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16/01/2008

Organisation des lieux

Continuons la visite…

Avant de poursuivre, je pense qu'il faut que je te décrive la topographie et l'organisation des lieux.
Certes, on ne les découvre qu'au fur et à mesure des déplacements. Il n'y a pas de visite "guidée"...
Souvent un « plus ancien » voit ton désarroi et te guide… Solidarité oblige…

Comme déjà dit, il y a une multitude de portes gardées, l'ouverture est électromagnétique (et bruyante) et commandée manuellement, de visu (c'est-à-dire que le surveillant qui ouvre une porte, la voit et voit qui arrive), sur chaque porte, il est rappelé que tu dois passer au kiosque (sorte de grande guérite vitrée où le surveillant se trouve), il est censé noter tous les mouvements (de son étage) sur un cahier et toi, tu dois t'identifier et dire où tu vas. Il est vrai qu'avec le temps, comme tu es "connu", les passages sont simplifiés et se font un peu par mime et signe à distance. De plus, comme les portes ne peuvent être ouvertes que l’une après l’autre, les déplacements se font donc lentement….

Mais comme nous avons tout le temps, ce n'est pas une grande servitude.
Pour la disposition des étages, il y a six niveaux, chaque étage est, en théorie, quasi-autonome et spécialisé. La circulation entre les étages est interdite.

Il y a deux étages "travailleurs", ceux qui travaillent aux ateliers de la prison pour "gagner" un peu de sous - surtout de la manipulation et du conditionnement (ex. : mettre des agrafes dans leur boîte...).

Les 3 autres se répartissent le reste qui est quelque peu trié, en raison de leur dangerosité et/ou de leur pays d'origine. Mais tout cela est théorique et très mal géré.
Certains étages sont réputés plus bruyants ou plus perturbés (bagarres fréquentes). Tout est fait pour que si deux gars sont dans la même affaire, ils ne puissent pas se rencontrer (mais je crains fort que ce ne soit qu'un voeu pieux).

Au RDC, il y a peu de détenus (des arrivants en soirée (première nuit), des cas ou des handicapés + le mitard (cachot) - 10 places + les auxi-services généraux) + surtout, des bureaux pour les gradés et les intervenants (travailleurs sociaux et autres).

Sur chaque étage, il y a une bonne centaine de gars, en cellule de 1, 2 (beaucoup) ou 4 personnes (très peu).
Chaque cellule fait 9 m2 et est prévue pour 2, avec un lit superposé, une petite table (pour 2) de 50 x 70, une armoire avec étagères et penderie de 60 x 60 (pour 2), un lavabo, un WC, 2 chaises. Tu vois que c'est assez spartiate, et les m2 sont comptés. Il y a bien sûr une fenêtre de 2 m x 1,2 m, munie de barreaux et de fenêtres coulissantes (glissières) de 12 cm de large sur 60. Le chauffage se fait par le sol et est peu efficace. En théorie, les différents éléments (pas les chaises - type formica) sont fixés au sol.

Au centre de l'étage, l'escalier central du bâtiment, avec son kiosque et trois portes (l'entrée de l'étage + 2 portes pour casser l'étage), un très large couloir central de 4,5 m de large et de part et d'autre, les cellules. Sur l'étage également, une ou deux salles d'attente ou d'activités.

Il y a aussi, 3 blocs de 2 douches, 1 de 5 (certaines fonctionnent très mal - elles sont en cours de rénovation depuis x mois), quelques salles spécialisées pour tous les étages (bibliothèque, salle de lecture, coiffeur, jeux de société, aumônerie, etc…). Il y a au RDC, les salles de classe et informatique.

