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08/10/2008

La vie en société... et la Prison

LES PARTIES CIVILES

C’est ce qui est du aux « victimes »…
Le paiement des parties civiles (ou plutôt son non-paiement) est souvent un argument utilisé par l’administration et/ou le JAP (donc la loi), pour « mesurer » la bonne volonté du condamné. Il paraît que la réinsertion passe par là… J’en doute pour les raisons suivantes :
. Si le détenu ne travaille pas, le paiement est, en fait, assurer par la famille… !
. S’il travaille : déjà, il ne gagne pas beaucoup, pour de nombreuses heures de travail, alors lui demander de faire plus, me semble du « sadisme »… il est vrai qu’un versement « volontaire » de 10 €/mois n’est pas trop pénalisant, mais à quoi sert-il lorsque l’on en doit des centaines de milliers… Si on était payé « normalement », ce paiement volontaire pourrait être plus conséquent.
Rappel : sur toutes les rémunérations (travail, formation, auxi) et sur les sommes reçues de l’extérieur (et ce, au delà de 200 € par mois), 10 % sont « automatiquement » (prévu par la loi) retenus pour les parties civiles. Mais en fin de détention, cela ne fait pas des sommes « énormes » : à ce jour, après 20 mois de « travail », je n’ai que 326,23 €. Croyez-moi…, en faire une carotte… un argument de réinsertion me semble quelque peu excessif.

LA VIE EN SOCIETE

Ce n’est pas ce qui est mis « en avant » dans les bienfaits possibles de la détention. Mais, pour ma part, je pense que la prison pourrait être une « bonne » école d’insertion sociale.
Mais, en pratique, cela ne se passe pas ainsi, et, à mon grand regret, j’applique et j’essaie de faire appliquer le principe suivant : « Il n’y a autour de nous que deux sortes de détenus : ceux dont tu apprécies la compagnie, et ceux que l’on doit ignorer ». En réalité, il n’y a pas de « milieu », et pour ce milieu, « l’échange » doit et se limite souvent à « Salut » et une poignée de mains et un « Comment cela va ? ». La réponse n’est pas attendue (entendue), et de toutes façons, elle ne créera pas un dialogue constructif…
La cohabitation « agréable » et « sans ennui » est à ce prix.
Chacun pour soi, ne te préoccupe que de toi-même et de ceux dont tu apprécies la présence… Et encore, cela semble bien éphémère, puisqu’une fois dehors, malgré ses promesses, le « sorti » ne pense plus à toi et ne t’écrit même pas un petit mot… Cela se comprend, mais c’est souvent assez déprimant… En cas de transfert (changement de lieu de détention), il existe souvent un échange épistolaire, ne serait-ce que pour comparer les conditions de détention, mais tout cela semble bien superficiel… et en tout cas, cela ne prépare pas à une nouvelle vie sociale… et sortir n’est pas toujours un moment « agréable »… Et je reste persuadé que pour certains… c’est le début d’autres difficultés qui commence… Difficultés « prévisibles » et qui auraient pu être « évitées » s’il y avait eu « réinsertion » et, je crains fort, que la « récidive » sera pour lui, la seule solution de survie… Et le cycle reprend… Ici, certains en sont à leurs 4ème ou 5ème allers-retours en 10 ou 15 ans…
Et aussi, je crois que l’on est en droit de se poser la question. A quoi sert la prison ? N’y a-t-il pas d’autres solutions « plus contraignantes », « plus propices » à l’apprentissage de la vie en société, « plus susceptibles » d’éviter la récidive.
Pour ma part, avant pour l’éviter ou après une courte période de prison, je verrai :
. L’obligation de travailler « normalement » et « légalement »…
. La semi-liberté (prison, la nuit, travail, le jour)…
. L’obligation d’indemniser « les victimes »…
. Et surtout, la surveillance « en milieu ouvert » des condamnés, par des éducateurs qui ont le temps d’écouter, de suivre, de poursuivre, de surveiller, et quelques pouvoirs…
. L’obligation de juger « vite ». J’ai en tête, le cas d’un jeune (- de 30 ans) qui avait commis un délit (stup), mais qui, entre temps, s’était, on peut le dire « réinsérer » : travail régulier + compagne + enfant…, et que, 4 ans après… on l’enferme pour deux ans… Tout a été cassé : plus de boulot, copine et enfant, partis avec un autre… Quelle réinsertion pourra-t-il avoir ? On (ou je) comprend son amertume et son sentiment de haine, vis à vis de cette justice « aveugle »… et mal adaptée.

