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05/03/2008

S'occuper... en Prison

Vie en CD – S’occuper :

Je trouve tes écrits très intéressants et très instructifs.
Même si je ne peux espérer appréhender quelles sont tes émotions ressenties durant cette période. Il est sûr que nous sommes incapables de ressentir ce que sent l’autre. Néanmoins, ces écrits ont le mérite de me permettre de les imaginer, de me les représenter avec l’objectivité dont tu as fait preuve en les décrivant.
Tu entames un nouveau départ, un nouveau style de vie, dans un nouveau lieu.
Accoutumons-nous. D’ailleurs, j’ai bien retenu tes propres dires, à savoir que l’on s’habituait à tout.
Même si, dans le cas présent, cette réflexion est plutôt malvenue puisque nous y sommes contraints, je vois néanmoins en ceci la suprématie de l’homme car si nous avons bien des défauts, notre intelligence est avant tout une adaptation.


Vivre en Centre de détention
= s’occuper…
Comme prévu, j’ai donc changé de secteur et, en fait, de bâtiment. Avant cette affectation, comme on nous l’avait proposé, on pouvait faire part de nos souhaits. Occasion que je n’ai pas manquée. J’ai donc demandé un secteur calme, en hauteur, et face à la nature. Et voici le résultat.
La perspective… est presque la même que celle que j’avais à mon arrivée…
Je suis donc, au 4ème niveau, (le plus haut), plein sud, je pense, à cette saison, j’ai le soleil du matin jusqu’à 14 h 30. Au loin (un petit km), une forêt mixte (sapins et feuillus) qui apparemment, a souffert de la tempête de décembre 99 (un couloir est entièrement libre). En me rapprochant, je revois la route, mais je ne l’entends plus… et toujours des champs cultivés. Ce bâtiment B étant quelque peu en contrebas, par rapport au Bâtiment A, je vois un peu mieux, grillages et murs d’enceinte. J'ai également, vue sur le « mitard », secteur disciplinaire qui est bien isolé des autres bâtiments, ce qui évite les dialogues « hauts et forts », entre ceux qui sont au mitard et les autres. Ce qui est « agréable ». A Metz, il était au RDC, et pour les étages du dessus, c’était le calvaire. Moi, j’étais loin d’eux et je n’ai pas souffert de cette nuisance.
Je n’ai vue, en direct, sur aucune des parties communes (promenade, aires de sport, chemin d’accès aux bâtiments), je suis donc au calme. De plus, je suis dans l’avant-dernière cellule, donc, peu de passages devant ma porte… de nouveau, le calme.
A priori, cette cellule m’est affectée jusqu’à ma libération… il n’y a pas de raisons que j’en change, même si mon emploi changeait. En effet, ici, en Bât. B (200 détenus, en 8 unités) tout le monde est en « ouvert » (rappel : porte ouverte de 7 h à 19 h, sauf entre midi (12 h à 13 h 30) et circulation libre dans le secteur (25 détenus) et libre également pour aller où on doit ou veut aller (en particulier vers les locaux communs).
Ma cellule est identique à celle décrite, mais par contre, elle était d’une propreté douteuse, pour ne pas dire très sale et j’ai eu fort à faire pour la rendre « habitable ». Au bout de 8 jours, je n’ai pas encore fini de nettoyer les 4 murs, mais l’essentiel est fait et mes affaires personnelles ont été replacées que dans du propre. Cette phrase est écrite, en pensant, particulièrement, à ta mère… et à son souci de l’hygiène « en tout lieu »…
Pour le moment, je ne l’ai pas personnalisée, mais c’est autorisé et ce sera fait dès que possible (dès que le nettoyage complet sera fini).
Il faut s’occuper :
Comme déjà annoncé, en Centre de détention (CD) sont privilégiées les attitudes qui permettent la réinsertion (retour à la vie libre) dans les meilleures conditions et cela passe, en particulier par la formation professionnelle et le travail.