Il y a aussi des secteurs spécialisés et à part, en particulier, l'infirmerie avec beaucoup de pièces (pharmacie, radio, salle de soins, salle de visite médecins, salle d'attente, dentiste, ophtalmo, secrétariat, etc...). Il y a aussi un secteur cuisine + buanderie + stockage + secteur "femmes" (une vingtaine). Ce quartier-là, je ne le connais pas du tout. Il y a une autre aile du bâtiment avec un secteur psychiatrie + 2 étages pour les jeunes (13-17) + (18-21 ans). J'allais oublier le secteur "parloir", le plus près de la sortie (ou de l'entrée - comme on veut le voir...) avec une grande salle polyvalente qui sert de chapelle, salle de spectacles et cinéma + accès au parloir "familles" (boxe individuel ouvert de 70 de largeur x 100 de profondeur, avec une table pour séparer visiteur-visité), les visites sont limitées à 3 personnes qui ont sollicité et obtenu un permis de visite + 1 parloir dit "avocat" où ton avocat peut venir te voir dans un boxe "fermé".

Pendant 4 mois, j'ai été "logé" dans l'aile "jeunes" au 1er étage. Au 2ème, il y avait les "minous" - 13-17 ans, où tout est permis, très bruyant, avec un éducateur-surveillant - en fait, ils ont à peu près tout ce qu'ils veulent. Moi, j'étais à l'étage "JA"- Jeunes Adultes (18-21 ans), non pas parce que j'ai entre 18-21 ans, mais parce qu'il reçoit également (dans un fond de couloir) une dizaine de "vieux", très calmes, en raison de leur âge ou de leur origine sociale.

Ainsi donc, moi, je suis avec un ancien pompier et un ancien éducateur, nous sommes trois dans une cellule de 4 (nous en reparlerons).

Il y a aussi le secteur des travailleurs (auxi). En fait, les auxiliaires s'occupent de l'entretien général des parties communes (en fait des femmes-hommes de ménage) + services communs (cuisine, buanderie, etc...). Ce sont des détenus comme nous, mais qui travaillent et sont payés, selon l'emploi entre 110 et 190 Euros/mois. Ainsi, moi, je suis auxi "bibliothécaire-écrivain-documentaliste" - c'est ce qui est mis sur ma porte, en plus de mon nom et du n° d'écrou.
Voilà, pour la description sommaire des lieux, au demeurant assez neuf (datant de 1979), en état moyen (sauf les sanitaires qui, depuis longtemps, auraient mérité la rénovation en cours...), assez lumineux - beaucoup de panneaux (murs) sont vitrés par l'alternance de bande béton + bande vitrée (de 12 cm de large).

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Rajout :

A te lire, je reconnais bien la Maison d’Arrêt de Metz… J’ai été à 3 dans une cellule de 2, c’était un peu à l’étroit mais je dois avouer que pour délirer, à 3, c’est mieux.
Au niveau hygiène, c’était un peu crade – lavabo fêlé, qui fuyait, WC sans cloison, c’est un peu osé et désagréable même devant ses potes.
Après, il y a eu une cloison pour cacher le WC et le lavabo…mais les odeurs restent… et comme on est enfermé 24h/24… toujours ensemble, on a pas le choix… quand il faut y aller, il faut y aller, tu piges ??????
De Alex, le 21/01/07

