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16/04/2008

Droit de visite... en Prison

Droits et Obligations (à connaître),
extraits du Code de Procédure Pénale (CPP),
rédaction inspirée de celle du « Guide du Prisonnier » (O.I.P.)


DROIT de VISITE


En théorie, tout détenu est en droit de recevoir des visites. Cependant, le visiteur doit en obtenir l’autorisation.

Comment obtenir un permis de visite ?


. Pour un prévenu
:
s’adresser au magistrat chargé du dossier d’instruction (en précisant éventuellement le lien familial ou d’amitié, absence de lien avec l’infraction, etc…)
. faire une demande écrite
. y joindre 2 photos d’identité
. y joindre une photocopie (recto-verso) de la Carte Nationale d’Identité (CNI) ou du titre de séjour.
. y joindre une enveloppe timbrée, à votre adresse.

Le juge d’instruction peut refuser (sans justification) d’accorder un permis de visite aux personnes n’appartenant pas à la famille du prévenu.
Pour la famille, ce refus ne peut dépasser un mois, sauf nécessité de l’instruction (le refus doit être motivé).
L’avocat a toujours le droit de communiquer et de visiter son client prévenu ou condamné.

Pour un condamné :

La demande doit être faite au chef d’établissement avec les mêmes pièces que pour un prévenu (voir ci-dessus).
Le chef d’établissement ne peut refuser le permis à un membre de la famille que dans un seul cas : si cette visite peut mettre en danger la sécurité et le bon ordre de l’établissement pénitentiaire.
Pour les visiteurs « étrangers » à la famille, le chef d’établissement dispose d’une grande marge d’appréciation. Il peut diligenter une enquête (de moralité) qui sera réalisée par les services de la police ou de la gendarmerie (délai variable, mais souvent 2 à 3 mois). Il est possible de présenter, en cas de refus, un recours hiérarchique auprès de la Direction Régionale de l’Administration Pénitentiaire, puis si nécessaire devant le Tribunal administratif, (cf. Art. 145-4 et D404 du CPP et l’art. 8 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme).
Nota : les permis de visite suivent le détenu (lors de transfert) aussi, souvent est-il plus simple (judicieux) de les demander dès le début de la détention.

Enfant de parent incarcéré :
Le permis de visite ne peut être refusé à un enfant, en effet les motifs de refus (instruction, troubles) ne peuvent être invoqués. Aussi, le parent incarcéré peut-il « exiger » l’exercice de son droit de visite, auprès du juge. Et la personne qui en a la garde (foyer, famille d’accueil, autre parent) a l’obligation de tout mettre en œuvre pour que ces rencontres aient lieu dans les meilleures conditions possibles.
Mais cela n’est jamais simple, ni pour l’enfant, ni pour le parent incarcéré.

Tout détenu peut demander à recevoir la visite d’un « visiteur de prison » (bénévole autorisé à rencontrer un ou plusieurs détenus régulièrement).
Leur venue a le but de soutenir le détenu durant son incarcération et de contribuer, ainsi, à sa réinsertion.
Il peut réaliser certaines démarches bien précises et ne peut en aucun cas servir d’intermédiaire pour détourner le règlement intérieur.

LES PARLOIRS

La durée des parloirs, leur aménagement, leur intimité, l’organisation dépendent et varient selon les établissements.
La durée des parloirs varie d’une demi-heure à deux heures.
La prise de RDV nécessite un appel téléphonique ou une inscription sur place, dans certains établissements sur une borne électronique. Par téléphone, c’est souvent galère, long, il faut rappeler plusieurs fois.
Le nombre de visiteurs, en même temps, est fixé par le règlement intérieur, c’est souvent 3 adultes ou 2 adultes + 2 enfants, parfois 4 adultes, ce qui semble être le maximum.
La fréquence des visites est souvent 3 x une demi-heure pour les prévenus, 2 x par semaine pour les condamnés, d’une durée variable selon les établissements.
Dans les Maisons d’arrêt, les parloirs ont lieu en semaine, dans les établissements pour peines, les week-ends et jours fériés.
Un détenu ne peut avoir plus d’un parloir par jour.
A priori, les conversations doivent être entendues (par le surveillant) et/ou écoutées. Ce dispositif de contrôle peut être renforcée par la présence de caméras.
Aussi, les conversations doivent se faire « en français ». Pour les étrangers, ils doivent être autorisés à communiquer dans leur langue. C’est une tolérance.
En général, le parloir est « sans disposition ( ? = dispositif) de séparation », sauf décision contraire (sanction) du chef d’établissement.
Le dispositif de séparation (diaphone) est une vitre, donc aucune possibilité de contact « physique ».

