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27/02/2008

Arrivée en Centre de Détention

Arrivée en Centre de détention
« Mes premiers regrets » d’avoir quitté la Maison d’Arrêt se sont vite dissipés. Ici, tout y est mieux. Mon seul regret est que, lorsque vous voudrez, pourrez venir me voir, ce sera plus loin pour vous, mais ce sera les samedis, dimanches et jours fériés… et je pourrai vous téléphoner.
Cela ne fait donc que quelques jours que je suis ici, et j’en apprécie, déjà, la différence.
Tout d’abord, au niveau accueil, quand tu dis « bonjour », on te répond, on te sourit. Quand tu questionnes, on te répond. En fait, on te considère comme une personne « normale »… Je parle, bien sûr, de l’accueil des surveillants et chefs.
Au niveau des détenus, mon arrivée n’est pas passée inaperçue, et tout le monde sait que l’écrivain de Metz est là… et pour le moment, je garde mon « ancien » titre.
Nous avons été accueilli au secteur « arrivants » : période d’observation de 10 à 15 jours et les premiers signes d’un temps nouveau s’annoncent.
Un premier paquetage nous avait été remis avec l’indispensable et le matériel individuel en « hôtellerie » et en « hygiène » + un livret d’accueil ARRIVANT et l’organisation des « cantines » + un casse-croûte (froid) puisqu’il était 13 heures.
Rien ne devant se passer avant 14 h, j’ai pris le temps de manger et de lire les documents reçus.
Vers 15 h 30, nous sommes reçus par un gradé qui reprend et complète les informations et répond à nos questions, puis entretien individuel.
En gros, on apprend nos conditions « actuelles » et « futures » de détention.
D’emblée, j’ai ressenti que l’ambiance et les relations « administration-détenu » n’avaient rien de comparable avec celles d’une Maison d’arrêt. Il paraît clair que l’objectif est « la réinsertion » et que tout se passe pour le mieux dans le meilleur des mondes et, a priori, leur confiance nous est donnée, et ce n’est que l’attitude « individuelle » qui peut perturber-provoquer des conditions « restrictives », voire « répressives ».
En fait, tu n’es pas rejugé avec des a priori négatifs. Tu es là, pour un certain temps, le reste (le pourquoi) est ton affaire.
Tout est fait pour que chacun se prenne en charge, les surveillants ne sont là que pour assurer la « sécurité » et les « mouvements » (allers et retours), c’est tout, de plus, leur disponibilité et leur esprit de coopération sont évidents : pas de cri, pas d’attente inutile (ou injustifiée), pas d’attitude négative… bref, une ambiance d’entreprise où chacun a sa place et respecte l’autre…
[Cette impression première, je l’ai conservée pendant tout mon temps d’incarcération en Centre de Détention, même si, parfois, certains faits précis me font penser que pour d’autres, tout n’est pas aussi beau…
Et une mauvaise impression donnée, à la suite d’un incident, d’un dérapage, reste, longtemps, en mémoire, et la « nouvelle » bonne volonté évidente du « fautif » n’est pas (plus) pris en compte.
Ce qui me fait penser que si les objectifs de réinsertion sont une volonté « générale », tout n’est pas forcément mis en œuvre pour la permettre.
L’évidence nous le rappelle : il n’en demeure pas moins que nous avons affaire (des deux côtés) à des hommes et que tout ne se passe pas toujours comme cela devrait…]
Après cette parenthèse, reprenons notre première journée : on apprend, également, que nos affaires personnelles ne nous seraient données que le lendemain. En fait, ce n’était pas grave, puisque nous avions déjà tout l’indispensable. Et n’ayant rien à faire, comme les autres, j’ai entrepris un nettoyage général de la cellule qui, au demeurant, était propre.
Bref, passage au Cif et eau de javel, partout.
