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06/10/2008

La formation professionnelle... en prison

Quelques sujets qui me tiennent à cœur…

LA FORMATION PROFESSIONNELLE

A priori, selon ce que j’en ai appris par d’autres, de la « formation professionnelle », en Maison d’arrêt, il n’y en a pas ou très peu. La seule formation assurée passe par l’Ecole, et elle s’agit, surtout, de remise à niveau scolaire et de l’initiation à certaines langues (anglais et espagnol), à l’informatique, beaucoup d’illettrisme, et du FLE (Français langue étrangère – pour les étrangers) et préparation à certains diplômes : CEG (certificat d’enseignement général = niveau certificat d’études), et autres. Par correspondance, il est possible de faire à peu près tout. Le plus souvent, la totalité des frais s’il y en a, est prise en charge par l’Ecole (et/ou l’administration pénitentiaire). Ne rêvez pas… cela ne concerne, néanmoins, qu’une trentaine de détenus / 400 et on retrouve, comme toujours, les mêmes détenus, dans plusieurs cours… et l’absentéisme est fréquent.

Au niveau formation professionnelle « vraie », elle n’a lieu que dans les Centres de détention, et cela peut se comprendre, car, pour exister et être efficace, elle ne peut s’adresser qu’à des détenus, ayant une certaine durée de peine… Ici, par exemple, elle concerne environ (maxi) 45 détenus, en 4 formations. Comme pour l’Ecole, on passe de l’une à l’autre…. ! La seule « qualifiante » réelle avec passage d’un diplôme « officiel » est le CAP de Pâtissier-Confiseur.
Les groupes sont de 15 maxi – beaucoup d’absentéisme, et cependant, ces formations (contrairement à l’Ecole) sont rémunérées et les absences non justifiées ne sont pas payées (bien sûr). Ce qui est moins « compréhensible », c’est que quand ce sont les profs qui sont absents… on n’est pas payé, non plus…
Ce qui « pèche », dans les formations, c’est la motivation des participants… Elle peut être de plusieurs ordres… Mais ce qui apparaît, en premier, est le fait que ces formations sont rémunérées et plusieurs ne sont là que pour cela… Aucun ou presque n’a « réellement » un projet professionnel en rapport avec la formation suivie, ce qui explique le passage d’une formation à l’autre, l’une après l’autre… Ainsi, dans ma promo CAP, sur les 27 détenus qui sont passés par elle, seuls 3, dont moi, estimaient que celle-ci pourrait leur être utile, un jour. Et dans les 3, il y a avait un boulanger… !
Ce qui y est un peu pénible, c’est le manque d’intérêt « évident
Une partie du manque d’intérêt peut être justifié par la diversité des détenus et de leur niveau initial qui fait que certains « décrochent » très vite, malgré le niveau du CAP. De plus, il faut tenir compte du facteur « détention » avec ses hauts et ses bas, ses moments de « blues », l’incertitude de l’avenir, les problèmes familiaux, les problèmes d’intendance (cantines qui n’arrivent pas, etc…), problèmes de personnes (individualisme ou problème d’intégration), de parloirs « fantômes » (quand le visiteur n’est pas là), etc…

Il est vrai qu’il est, peut-être, un peu facile, pour moi, de critiquer la formation professionnelle dispensée en milieu carcéral… Mais ceux qui sont chargés de la mettre en pratique, ne recherchent pas toujours, à mon avis, l’intérêt pour le détenu et les critères de « sélection » semblent me manquer d’objectivité… Mais, suis-je moi-même « impartial »…