Les détenus sont parfois « fouillés à corps » avant le parloir, toujours à l’issue du parloir. Un système de reconnaissance biométrique est mis en place depuis 2003.
Les visiteurs passent sous un détecteur de métaux, ils ne peuvent être fouillés par le personnel pénitentiaire. Seul un officier de police judiciaire est habilité à fouiller un visiteur dans le cadre d’une perquisition (en lien avec l’infraction, dans le cadre de la recherche de stupéfiants).
Tout objet est interdit au parloir (aussi bien pour le détenu que le visiteur), sauf autorisation spéciale du chef d’établissement.
Cependant, après contrôle, peuvent être présentés au parent détenu des documents, concernant l’enfant pour lequel il a conservé l’autorité parentale. Par contre (rappel), tout document (écrit) peut être envoyé par voie postale.
Donc, ni argent, ni lettre ou colis ne peuvent être remis lors d’un parloir. A l’occasion des fêtes de fin d’année (en fait, de début décembre à début janvier), il est possible d’apporter au détenu, un ou des colis de vivres d’un poids (global et maximum) de 5 kgs.
Seul l’échange de linge (sortie + entrée), après contrôle, est autorisé. Une liste des objets apportés doit être jointe au paquet.
Malgré les demandes d’associations de défense des droits des détenus, la création d’ « unités de visites familiales » n’a pas lieu et les parloirs « intimes » très rares pour ne pas dire inexistants (dans 2 établissements pour peines).

En général, les familles peuvent bénéficier d’une structure d’accueil aux abords de l’établissement pénitentiaire.
Elles y sont accueillies, parfois, par des bénévoles, certaines structures d’hébergement pour les familles existent auprès de 25/190 établissements pénitentiaires.

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Rajout : Droits et obligations

Toujours bien expliqué… C’est dommage que je n’avais pas lu tout cela avant de tomber… peut-être que j’aurais mieux compris, appris… et accepté ce qu’il faut faire
et ne pas faire.

D’Alex, le 15 avril 2007

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A travers : « 1019 jours de détention… ou la vie en prison, vue du dedans, comme si vous y étiez… » (index des notes sur la journée du 7 janvier)
Clémence et Paul Denis tentent de vous faire vivre le quotidien d’un détenu « moyen », pas inculte, mais pas VIP, non plus (vous avez l’intégral de ce bouquin, complété par vos questions / remarques et mes réponses…).
Nota : Sur la journée du 14 janvier, vous trouverez un lexique des mots qui méritent une explication et/ou un commentaire…
……..
Ma Prison… ou quelques questions qui fâchent… et des solutions proposées…
A travers ces pages, Paul Denis poursuit sa réflexion, il ne se considère plus comme un détenu, mais comme un observateur qui très souvent est devenu un confident.
Vous trouverez, sur la journée du 17 mai les dates de parution de mes articles…
……
Les bouquins de Paul DENYS n’ont pas encore trouvé d’éditeur.
Si vous désirez avoir leur version papier, vous pouvez acquérir (l’un ou l’autre ou les deux) en envoyant, par volume, un chèque de 17 € (frais d’envoi compris) à Ligue des Droits de l’Homme (LDH 57), 3 rue Gambetta à 57000 METZ. Pour 10 €, je peux vous l’envoyer par e-mail (150 pages A4 ou 220 pages A4).

11/04/2008

L'affaire... et la Justice

Les étapes d’une procédure = l’affaire

1. Souvent, une enquête préliminaire a lieu, avant même que l’intéressé sache que la Justice va lui demander de rendre des comptes…
Elle est faite, sur instruction du procureur, par un officier de Police judiciaire.
Une affaire démarre souvent par une dénonciation ou par une plainte, émanant d’un tiers qui se croit/dit lésé.