Ta réflexion est tout à fait pertinente, et je bondis, chaque fois qu’un VIP prétend être apte à faire revivre une détention « moyenne ». Même moi, je ne prétends pas être ce détenu moyen et l’apport qu’Alex nous apporte / apportera me semble du plus grand intérêt… Un jeune délinquant ou non, n’est pas un vieux délinquant ou non… ne croyez-vous pas ?
A ce jour, je n’ai trouvé sur Internet et le logiciel des libraires « Electre », aucun livre comparable à ce que j’ai fait, ce fut une de mes motivations, il y a « plein » de témoignages d’intervenants (psy, aumôniers, visiteurs de prisons, etc…), mais pas de détenu, et comme je l’ai déjà dit, si je n’avais pas fait le « gros » du travail, en détention, comme les autres, je n’aurais pas eu à cœur de me remettre tout cela en tête. Encore aujourd’hui, parfois… cela remonte… et ce n’est pas agréable.
Rappel : un détenu coûte entre 90 à 120 € par jour…. C’est de la folie, car cette détention est souvent inutile, nous en reparlerons, en effet… Ce que les détenus demandent, ce n’est pas un confort, mais un cadre décent, propre et qui respecte l’être humain… Vaste programme…
De Paul Denis à Christian, le 21 janvier 2007
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A travers : « 1019 jours de détention… ou la vie en prison, vue du dedans, comme si vous y étiez… » (index des notes sur la journée du 7 janvier)
Clémence et Paul Denis tentent de vous faire vivre le quotidien d’un détenu « moyen », pas inculte, mais pas VIP, non plus (vous avez l’intégral de ce bouquin, complété par vos questions / remarques et mes réponses…).
Nota : Sur la journée du 14 janvier, vous trouverez un lexique des mots qui méritent une explication et/ou un commentaire…
……..
Ma Prison… ou quelques questions qui fâchent… et des solutions proposées…
A travers ces pages, Paul Denis poursuit sa réflexion, il ne se considère plus comme un détenu, mais comme un observateur qui très souvent est devenu un confident.
Vous trouverez, sur la journée du 17 mai les dates de parution de mes articles…
……
Les bouquins de Paul DENYS n’ont pas encore trouvé d’éditeur.
Si vous désirez avoir leur version papier, vous pouvez acquérir (l’un ou l’autre ou les deux) en envoyant, par volume, un chèque de 17 € (frais d’envoi compris) à TOP SERVICES, 7 Bld d’Alsace à 57070 METZ. Pour 10 €, je peux vous l’envoyer par e-mail (150 pages A4 ou 220 pages A4).


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11/01/2008

Premier jour

Ta « bonne » résolution de m’écrire me réjouit, mais il faut que tu saches que le courrier suit le trajet suivant avant de t’arriver et/ou de m’arriver :
Quand je t’écris, le courrier part à 7 h de ma cellule, « ouvert » c’est-à-dire non collé. Comme je suis « prévenu », il transite chez le Juge d’Instruction qui a « un droit de regard » pour les besoins de l’instruction… et qui l’expédie… quand il a le temps. En pratique, il faut compter de 7 à 10 jours. Pour le courrier que je reçois, il arrive à la prison qui le fait transiter par le Juge d’Instruction qui le re-expédie à la prison, qui me le remet « ouvert », vers 11h30.
Lorsque je serai « condamné », puisque la vérification se fera sur place, cela ira donc plus vite.

Continuons notre visite.

Je vais te présenter ma nouvelle "résidence".
On peut y être pour quelques jours, quelques mois, quelques années...
En arrivant, ce qui impressionne, c'est le nombre de portes : 4 pour arriver à "l'accueil", pour faire 15 m.
A l'accueil (le greffe), passage obligé à toute entrée ou sortie, m'ont quitté mes accompagnateurs (la police). Là, c'est de nouveau, état-civil, signes particuliers, photo, empreintes digitales et/ou empreintes biométriques.

Depuis 2004, la prise d’empreintes digitales (toute la main) sans encre, avec relais informatique et donc photo + signes particuliers est mise en place et sert à tous les déplacements (sorties de l’établissement) et lors de contact avec les gens de l’extérieur (parloir) pour éviter la substitution d’individu…
C’est au greffe que t’est attribué un numéro d'écrou que tu gardes jusqu'à ta sortie (si on doit y revenir, c'est un numéro nouveau). Pour moi : 37876. En fait, c'est un numéro chronologique et par comparaison avec un ancien et un nouvel entrant, je me suis rendu compte qu'il y avait une centaine d'entrées par mois (au 01/11/02 - la moyenne est passée à 115 sur 10 mois). Et comme le nombre total de détenus ne varie que de 10 à 20 par mois, on peut considérer qu'il y a aussi une centaine de sorties (libération ou transfert vers un autre lieu) - cela fait beaucoup de "mouvements"..., plus de 200... par mois.
Après cette première étape, c'est la "fouille" (qui a lieu chaque fois que tu vas être ou as été en contact avec l'extérieur). Il s'agit de se déshabiller entièrement et les vêtements sont palpés. Ce qui est recherché, ce sont les stupéfiants (sous toutes leurs formes) et/ou un objet pouvant être dangereux et/ou les téléphones portables. Tu te rhabilles et on te prend ce qui ne t'est pas indispensable, une liste en est faite. On ne te laisse que montre, alliance, médaille religieuse. Tes papiers d'identité sont pris. A priori, les piercings ne sont pas tolérés - personne n'en a. J'ai oublié de te dire que l'argent que tu as sur toi est pris à l'accueil, il est mis sur ton compte individuel (pécule) qui est à ta disposition pour "cantiner".
Il n'y a aucune circulation d'argent. Ainsi, ayant été incarcéré 2 jours avant la mise en circulation de l'euro... à ce jour, je n'en ai jamais vu (en vrai)...