Donc, dès les premiers jours, nous avons été reçus en séance collective et en entretien individuel. Voilà ce qui est proposé : en formation professionnelle qualifiante (avec diplôme et/ou attestation reconnus dehors) : maintenance bâtiment et nettoyage industriel (formation (en 3 niveaux) d’une durée totale de 9 mois), métiers de bouche (pâtissier, traiteur) avec CAP (formation de 9 mois / au lieu de 18, dehors), informatique – bureautique (en 2-3 mois) – usage des logiciels de base – Word – Excel – Power Point, il y a aussi initiation « soudure », il me semble. Ces formations sont rémunérées (2,26 €/heure sur la base de 120 h/mois (maximum) et financées par le CNASEA.
Au niveau travail (possible et recommandé en attente de formation) sont proposés les ateliers divisés en 3 : 1 secteur « assemblage, façonnage », ne nécessitant aucune qualification et d’un intérêt plus que douteux (c’est mon avis), on est payé à la pièce et pour 5 jours à 7 heures, un salaire moyen de 100 à 150 €. Comme autres ateliers, il y en a deux, plutôt réservés à des manuels avertis : 1 atelier de menuiserie et 1 atelier de ferronnerie –soudure, où là, la rémunération, toujours à la pièce, peut atteindre 500 €, pour un bon et rapide…
Comme autre travail, sont proposés les services communs, les auxi, comme on les appelle, qui assurent l’entretien des parties communes.
Certains assistent les professionnels dans certains services (cuisine, lingerie, entretien des bâtiments), mais c’est principalement de l’entretien (nettoyage).
Pour ma part, en formation, j’ai demandé, en priorité « Métiers de Bouche », me souvenant de mes années de célibat où certains appréciaient ma cuisine et mes spécialités, mais cette formation ne pourra commencer qu’en septembre (pour 9 mois).
Je pense faire aussi, avant, « bureautique-Informatique ». Mais, en fait, je n’en fais pas une priorité, car je ne pense pas que j’y apprendrai « véritablement » plus que je ne sais et il n’est pas certain que cela m’aiderait pour les quelques trimestres qui me resteront à faire avant la « retraite »….
De toutes façons, j’ai déjà eu de très bons contacts, en vue de prendre une place d’écrivain (comme à Metz), en plus cool, car il y a moins de demandes, mais elles sont plus « ardues » (cf. lettre de motivation pour aménagement de peines et/ou procédures en cours). Ce « poste » répond à une demande des détenus et correspond à un souhait de l’administration, donc, il ne reste plus qu’à le mettre en place, maintenant que le candidat « capable » et « motivé » est là… mais cela peut prendre un « certain temps »… alors… en attendant, on m’a proposé, j’ai accepté et j’ai été « classé » au poste d’auxi « infirmerie ». On recherchait quelqu’un de « calme et de sérieux », on a trouvé… En fait, il s’agit de faire l’entretien général de 3 bureaux, 2 salles de soins, d’une cuisine et d’un WC (réservé à l’usage du personnel), et tout cela avec du matériel « pro », gants et produits adéquats, en sachant que le matériel médical « usagé » n’est pas de mon ressort… Je ne risque donc rien, ne t’inquiète pas…
Les horaires de travail sont flexibles, mais, en principe, fin d’après-midi (15 h 30 – 17 h) ou le matin de 9 h à 10 h. Pour ce faire, je serai rémunéré, nombre d’heures et d’euros, je ne sais, à cette heure.
Mon souhait premier étant « écrivain », il m’a été garanti que ce poste m’est réservé, dès sa mise en place…
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Rajout : Il faut s’occuper
« S’occuper », c’est l’essentiel si on ne veut pas péter les plombs…
J’ai fait aussi un peu d’informatique, le stage nettoyage industriel et quelques mois, j’ai été « peintre » et j’ai repeint avec un autre raclo, pas mal de cellules.
Entre chaque, j’ai glandé et j’ai refait du sport et de la muscu.
Le fait de pouvoir aller dans la cellule d’un autre, c’est bien, car on est chez soi (seul) quand on veut, on va délirer avec un autre pote quand on veut, c’est cool.
Moi, non plus, j’ai pas regretté la Maison d’arrêt, et ce, d’autant plus que j’arrivais de Nancy où c’est particulièrement crade.
De Alex, le 10 mars 2007