2. L’intéressé reçoit une convocation, ou, peut être interpellé par la police. Il se rend/est conduit au Commissariat de police ou à la Gendarmerie.
Il apprend qu’il est mis en garde à vue.
Une fois qu’on lui a laissé « entrevoir » ce qui lui est reproché, il est mis en examen.
On lui en dit le moins possible, l’officier de la Police judiciaire essaie de savoir si, ce qu’il détient comme information, est « vrai ». Il a pour rôle de compléter le dossier par un interrogatoire qui peut durer, que l’on peut faire durer quelques heures, ou plus…, jusqu’à 72 heures.
Un avocat payant (ou, commis d’office) peut être demandé (présent), après la 1ère heure, puis à la 24ème heure (à la 48ème heure dans une affaire de criminalité organisée ; à la 72ème heure, s’il s’agit de stupéfiants).
Il se peut que les faits remontent à loin et que les souvenirs soient flous. En fait, l’interrogateur en sait, souvent, plus que l’intéressé, lui-même… !
Souvent, la garde à vue se passe mal, car les conditions matérielles des interrogatoires et du séjour sont déplorables.
S’il n’y a pas toujours des violences physiques, il y a toujours une violence/contrainte/pression mentale.
On m’a parlé d’interrogatoires très inconfortables (menottes dans le dos, ou, attaché à un radiateur, ou, mal assis ou debout pendant des heures, etc…).

3. La garde à vue se termine par l’établissement / la rédaction d’un procès-verbal (PV) qui relate le déroulement de celle-ci et les informations que l’interrogateur a obtenues/arrachées.
Après 48 heures (ou plus), il n’est pas rare qu’un individu (un peu faible ou jeune) signe un PV qui ne correspond pas à ce qu’il aurait souhaité (dit, en d’autres circonstances). Il signe par lassitude…, sans même avoir bien relu… pour que cela cesse… Il pense qu’il pourra se rétracter (on le lui laisse croire). Il le pourra, mais… il aura quand même « signé » des aveux.

4. A l’issue de la garde à vue :
. soit, tu es remis « en liberté », et l’affaire suivra son cours, s’il y a lieu, si le procureur le juge nécessaire, s’il n’y a pas de non-lieu,
. soit, le procureur, après avoir reçu l’avis/l’intime-conviction de l’officier de police judiciaire, décide de te présenter à un juge d’instruction qui devra « affiner » les accusations et recevoir « ta défense ».
Dans les affaires simples et qui sont « complètes », l’affaire peut être jugée en comparution immédiate.

5. Lors de la présentation au Juge d’instruction, outre le fait que l’on te dit (enfin) que tu peux ne rien dire et demander que l’instruction démarre plus tard, on rappelle les grandes lignes de ce qui t’est reproché, de ce qui a été dit et retenu par l’officier de Police judiciaire.

Avec ce premier contact, l’instruction commence et le juge d’instruction a le choix entre :
. soit de te laisser en liberté, sous contrôle judiciaire, tu restes mis en examen, « si tu présentes de réelles garanties de présentation, si te laisser en liberté, ne peut nuire à l’instruction, etc… », et tu devras répondre à toutes les convocations,
. soit, de te mettre en prison, en détention provisoire, avec l’accord du juge des libertés et de la détention, qui, semble-t-il, est rarement en désaccord avec le juge d’instruction.
La détention provisoire, c’est la prison, en Maison d’arrêt, et l’attente d’un jugement.
La détention provisoire peut durer :
. en matière correctionnelle :
. 4 mois, puis 4 + 4 mois (si cela est justifié)
. 2 ans (affaire de stupéfiants, etc…)
. maxi : 2 ans et 4 mois
. en comparution immédiate (sans instruction complémentaire, donc sans juge d’instruction),
. audience entre 2 et 6 semaines
. maxi 2 mois (4 mois à la demande du mis en examen, si peine possible supérieure à 7 ans)
. en cas d’appel, appel dans les 4 mois
. en matière criminelle :
. 1 an et 6 mois
. 2 ans (si prévu – de 20 ans)
. 3 ans (si + de 20 ans)
. 4 ans (stupéfiants, …, etc…)
. 4 ans + 4 mois + 4 mois

Ces délais légaux semblent longs à celui qui est en détention et qui pense parfois (souvent) qu’il n’est pas aussi « coupable » qu’on le dit (selon les apparences).