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A travers : « 1019 jours de détention… ou la vie en prison, vue du dedans, comme si vous y étiez… » (index des notes sur la journée du 7 janvier)
Clémence et Paul Denis tentent de vous faire vivre le quotidien d’un détenu « moyen », pas inculte, mais pas VIP, non plus (vous avez l’intégral de ce bouquin, complété par vos questions / remarques et mes réponses…).
Nota : Sur la journée du 14 janvier, vous trouverez un lexique des mots qui méritent une explication et/ou un commentaire…
……..
Ma Prison… ou quelques questions qui fâchent… et des solutions proposées…
A travers ces pages, Paul Denis poursuit sa réflexion, il ne se considère plus comme un détenu, mais comme un observateur qui très souvent est devenu un confident.
Vous trouverez, sur la journée du 17 mai les dates de parution de mes articles…
……
Les bouquins de Paul DENYS n’ont pas encore trouvé d’éditeur.
Si vous désirez avoir leur version papier, vous pouvez acquérir (l’un ou l’autre ou les deux) en envoyant, par volume, un chèque de 17 € (frais d’envoi compris) à Ligue des Droits de l’Homme (LDH 57), 3 rue Gambetta à 57000 METZ. Pour 10 €, je peux vous l’envoyer par e-mail (150 pages A4 ou 220 pages A4).…
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03/10/2008

Le travail... en prison

Quelques sujets qui me tiennent à cœur…

LE TRAVAIL

Le travail : le « sésame » de l’indépendance de tout détenu. C’est lui qui permet d’être indépendant de sa famille et/ou d’un tiers. C’est lui qui permet de survenir à nos propres besoins. Certes, ils sont « limités », mais en prison, on a besoin d’un minimum, pour être en mesure d’améliorer ce qui doit être amélioré… afin que « la vie » y soit supportable…
La loi prévoit que le travail est un droit pour tout détenu.
La réalité est bien éloignée de la loi…
A l’exception de quelques prisons, toutes les prisons manquent de travail.
De plus, sachez que le salaire moyen net annuel tourne autour de 2.000 €, soit 170 €/mois. De cette somme, vous devez retirer, des dépenses quasi obligatoires, telle que la TV et (éventuellement) un frigo : l’ensemble : 50 €/mois… il ne reste plus que 120 €.
Pour un fumeur, ce n’est pas assez.
L’octroi du travail n’est pas « objectif ». Certes, il faut en faire la demande, mais toute demande n’est pas prise en compte, dans le même délai, selon l’individu demandeur. Et une fois que vous ayez été « classé » (c’est comme cela que c’est appelé), cela ne veut pas dire que l’on va vous « appeler ».
Le travail en ateliers (que je ne connais pas directement) est très fluctuant… un jour, il y en a, un autre, il n’y en a pas. Le début du travail est à 7 h 30… j’ai déjà vu des travailleurs revenir, en leur unité, à 9 h 30… il manque tel ou tel produit.
Rappelons-le, le travail « en atelier » est souvent du conditionnement qui demande aucune qualification (et qui n’apporte aucun goût au travail). Son seul intérêt est d’occuper les mains (et l’esprit) et d’apporter un peu d’argent. Ce travail est payé à la pièce (pas de congés pour maladie, pas de chômage, pas d’indemnisation en cas d’accident de travail – pour des raisons que l’on comprend aisément).
Donc, malgré cela, le travail est « recherché », mais il est donné, en priorité, à celui qui ne pose pas de problème, même si ce n’est pas lui qui en a besoin le plus… et cela favorise les étrangers et ceux qui parlent peu, ne se rebiffent pas et travaillent… Quand il n’y a pas de travail pour tous les demandeurs : ce qui est la majorité du temps, ce sont ces détenus qui sont « appelés ».
Pour ce qui est des auxi (auxiliaires, chargés de l’entretien des parties communes), la rémunération y est plus régulière (pas d’arrêt), mais pas plus élevée, ce serait plutôt le contraire, mais annuellement, on arrive à peu près au même résultat.
Comme je l’ai indiqué dans mon étude du rapport du Sénat (que vous trouverez dans le chapitre suivant) sur le travail en milieu carcéral, ce qui serait nécessaire, pour assurer « la paix » dans les esprits, c’est de garantir, à tout détenu, qui veut « travailler », un revenu minimum mensualisé qui lui permet d’être « indépendant », et de « vivre » avec un minimum.