Passons à un peu de description : l’ensemble de la prison est divisé en 3 bâtiments : A et B pour les détenus, « La Rue », pour l’Administration et les services communs (parloir, infirmerie, bibliothèque, formation professionnelle, école, socio-culturel, musique, arts plastiques, TV interne, ancien gymnase où nous faisons « relaxation » et « santé par le sport », mais aussi, cuisines, greffe, bureaux des travailleurs sociaux, bureaux des chefs, salle d’audience du JAP, etc…) + un gymnase et des ateliers. Le tout est entouré de murs + grillage + barbelés, pas de miradors, mais des caméras vidéo. L’ensemble se trouve sur la hauteur de Saint Mihiel, et en pleine campagne, à ce qui me semble.
Pour mon environnement immédiat : la cellule fait 2,50 m x 3,30 m, donc à peu près comme en maison d’arrêt, mais elle semble plus grande(de plus, on y est seul). Il est vrai que la fenêtre (sur la face 2,50 m) est plus petite 65 x 105 (haut), une seule fenêtre vitrée + de « vrais » barreaux, bien réels moins discrets qu’à Metz, mais en fait, moins volumineux.
Ma vue est surprenante : la campagne et une route plutôt fréquentée et bruyante lorsque ma fenêtre est ouverte. A quelques mètres des murs, il y a des champs cultivés et de la verdure qui sera bientôt verte.
A Metz, nous n’avions que du goudron et un semblant de végétaux qui n’avaient d’herbe que le nom, pas la couleur…
Pour ce qui est du mobilier, il est fixé au sol (lit et armoire), seule la table (57 x 63 – un peu plus petite que celle de Metz), peut être déplacée et une chaise plastique (du style meuble de jardin). Un vrai et efficace chauffage. Au niveau hygiène, une cabine fermée (100 x 120) du style hôtel Première (en moins bien quand même), avec un lavabo/évier et WC et… eau chaude et eau froide (boutons poussoir). J’allais oublier, accrochée au mur une TV, 13 chaînes. Deux « bons » éclairages dont un dans le cabinet de toilettes avec prise de courant au dessus de la glace + deux autres prises de courant, placées à des endroits « normaux », ce qui évite les rallonges.
A l’étage, nous avons les douches (4 pour 25 détenus) et un office (cuisine) avec 4 plaques chauffantes + une machine à laver, un sèche-linge (en libre-service et gratuit) + du matériel collectif + un téléphone (pour 50 détenus) avec Carte France Telecom et 10 numéros pré-enregistrés (à certaines heures, il faut attendre son tour). Bizarrement, tu ne peux pas téléphoner à ton avocat…
Voilà pour la description des installations, j’ai oublié de te dire qu’en CD (Centre de Détention), où il n’y a que des « condamnés », on est toujours SEUL, en cellule, il y a quand même 2 cellules doubles (en taille) pour 2 qui le souhaiteraient.
En CD, le régime « normal » est « ouvert », c’est-à-dire que les portes sont ouvertes du lever (7 h 30) au coucher (18 h 45), à l’exception du temps de midi (12 h à 13 h 30) et circulation libre. Au secteur « arrivants », nous sommes au régime « semi-ouvert », en fait, « fermé », le matin.
Bien sûr, je peux fermer ma cellule lorsque je suis « hors cellule » (j'ai une clef). Pendant que c’est « ouvert », je peux aller où je veux dans mon unité, et en particulier, dans la cellule d’un autre, aux douches, à la cuisine, au téléphone, etc…
Pour ma part, j’ai repris mon rythme du début : écriture, lecture, TV… Je sors peu et que par nécessité. Je ne vais pas en promenade (de 8 h à 9 h 30)… Je ne me lève qu’à 8 h 30…
Par la suite, il me faudra travailler, ne serait ce que pour m’occuper. De toutes façons, en CD, la réinsertion est une des priorités, donc, le travail… et/ou la formation professionnelle.
Au niveau « repas », ce n’est pas organisé « pareil » et à des horaires plus normaux 11 h 45 et 18h45. On est servi, selon l’appétit et les goûts (en + ou en -, selon les plats). La qualité est bien meilleure, tout cela est bien propre… les entrées sont en barquette pelliculée et tout non-gaspillage est « favorisé ».