Pendant cette détention provisoire (et ces délais), le juge d’instruction doit instruire à charge et à décharge ton dossier afin qu’il puisse être présenté devant un tribunal.
Pendant cette détention provisoire, le prévenu est en droit de demander d’être remis en liberté provisoire, afin d’attendre le moment de son jugement.
Elle est, très souvent refusée, surtout si l’instruction est complexe et non terminée, si la peine encourue dépasse les 2 années, et si les circonstances évoquées lors de la décision de mise en détention existent toujours (conserver les preuves ou les indices matériels, empêcher soit une pression sur les témoins ou les victimes, soit une concertation frauduleuse entre les complices, protéger la personne mis en examen, garantir le maintien à la disposition de la justice de la personne mise en examen, mettre fin à l’infraction ou prévenir son renouvellement, mettre fin à un trouble exceptionnel et persistant de l’ordre public, provoqué par la gravité de l’infraction, les circonstances de sa commission ou l’importance du préjudice qu’elle a causé. Une seule de ces circonstances suffit pour placer ou maintenir la personne en détention – art. 144 du Code de Procédure Pénale).

6. A l’issue de l’instruction, un « Avis à partie » est remis à l’intéressé qui reprend (une dernière fois, non, une nouvelle fois) ce qui est reproché et les réponses apportées. Cet « avis » peut être contesté dans les 20 jours…
Rarement, il y a une décision de relaxe ou de non-lieu, alors il n’y a pas lieu à jugement.
Parfois, il y a remise en liberté, si la personne est détenue.

Souvent, il y a maintien en détention jusqu’au jugement.
S’il n’y a pas de contestation, l’instruction est close et tu es dans l’attente du jugement qui devrait arriver dans les 2 mois, mais cela peut être plus, pour des raisons d’encombrement des tribunaux et/ou qui échappent au bon sens.

7. Le jugement a « enfin » lieu…
On reprend une nouvelle et « dernière » fois ce qui a été dit (en général) dès le 1er jour (au moment de la garde à vue). Fort souvent, rien n’a été changé… hélas…
Tout jugement conserve un « côté théâtral » qui fait penser que tout a été jugé « avant »… !!!

8. Les décisions du jugement :
Le tribunal peut prendre une décision contraire aux vœux de l’instruction et du procureur.
En théorie, il est « souverain » dans ses décisions qui peuvent être :
. relaxe ou non-lieu,
. travaux d’intérêt général (TIG), semi-liberté,
. amende,
. prison avec sursis et mise à l’épreuve,
. prison ferme avec une partie avec sursis,
. prison ferme,
. prison ferme, avec mise en détention « à la barre » (immédiatement).

Une ou plusieurs de ces peines peuvent être prescrites. C’est le Code Pénal (CP) qui définit les maximums, en fonction du délit (infraction).
La mise en application de ces peines est assurée par un JAP (Juge d’Application des Peines).

Cependant, si l’intéressé est arrivé « libre », il peut en ressortir entre deux policiers, pour la prison, si le tribunal le décide.

9. Ces décisions peuvent faire l’objet d’un appel (dans les 10 jours) et il y aura un nouveau jugement (plus tard) qui annulera le premier jugement et sera considéré comme le seul jugement ayant eu lieu.
L’appel peut confirmer le 1er jugement (pas de changement), ou, en réduire les condamnations, ou, augmenter les peines prescrites.
Bizarrement, le fait de ne pas faire appel signifie que vous êtes d’accord avec le 1er jugement (a dit au rédacteur, un JAP).
Pendant la durée d’attente, avant le jugement en appel, le condamné reste « prévenu », puisque le jugement pris n’est pas exécutoire, mais si tu es en prison… tu y restes.

10. Le JAP peut influer sur les décisions prises, même s’il est chargé d’appliquer les décisions (c’est son rôle).
En effet, certaines circonstances, propres au condamné, ou, propres aux possibilités/conditions matérielles d’accueil en prison font que le JAP n’est pas en mesure de prévoir une application stricte.
Dans la pratique, cela fait qu’un certain nombre de condamnations ne sont jamais mises en application… !!! (Tant mieux pour les intéressés, mais quel gâchis… !!!).