La situation actuelle provoque des jalousies et des conflits, et je dirai même des scandales : j’ai vu un détenu d’origine étrangère (clandestin – passeur de produits stupéfiants) sortir avec 7.000 € dans sa poche (3.500 en pécule libérable, 3.500 en pécule « parties civiles » non versé aux dites parties civiles), … et en plus, la France lui a payé son billet d’avion de retour au pays… C’est peut-être une exception, mais je n’en suis pas sûr. Il venait d’une prison où il y avait beaucoup de travail, bien rémunéré, il vivait bien, sans se priver et je pense même que, de son pécule disponible (après les - 10 % + - 10 %), il devait envoyer à sa famille des mandats… Ici, quand il y avait du travail, il était toujours « appelé »… !
Le travail (ateliers + auxi) occupe, ici, je pense, environ au mieux, 160 détenus sur 400.

Avec le manque de réinsertion qualifiante, le travail mal rémunéré et mal réparti est, à mon avis, la chose qui pèche le plus, en milieu carcéral… Et ce doit (devrait) être, la préoccupation principale de nos politiques s’ils veulent éviter la « récidive »…
Personnellement, s’ils l’ont compris, je ne suis pas sûr que ce soit, pour eux, une priorité… hélas…

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A travers : « 1019 jours de détention… ou la vie en prison, vue du dedans, comme si vous y étiez… » (index des notes sur la journée du 7 janvier)
Clémence et Paul Denis tentent de vous faire vivre le quotidien d’un détenu « moyen », pas inculte, mais pas VIP, non plus (vous avez l’intégral de ce bouquin, complété par vos questions / remarques et mes réponses…).
Nota : Sur la journée du 14 janvier, vous trouverez un lexique des mots qui méritent une explication et/ou un commentaire…
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Ma Prison… ou quelques questions qui fâchent… et des solutions proposées…
A travers ces pages, Paul Denis poursuit sa réflexion, il ne se considère plus comme un détenu, mais comme un observateur qui très souvent est devenu un confident.
Vous trouverez, sur la journée du 17 mai les dates de parution de mes articles…
……
Les bouquins de Paul DENYS n’ont pas encore trouvé d’éditeur.
Si vous désirez avoir leur version papier, vous pouvez acquérir (l’un ou l’autre ou les deux) en envoyant, par volume, un chèque de 17 € (frais d’envoi compris) à Ligue des Droits de l’Homme (LDH 57), 3 rue Gambetta à 57000 METZ. Pour 10 €, je peux vous l’envoyer par e-mail (150 pages A4 ou 220 pages A4).…
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01/10/2008

Réinsertion, Suivi médical...en prison

Quelques sujets qui me tiennent à cœur…

J’ai découvert que tout le malheur des hommes vient d’une seule chose,
qui est de ne pas demeurer en repos, dans une chambre.
(Blaise PASCAL - 1623/1662)


Des « mots » … qui « fâchent »…

En prison, il y a un certain nombre de « sujets » qui prêtent à controverse, au moins, dans leur application si ce n’est pas dans leur sens… Je vous en soumets quelques uns.

REINSERTION :

Voilà le mot clef que tout détenu connaît, sous toutes ses formes : en négatif, dans la bouche de l’administration pénitentiaire et du JAP (Juge d’application des peines), précédé de « pas de », en positif, dans la bouche du détenu, précédé de « pour ma ».
Il est décliné de toutes les façons, et reflète ou devrait être le « mot clef » de toute détention.
Il a une très belle théorie, mais, une mise en application « déplorable »…
Il devrait être l’objet principal de toute détention et permettre au détenu de rendre son temps d’isolement « utile » et de se préparer à la sortie afin que toute « récidive » soit évitée, voire « impossible »…
Pour l’administration, elle passe par un suivi médical et psychologique, capable de guérir le corps et l’esprit, apprendre un métier, payer les parties civiles (somme due aux « victimes »), favoriser la vie en société, en bref, mettre tout en œuvre pour favoriser une « non-récidive ».