A ce jour, le tout barquette est de rigueur (normes européennes exigent, paraît-il), ce n’est pas mieux, ce n’est pas pire, en fait, au moins dans mon unité, il n’y a pas trop de gaspillage, et ceux qui mangent beaucoup peuvent avoir « double ration » et moi qui préfère les salades, je suis bien servi…
Pour moi, la qualité est bonne, mais ce qui manque, c’est la diversité… c’est toujours pareil… et il y a peu de variation d’une saison à l’autre… beaucoup de boîtes de conserve, peu de fantaisie…
Au niveau « achat » cantine, le choix est plus limité qu’à Metz, et, en plus, « plus cher », sauf la TV et le frigo, mais nous aurons accès au catalogue de « La Redoute ».
D’ici quelques jours, mon « régime » sera établi et la vie en CD s’organisera plus « libre » et plus « intéressante ». Ma première impression du secteur « arrivants » est que ceux qui y arrivent, découvrent, redécouvrent, une « liberté » oubliée ou brimée, lors de leur séjour en Maison d’Arrêt.
Il faut avouer que le verbe y est « haut » et que la musique « Boum-Boum » m’oblige à augmenter le volume de la TV, plus que nécessaire, mais les nuits sont « calmes » : ce qui est l’essentiel. Porte fermée, l’ambiance « générale » est acceptable. Par la suite, je pense que les volumes sonores et les manières vont évoluer dans le bon sens…
Comme tu le vois, comme tu peux le comprendre aisément, les conditions matérielles de vie sont toutes autres. Au niveau « mental », comme tous les détenus sont condamnés, on a moins de « crises » et comme, il n’y a pas de « mélange », la situation est la même pour tous, seul le motif et la durée différent. D’ailleurs, ici, on ne demande pas « pourquoi » tu es là, mais pour « combien » de temps… Cela veut tout dire…
En théorie, un CD est prévu pour des détenus ayant entre 1 à 5 ans de détention (prévu sur le papier). En pratique, il semblerait, et c’est même sûr, qu’il y a, ici, certains détenus qui sont là pour 10 ans et plus… et là, à mon avis, ce n’est pas la même chose. Pour 10 ans et plus, on ne s’organise pas pareil, on n’a pas les mêmes besoins, ni les mêmes préoccupations, ni les mêmes perspectives… de réinsertion…
Et comme pour moi, ma durée de peine n’est pas encore définitivement établie…, attendons l’aboutissement des démarches entreprises…
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Rajout : Saint Mihiel
Ah, on change de lieu. Bien vu l’accueil en centre de détention. C’est vrai que l’on n’a pas la surprise de la première fois, mais le cérémonial est le même : greffe, fouilles, chef, toubib, travailleur social, etc… A croire qu’on est « nouveau » alors qu’on vient de moisir dans un autre chtar.
C’était tout comme tu dis, je m’y revois et cela me fait drôle…
De Alex, le 26 février 2007
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A travers : « 1019 jours de détention… ou la vie en prison, vue du dedans, comme si vous y étiez… » (index des notes sur la journée du 7 janvier)
Clémence et Paul Denis tentent de vous faire vivre le quotidien d’un détenu « moyen », pas inculte, mais pas VIP, non plus (vous avez l’intégral de ce bouquin, complété par vos questions / remarques et mes réponses…).
Nota : Sur la journée du 14 janvier, vous trouverez un lexique des mots qui méritent une explication et/ou un commentaire…
……..
Ma Prison… ou quelques questions qui fâchent… et des solutions proposées…
A travers ces pages, Paul Denis poursuit sa réflexion, il ne se considère plus comme un détenu, mais comme un observateur qui très souvent est devenu un confident.
Vous trouverez, sur la journée du 17 mai les dates de parution de mes articles…
……
Les bouquins de Paul DENYS n’ont pas encore trouvé d’éditeur.
Si vous désirez avoir leur version papier, vous pouvez acquérir (l’un ou l’autre ou les deux) en envoyant, par volume, un chèque de 17 € (frais d’envoi compris) à TOP SERVICES, 7 Bld d’Alsace à 57070 METZ. Pour 10 €, je peux vous l’envoyer par e-mail (150 pages A4 ou 220 pages A4).


