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15/10/2008

La sécurité (suite)... en prison

Quelques sujets qui me tiennent à cœur…

La Sécurité – 2 –

Revenons à la sécurité : Je pense que bon nombre de détenus doivent être atteints du syndrome de la nuit (tombée de la nuit) : à savoir que les angoisses se manifestent, souvent, à ce moment de la journée et se manifestent par une excitation particulière, cela, je l’ai constaté et surtout « entendu », à travers la « frappe » de portes…. A Metz, la nuit, c’est le moment où les « risques » sont les plus nombreux. Comme déjà évoqué, les moyens de prévention et d’alarme ne sont plus en état… de fonctionnement : ce qui a pour conséquence qu’en cas de besoin, il faut « guetter » le passage (silencieux) des surveillants lors de leur ronde, il doit en avoir 3 ou 4, à des heures irrégulières. En cas de nécessité, comme indiqué plus après, pour Saint Mihiel, toute une procédure doit être mise en place et donc, les secours arrivent toujours tard, parfois trop tard… ! A Metz, un motif d’interpellation pouvait être bénin, comme le fait que les plombs (fusibles) ont sauté (et ils sautaient souvent) – soit 4 cellules sans courant électrique, donc pas de TV, pas de lumière, etc… et de l’énervement dans l’air, la frappe contre les portes pour alerter quelqu’un qui ne peut vous entendre… etc…
Pour conclure sur Metz, si « le pétage de plomb », et les agressions « verbales » étaient fréquentes, les agressions physiques « graves » étaient rares, ou, pour le moins, pas plus fréquentes et graves que dans un quartier populaire, et ce, avec moins de moyens d’agressions, en effet, tout objet tranchant ou dangereux (bombe contenant des gaz - cf… laque, bombe à raser, spray, etc…) sont interdits, ce qui ne veut pas dire qu’il n’y avait aucun objet tranchant « fait maison » qui circulait…
A Saint-Mihiel : les murs d’enceinte « béton » sont moins hauts, en raison d’une partie grillagée, surmontée de fil de fer barbelé, il n’y a pas de miradors, mais des caméras (il y en aurait 26). Au niveau de l’enceinte, elle est surveillée par un véhicule qui tourne « fréquemment », jour et nuit.
Contrairement à Metz, il n’y a pas de filins, au dessus des cours de promenade, aires de sport ou cheminement… Mais penser qu’il pourrait y avoir « évasion par hélicoptère » me semble hors de propos, en raison du fait que les gars sont jugés et les détenus qui sont ici, le sont pour une durée, en théorie, relativement courte (- de 5 ans). Certes si le nombre des peines « longues » devait augmenter, il y aurait lieu de revoir le système de sécurité.
Comme à Metz, les lumières sont allumées, en permanence, la nuit, à l’extérieur et dans les parties communes. Au niveau « sécurité individuelle », je pense que les risques sont, peut-être, plus grands qu’en maison d’arrêt, parce qu’il y a, aussi, plus de déplacements permis. Et en plus, les déplacements non autorisés sont souvent « tolérés » : visite à la grille d’une unité qui n’est pas la sienne.
En théorie, et c’est ce que personnellement, je fais, j’indique « toujours » au surveillant où je vais.
En théorie, ce devrait être inutile puisque pour participer à une activité, il faut y être au préalable « inscrit », ce qui fait, en pratique, que l’on sait où tu es (tu devrais être) si on consulte la liste.
Et en pratique, en général, on te trouve « rapidement » pour aller à un RDV non prévu ou pour une signature. A Metz, tous les mouvements étaient inscrits et il y avait des appels « théoriques » pour savoir où étaient les détenus : à l’école, à l’infirmerie, en promenade, en sport, etc… Ici, ce doit être la même chose, mais les résultats doivent être moins fiables car, il me paraît « certain » que de nombreux surveillants se préoccupent fort peu de savoir où sont les détenus sous leur responsabilité…
Les appels « sûrs » sont ceux qui ont lieu, à l’heure des repas et surtout, au début et à la fin de chaque service (de surveillants). Ainsi, à 7 h, le surveillant ouvre ta cellule pour s’assurer que tu es « encore » vivant, à 13 h (changement d’équipe), même assurance. A 12 h 30 et à 19 h 30, un nouveau tour pour s’assurer que la porte de la cellule est bien « fermée ».
La nuit à Saint-Mihiel, il y a aussi 4 à 5 rondes dont deux contrôles visuels, pour notre unité, vers 21 h, pour s’assurer que l’œilleton (de la porte) est bien dégagé et que le lit est visible (il est vrai que comme beaucoup, je mets un cache (bouchon) sur l’œilleton pendant la journée, car s’il est vrai qu’il ne me gêne pas de laisser ma porte ouverte, je n’apprécierai pas d’être « espionné » par un détenu
Rappel : le surveillant a la clef, donc, s’il veut y entrer, je ne peux lui en refuser l’accès, bien sûr. En ce qui concerne le lit, il se peut qu’il soit quelque peu masqué, si la porte du cabinet de toilettes est ouverte à 100 %. Deuxième contrôle visuel, autour de 5 h du matin, avec allumage de la lumière + « regard », quelques secondes (en général, je l’entends).