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A travers : « 1019 jours de détention… ou la vie en prison, vue du dedans, comme si vous y étiez… » (index des notes sur la journée du 7 janvier)
Clémence et Paul Denis tentent de vous faire vivre le quotidien d’un détenu « moyen », pas inculte, mais pas VIP, non plus (vous avez l’intégral de ce bouquin, complété par vos questions / remarques et mes réponses…).
Nota : Sur la journée du 14 janvier, vous trouverez un lexique des mots qui méritent une explication et/ou un commentaire…
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Ma Prison… ou quelques questions qui fâchent… et des solutions proposées…
A travers ces pages, Paul Denis poursuit sa réflexion, il ne se considère plus comme un détenu, mais comme un observateur qui très souvent est devenu un confident.
Vous trouverez, sur la journée du 17 mai les dates de parution de mes articles…
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Les bouquins de Paul DENYS n’ont pas encore trouvé d’éditeur.
Si vous désirez avoir leur version papier, vous pouvez acquérir (l’un ou l’autre ou les deux) en envoyant, par volume, un chèque de 17 € (frais d’envoi compris) à TOP SERVICES, 7 Bld d’Alsace à 57070 METZ. Pour 10 €, je peux vous l’envoyer par e-mail (150 pages A4 ou 220 pages A4).