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25/02/2008

Les surveillants... de Prison

Les questions que tu ne me poses pas, mais qui méritent une réponse…


Le personnel :
Au dessus du surveillant qui côtoie, sans cesse, le détenu, il y a les chefs (gradés) avec qui tu as peu de contact, sauf problème, au dessus des chefs, la direction et les services administratifs que tu ne vois jamais ou presque (comptabilité, courrier, greffe, etc…).
Parlons des surveillants (gardiens), que l’on peut classer dans différentes catégories.
Il y a les « bons », souvent des anciens, pour qui ce n’est pas un métier, mais une vocation. On le sent, ils sont là pour t’aider, et non, pour te faire des misères. En général, ils sont respectés par tous et/ou, en tous cas, ils savent se faire respecter, et ce, sans éclat.
Il y a le surveillant « moyen » (de base) qui fait son boulot comme il ferait un autre boulot. Il ne faut pas trop le solliciter, sa disponibilité ne t’est pas acquise.
Il y a celui qui se fout de tout, aussi bien de toi que de son boulot. S’il n’avait pas les clefs, on pourrait s’en passer.
Il y a les stagiaires (souvent Bac +, mais le niveau requis n’est que le brevet)… Je les plains, ils entrent souvent par hasard ou obligation, dans un monde qui leur est étranger et, par définition, hostile (du moins, le pensent-ils). C’est par eux que tu apprends « ce qui devrait être fait », car, en général, ils respectent les consignes données, à la lettre.
Un seul regret : il faudrait leur faire faire une semaine d’observation, au début, cela leur éviterait une formation « inutile » : plus de 60 % (paraît-il) ne poursuivent pas après leur stage pratique !!!
Les surveillants sont « hommes » ou « femmes ».
En général, si tu respectes l’autre, l’autre te respecte.

L’affaire :
C’est ainsi que l’on nomme, la raison pour laquelle tu es là.
C’est souvent un sujet « tabou » qui attire la curiosité, car l’on veut savoir ce que l’on reproche à celui avec qui on parle.
Il y a autant d’affaires qu’il y a de détenus. Chaque cas est particulier.
L’essentiel est de rester « honnête » avec soi-même et avec l’autre. Mentir n’est jamais bon. Un jour ou l’autre, la vérité apparaît et alors, ce peut être le moment des représailles.
Il est sûr qu’il est souvent difficile d’assumer soi-même ce que l’on te reproche, alors le communiquer à d’autres est encore plus « délicat ».
Très souvent, le coupable se dit innocent, c’est la faute d’un autre. En fait, la prison est remplie de beaucoup d’ «innocents-coupables » ou de « coupables-innocents », au choix.
Au demeurant, je pense qu’à part quelques « rejets systématiques » (violeurs, pédophiles principalement), une entente sans a priori est souvent de mise. On ne se préoccupe pas du pourquoi tu es là, mais de qui tu es, et je crois que c’est tant mieux.
Avec le temps, on apprend à se connaître, on choisit ceux de qui on s’entoure, et sans rejeter les autres dont on ne se préoccupe pas. C’est au moins, ce qui devrait être mis en pratique, ce qui n’est pas toujours, hélas, le cas.
Les jeunes étant, en général, assez intolérants envers l’autre…

Inutilité de la prison :

Au lieu d’entretenir une surpopulation, à la réflexion, je suis persuadé que la prison n’est pas toujours la solution la mieux adaptée à « la faute ».
La prison reste un lieu où les « mauvaises » rencontres sont plus fréquentes… que les « bonnes ». On y apprend beaucoup de choses, crois-moi… et pas toujours de bonnes… choses.
Celui qui veut être « initié », peut l’être sans difficulté. C’est plutôt le contraire qui est difficile : ne pas se laisser influencer…
Aussi notre société ne joue-t-elle, peut-être, pas la bonne carte en introduisant en prison des délinquants, certes, mais en fait des « petits » délinquants qui auraient besoin d’un accompagnement socio-familial éducatif, plutôt qu’une répression inadaptée…
Pour s’en convaincre, si c’était nécessaire, il suffit de consulter les statistiques et de calculer le taux de récidivistes…
Pour ma part, je l’évalue à 60 à 70 % … (au moins) ! Les statistiques officielles disent 30 à 50 %.
Aussi, pour mon cas personnel, ce qui me pèse le plus est, assurément, l’inutilité de mon temps, l’inactivité qui me sont imposées, alors que j’ai bien l’impression qu’il y aurait eu moyen de prévoir/trouver, une situation aussi contraignante pour moi, mais qui serait plus utile à la société. Que de gâchis…