11. Lorsque la « prison ferme » a été mise en application, le « prévenu » devient « condamné » et il change de régime pénitentiaire. Il a de nouveaux droits et de nouvelles obligations.

En fait, c’est une nouvelle vie qui commence.
Le stress de l’avant-jugement disparaît. Enfin, on est fixé sur le temps de détention qu’il faudra faire.
Depuis le 01/01/2005 (application de la loi du 9 mars 2003), les RP (Remise de peines) sont calculées, dès ce moment. Voir ci-après.
Tout n’est pas forcément simple, car des surprises peuvent « arriver ».
En effet, si tu es « récidiviste », ou, as été « condamné » mais la peine n’a pas été mise à exécution, ou, « condamné avec sursis », il est fréquent (normal) que les peines non encore exécutées « tombent ». Ainsi, tu crois être là pour (par exemple) 12 mois, et tu t’y retrouves pour 48, en raison de ton passé judiciaire (retour sur 5 années).
Il arrive aussi que d’autres affaires, un peu laissées sous la pile de dossiers du procureur, remontent et te valent de nouveaux jugements « entre 2 policiers » parce que tu es déjà détenu, et, bien souvent, la peine prononcée sera plus « sévère » en raison de ton incarcération actuelle, même si celle-ci ne devrait pas influencer.
Il est vrai, aussi, que, s’il y a lieu, tes peines accumulées peuvent être réduites en temps, sur ta demande, par une confusion de peines, et/ou, par la non-révocation d’un sursis antérieur. La confusion de peines et la non-révocation d’un sursis peuvent être demandées lors du jugement ou par la suite.
Si ta bonne conduite et un projet « sérieux » de réinsertion sont présentés au JAP qui s’occupe de ton lieu d’incarcération, tu peux demander à bénéficier d’une « libération conditionnelle » ou d’un régime plus souple, « semi-liberté » et/ou « bracelet électronique » et/ou « placement extérieur » (contrat de type CES, dans un organisme agréé, sous surveillance judiciaire).
Mais ces décisions appartiennent au JAP. On peut « faire appel », en cas de non-satisfaction.
Il est possible de représenter une demande avec un nouveau dossier.
Toutes ces possibilités font que rares sont les condamnés qui n’espèrent pas une sortie anticipée à celle annoncée sur le papier.
Et comme en prison, « rares » sont les détenus qui y sont pour une seule affaire…
Cet espoir permet « souvent » de mieux supporter la détention.

12. La détention provisoire se passe en Maison d’Arrêt (régime fermé 24h/24, sauf pendant les activités et le travail).
La peine d’un condamné doit se faire dans un « centre de détention » (CD) ou en maison « Centrale » (régime ouvert de 7h à 19 h, sauf 1h entre midi, « libre » circulation dans l’établissement, et de meilleures conditions matérielles).

Il est à noter que la surpopulation n’est pas ressentie en Centre pour peines (CD et Centrale).
Par contre, en Maison d’arrêt, la surpopulation est partout présente et dépasse l’humain… jusqu’à 200 à 300 % des possibilités matérielles.


Depuis le 1er janvier 2005, (loi Perben II, du 9 mars 2004), l’administration a un rôle décisionnel, parallèle à celui du JAP. Elle peut présenter au JAP un aménagement de peine, pour un détenu, sous forme de demande de semi-liberté, placement extérieur, placement sous surveillance électronique. Tous les détenus dont il reste un reliquat, soit de 3 mois pour les condamnés à moins de 2 ans, ou 6 mois sur une peine de 2 à 5 ans, peuvent bénéficier de cette mesure, y compris les condamnés détenus pour révocation d’une mesure d’aménagement de peine, les contraintes par corps, les interdictions du territoire français.
Suite à cette décision, le JAP a 3 semaines pour statuer, sa décision est susceptible d’appel. Sans réponse de sa part, la mesure envisagée peut être appliquée.