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27/02/2008

Arrivée en Centre de Détention

Arrivée en Centre de détention
« Mes premiers regrets » d’avoir quitté la Maison d’Arrêt se sont vite dissipés. Ici, tout y est mieux. Mon seul regret est que, lorsque vous voudrez, pourrez venir me voir, ce sera plus loin pour vous, mais ce sera les samedis, dimanches et jours fériés… et je pourrai vous téléphoner.
Cela ne fait donc que quelques jours que je suis ici, et j’en apprécie, déjà, la différence.
Tout d’abord, au niveau accueil, quand tu dis « bonjour », on te répond, on te sourit. Quand tu questionnes, on te répond. En fait, on te considère comme une personne « normale »… Je parle, bien sûr, de l’accueil des surveillants et chefs.
Au niveau des détenus, mon arrivée n’est pas passée inaperçue, et tout le monde sait que l’écrivain de Metz est là… et pour le moment, je garde mon « ancien » titre.
Nous avons été accueilli au secteur « arrivants » : période d’observation de 10 à 15 jours et les premiers signes d’un temps nouveau s’annoncent.
Un premier paquetage nous avait été remis avec l’indispensable et le matériel individuel en « hôtellerie » et en « hygiène » + un livret d’accueil ARRIVANT et l’organisation des « cantines » + un casse-croûte (froid) puisqu’il était 13 heures.
Rien ne devant se passer avant 14 h, j’ai pris le temps de manger et de lire les documents reçus.
Vers 15 h 30, nous sommes reçus par un gradé qui reprend et complète les informations et répond à nos questions, puis entretien individuel.
En gros, on apprend nos conditions « actuelles » et « futures » de détention.
D’emblée, j’ai ressenti que l’ambiance et les relations « administration-détenu » n’avaient rien de comparable avec celles d’une Maison d’arrêt. Il paraît clair que l’objectif est « la réinsertion » et que tout se passe pour le mieux dans le meilleur des mondes et, a priori, leur confiance nous est donnée, et ce n’est que l’attitude « individuelle » qui peut perturber-provoquer des conditions « restrictives », voire « répressives ».
En fait, tu n’es pas rejugé avec des a priori négatifs. Tu es là, pour un certain temps, le reste (le pourquoi) est ton affaire.
Tout est fait pour que chacun se prenne en charge, les surveillants ne sont là que pour assurer la « sécurité » et les « mouvements » (allers et retours), c’est tout, de plus, leur disponibilité et leur esprit de coopération sont évidents : pas de cri, pas d’attente inutile (ou injustifiée), pas d’attitude négative… bref, une ambiance d’entreprise où chacun a sa place et respecte l’autre…
[Cette impression première, je l’ai conservée pendant tout mon temps d’incarcération en Centre de Détention, même si, parfois, certains faits précis me font penser que pour d’autres, tout n’est pas aussi beau…
Et une mauvaise impression donnée, à la suite d’un incident, d’un dérapage, reste, longtemps, en mémoire, et la « nouvelle » bonne volonté évidente du « fautif » n’est pas (plus) pris en compte.
Ce qui me fait penser que si les objectifs de réinsertion sont une volonté « générale », tout n’est pas forcément mis en œuvre pour la permettre.
L’évidence nous le rappelle : il n’en demeure pas moins que nous avons affaire (des deux côtés) à des hommes et que tout ne se passe pas toujours comme cela devrait…]
Après cette parenthèse, reprenons notre première journée : on apprend, également, que nos affaires personnelles ne nous seraient données que le lendemain. En fait, ce n’était pas grave, puisque nous avions déjà tout l’indispensable. Et n’ayant rien à faire, comme les autres, j’ai entrepris un nettoyage général de la cellule qui, au demeurant, était propre.
Bref, passage au Cif et eau de javel, partout.
Passons à un peu de description : l’ensemble de la prison est divisé en 3 bâtiments : A et B pour les détenus, « La Rue », pour l’Administration et les services communs (parloir, infirmerie, bibliothèque, formation professionnelle, école, socio-culturel, musique, arts plastiques, TV interne, ancien gymnase où nous faisons « relaxation » et « santé par le sport », mais aussi, cuisines, greffe, bureaux des travailleurs sociaux, bureaux des chefs, salle d’audience du JAP, etc…) + un gymnase et des ateliers. Le tout est entouré de murs + grillage + barbelés, pas de miradors, mais des caméras vidéo. L’ensemble se trouve sur la hauteur de Saint Mihiel, et en pleine campagne, à ce qui me semble.
Pour mon environnement immédiat : la cellule fait 2,50 m x 3,30 m, donc à peu près comme en maison d’arrêt, mais elle semble plus grande(de plus, on y est seul). Il est vrai que la fenêtre (sur la face 2,50 m) est plus petite 65 x 105 (haut), une seule fenêtre vitrée + de « vrais » barreaux, bien réels moins discrets qu’à Metz, mais en fait, moins volumineux.
Ma vue est surprenante : la campagne et une route plutôt fréquentée et bruyante lorsque ma fenêtre est ouverte. A quelques mètres des murs, il y a des champs cultivés et de la verdure qui sera bientôt verte.
A Metz, nous n’avions que du goudron et un semblant de végétaux qui n’avaient d’herbe que le nom, pas la couleur…
Pour ce qui est du mobilier, il est fixé au sol (lit et armoire), seule la table (57 x 63 – un peu plus petite que celle de Metz), peut être déplacée et une chaise plastique (du style meuble de jardin). Un vrai et efficace chauffage. Au niveau hygiène, une cabine fermée (100 x 120) du style hôtel Première (en moins bien quand même), avec un lavabo/évier et WC et… eau chaude et eau froide (boutons poussoir). J’allais oublier, accrochée au mur une TV, 13 chaînes. Deux « bons » éclairages dont un dans le cabinet de toilettes avec prise de courant au dessus de la glace + deux autres prises de courant, placées à des endroits « normaux », ce qui évite les rallonges.