Le bracelet :
Les médias parlent beaucoup de ce nouveau mode d’incarcération…
Voyons les chiffres : en 2004, l’aménagement de peines accordé, par les JAP, le plus souvent, est un régime de semi-liberté (6.500), ou le contrôle par bracelet fixe (5.600) – surveillance et autorisation de sortie contrôlées à heure fixe -, ou, depuis peu, le bracelet électronique (GPS) qui suit le détenu-libéré, m par m, minute par minute (1000 aujourd’hui, prévu pour 2007 : 3000). Les libérations conditionnelles arrivent bien après, quelques centaines.
Il est à constater que le nombre de libérés, en fin de peines, sont la majorité. Il est vrai qu’avec le jeu des grâces et remises de peines, le temps prévu est bien réduit - Ainsi, pour moi, sur 58 mois, il aurait pu être de 33 mois. J’en ai fait 34, sans une permission de sortie...
Quand on sait qu’il n’y a que 49.000 places pour plus de 65.000 détenus, que le coût d’un bracelet (GPS) est de 40 €/jour (9 € en Amérique !), un bracelet fixe : 11 €, et qu’une journée de détenu en prison coûte 60 € (de 90 à 120 €, si on compte tout : bâtiment, personnel, coût d’entretien d’un détenu), on est en droit de se dire qu’il est urgent de trouver une solution.
Cela est d’autant plus évident pour tous ceux qui touchent, de près ou de loin, la prison, que la détention n’est pas un lieu idéal pour acquérir une « vraie » réinsertion.
Avec l’économie faite, il serait peut-être judicieux de former de « vrais » éducateurs qui seraient là pour prévenir une certaine délinquance…
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Rajout :
Le personnel
C’est vrai, il y a des « bons », mais je dois dire qu’on se rappelle plus des « pas bons » qui visiblement n’aimaient pas leur boulot.
Il fallait toujours « pleurer » pour obtenir le peu auquel on avait droit… et puis, le respect de leur part, je te dis pas, c’est pas toujours au top, aussi il ne faut pas s’étonner que certains détenus leur faisaient la vie dure… C’est la vie… œil pour œil, dent pour dent…

L’affaire
C’est vrai qu’en prison, comme ailleurs, on aime bien savoir à qui on a « affaire », cela évite des mots de travers et des conflits pour des conneries.
De toutes façons, moi, j’étais toujours sur mes gardes et j’avais peu de potes, mais assez pour rester cool et bien délirer.
De Alex, le 24 février 2007
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A travers : « 1019 jours de détention… ou la vie en prison, vue du dedans, comme si vous y étiez… » (index des notes sur la journée du 7 janvier)
Clémence et Paul Denis tentent de vous faire vivre le quotidien d’un détenu « moyen », pas inculte, mais pas VIP, non plus (vous avez l’intégral de ce bouquin, complété par vos questions / remarques et mes réponses…).
Nota : Sur la journée du 14 janvier, vous trouverez un lexique des mots qui méritent une explication et/ou un commentaire…
……..
Ma Prison… ou quelques questions qui fâchent… et des solutions proposées…
A travers ces pages, Paul Denis poursuit sa réflexion, il ne se considère plus comme un détenu, mais comme un observateur qui très souvent est devenu un confident.
Vous trouverez, sur la journée du 17 mai les dates de parution de mes articles…
……
Les bouquins de Paul DENYS n’ont pas encore trouvé d’éditeur.
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22/02/2008

Les deux premiers jours... en Prison

Les questions que tu ne me poses pas, mais qui méritent une réponse…

Les deux premiers jours :