A la fouille, on appelle aussi ce lieu « vestiaire », tu reçois ton paquetage (comme à l'armée), c'est-à-dire housse de matelas, draps, couvertures (2), affaires de toilette de première nécessité : brosse à dents, dentifrice, crème à raser, rasoirs jetables, papier hygiénique, savon, serviette et gant de toilette + vaisselle (assiette, verre, bol, cuillère à soupe et à café, fourchette, couteau qui ne coupe pas...).
A l'accueil, avaient été donnés également 2 livrets sur la vie en prison et une série d'étiquettes que tu vas distribuer dans les premiers jours, dans tous les services où tu vas passer. Est également faite, une carte d'identité interne avec photo et empreinte digitale...
Après la fouille, tu es amené, avec ton gros paquetage informe et difficile à porter, au centre de la détention, sorte de PC, charnière de toutes les directions, c'est là que j'ai appris l'étage et le n° de ma cellule.
J'y suis allé et je m'y suis installé.

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Rajout :

J’ai répondu à Merise, sur les conditions de rédaction de ces textes, je ne suis plus en détention, mais cela a été écrit, au jour le jour. Volontairement, je n’ai pas fait de modifications « de fond », sauf rarement, lorsque j’avais mal interprété certains faits et/ou attitudes, ou lorsque la réglementation et usages ont changés depuis ma libération et mon incarcération qui date de 2001 -2004.
Il s’agit, en effet, de « révélations », dans la mesure où « personne » n’en parle… par ignorance (si vous ne l’avez pas vécu, vous ne pouvez (devez) pas en parler) – je pense à certains ténors –VIP- qui affirment sans connaître, même s’ils ont fait quelques temps de la prison, par pudeur (lorsque l’on est ancien détenu), car il est (souvent) très difficile de se rappeler ces moments qui, quoiqu’il en paraît, restent très pénibles, même pour les plus « réalistes » et philosophes (comme moi)…

J’ai souvent dit, à ceux qui venaient me voir au parloir : « C’est comme l’hôpital, on a rien à faire, et on attend, c’est quand même mieux, car on n’est pas malade »… Il manque aussi la possibilité « aller et venir » à sa guise…, la « bouffe » y est moins acceptable…
Quand j’ai discuté avec des jeunes (18/20 ans) au passé chargé, ils comparaient la prison au « foyer » (placement judiciaire, pour mineur délinquant), sauf qu’il n’y a pas de filles (en prison)…. Cette réflexion (souvent entendue) vous laisse découvrir la valeur « curative » de la prison pour ces jeunes…
Paul DENYS, 13/01/2007