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Rajout : L’affaire

Comme d’hab, tu expliques bien les différentes étapes de toute procédure. Je reconnais tout ce qui m’est arrivé.
En garde à vue, il y a souvent des abus. Ainsi, moi, ils m’ont fait me mettre à poils devant eux… Par la suite, j’ai appris qu’ils n’avaient pas le droit de le faire devant tous ces flics… ! Comme tu dis, toutes ces vacheries, c’est pour te faire craquer et te gonfler les boules. Ils veulent que tu avoues, même si ce n’est pas la vérité…

D’Alex, le 15 avril 2007


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A travers : « 1019 jours de détention… ou la vie en prison, vue du dedans, comme si vous y étiez… » (index des notes sur la journée du 7 janvier)
Clémence et Paul Denis tentent de vous faire vivre le quotidien d’un détenu « moyen », pas inculte, mais pas VIP, non plus (vous avez l’intégral de ce bouquin, complété par vos questions / remarques et mes réponses…).
Nota : Sur la journée du 14 janvier, vous trouverez un lexique des mots qui méritent une explication et/ou un commentaire…
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Ma Prison… ou quelques questions qui fâchent… et des solutions proposées…
A travers ces pages, Paul Denis poursuit sa réflexion, il ne se considère plus comme un détenu, mais comme un observateur qui très souvent est devenu un confident.
Vous trouverez, sur la journée du 17 mai les dates de parution de mes articles…
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Les bouquins de Paul DENYS n’ont pas encore trouvé d’éditeur.
Si vous désirez avoir leur version papier, vous pouvez acquérir (l’un ou l’autre ou les deux) en envoyant, par volume, un chèque de 17 € (frais d’envoi compris) à Ligue des Droits de l’Homme (LDH 57), 3 rue Gambetta à 57000 METZ. Pour 10 €, je peux vous l’envoyer par e-mail (150 pages A4 ou 220 pages A4).

09/04/2008

L'autorité... en Prison

Quelques réflexions – à méditer : L'autoritarisme...

Il est sûr que, comme dans toute collectivité, il doit y avoir des règles, et celles-ci doivent être respectées « de part et d’autre ». C’est ce « de part et d’autre » qui pose problème, et même si ces règles existent, leur mode d’application, du côté des surveillants, « change » de l’un à l’autre.
Il faut reconnaître que l’excès de zèle en « sévérité » est rare, je dirai même très rare, en ce sens que les plus rigoureux sont ceux qui font respecter les règlements dans leur intégralité, sans zèle, mais aussi sans adaptation…
Deux exemples simples :
. les horaires des promenades sont « fixes ». Certains les respectent, et rouspètent ou refusent (à juste titre) de te faire entrer ou sortir de la promenade si ce n’est pas l’heure fixée. D’autres sont plus cools et ouvrent « à la demande ». Le détenu est-il en droit de « râler » ?... je ne le pense pas, mais il râle…
. autre exemple : le règlement intérieur prévoit que tu dois rester dans ton unité, et par conséquent, que tu n’as rien à faire dans un étage qui n’est pas le tien. Certains surveillants font respecter cette consigne et évitent (refusent) les allers et retours dans leur lieu de surveillance (2 unités) et vers les autres unités. Dans l’étage du dessous (ou dessus), c’est plus cool… ce qui provoque un conflit…
Le détenu est-il en droit de « râler » ?... je ne le pense pas, mais il râle…

Pénétrer dans l’unité, c’est interdit et appliqué, mais devant les unités, il y a une espèce de vestibule dans lequel aboutissent les portes (et grilles).
Et bien, en permanence de 8h à 19h, il y a des gars qui discutent avec d’autres, à travers la grille, qui quémandent du tabac ou autre chose, qui apportent de la nourriture préparée, ailleurs, etc…
En règle générale, je ne trouve pas cela très gênant, même si c’est, parfois, perturbateur, et je pense, en particulier, quand tu es au téléphone (la cabine se trouve dans ce vestibule), le bruit te gêne, tu ne peux pas parler tranquillement. Il est vrai que ladite cabine n’est pas insonorisée, elle n’est abritée que sur 3 côtés…
De plus, tu perds toute confidentialité avec ton correspondant, au bout du fil.
Il peut arriver d’avoir « besoin » d’aller voir un autre détenu. De temps à autre, cela me semble être dans la norme, si ce n’est pas trop longtemps, mais tous les jours, pendant des heures, c’est trop.
Et cela me semble d’autant moins acceptable qu’en Centre de détention, tu peux participer à de nombreuses activités collectives (promenade, sport, bibliothèque, etc…) où tu peux y rencontrer qui tu veux !
Ce qui est quelque peu énervant pour quelqu’un comme moi, un calme, non quémandeur, c’est de constater que les abus sont fréquents, si bien que l’on ne peut pas donner tort au surveillant qui respecte le règlement.
Ce qui me semble nécessaire, serait de faire respecter ce qui doit et peut être respecté sans entrave au besoin de liberté de chacun (de tous), et ceci n’empêcherait pas certaines dérogations quand cela paraît nécessaire.
Le nécessaire ne doit pas devenir l’habitude…
Cela éviterait les excès dans les deux sens.