Outre la nécessaire acclimatation dans un milieu qui, a priori, t’est hostile… pendant les deux premiers jours, il y a le passage obligé devant un certain nombre d’intervenants.
En général, on ne te parle pas de ton affaire, d’une part, parce qu’elle figure dans ton dossier administratif, de plus, ce n’est pas le propos.
Il ne s’agit que de ton installation, de ton séjour en ces lieux et de tes besoins particuliers.
Après le passage au greffe dont nous avons déjà parlé, dès la première heure, parfois même avant d’être mis en cellule, tu es reçu par un chef qui te rappelle certains devoirs, mais aussi certains droits.
Son but est que tu te sentes « à l’aise » entre ces murs et que tout conflit soit évité.
Tu es parfois mis en cellule « arrivant » (souvent assez crade), pour la première nuit (si tu arrives en soirée) ou les premiers 24 heures (si tu poses problème…).
Il y a aussi, rapidement, la visite médicale « arrivant » par un médecin qui s’assure de ton état de santé et fait en sorte que tu sois en mesure de poursuivre ton traitement médical si tu en as un. C’est lui aussi qui te fixe ton régime alimentaire, s’il y a lieu. Il s’agit d’une visite médicale « sommaire » où tu es plus questionné qu’examiné… ! Des examens complémentaires peuvent être envisagés, pour les jours suivants.
De toutes façons, il y aura : prise de sang, radio pulmonaire, rappel de vaccins, test du sida, si tu le souhaites. Bref, tout est mis en œuvre pour que ton état de santé ne se dégrade pas… ce qui n’est pas toujours le cas, hélas.
Tu as aussi, rapidement, le passage chez un travailleur social qui assure, éventuellement, un premier lien (et souvent unique) avec la famille si elle n’a pas été prévenue de ton incarcération. C’est lui aussi qui, par téléphone, explique à la famille (si tu le souhaites) les démarches à suivre pour obtenir le permis de visite, apporter du linge, etc…
Il y a aussi, un rendez-vous avec le scolaire qui remplit un questionnaire – statistique et qui te propose les formations pouvant t’intéresser.
Tu peux aussi rencontrer l’aumônier (catholique) qui visite tous les détenus qui en font la demande, peu importe leur religion, s’ils en ont une.
Tout cela occupe bien les premiers jours, car tu apprends aussi à attendre ton tour…

Les fouilles :

Fouille à corps :

C’est-à-dire qu’on te demande de te déshabiller entièrement. Le surveillant qui fait la fouille n’a pas le droit de te toucher, mais peut te demander d’ouvrir la bouche, de te baisser, de tousser, etc…
Si une fouille plus approfondie est nécessaire (demandée), elle ne peut être effectuée que par un médecin.
La fouille à corps a lieu, en principe, chaque fois que tu as été mis en contact avec quelqu’un de l’extérieur (sortie accompagnée ou non, parloir, principalement).
Elle a lieu au départ et au retour.
Parfois, il n’y a qu’un « palpage » sommaire, c’est souvent le cas, avant un parloir ou une rencontre avec ton avocat ou une personne de l’extérieur (police, huissier).
Au début, c’est assez désagréable de se trouver « à poils » devant quelqu’un qui est habillé et qui, de surcroît, est censé t’observer, mais on s’y fait très vite, d’autant plus que le plus gêné est souvent le surveillant qui ne fait que son travail.
Cela reste, même si tu n’as rien à te reprocher, à cacher, une formalité bien déplaisante, et une source de conflits qui pourrait être évité par une attitude plus humaine et moins formaliste.
Ces fouilles peuvent avoir lieu, à tout moment, lors d’activité ou en cellule, lors de la fouille de ta cellule, si tu es là ou si l’on recherche une chose interdite.
Car, en fait, le but de ces fouilles est bien d’éviter que pénètrent ou circulent, en prison, des objets ou substances interdites, voire dangereuses.
Y parviennent-elles ? J’en doute, aussi pour moi, je les trouve d’une efficacité toute relative pour ne pas dire inutiles. Elles sont toujours (souvent) mal ciblées…, c’est à dire que les mieux « fouillés » ne sont pas ceux qui devraient l’être…

Fouille de cellule :