A l’étage, nous avons les douches (4 pour 25 détenus) et un office (cuisine) avec 4 plaques chauffantes + une machine à laver, un sèche-linge (en libre-service et gratuit) + du matériel collectif + un téléphone (pour 50 détenus) avec Carte France Telecom et 10 numéros pré-enregistrés (à certaines heures, il faut attendre son tour). Bizarrement, tu ne peux pas téléphoner à ton avocat…
Voilà pour la description des installations, j’ai oublié de te dire qu’en CD (Centre de Détention), où il n’y a que des « condamnés », on est toujours SEUL, en cellule, il y a quand même 2 cellules doubles (en taille) pour 2 qui le souhaiteraient.
En CD, le régime « normal » est « ouvert », c’est-à-dire que les portes sont ouvertes du lever (7 h 30) au coucher (18 h 45), à l’exception du temps de midi (12 h à 13 h 30) et circulation libre. Au secteur « arrivants », nous sommes au régime « semi-ouvert », en fait, « fermé », le matin.
Bien sûr, je peux fermer ma cellule lorsque je suis « hors cellule » (j'ai une clef). Pendant que c’est « ouvert », je peux aller où je veux dans mon unité, et en particulier, dans la cellule d’un autre, aux douches, à la cuisine, au téléphone, etc…
Pour ma part, j’ai repris mon rythme du début : écriture, lecture, TV… Je sors peu et que par nécessité. Je ne vais pas en promenade (de 8 h à 9 h 30)… Je ne me lève qu’à 8 h 30…
Par la suite, il me faudra travailler, ne serait ce que pour m’occuper. De toutes façons, en CD, la réinsertion est une des priorités, donc, le travail… et/ou la formation professionnelle.
Au niveau « repas », ce n’est pas organisé « pareil » et à des horaires plus normaux 11 h 45 et 18h45. On est servi, selon l’appétit et les goûts (en + ou en -, selon les plats). La qualité est bien meilleure, tout cela est bien propre… les entrées sont en barquette pelliculée et tout non-gaspillage est « favorisé ».
A ce jour, le tout barquette est de rigueur (normes européennes exigent, paraît-il), ce n’est pas mieux, ce n’est pas pire, en fait, au moins dans mon unité, il n’y a pas trop de gaspillage, et ceux qui mangent beaucoup peuvent avoir « double ration » et moi qui préfère les salades, je suis bien servi…
Pour moi, la qualité est bonne, mais ce qui manque, c’est la diversité… c’est toujours pareil… et il y a peu de variation d’une saison à l’autre… beaucoup de boîtes de conserve, peu de fantaisie…
Au niveau « achat » cantine, le choix est plus limité qu’à Metz, et, en plus, « plus cher », sauf la TV et le frigo, mais nous aurons accès au catalogue de « La Redoute ».
D’ici quelques jours, mon « régime » sera établi et la vie en CD s’organisera plus « libre » et plus « intéressante ». Ma première impression du secteur « arrivants » est que ceux qui y arrivent, découvrent, redécouvrent, une « liberté » oubliée ou brimée, lors de leur séjour en Maison d’Arrêt.
Il faut avouer que le verbe y est « haut » et que la musique « Boum-Boum » m’oblige à augmenter le volume de la TV, plus que nécessaire, mais les nuits sont « calmes » : ce qui est l’essentiel. Porte fermée, l’ambiance « générale » est acceptable. Par la suite, je pense que les volumes sonores et les manières vont évoluer dans le bon sens…
Comme tu le vois, comme tu peux le comprendre aisément, les conditions matérielles de vie sont toutes autres. Au niveau « mental », comme tous les détenus sont condamnés, on a moins de « crises » et comme, il n’y a pas de « mélange », la situation est la même pour tous, seul le motif et la durée différent. D’ailleurs, ici, on ne demande pas « pourquoi » tu es là, mais pour « combien » de temps… Cela veut tout dire…
En théorie, un CD est prévu pour des détenus ayant entre 1 à 5 ans de détention (prévu sur le papier). En pratique, il semblerait, et c’est même sûr, qu’il y a, ici, certains détenus qui sont là pour 10 ans et plus… et là, à mon avis, ce n’est pas la même chose. Pour 10 ans et plus, on ne s’organise pas pareil, on n’a pas les mêmes besoins, ni les mêmes préoccupations, ni les mêmes perspectives… de réinsertion…
Et comme pour moi, ma durée de peine n’est pas encore définitivement établie…, attendons l’aboutissement des démarches entreprises…
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Rajout : Saint Mihiel
Ah, on change de lieu. Bien vu l’accueil en centre de détention. C’est vrai que l’on n’a pas la surprise de la première fois, mais le cérémonial est le même : greffe, fouilles, chef, toubib, travailleur social, etc… A croire qu’on est « nouveau » alors qu’on vient de moisir dans un autre chtar.
C’était tout comme tu dis, je m’y revois et cela me fait drôle…
De Alex, le 26 février 2007
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A travers : « 1019 jours de détention… ou la vie en prison, vue du dedans, comme si vous y étiez… » (index des notes sur la journée du 7 janvier)
Clémence et Paul Denis tentent de vous faire vivre le quotidien d’un détenu « moyen », pas inculte, mais pas VIP, non plus (vous avez l’intégral de ce bouquin, complété par vos questions / remarques et mes réponses…).
Nota : Sur la journée du 14 janvier, vous trouverez un lexique des mots qui méritent une explication et/ou un commentaire…
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Ma Prison… ou quelques questions qui fâchent… et des solutions proposées…
A travers ces pages, Paul Denis poursuit sa réflexion, il ne se considère plus comme un détenu, mais comme un observateur qui très souvent est devenu un confident.
Vous trouverez, sur la journée du 17 mai les dates de parution de mes articles…
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Les bouquins de Paul DENYS n’ont pas encore trouvé d’éditeur.
Si vous désirez avoir leur version papier, vous pouvez acquérir (l’un ou l’autre ou les deux) en envoyant, par volume, un chèque de 17 € (frais d’envoi compris) à TOP SERVICES, 7 Bld d’Alsace à 57070 METZ. Pour 10 €, je peux vous l’envoyer par e-mail (150 pages A4 ou 220 pages A4).