Chez les plus jeunes (détenus), la violence est souvent latente et, pour un rien, une pécatille, un mot de travers, un coup est vite parti, souvent sans gravité , mais il est là, parfois avec gravité, et il fait l’objet d’un « rapport » et de sanction, et même l’objet d’une « plainte officielle ».
En réalité, il est difficile d’éviter, malgré les efforts visibles et sincères de l’administration, tout conflit.
Si tu as la volonté d’éviter tel ou tel de tes co-détenus, tu y arrives, mais il faut être vigilant, éviter les mouvements « de foule », car « ton » protagoniste peut donner mission à un autre de te porter un mauvais coup.
A Saint-Mihiel, comme partout, maintenant, je pense, tout le personnel pénitentiaire et tous les intervenants extérieurs sont équipés de ce fameux boîtier d’alarme, évoqué lorsque j’ai parlé de Metz. Sa mise en route est relativement récente, je pense, fin 2002. Mais, pour l’avoir vu fonctionner et m’en être fait expliquer le fonctionnement, il est d’une efficacité exemplaire : trois moyens d’alerte (bouton poussoir, tirette, mousqueton de sécurité – en fait, il est prévu pour être mis en ceinture et le fait d’arracher ce cordon de sécurité déclanche l’alarme – je dois avouer que de nombreux intervenants extérieurs ne le mettent pas en ceinture et le tiennent dans leur déplacement à la main et qu’il est, souvent, sur le bureau, pour les surveillants, même attitude « légère »…
Par contre lorsqu’il est déclanché, en quelques secondes – minutes (mais peu) cinq ou six, surveillants et chefs (équipés) arrivent sur les lieux exacts, de l’appel, et les perturbateurs sont maîtrisés, manu militari.
Comme déjà évoqué, à Saint Mihiel, il y a aussi des portes à ouverture électro-magnétique, mais je ne suis pas sûr que, malgré nos 26 caméras, ces ouvertures se fassent, toujours de visu. La majorité des portes s’ouvre, avec l’intervention d’un surveillant (ouverture électrique à l’entrée du bâtiment), ailleurs, ouverture manuelle, donc, pour nous, un confort moindre et souvent des « attentes »…
J’ai entendu dire que certains établissements étaient équipés 100 % « portes à ouverture électrique », y compris les cellules. Je dois dire que ce système aurait l’avantage d’alléger le travail « fastidieux » des surveillants, d’en réduire, peut-être, le nombre (hélas) ou mieux, ils les rendraient plus disponibles pour aider (écouter) les détenus… qui sont, souvent, demandeurs d’écoute. A suivre…

La Sécurité…, la nuit …

A Saint-Mihiel, je peux vous confirmer, hélas, que les interphones que nous avons en cellule, fonctionnent bien.
En effet, j’en ai eu la confirmation lors de tentatives de suicide ou d’accident dont si je n’ai pas été le témoin oculaire (puisque cela s’est passé la nuit), j’en ai été le témoin auditif et j’en ai entendu les « confidences ».
Donc, il y a interphone et possibilité de dialoguer avec le PC (poste de commandement), au moins la nuit. En cellule, nous n’avons qu’un bouton d’appel qui, de jour, actionne un voyant lumineux extérieur à la cellule et visible (de loin) par le surveillant qui passe.
La nuit, je pense que le système est relié au PC, et alors, c’est lui (eux) qui interroge la cellule et essaie de savoir ce qui se passe… On peut lui répondre… Mais il faut avouer que le temps de la mise en route d’éventuels secours, peut être long.
En effet, la nuit, les cellules sont fermées et les surveillants (qui ne font que des rondes) n’ont pas la clef (rappel : les portes sont équipées de trois fermetures : une clef de confort, celle que j’ai, une clef de sécurité (passe) qui ne se manœuvre que de l’extérieur et qui fait coulisser deux pennes d’un bon 1,5 cm de diamètre, et un loquet sur lequel peut être fixé un cadenas, par exemple, en attente d’expertise ou du passage de la police, en cas de décès douteux).