Le but en est le même que la fouille à corps. Ce qui est gênant (plus gênant, au moins pour moi), c’est qu’elle s’accompagne souvent du retrait d’objets habituellement tolérés, tels que cartons, surplus de produits d’entretien, aménagement personnel…
Elles sont périodiques et/ou inopinées et/ou provoquées par la recherche de quelque chose.
Pour ma part, souvent, j’apprenais par mes voisins que ma cellule avait fait (en mon absence) l’objet d’une fouille, mais en fait, rien n’était dérangé.
Ce n’est pas le cas de toutes les fouilles… et parfois cela frise la barbarie ou, pour le moins, le non-respect du bien d’autrui (vidange de la boîte de café, armoire et lit, mis à sac, etc…) et souvent, cela ne se justifie pas : ce qui est recherché n’est pas trouvé, 9 fois sur 10.
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Rajout 1 :
Comment se fait-il que des produits stupéfiants circulent si facilement en prison, à ce que l’on dit…
As-tu des infos, en parleras-tu ? je peux attendre.
Michel, le 19/02/06
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Cannabis :
Je ne suis pas un spécialiste, en la matière. A un moment, j’ai été en cellule et à la bibliothèque avec un ancien toxico. Quelques jours avant sa libération, je lui ai fait la demande suivante : « Paul, je ne voudrai pas mourir idiot, fais-moi goûter ton joint ». La réponse fut rapide et sans bavure, comme s’il l’avait préparé : « Ah non, pas avec cette merde, si tu le veux, quand tu seras dehors, je t’en ferai goûté de la bonne »… Je ne l’ai jamais revu, et je reste sur ma fin… et cela ne me manque pas…
Pour ce qui est du comment, le cannabis arrive en prison, je pense qu’Alex est mieux placé que moi pour vous en parler…. A toi, Alex….
De Paul Denis à Michel, le 19/02/07 à 16h
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Là, tu m’ennuies… je ne suis pas une balance… Mais bon, c’est une secret de polichinelle, en prison, tout le monde (administration, police, surveillants et détenus et toi aussi) sait comme le shit rentre en prison.
Tout d’abord, une remarque sur la réponse de Paul, c’est souvent pour ne pas dire toujours de la mauvaise qualité qui rentre en prison et c’est pour cela qu’elle ne fait pas l’effet escompté et que l’on reste, nous aussi, un peu sur notre faim…
Certains le font rentrer à l’aide de parachute, c'est-à-dire que de dehors, on envoie un colis (balle de tennis ou autre) par-dessus le mur afin que le dit parachute arrive dans la cour de promenade, c’est risqué car il peut ne pas arrivé à destination (il y a au moins 10 m entre le mur et la cour), il peut être vu et surtout ramassé par un mauvais destinataire, d’où des conflits sanglants : Je garde, c’est moi qui ai trouvé le shit, Non, c’est à moi et les coups partent…
Il y a aussi, le linge qui rentre, mais là aussi c’est risqué car ce linge est très souvent fouillé (déplié, palpé) avant d’être remis au détenu.
Les détenus qui ont des perms, en profite pour faire le plein, même technique que pour les parloirs dont je vais vous parler.
En effet, c’est par les parloirs que le plus gros des arrivées se font…, et ce, malgré une fouille à corps (donc à poils).
Certains prennent le risque de coller le colis dans des endroits moins visités (en dessous des bras, le dos et surtout entre les couilles et l’anus). Ce risque est pris lorsque l’on sait qu’à la sortie, c’est tel ou tel surveillant et qu’il est plus cool (moins regardant), à la longue, on connaît…
Mais la majorité du shit arrive en étant passé par la bouche - il y est facile d’y cacher un petit colis, même si le surveillant te fait ouvrir la bouche, pour voir.
Mais la voie royale est quand même le cul… Bien emballé et avec un peu de vaseline, cela rentre très facilement, même si le colis est important, plusieurs centaines de grammes… et c’est très rarement découvert, même si on te fait te courber et tousser… Le contrôle passé, il suffit d’attendre et le colis ressort… Dans cette technique, le plus compliqué (et risqué) est la l’arrivée et la mise en place.
En effet, comme c’est interdit, dehors, il peut y avoir des contrôles de police avec des chiens sniffeurs… Aussi la copine « prudente » place son colis dans sa chatte. Donc pendant le parloir, il faudra réussir à faire le transfert entre les deux caches… On y arrive très bien, malgré la présence du surveillant qui navigue derrière vous…