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22/02/2008

Les deux premiers jours... en Prison

Les questions que tu ne me poses pas, mais qui méritent une réponse…

Les deux premiers jours :

Outre la nécessaire acclimatation dans un milieu qui, a priori, t’est hostile… pendant les deux premiers jours, il y a le passage obligé devant un certain nombre d’intervenants.
En général, on ne te parle pas de ton affaire, d’une part, parce qu’elle figure dans ton dossier administratif, de plus, ce n’est pas le propos.
Il ne s’agit que de ton installation, de ton séjour en ces lieux et de tes besoins particuliers.
Après le passage au greffe dont nous avons déjà parlé, dès la première heure, parfois même avant d’être mis en cellule, tu es reçu par un chef qui te rappelle certains devoirs, mais aussi certains droits.
Son but est que tu te sentes « à l’aise » entre ces murs et que tout conflit soit évité.
Tu es parfois mis en cellule « arrivant » (souvent assez crade), pour la première nuit (si tu arrives en soirée) ou les premiers 24 heures (si tu poses problème…).
Il y a aussi, rapidement, la visite médicale « arrivant » par un médecin qui s’assure de ton état de santé et fait en sorte que tu sois en mesure de poursuivre ton traitement médical si tu en as un. C’est lui aussi qui te fixe ton régime alimentaire, s’il y a lieu. Il s’agit d’une visite médicale « sommaire » où tu es plus questionné qu’examiné… ! Des examens complémentaires peuvent être envisagés, pour les jours suivants.
De toutes façons, il y aura : prise de sang, radio pulmonaire, rappel de vaccins, test du sida, si tu le souhaites. Bref, tout est mis en œuvre pour que ton état de santé ne se dégrade pas… ce qui n’est pas toujours le cas, hélas.
Tu as aussi, rapidement, le passage chez un travailleur social qui assure, éventuellement, un premier lien (et souvent unique) avec la famille si elle n’a pas été prévenue de ton incarcération. C’est lui aussi qui, par téléphone, explique à la famille (si tu le souhaites) les démarches à suivre pour obtenir le permis de visite, apporter du linge, etc…
Il y a aussi, un rendez-vous avec le scolaire qui remplit un questionnaire – statistique et qui te propose les formations pouvant t’intéresser.
Tu peux aussi rencontrer l’aumônier (catholique) qui visite tous les détenus qui en font la demande, peu importe leur religion, s’ils en ont une.
Tout cela occupe bien les premiers jours, car tu apprends aussi à attendre ton tour…

Les fouilles :

Fouille à corps :

C’est-à-dire qu’on te demande de te déshabiller entièrement. Le surveillant qui fait la fouille n’a pas le droit de te toucher, mais peut te demander d’ouvrir la bouche, de te baisser, de tousser, etc…
Si une fouille plus approfondie est nécessaire (demandée), elle ne peut être effectuée que par un médecin.
La fouille à corps a lieu, en principe, chaque fois que tu as été mis en contact avec quelqu’un de l’extérieur (sortie accompagnée ou non, parloir, principalement).
Elle a lieu au départ et au retour.
Parfois, il n’y a qu’un « palpage » sommaire, c’est souvent le cas, avant un parloir ou une rencontre avec ton avocat ou une personne de l’extérieur (police, huissier).
Au début, c’est assez désagréable de se trouver « à poils » devant quelqu’un qui est habillé et qui, de surcroît, est censé t’observer, mais on s’y fait très vite, d’autant plus que le plus gêné est souvent le surveillant qui ne fait que son travail.
Cela reste, même si tu n’as rien à te reprocher, à cacher, une formalité bien déplaisante, et une source de conflits qui pourrait être évité par une attitude plus humaine et moins formaliste.
Ces fouilles peuvent avoir lieu, à tout moment, lors d’activité ou en cellule, lors de la fouille de ta cellule, si tu es là ou si l’on recherche une chose interdite.
Car, en fait, le but de ces fouilles est bien d’éviter que pénètrent ou circulent, en prison, des objets ou substances interdites, voire dangereuses.
Y parviennent-elles ? J’en doute, aussi pour moi, je les trouve d’une efficacité toute relative pour ne pas dire inutiles. Elles sont toujours (souvent) mal ciblées…, c’est à dire que les mieux « fouillés » ne sont pas ceux qui devraient l’être…

Fouille de cellule :