Bref, la nuit, seul un gradé, appelé par les surveillants, peut intervenir et ouvrir la cellule. Cela prend donc, un certain temps, et c’est lui qui décide de l’appel ou non du SAMU, en sachant que dans les prisons que je connais (Metz, Saint-Mihiel, Nancy, Bar le Duc, Epinal, par ouie dire), il n’y a pas de service médical « de nuit ».
Et c’est aussi pour cette raison, je pense, que l’infirmerie n’est pas équipée de chambre-cellule-lit de nuit et que le cas échéant, tu es soigné en cellule ou à l’hôpital, il n’y a pas de lieu intermédiaire…

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A travers : « 1019 jours de détention… ou la vie en prison, vue du dedans, comme si vous y étiez… » (index des notes sur la journée du 7 janvier)
Clémence et Paul Denis tentent de vous faire vivre le quotidien d’un détenu « moyen », pas inculte, mais pas VIP, non plus (vous avez l’intégral de ce bouquin, complété par vos questions / remarques et mes réponses…).
Nota : Sur la journée du 14 janvier, vous trouverez un lexique des mots qui méritent une explication et/ou un commentaire…
……..
Ma Prison… ou quelques questions qui fâchent… et des solutions proposées…
A travers ces pages, Paul Denis poursuit sa réflexion, il ne se considère plus comme un détenu, mais comme un observateur qui très souvent est devenu un confident.
Vous trouverez, sur la journée du 17 mai les dates de parution de mes articles…
……
Les bouquins de Paul DENYS n’ont pas encore trouvé d’éditeur.
Si vous désirez avoir leur version papier, vous pouvez acquérir (l’un ou l’autre ou les deux) en envoyant, par volume, un chèque de 17 € (frais d’envoi compris) à Ligue des Droits de l’Homme (LDH 57), 3 rue Gambetta à 57000 METZ. Pour 10 €, je peux vous l’envoyer par e-mail (150 pages A4 ou 220 pages A4).…
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13/10/2008

La sécurité... en prison

Quelques sujets qui me tiennent à cœur…

La Sécurité

Je vais vous parler « Sécurité » en prison. Pour ma part, je pense qu’elle existe et je ne me suis jamais senti en insécurité, je n’ai eu connaissance que de peu de cas de violences « physiques » graves… mais il y en a…

Voyons tout d’abord ce que l’administration met en place.
En Maison d’arrêt : Le régime général (et exclusif) est « fermé », c’est à dire que l’on demeure, en cellule, tout le temps sauf si on a une bonne raison d’en sortir : on vient te chercher et/ou tu dois manifester ton intention de participer à telle ou telle activité (sport, promenade, douches, bibliothèque, école, etc… non, il n’y a pas de « etc »).
Il y a beaucoup de portes à ouverture electro-magnétique, actionnées par un surveillant qui te voit. Une porte ne peut pas être ouverte si une autre est ouverte…

Tous les espaces « à l’air libre » (promenade, sport, cheminement vers…) sont équipés de filins anti-hélicoptères.
Le tour d’enceinte est équipé de 4 ou 5 miradors avec un surveillant dedans 24 h/24 qui a, à sa disposition, un fusil (sous vitre à briser) + téléphone + moyen d’alarme. Il doit, jour et nuit, appeler le PC (poste de commandement) à heures prévues d’avance (pour s’assurer qu’il ne dort pas… !).

Les seuls lieux où « l’agression » est facile, ce sont les aires de promenade et de sport, car la promiscuité y règne et il est rare que quelqu’un s’interpose (détenu ou surveillant seul) – on attend que le renfort arrive. A priori, le mélange des étages était évité, mais ce n’est pas systématique…

Les surveillants étaient équipés de boîtier « anti-agression » qui leur permettait de lancer « la cavalerie », il était possible d’identifier celui qui avait déclenché l’alarme et son emplacement lors du déclanchement.

Quand tu es en cellule (rappel : à deux), plus rien ne te protège de ton co-détenu, au moins à mon époque. En effet, d’une part, les boutons d’appel (interphone) ne fonctionnaient plus, les œilletons étaient masqués (noircis). Seuls tes cris pouvaient faire intervenir un surveillant qui passerait par là…
Je pense que le « danger » est réel… Mais il est vrai que, sur demande double (du sortant et du receveur), il est possible de changer de cellule et c’est relativement fréquent, jusqu’au moment où tu trouves quelqu’un avec qui tu t’entendes bien, mais tu n’es jamais à l’abri d’un « conflit », d’un « pétage de plomb » qui peut avoir des conséquences fâcheuses et laisser des marques… Il est vrai, qu’alors, à moins que cela ne soit manifeste, les deux protagonistes sont punis (prétoire)…