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A travers : « 1019 jours de détention… ou la vie en prison, vue du dedans, comme si vous y étiez… » (index des notes sur la journée du 7 janvier)
Clémence et Paul Denis tentent de vous faire vivre le quotidien d’un détenu « moyen », pas inculte, mais pas VIP, non plus (vous avez l’intégral de ce bouquin, complété par vos questions / remarques et mes réponses…).
Nota : Sur la journée du 14 janvier, vous trouverez un lexique des mots qui méritent une explication et/ou un commentaire…
……..
Ma Prison… ou quelques questions qui fâchent… et des solutions proposées…
A travers ces pages, Paul Denis poursuit sa réflexion, il ne se considère plus comme un détenu, mais comme un observateur qui très souvent est devenu un confident.
Vous trouverez, sur la journée du 17 mai les dates de parution de mes articles…
……
Les bouquins de Paul DENYS n’ont pas encore trouvé d’éditeur.
Si vous désirez avoir leur version papier, vous pouvez acquérir (l’un ou l’autre ou les deux) en envoyant, par volume, un chèque de 17 € (frais d’envoi compris) à Ligue des Droits de l’Homme (LDH 57), 3 rue Gambetta à 57000 METZ. Pour 10 €, je peux vous l’envoyer par e-mail (150 pages A4 ou 220 pages A4).…
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06/10/2008

La formation professionnelle... en prison

Quelques sujets qui me tiennent à cœur…

LA FORMATION PROFESSIONNELLE

A priori, selon ce que j’en ai appris par d’autres, de la « formation professionnelle », en Maison d’arrêt, il n’y en a pas ou très peu. La seule formation assurée passe par l’Ecole, et elle s’agit, surtout, de remise à niveau scolaire et de l’initiation à certaines langues (anglais et espagnol), à l’informatique, beaucoup d’illettrisme, et du FLE (Français langue étrangère – pour les étrangers) et préparation à certains diplômes : CEG (certificat d’enseignement général = niveau certificat d’études), et autres. Par correspondance, il est possible de faire à peu près tout. Le plus souvent, la totalité des frais s’il y en a, est prise en charge par l’Ecole (et/ou l’administration pénitentiaire). Ne rêvez pas… cela ne concerne, néanmoins, qu’une trentaine de détenus / 400 et on retrouve, comme toujours, les mêmes détenus, dans plusieurs cours… et l’absentéisme est fréquent.

Au niveau formation professionnelle « vraie », elle n’a lieu que dans les Centres de détention, et cela peut se comprendre, car, pour exister et être efficace, elle ne peut s’adresser qu’à des détenus, ayant une certaine durée de peine… Ici, par exemple, elle concerne environ (maxi) 45 détenus, en 4 formations. Comme pour l’Ecole, on passe de l’une à l’autre…. ! La seule « qualifiante » réelle avec passage d’un diplôme « officiel » est le CAP de Pâtissier-Confiseur.
Les groupes sont de 15 maxi – beaucoup d’absentéisme, et cependant, ces formations (contrairement à l’Ecole) sont rémunérées et les absences non justifiées ne sont pas payées (bien sûr). Ce qui est moins « compréhensible », c’est que quand ce sont les profs qui sont absents… on n’est pas payé, non plus…
Ce qui « pèche », dans les formations, c’est la motivation des participants… Elle peut être de plusieurs ordres… Mais ce qui apparaît, en premier, est le fait que ces formations sont rémunérées et plusieurs ne sont là que pour cela… Aucun ou presque n’a « réellement » un projet professionnel en rapport avec la formation suivie, ce qui explique le passage d’une formation à l’autre, l’une après l’autre… Ainsi, dans ma promo CAP, sur les 27 détenus qui sont passés par elle, seuls 3, dont moi, estimaient que celle-ci pourrait leur être utile, un jour. Et dans les 3, il y a avait un boulanger… !
Ce qui y est un peu pénible, c’est le manque d’intérêt « évident
Une partie du manque d’intérêt peut être justifié par la diversité des détenus et de leur niveau initial qui fait que certains « décrochent » très vite, malgré le niveau du CAP. De plus, il faut tenir compte du facteur « détention » avec ses hauts et ses bas, ses moments de « blues », l’incertitude de l’avenir, les problèmes familiaux, les problèmes d’intendance (cantines qui n’arrivent pas, etc…), problèmes de personnes (individualisme ou problème d’intégration), de parloirs « fantômes » (quand le visiteur n’est pas là), etc…

Il est vrai qu’il est, peut-être, un peu facile, pour moi, de critiquer la formation professionnelle dispensée en milieu carcéral… Mais ceux qui sont chargés de la mettre en pratique, ne recherchent pas toujours, à mon avis, l’intérêt pour le détenu et les critères de « sélection » semblent me manquer d’objectivité… Mais, suis-je moi-même « impartial »…

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A travers : « 1019 jours de détention… ou la vie en prison, vue du dedans, comme si vous y étiez… » (index des notes sur la journée du 7 janvier)
Clémence et Paul Denis tentent de vous faire vivre le quotidien d’un détenu « moyen », pas inculte, mais pas VIP, non plus (vous avez l’intégral de ce bouquin, complété par vos questions / remarques et mes réponses…).
Nota : Sur la journée du 14 janvier, vous trouverez un lexique des mots qui méritent une explication et/ou un commentaire…
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Ma Prison… ou quelques questions qui fâchent… et des solutions proposées…
A travers ces pages, Paul Denis poursuit sa réflexion, il ne se considère plus comme un détenu, mais comme un observateur qui très souvent est devenu un confident.
Vous trouverez, sur la journée du 17 mai les dates de parution de mes articles…
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Les bouquins de Paul DENYS n’ont pas encore trouvé d’éditeur.
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03/10/2008