Le but en est le même que la fouille à corps. Ce qui est gênant (plus gênant, au moins pour moi), c’est qu’elle s’accompagne souvent du retrait d’objets habituellement tolérés, tels que cartons, surplus de produits d’entretien, aménagement personnel…
Elles sont périodiques et/ou inopinées et/ou provoquées par la recherche de quelque chose.
Pour ma part, souvent, j’apprenais par mes voisins que ma cellule avait fait (en mon absence) l’objet d’une fouille, mais en fait, rien n’était dérangé.
Ce n’est pas le cas de toutes les fouilles… et parfois cela frise la barbarie ou, pour le moins, le non-respect du bien d’autrui (vidange de la boîte de café, armoire et lit, mis à sac, etc…) et souvent, cela ne se justifie pas : ce qui est recherché n’est pas trouvé, 9 fois sur 10.
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Rajout 1 :
Comment se fait-il que des produits stupéfiants circulent si facilement en prison, à ce que l’on dit…
As-tu des infos, en parleras-tu ? je peux attendre.
Michel, le 19/02/06
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Cannabis :
Je ne suis pas un spécialiste, en la matière. A un moment, j’ai été en cellule et à la bibliothèque avec un ancien toxico. Quelques jours avant sa libération, je lui ai fait la demande suivante : « Paul, je ne voudrai pas mourir idiot, fais-moi goûter ton joint ». La réponse fut rapide et sans bavure, comme s’il l’avait préparé : « Ah non, pas avec cette merde, si tu le veux, quand tu seras dehors, je t’en ferai goûté de la bonne »… Je ne l’ai jamais revu, et je reste sur ma fin… et cela ne me manque pas…
Pour ce qui est du comment, le cannabis arrive en prison, je pense qu’Alex est mieux placé que moi pour vous en parler…. A toi, Alex….
De Paul Denis à Michel, le 19/02/07 à 16h
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Là, tu m’ennuies… je ne suis pas une balance… Mais bon, c’est une secret de polichinelle, en prison, tout le monde (administration, police, surveillants et détenus et toi aussi) sait comme le shit rentre en prison.
Tout d’abord, une remarque sur la réponse de Paul, c’est souvent pour ne pas dire toujours de la mauvaise qualité qui rentre en prison et c’est pour cela qu’elle ne fait pas l’effet escompté et que l’on reste, nous aussi, un peu sur notre faim…
Certains le font rentrer à l’aide de parachute, c'est-à-dire que de dehors, on envoie un colis (balle de tennis ou autre) par-dessus le mur afin que le dit parachute arrive dans la cour de promenade, c’est risqué car il peut ne pas arrivé à destination (il y a au moins 10 m entre le mur et la cour), il peut être vu et surtout ramassé par un mauvais destinataire, d’où des conflits sanglants : Je garde, c’est moi qui ai trouvé le shit, Non, c’est à moi et les coups partent…
Il y a aussi, le linge qui rentre, mais là aussi c’est risqué car ce linge est très souvent fouillé (déplié, palpé) avant d’être remis au détenu.
Les détenus qui ont des perms, en profite pour faire le plein, même technique que pour les parloirs dont je vais vous parler.
En effet, c’est par les parloirs que le plus gros des arrivées se font…, et ce, malgré une fouille à corps (donc à poils).
Certains prennent le risque de coller le colis dans des endroits moins visités (en dessous des bras, le dos et surtout entre les couilles et l’anus). Ce risque est pris lorsque l’on sait qu’à la sortie, c’est tel ou tel surveillant et qu’il est plus cool (moins regardant), à la longue, on connaît…
Mais la majorité du shit arrive en étant passé par la bouche - il y est facile d’y cacher un petit colis, même si le surveillant te fait ouvrir la bouche, pour voir.
Mais la voie royale est quand même le cul… Bien emballé et avec un peu de vaseline, cela rentre très facilement, même si le colis est important, plusieurs centaines de grammes… et c’est très rarement découvert, même si on te fait te courber et tousser… Le contrôle passé, il suffit d’attendre et le colis ressort… Dans cette technique, le plus compliqué (et risqué) est la l’arrivée et la mise en place.
En effet, comme c’est interdit, dehors, il peut y avoir des contrôles de police avec des chiens sniffeurs… Aussi la copine « prudente » place son colis dans sa chatte. Donc pendant le parloir, il faudra réussir à faire le transfert entre les deux caches… On y arrive très bien, malgré la présence du surveillant qui navigue derrière vous…