Ah oui, les portes, c’était galère, il faut tout le temps attendre et cela fait un bruit terrible qui me reste en mémoire, 3 ans après…, un clac pas possible que l’on entend toute la journée et même la nuit, lors des rondes. Moi, j’étais, un moment, près de l’entrée de l’unité, aussi, c’était quasi permanent, le boucan…
Je me rappelle de mon arrivée, la première fois, et je t’avoue que la fouille, j’ai pas aimé. Me retrouver à poils devant le mec de la fouille, un peu trop soupçonneux et curieux, j’ai pas aimé qu’on me prenne pour un gars pas clair et dangereux… et entièrement à poils, jambes écartées, courbé, on te fait toussé…bref, j’ai appris plus tard pourquoi, mais la première fois, ça frappe…
De Alex, le 17/01/07
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A travers : « 1019 jours de détention… ou la vie en prison, vue du dedans, comme si vous y étiez… » (index des notes sur la journée du 7 janvier)
Clémence et Paul Denis tentent de vous faire vivre le quotidien d’un détenu « moyen », pas inculte, mais pas VIP, non plus (vous avez l’intégral de ce bouquin, complété par vos questions / remarques et mes réponses…).
Nota : Sur la journée du 14 janvier, vous trouverez un lexique des mots qui méritent une explication et/ou un commentaire…
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Ma Prison… ou quelques questions qui fâchent… et des solutions proposées…
A travers ces pages, Paul Denis poursuit sa réflexion, il ne se considère plus comme un détenu, mais comme un observateur qui très souvent est devenu un confident.
Vous trouverez, sur la journée du 17 mai les dates de parution de mes articles…
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Les bouquins de Paul DENYS n’ont pas encore trouvé d’éditeur.
Si vous désirez avoir leur version papier, vous pouvez acquérir (l’un ou l’autre ou les deux) en envoyant, par volume, un chèque de 17 € (frais d’envoi compris) à TOP SERVICES, 7 Bld d’Alsace à 57070 METZ. Pour 10 €, je peux vous l’envoyer par e-mail (150 pages A4 ou 220 pages A4).


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09/01/2008

La bouffe

Tu sais, ma chérie, sois sûre qu’il y a des situations bien pires que la prison, et si ce n’est pas un lieu de vacances, ce n’est pas non plus le bagne. Dans une certaine mesure, nous restons libres de choisir la façon dont nous souhaitons « organiser » (vivre) notre détention.
A chacun de faire ses choix.


Aujourd'hui, je vais te parler de la "bouffe" (comme on dit ici).
Ce n'est pas pire qu'à la "caserne", mais ceci n'est pas une bonne référence.
C'est en fait, très inégal, certains plats sont bons, d'autres sont immangeables. Il n'y a aucun équilibre, toutes les viandes baignent dans une sauce (toujours la même ou presque), mais je ne la mange jamais (trop grasse, trop insipide).
En principe, il y a une entrée (salade diverse ou petite charcuterie), un plat (viande et légumes verts ou pomme de terre, riz, pâtes, souvent des frites (2 x par semaine - difficilement mangeables).

Pour compléter cela, très souvent, nous avons hamburger, knack, saucisse, viande bouillie), en dessert : fromage, yaourt ou fruit.
Pour ceux qui ont connu l’armée ou la vie en collectivité, ces repas sont dans la bonne moyenne.
Bref, tout cela est assez banal, quelconque, rarement bon, souvent mangeable pour quelqu'un comme moi qui ne suis pas trop difficile. Pour certains, c'est l'enfer, ils ne mangent rien. Pendant un mois, j'ai relevé les menus, il n'y en a pas plus de 15 différents.
D’après une source d’information, dite bien informée, le prix de la journée (les 3 repas) serait de 3 €uros. Cela me semble peu… mais parfois beaucoup pour certains jours…
Au niveau présentation, cela nous est apporté (en cellule) dans des plateaux à alvéoles (en inox, avec couvercle) et barquettes plastiques pelliculées (depuis la mi-2003, cette pratique s’est généralisée - normes européennes obligent, paraît-il). Le tout est chaud et transporté dans des armoires roulantes chauffées.
A ce niveau-là, on ne peut pas se plaindre, cela semble propre et hygiénique (gants jetables, vêtements adéquats blancs).
Pour la quasi-totalité des détenus, il y a la nécessité de "cantiner", parce que ce qui est servi, ne plaît pas et/ou n'est pas suffisant en quantité ou manque de diversité.
"Cantiner" veut dire acheter. En fait, on peut cantiner pratiquement de tout, il suffit d'avoir de l'argent et que ce ne soit pas dangereux (ainsi, nous avons des couteaux qui ne coupent pas).
Les livraisons sont hebdomadaires, mais la distribution des bons se fait, à jour fixe, la veille du ramassage.