Faisons une parenthèse, pour parler du prétoire. Il s’agit, en fait, d’un tribunal interne à la prison. Jusqu’à une période rapprochée (2000-2001, je pense), tu ne pouvais pas t’y faire assister par un avocat, aujourd’hui, oui – par ton avocat ou un avocat, commis d’office (choisi par le bâtonnier, volontaire et payé par la Justice). Le prétoire est présidé par le chef d’établissement ou son représentant, y participent un représentant des travailleurs sociaux et un chef qui fait office de rapporteur. Avant le prétoire, il doit y avoir un « rapport d’incident », mais tout « rapport d’incident » ne donne pas lieu à un passage au prétoire… On te dit, par écrit, ce que l’on te reproche, tu peux y relater comment l’incident a commencé, s’est déroulé, s’est terminé. Donc, il y a souvent deux rapports, celui du plaignant (victime – surveillant ou détenu) et celui de l’accusé. Il fait référence au Code de Procédure Pénale (CPP) et/ou au règlement intérieur, et il t’est indiqué ce que tu risques : cela passe par la « relaxe », par un avertissement, par une peine de mitard (cachot, isolement) avec sursis, par une peine de mitard ferme de 1 à 45 jours (maxi), si plus, (rare) avec une interruption « obligatoire » de quelques jours. C’est souvent 3-4 à 7-15 jours. En cas de découverte de produits stupéfiants ou de violence avec dégât physique ou matériel, l’affaire peut être et se concrétise, en plus, par des mois de prison, infligés par le Tribunal correctionnel, 6 – 12 mois ou 2 ans, etc…
De toutes les façons, le passage au prétoire est toujours synonyme de prolongation de détention, parce que le passage en ce lieu est toujours « assorti » d’une suppression de RP (Remise de peines) : s’il y a « sursis », le double de nombre de jours de sursis, s’il y a mitard, le triple du temps de mitard. Le maximum étant, bien sûr, ce qui peut être accordé (3 mois + 2 mois (RPS).
Cette parenthèse est valable pour toutes les prisons.

Deuxième parenthèse : le mitard (cachot). Je ne connais pas (je n’ai pas vu) ceux de Saint Mihiel (mais ce doit être un peu près équivalent), mais j’ai vu ceux de Metz, pour y être allé faire des courriers. Il s’agit donc de cellule d’isolement, tu ne peux prendre aucune de tes affaires personnelles, si ce n’est un ou des livres, du papier et un crayon. Si tu fumes, « en principe », on (le surveillant) te donne ta cigarette, sur demande, idem pour l’allumer. Tu as droit à une heure quotidienne de promenade (seul) dans un local quasi fermé de 30 m², pour la douche, ce doit être plusieurs fois par semaine, mais je ne pense pas tous les jours, mais cela doit dépendre aussi (comme souvent) du détenu et du surveillant.
La cellule est de la même taille qu’une autre, mais elle est imputée d’un sas en grille afin d’avoir aucun contact entre le détenu et le visiteur. Les repas sont « passés » par un guichet avec des couverts en plastique. La cellule est nue avec un WC à la turque, et un robinet avec eau froide (bouton poussoir) au dessus (pas de lavabo), le lit (très étroit) est en pierre avec une table en pierre. A priori, le matelas n’est donné que la nuit. Il n’y a pas de chauffage. C’est donc assez spartiate et, l’hiver, très pénible. Le plus dur doit être le fait de ne pouvoir parler, échanger… Il y a des combines, mais elles sont dures à mettre à exécution et risquées… Et malgré cela, le mitard a ses « habitués »… difficile, pour moi, à comprendre…

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A travers : « 1019 jours de détention… ou la vie en prison, vue du dedans, comme si vous y étiez… » (index des notes sur la journée du 7 janvier)
Clémence et Paul Denis tentent de vous faire vivre le quotidien d’un détenu « moyen », pas inculte, mais pas VIP, non plus (vous avez l’intégral de ce bouquin, complété par vos questions / remarques et mes réponses…).
Nota : Sur la journée du 14 janvier, vous trouverez un lexique des mots qui méritent une explication et/ou un commentaire…
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Ma Prison… ou quelques questions qui fâchent… et des solutions proposées…
A travers ces pages, Paul Denis poursuit sa réflexion, il ne se considère plus comme un détenu, mais comme un observateur qui très souvent est devenu un confident.
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10/10/2008