Le travail... en prison

Quelques sujets qui me tiennent à cœur…

LE TRAVAIL

Le travail : le « sésame » de l’indépendance de tout détenu. C’est lui qui permet d’être indépendant de sa famille et/ou d’un tiers. C’est lui qui permet de survenir à nos propres besoins. Certes, ils sont « limités », mais en prison, on a besoin d’un minimum, pour être en mesure d’améliorer ce qui doit être amélioré… afin que « la vie » y soit supportable…
La loi prévoit que le travail est un droit pour tout détenu.
La réalité est bien éloignée de la loi…
A l’exception de quelques prisons, toutes les prisons manquent de travail.
De plus, sachez que le salaire moyen net annuel tourne autour de 2.000 €, soit 170 €/mois. De cette somme, vous devez retirer, des dépenses quasi obligatoires, telle que la TV et (éventuellement) un frigo : l’ensemble : 50 €/mois… il ne reste plus que 120 €.
Pour un fumeur, ce n’est pas assez.
L’octroi du travail n’est pas « objectif ». Certes, il faut en faire la demande, mais toute demande n’est pas prise en compte, dans le même délai, selon l’individu demandeur. Et une fois que vous ayez été « classé » (c’est comme cela que c’est appelé), cela ne veut pas dire que l’on va vous « appeler ».
Le travail en ateliers (que je ne connais pas directement) est très fluctuant… un jour, il y en a, un autre, il n’y en a pas. Le début du travail est à 7 h 30… j’ai déjà vu des travailleurs revenir, en leur unité, à 9 h 30… il manque tel ou tel produit.
Rappelons-le, le travail « en atelier » est souvent du conditionnement qui demande aucune qualification (et qui n’apporte aucun goût au travail). Son seul intérêt est d’occuper les mains (et l’esprit) et d’apporter un peu d’argent. Ce travail est payé à la pièce (pas de congés pour maladie, pas de chômage, pas d’indemnisation en cas d’accident de travail – pour des raisons que l’on comprend aisément).
Donc, malgré cela, le travail est « recherché », mais il est donné, en priorité, à celui qui ne pose pas de problème, même si ce n’est pas lui qui en a besoin le plus… et cela favorise les étrangers et ceux qui parlent peu, ne se rebiffent pas et travaillent… Quand il n’y a pas de travail pour tous les demandeurs : ce qui est la majorité du temps, ce sont ces détenus qui sont « appelés ».
Pour ce qui est des auxi (auxiliaires, chargés de l’entretien des parties communes), la rémunération y est plus régulière (pas d’arrêt), mais pas plus élevée, ce serait plutôt le contraire, mais annuellement, on arrive à peu près au même résultat.
Comme je l’ai indiqué dans mon étude du rapport du Sénat (que vous trouverez dans le chapitre suivant) sur le travail en milieu carcéral, ce qui serait nécessaire, pour assurer « la paix » dans les esprits, c’est de garantir, à tout détenu, qui veut « travailler », un revenu minimum mensualisé qui lui permet d’être « indépendant », et de « vivre » avec un minimum.

La situation actuelle provoque des jalousies et des conflits, et je dirai même des scandales : j’ai vu un détenu d’origine étrangère (clandestin – passeur de produits stupéfiants) sortir avec 7.000 € dans sa poche (3.500 en pécule libérable, 3.500 en pécule « parties civiles » non versé aux dites parties civiles), … et en plus, la France lui a payé son billet d’avion de retour au pays… C’est peut-être une exception, mais je n’en suis pas sûr. Il venait d’une prison où il y avait beaucoup de travail, bien rémunéré, il vivait bien, sans se priver et je pense même que, de son pécule disponible (après les - 10 % + - 10 %), il devait envoyer à sa famille des mandats… Ici, quand il y avait du travail, il était toujours « appelé »… !
Le travail (ateliers + auxi) occupe, ici, je pense, environ au mieux, 160 détenus sur 400.

Avec le manque de réinsertion qualifiante, le travail mal rémunéré et mal réparti est, à mon avis, la chose qui pèche le plus, en milieu carcéral… Et ce doit (devrait) être, la préoccupation principale de nos politiques s’ils veulent éviter la « récidive »…
Personnellement, s’ils l’ont compris, je ne suis pas sûr que ce soit, pour eux, une priorité… hélas…

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Nota : Sur la journée du 14 janvier, vous trouverez un lexique des mots qui méritent une explication et/ou un commentaire…
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Ma Prison… ou quelques questions qui fâchent… et des solutions proposées…
A travers ces pages, Paul Denis poursuit sa réflexion, il ne se considère plus comme un détenu, mais comme un observateur qui très souvent est devenu un confident.
Vous trouverez, sur la journée du 17 mai les dates de parution de mes articles…
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Les bouquins de Paul DENYS n’ont pas encore trouvé d’éditeur.
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