cette permission (connue au moins 8 jours avant la date choisie, mais cela peut être près d’un mois avant) apporte une certaine euphorie (ou au contraire, pour celui qui ne l’a pas obtenue, une tristesse « vraie »…).
L’imagination étant plus fort que le réalisme, ce futur est magnifié, idéalisé… il se prépare psychologiquement à vivre quelque chose d’exceptionnel, il est déjà « dehors », il fait des « plans », il n’est plus parmi nous, et de nouveau, la nervosité et l’agressivité sont au rendez-vous…
Mais, ce que je peux t’affirmer, c’est que « le retour » se passe toujours mal.
En effet, outre les suspicions (d’usage) lors du retour et de la fouille, il y a l’obligation, pour certains (condamnés pour stupéfiants ou alcool), de passer par une analyse d’urine, pour rechercher la présence de produits illicites ou alcool…
L’arrivée, en unité, n’est jamais une joie et l’état dépressif, agressif et autre, se fait sentir. Même si les apparences sont maintenues, un minimum de perspicacité te permet de voir que celui qui revient, n’est plus celui qui est sorti quelques heures (jours) auparavant… Et cet état peut durer… très longtemps, trop longtemps.
Il me semble que ce passage de la vie familiale à la vie carcérale est d’autant plus pénible que le détenu se rend compte, une fois de plus, de l’absurdité de sa présence en prison, soit parce que sa délinquance aurait pu (du) être évitée, soit parce qu’il trouve sa détention bien disproportionnée…
Certes les apparences sont trompeuses.
Celui qui revient est questionné : « Alors, c’était bien »… ou toute autre question stupide.

Les réponses n’ont pas plus de valeur et, assurément, dans 90 % des cas ne reflètent pas la réalité, et les propos grivois sont fréquents… tu t’en doutes…
Pour moi, la première soirée, de retour en prison, doit être terrible, les images se mêlent, le réel, bien présent et le passé récent, festif, presque la vie normale…
J’imagine un peu que cela doit être comme une arrivée en prison…
Tout s’emmêle, ce que l’on avait prévu de faire et que l’on n’a pas fait, ce que l’on a fait et/ou dit et que nous n’aurions pas du faire et/ou dire. L’ambiance n’a pas été ce qui était prévu…
Et parfois, je me dis qu’il aurait mieux valu qu’il ne sorte pas en perm.
Pour moi, je pense que la perm est plus importante, plus utile pour la famille que pour le détenu… La famille, il me semble qu’elle attend « aussi » la permission, parce qu’elle pense que cela fera plaisir au détenu de se retrouver dans « ses » murs familiaux, auprès de ses amis, « libre » de circuler…
En fait, après ses longs mois d’éloignement du circuit, le détenu reçoit l’extérieur comme une « agression physique » (bruit, rapidité, contraintes, etc…). Tout l’agresse, même la présence des familiers.
En fait, c’est quelque chose que tout le monde souhaite, attend avec impatience, réclame à corps et à cri, mais le retour douloureux (conscient ou inconscient) du détenu me fait penser que son principe même est mal conçu.
Je n’ai pas de solution, mais il me semble que ses fonctions de « maintien des liens familiaux » et « réinsertion » ne sont pas remplies, loin s’en faut…

Moi-même, je n’ai pas bénéficié de cette « largesse »,… alors je ne peux que te décrire ce que je vois ou j’entends…
Si on devait trouver une alternative à l’octroi de permission, il me semble plus réaliste et préférable pour tous (détenu et famille) de favoriser les aménagements de peines qui permettent d’écourter le temps de détention… Là, il y aurait « progrès »… et « réinsertion »…
Il y a même des situations plus que bizarres. Certains détenus obtiennent, (en fin de peines), des permissions pour aller dans un foyer… (ils n’ont plus aucune attache familiale) et donc, en fait, ils vont se retrouver seuls et déambuler à travers la ville.
A Metz, j’ai connu un détenu dans cette situation qui en a profité pour commettre des cambriolages… !!! A méditer… !
Là, je t’ai présenté une version assez noire des relations dehors-dedans. Certes, elle existe et conditionne notre vie de tous les jours et c’est ce qui la rend « pénible »…
Je te dirai, cependant, que bon nombre de détenus voit, en la prison, un passage obligé (prévu, parfois) et que cela se passe, dirons-nous, bien. Nous attendons la sortie comme quelque chose qui arrivera « obligatoirement »… il faut donc être patient…