Fausses affirmations... en prison

Quelques sujets qui me tiennent à cœur…

Fausses… affirmations…

Aussi bien à Metz qu’ici et qu’ailleurs, d’après ce que j’en ai appris, il est « d’usage » de ne pas dire la vérité aux « détenus »…
A cela, il y a plusieurs raisons que j’entrevois, même si je ne peux les accepter.
Soit, on ignore la vérité, mais pour « ne pas le paraître », on raconte n’importe quoi et on n’a pas le courage de dire « Je vais me renseigner ».
Soit, on connaît la vérité, mais on ne veut pas la dire, parce que l’on sait qu’elle va fâcher… Est-ce une lâcheté ou une stratégie pour « ménager » la chèvre et le chou, car la vérité apparaîtra toujours un jour ou l’autre… mais en attendant « le calme » a été maintenu…
Soit, on ne dit pas la vérité, en raison de son incompétente et de son incapacité à l’assumer…
Ce qui est grave, c’est que c’est cette troisième hypothèse qui est la plus répandue dans l’esprit des détenus, et le détenu rajoute même que son interlocuteur « s’en fout » et que sa seule préoccupation est d’attendre la fin du mois et sa fiche de paie…
En réalité, pour ma part, mon sentiment est que, par tradition, par habitude, peut-être, par nécessité, pour éviter tout conflit, nos différents interlocuteurs ont pris « l’habitude » (fâcheuse, certes…) de ne dire la vérité que lorsque cela est indispensable et au dernier moment et tout cela, au nom du « calme » que l’on souhaite « obtenir » (maintenir).

Cette attitude est d’autant plus fâcheuse qu’elle ne permet pas au détenu de connaître ses droits et, en particulier, ses réelles possibilités de réinsertion.
On ne sait pas mettre « cartes sur table » et dire : « C’est ainsi », « Voilà les possibilités qui s’offrent à toi. Tu fais cela, tu auras droit à cela ».
Sans cesse, en interrogeant les autres, le détenu apprend que l’information donnée est fausse (erronée ou incomplète). Même lorsque l’on lui présente une situation, tout ne lui est pas dit « en même temps ».
Cette attitude ne peut être admise.

Certes, certaines fois, pour dire la vérité, il y a des formes à respecter et il faut tenir compte du « récepteur »… mais ce n’est pas une raison, pour lui cacher « sa vérité ». Même le détenu, le plus primaire, avec les formes, est capable de comprendre ce qu’il a fait, qu’il a des droits et qu’il a des devoirs… Il est vrai que parfois, cela peut prendre un certain temps et nécessiter un peu de diplomatie…
Ce qu’il y a de sûr, et cela je l’affirme, haut et fort, je n’ai jamais induit en erreur un détenu, venu interroger l’écrivain. Il m’est arrivé de dire « je ne sais pas », mais je n’ai jamais donné des informations en sachant qu’elles étaient fausses et/ou « tronquées ».
Et c’est, peut-être, ce qui n’a pas plu… à certains…

Ce qui me semble, également, inquiétant, c’est qu’un certain nombre d’avocats, je dirai même une bonne majorité, tiennent le même langage.
Pourquoi ? Pour ne pas inquiéter son « client » !!!
Et pourtant, il est, en général, payé pour assister le prévenu. Alors, pourquoi ne pas lui dire ce qui l’attend, son intime conviction, ce que son passé et son expérience lui font redouter… Ainsi, il serait, peut-être, plus facile de se défendre, de se préparer « psychologiquement » et cela éviterait, à mon avis, le stress qui fait partie prenante de tout jugement et vous fait perdre vos moyens… Si vous savez ce qui vous attend, vous pouvez réagir, et donc, vous défendre, au risque d’être insolent…
Quand j’ai été écrivain, j’ai connu une prévenu, accusé d’attouchements et/ou de pratiques pédophiles, sur allié (beau-fils). Certes, quelque peu primaire et naïf, son avocat lui disait et il le croyait (plus qu’il me croyait), qu’il allait « sortir » en libération provisoire, qu’il allait être « blanchi »… Par expérience, dans ce type d’affaire, je peux vous affirmer que, s’il y a doute, il bénéficie toujours à la victime ou pseudo victime « mineure », jamais à l’auteur présumé… Et il vient, après 2 ans et demi d’attente, d’être condamné à 10 ans de prison : peine « moyenne », mais qui prouve que sa responsabilité avait, quand même, été retenue, le minimum étant 5 ans…

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A travers : « 1019 jours de détention… ou la vie en prison, vue du dedans, comme si vous y étiez… » (index des notes sur la journée du 7 janvier)
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Nota : Sur la journée du 14 janvier, vous trouverez un lexique des mots qui méritent une explication et/ou un commentaire…
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