Ainsi, chaque jour, nous sont distribuées une ou plusieurs listes de produits alimentaires et non alimentaires qui regroupent tout ce que tu peux avoir ou vouloir de consommable.
De la famille, on ne peut recevoir que du linge et/ou des livres. Tout le reste doit être acheté, sur place, à des prix proches de ceux que l'on trouve dans les grandes surfaces.
Il y a même des produits surprenants comme des journaux (quotidiens, hebdomadaires ou mensuels) de tout bord ou des produits frais comme pâtisserie (chaque semaine), beurre, salade, viande fraîche, laitages ou des plats cuisinés (en boîte). Certains ont un frigo (loué 9,15€/ mois).
L'arrivée des victuailles venant des familles est exceptionnelle : 5 kgs à Noël, en une ou 2 fois.
Ces cantines nous sont livrées, à jour prévu, en cellule avec un bon de livraison qui donne le détail des prix et le solde restant du pécule disponible + un récapitulatif mensuel.
Au niveau "cuisson", c'est un peu la galère, mais est vendu un réchaud à alcool solidifié (je n'en ai pas - c'est pas terrible et ça sent mauvais), mais je connais ce mode de cuisson que nous avions à l'armée. En fait, je "cuis" au bain-marie, c'est plus long, mais aussi efficace (sans odeur).
Il y a 9 listes + 1 liste "exceptionnelle" sur laquelle on peut faire des demandes "exceptionnelles" qui passent à la "censure" et qui parfois arrivent. Ce peut être des baskets (de marque) et des vêtements de sport, et même des produits protéinés et vitaminés (pour les sportifs), ou des produits audio et CD.
Tout cela est donc bien organisé, et fonctionne relativement bien.

Cela occupe 3 surveillants et 4 auxi (détenus) + ceux qui réceptionnent et préparent (pesage des fruits).
En principe, ces marchandises ne doivent pas circuler de cellule en cellule, mais il existe une certaine entraide : "on dépanne", surtout en ce qui concerne le tabac qui se donne, se prête, se rend, se roule.
Bref, c'est une demande permanente et celui qui ne fume pas (comme moi) est un zombie.
Il y a aussi les profiteurs - toujours les mêmes.
Pour finir ce chapitre "gamelle" et "cantine", on peut dire que l'on peut ne manquer de rien, mais pour certains, c'est dur..., surtout s'il n'y a pas d'aide (possible) de la famille.

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Rajout :

Pas d’accord, c’était plus souvent dégeulasse que mangeable, de plus, souvent, il n’y a pas assez, toujours la même chose. Moi, les frites, j’aimais, mais la même sauce, tout le temps, c’est dégeu…
La cantine, c’est indispensable, mais cela coûte beaucoup de blé, et en prison, tu n’en as pas beaucoup, même si la famille peut aider.

De Alex, le 17/01/07

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A travers : « 1019 jours de détention… ou la vie en prison, vue du dedans, comme si vous y étiez… » (index des notes sur la journée du 7 janvier)
Clémence et Paul Denis tentent de vous faire vivre le quotidien d’un détenu « moyen », pas inculte, mais pas VIP, non plus (vous avez l’intégral de ce bouquin, complété par vos questions / remarques et mes réponses…).
Nota : Sur la journée du 14 janvier, vous trouverez un lexique des mots qui méritent une explication et/ou un commentaire…
……..
Ma Prison… ou quelques questions qui fâchent… et des solutions proposées…
A travers ces pages, Paul Denis poursuit sa réflexion, il ne se considère plus comme un détenu, mais comme un observateur qui très souvent est devenu un confident.
Vous trouverez, sur la journée du 17 mai les dates de parution de mes articles…
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