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Rajout de Paul Denis :
Sans entrer dans une polémique… je rajoute un mode de pénétration… par des surveillants qui arrondissent leurs fins de mois, en étant « passeurs »…
Comme c’est interdit, si on est pris, c’est souvent : suppression du permis de visite pendant un certain temps, puis parloir avec séparation (on ne peut plus se toucher), et encore, procédure pour « détention et tentative d’introduction de produits stupéfiants », et quelques mois de plus de prison. Les deux protagonistes sont condamnés, mais celui qui risque le plus, c’est celui qui est déjà en prison. Et malgré cette épée de Damoclès, le trafic existe bien et fonctionne bien…
Le risque pris (et la pseudo rareté) explique le prix de vente : un joint = un paquet de Malboro…, mais il y a aussi la technique : « chacun son tour », un coup c’est toi qui rentre, un coup c’est moi… Pour cela, il existe une certaine solidarité…:
Je vais vous faire une révélation : Pendant un certain temps, je me suis amusé à regarder le comportement des gars et ce qu’ils fumaient. Bien vite, je me suis rendu compte que c’était toujours les mêmes qui fumaient que des Malboro… Rappel, la majorité des détenus (fauchés) fument des roulées…
Encore une vérité à dire : l’administration, sans le dire bien sûr, tolère, accepte un certain trafic. On prétend que la présence du cannabis calme les esprits et évite les conflits que la promiscuité, à coup sur, devrait provoquer…
J’ai du mal à accepter cette version… et je préférerai que la prévention et le sevrage soient aidés…, ce qui n’est pas le cas, puisque les produits de substitution (Subutex, Methanol) circulent bien aussi et font l’objet d’un trafic intense… En fait, la prison est un lieu où les mélanges médicamenteux sont rois… ce qui provoque des morts (suspectes) transformées en suicides… J’en ai connu… peu, mais j’en ai connu, en 34 mois.
Alex + Paul Denis, le 24 Février 2006
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Rajout 2 : Les 2 premiers jours
Un privilégié, tu étais… moi, je n’ai pas ressenti une arrivée aussi cool… et autant d’attention à mon bien-être. C’est l’âge… je pense, qui t’a valu cela, vieux.
J’ai connu la cellule « arrivant », c’est souvent crade et quasi inhumain, surtout quand tu arrives et ne connais rien et que tu ne sais pas si cela va durer … car on te dit rien…
Fouilles
Bien vu…, c’est toujours désagréable de se retrouver à poils devant quelqu’un habillé.
Aux douches, tout le monde est à poils et cela gêne moins, même s’il y a mélange de jeunes et de vieux… et quelques exib. Et puis, on comprend mieux qu’il est utile d’être nu aux douches….
Après le parloir, après avoir rencontrer la famille, ta meuf, cela te remet dans le bain… vite fait.
J’ai connu des fouilles de cellule hard. J’avoue que j’ai pas aimé la pagaille laissée.
De Alex, le 24 février 2007
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A travers : « 1019 jours de détention… ou la vie en prison, vue du dedans, comme si vous y étiez… » (index des notes sur la journée du 7 janvier)
Clémence et Paul Denis tentent de vous faire vivre le quotidien d’un détenu « moyen », pas inculte, mais pas VIP, non plus (vous avez l’intégral de ce bouquin, complété par vos questions / remarques et mes réponses…).
Nota : Sur la journée du 14 janvier, vous trouverez un lexique des mots qui méritent une explication et/ou un commentaire…
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Ma Prison… ou quelques questions qui fâchent… et des solutions proposées…
A travers ces pages, Paul Denis poursuit sa réflexion, il ne se considère plus comme un détenu, mais comme un observateur qui très souvent est devenu un confident.
Vous trouverez, sur la journée du 17 mai les dates de parution de mes articles…
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Les bouquins de Paul DENYS n’ont pas encore trouvé d’éditeur.
Si vous désirez avoir leur version papier, vous pouvez acquérir (l’un ou l’autre ou les deux) en envoyant, par volume, un chèque de 17 € (frais d’envoi compris) à TOP SERVICES, 7 Bld d’Alsace à 57070 METZ. Pour 10 €, je peux vous l’envoyer par e-mail (150 pages A4 ou 220 pages A4).


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