Les objectifs sont louables, mais, c’est leur mise en application qui est « catastrophique ». Je m’explique…

SUIVI MEDICAL et PSYCHOLOGIQUE :

La Justice impose, souvent, pour certains délits, un suivi médical et psychologique et les structures, devant réaliser cette tâche, sont là, mais leur caractère « obligatoire » leur enlève tout « attrait » et « efficacité ».
Seul « l’alcoolique » ressort, après une véritable cure de désintoxication forcée… mais est-il préparé à ne pas récidiver… Il « doit » suivre des séances collectives avec l’association « Vie Libre »…
Le « toxicomane » est « entretenu » dans sa « toxicomanie », et le médical lui fournit toutes sortes de produits de substitution. Celui qui veut « se désintoxiquer » y arrivera peut-être, mais ce ne sera pas « grâce au médical » ou « à l’administration », bien au contraire, puisque on va lui fournir des produits qu’il ne prendra plus, mais qu’il pourra « échanger » et donc, on en facilitera le trafic. Trafic, bien sûr, réprimé, à mon avis, plus pour la forme qu’avec la réelle volonté de se débarrasser de ce fléau du siècle.
Et j’ai, à l’esprit, plus de non-toxicomanes à l’arrivée qui sont devenus « toxicomanes » en prison… que de toxicomanes « guéris ». A moi-même, on a proposé « en remerciement d’un service », du cannabis ou autre produit…
Autour de la toxicomanie, s’est créé tout un commerce (échange), toute une délinquance (racket), toute une activité de chaque instant… cela occupe…
Je n’en dirai pas plus, mais je reste persuadé que « la prison » ne prend pas en charge le « toxicomane » et même « favorise » la toxicomanie, malgré quelques « actions » d’éclat…
Les « délits à caractère sexuel » sont traités par un suivi psychologique et psychiatrique, d’une efficacité que je ne suis pas à même de juger, mais qui ne me semble pas « perdurer », si je me fie au taux de récidive « officiel » ou « non officiel ». Ce qu’il y a de sûr, c’est que les auteurs de tels actes, sont rejetés par les autres détenus, et ce, au point que très souvent, pour éviter des « agressions physiques », l’administration est obligée de les « séquestrer » entre eux : ce qui est, bien sûr, « pervers »… La manifestation la plus visible du rejet se manifeste par un refus de leur « serrer la main » pour leur dire « bonjour » (alors que le serrage de mains est une coutume établie et respectée par tous), on ne leur parle pas…
Ainsi, si un détenu refuse de te serrer la main, c’est qu’il te considère comme « pointeur » (mot familier qui regroupe les auteurs de délits sexuels), il faut donc y réagir, et si le dialogue est « impossible » (ce qui est la majorité des cas), il te faut faire intervenir un tiers, pour faire reconnaître la vérité.
Si les « jeunes » sont souvent « trafiquants de stup », les « vieux » sont souvent « pointeurs ». Pour ma part, je n’ai pas eu à subir cette suspicion. Mais par contre, à Metz, avec un certain « effroi », j’ai appris que certains jeunes ne venaient plus prendre de livres à la bibliothèque parce que les deux bibliothécaires étaient des « pointeurs »… Vous voyez que cela peut aller loin, et, au jeune, à qui je pense actuellement, je lui ai proposé d’aller prendre des livres (à sa place)… ce qu’il a accepté, alors qu’il n’a pas accepté ma démonstration de l’absurdité de son attitude qui lui faisait plus de tort à lui qu’aux autres…
Vous avez, ci-dessus, les trois catégories de détenus qui bénéficient de la majorité du temps et des services du personnel médical.

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A travers : « 1019 jours de détention… ou la vie en prison, vue du dedans, comme si vous y étiez… » (index des notes sur la journée du 7 janvier)
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A travers ces pages, Paul Denis poursuit sa réflexion, il ne se considère plus comme un détenu, mais comme un observateur qui très souvent est devenu un confident.
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