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A travers : « 1019 jours de détention… ou la vie en prison, vue du dedans, comme si vous y étiez… » (index des notes sur la journée du 7 janvier)
Clémence et Paul Denis tentent de vous faire vivre le quotidien d’un détenu « moyen », pas inculte, mais pas VIP, non plus (vous avez l’intégral de ce bouquin, complété par vos questions / remarques et mes réponses…).
Nota : Sur la journée du 14 janvier, vous trouverez un lexique des mots qui méritent une explication et/ou un commentaire…
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Ma Prison… ou quelques questions qui fâchent… et des solutions proposées…
A travers ces pages, Paul Denis poursuit sa réflexion, il ne se considère plus comme un détenu, mais comme un observateur qui très souvent est devenu un confident.
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14/03/2008

L'Isolement en Prison

Il me semble que j’ai fait le tour de toutes les informations « pratiques » que je pouvais te faire partager,, afin que tu puisses me suivre tout au long de ces journées.
Comme il me reste encore quelques jours… mois … à faire.
Et, pour poursuivre notre échange, je vais essayer de te faire part de quelques unes de mes pensées et impressions sur les conditions psychiques de ce que je vis, de ce que nous vivons… en détention.



« L’isolement » = 1ère punition… ?

A maintes reprises, j’ai eu l’occasion de te le dire déjà : c’est « l’isolement », « l’éloignement » de nos familles qui est notre première punition.
Pour certains, c’est d’ailleurs, la seule…
C’est, en fait, un sentiment général. La quasi totalité des détenus avec lesquels j’en ai discuté, souffre de cet isolement.
Ce sentiment d’isolement est d’autant plus « amplifié » qu’il est difficile, voire impossible, de trouver, en prison, un « confident » susceptible d’échanges « sincères » et « honnêtes » que tout être humain recherche… et dont il a besoin…
Pour les étrangers, l’isolement est inévitable, il y a les kms, et même ici, il est difficile d’avoir un contact téléphonique… les unités filent vite.
Pour les français ou résidents français qui ne sont pas de la région, le problème est presque identique. Les parloirs sont rares, les coups de téléphone, coûteux… et leur principale préoccupation est d’obtenir un transfert dans un Centre de détention, plus proche de chez eux.
Faisons une parenthèse : beaucoup arrivent ici, parce que le Centre de détention de Saint Mihiel leur est présenté comme un lieu où il y a de la place et du travail, où c’est bien, matériellement parlant, et pour quitter, rapidement, une Maison d’arrêt surpeuplée, voire insalubre, ils «demandent» (le mot est fort, ils «acceptent») leur transfert pour Saint Mihiel, en prévoyant (on leur dit que ce sera possible) de demander un nouveau transfert vers un lieu plus proche de chez eux.
Pour ceux qui sont de la Lorraine, Saint Mihiel est un Centre de détention, « d’affectation normale »…

Mais, quand même, paumé et très loin de toute ville, avec des moyens difficiles de communication : minimum aller-retour – 2 heures de route, pour une heure de parloir (parfois 2), donc beaucoup de frais pour les familles, pas de transport en commun, ou si peu...
Si le secteur « habitation » est adapté, les parties « travail » et « ludique » et/ou « éducatif » sont tout à fait insuffisantes… ce qui provoque un sentiment « réel » d’ennui et de désoeuvrement pour beaucoup. Et tu le sais, ou tu t’en doutes, ici plus qu’ailleurs, le désoeuvrement est source de conflit et d’agressivité.
Rien n’est simple, je le sais, mais il est surprenant que, ici comme en beaucoup d’autres lieux, il y ait toujours quelque chose qui cloche… à croire qu’il n’est pas imaginable de faire quelque chose qui « fonctionne bien »… !!!
Pour sortir de cet isolement « affectif et familial », il y a, en théorie, plusieurs moyens dont les principaux sont les aménagements de peines (libération conditionnelle, semi-liberté, chantier extérieur) et les permissions de sortie.
Je ne te dirai pas que cela n’existe que sur le papier, parce que ce serait faux… Il y en a, ici et ailleurs, mais ici, peut-être plus difficilement qu’ailleurs, en raison des personnes qui en sont maîtres… Je ne t’en parlerai pas, cela ne changerait rien…

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Rajout : L’isolement – 1ère punition

Ouah… là tu passes aux choses sérieuses.
Ca, c’est vrai, même si tu as des potes, t’es quand même seul, et ça, c’est dur, ça te fout les boules, loin de la famille.

Les perms, bien vu ton analyse. Moi, je n’ai eu qu’une perm, d’un jour, pour voir un patron qui était d’accord de me donner du taf. Mais revenir, ça était dur et j’ai failli craquer… mais après quelques heures, je me suis fait une raison, surtout que mon RDV s’était bien passé.

De Alex, le 11 mars 2007

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