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Rajout de Paul Denis :
Sans entrer dans une polémique… je rajoute un mode de pénétration… par des surveillants qui arrondissent leurs fins de mois, en étant « passeurs »…
Comme c’est interdit, si on est pris, c’est souvent : suppression du permis de visite pendant un certain temps, puis parloir avec séparation (on ne peut plus se toucher), et encore, procédure pour « détention et tentative d’introduction de produits stupéfiants », et quelques mois de plus de prison. Les deux protagonistes sont condamnés, mais celui qui risque le plus, c’est celui qui est déjà en prison. Et malgré cette épée de Damoclès, le trafic existe bien et fonctionne bien…
Le risque pris (et la pseudo rareté) explique le prix de vente : un joint = un paquet de Malboro…, mais il y a aussi la technique : « chacun son tour », un coup c’est toi qui rentre, un coup c’est moi… Pour cela, il existe une certaine solidarité…:
Je vais vous faire une révélation : Pendant un certain temps, je me suis amusé à regarder le comportement des gars et ce qu’ils fumaient. Bien vite, je me suis rendu compte que c’était toujours les mêmes qui fumaient que des Malboro… Rappel, la majorité des détenus (fauchés) fument des roulées…
Encore une vérité à dire : l’administration, sans le dire bien sûr, tolère, accepte un certain trafic. On prétend que la présence du cannabis calme les esprits et évite les conflits que la promiscuité, à coup sur, devrait provoquer…
J’ai du mal à accepter cette version… et je préférerai que la prévention et le sevrage soient aidés…, ce qui n’est pas le cas, puisque les produits de substitution (Subutex, Methanol) circulent bien aussi et font l’objet d’un trafic intense… En fait, la prison est un lieu où les mélanges médicamenteux sont rois… ce qui provoque des morts (suspectes) transformées en suicides… J’en ai connu… peu, mais j’en ai connu, en 34 mois.
Alex + Paul Denis, le 24 Février 2006
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Rajout 2 : Les 2 premiers jours
Un privilégié, tu étais… moi, je n’ai pas ressenti une arrivée aussi cool… et autant d’attention à mon bien-être. C’est l’âge… je pense, qui t’a valu cela, vieux.
J’ai connu la cellule « arrivant », c’est souvent crade et quasi inhumain, surtout quand tu arrives et ne connais rien et que tu ne sais pas si cela va durer … car on te dit rien…
Fouilles
Bien vu…, c’est toujours désagréable de se retrouver à poils devant quelqu’un habillé.
Aux douches, tout le monde est à poils et cela gêne moins, même s’il y a mélange de jeunes et de vieux… et quelques exib. Et puis, on comprend mieux qu’il est utile d’être nu aux douches….
Après le parloir, après avoir rencontrer la famille, ta meuf, cela te remet dans le bain… vite fait.
J’ai connu des fouilles de cellule hard. J’avoue que j’ai pas aimé la pagaille laissée.
De Alex, le 24 février 2007
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A travers : « 1019 jours de détention… ou la vie en prison, vue du dedans, comme si vous y étiez… » (index des notes sur la journée du 7 janvier)
Clémence et Paul Denis tentent de vous faire vivre le quotidien d’un détenu « moyen », pas inculte, mais pas VIP, non plus (vous avez l’intégral de ce bouquin, complété par vos questions / remarques et mes réponses…).
Nota : Sur la journée du 14 janvier, vous trouverez un lexique des mots qui méritent une explication et/ou un commentaire…
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Ma Prison… ou quelques questions qui fâchent… et des solutions proposées…
A travers ces pages, Paul Denis poursuit sa réflexion, il ne se considère plus comme un détenu, mais comme un observateur qui très souvent est devenu un confident.
Vous trouverez, sur la journée du 17 mai les dates de parution de mes articles…
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Les bouquins de Paul DENYS n’ont pas encore trouvé d’éditeur.
Si vous désirez avoir leur version papier, vous pouvez acquérir (l’un ou l’autre ou les deux) en envoyant, par volume, un chèque de 17 € (frais d’envoi compris) à TOP SERVICES, 7 Bld d’Alsace à 57070 METZ. Pour 10 €, je peux vous l’envoyer par e-mail (150 pages A4 ou 220 pages A4).


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