Ainsi, parfois, sans faire particulièrement de zèle, certains surveillants se croient « dotés » d’un pouvoir qui ne leur appartient pas de prendre.
J’ai en mémoire, le souvenir de deux de mes co-détenus stagiaires qui n’ont pas pu venir en cours parce que le surveillant avait prétendu que ce jour-là, il n’y avait pas cours (absence des formateurs).
Pour l’excuser, il est vrai que le matin, le cours avait été annulé, en raison de l’absence du formateur.
Mais l’après-midi, le cours a eu lieu.
Et malgré les protestations des stagiaires, il n’a rien voulu savoir, alors qu’il aurait été simple, pour lui, et qu’il lui appartenait, par un coup de téléphone de s’assurer de l’affirmation des stagiaires (qui, eux, nous avaient vu passer et ne pas revenir). Non, il voulait faire preuve d’autorité… et ce, au détriment du calme et de la raison.
Ce style de manifestations d’autorité est relativement fréquent, parfois, à juste titre, parfois, à tort. Le bon sens et la raison manquent à certains… L’équité est souvent à la tête du client…

Autre exemple : « la formation » est indépendante de « la détention ».
Tout du moins, elle le voudrait et on nous le fait croire, en ce sens que, à chaque occasion, il nous était rappelé que nos conditions de détention ne doivent pas influencer notre aptitude à participer aux cours, notre ponctualité en ce qui concerne le début des cours, notre humeur, vis-à-vis des autres détenus et des formateurs.
A toute personne sensée, il est bien clair que ce qui était demandé, ne pouvait qu’être un vœu pieux.
Il n’est pas pensable que, en cours, l’on puisse faire « abstraction » de ce qui nous entoure et de ce que nous vivons, hors cours.
Autant est-il compréhensible que les conditions de détention ne puissent pas servir de prétexte à une attitude répréhensible.
Autant est-il humain et acceptable d’accepter que les conditions de détention apportent des circonstances atténuantes à tout acte « mineur » d’incivisme…
Je pense que tu m’as suivi… !
Autre exemple de pression psychologique : à Metz, tu le sais, le seul privilège de la fonction d’écrivain et/ou de bibliothécaire était de pouvoir bénéficier d’une cellule « seul ».
D’ailleurs, c’était si bien ancré dans l’esprit de tous que lorsque le chef m’a proposé le poste d’écrivain, c’est la seule chose qu’il m’a dite : « Il faudra que vous veniez au « grand quartier », et vous serez en cellule « seul ». Nous n’avons parlé ni du travail, ni des horaires, ni de la rémunération… !
Bref, fin 2002, en raison de la surpopulation, c’est du moins le prétexte (raison) qui nous a été donné, il nous a été « imposé » de prendre un co-détenu.
Je t’avouerai que nous avons fait obstruction, prétendant que nous comprenions leur demande, mais que celle-ci, si légitime soit-elle, ne devrait intervenir qu’en dernier ressort, après la mise en double des autres cellules « seul ».
En effet, il y avait, alors, au moins une vingtaine de cellules à un lit.
Nous avons fait intervenir notre responsable, nous avons présenté l’argument de notre souhait (reconnu légitime) d’être, au moins, le soir, au calme (un calme réparateur).
Nous avons mis en avant, la coutume, la tradition du privilège.
Nous avons interpellé le sous-directeur de l’établissement.
Bref, nous avons fait tout ce qui pouvait être fait, en restant correct.
La seule chose que nous ayons obtenue fut le « choix » de notre co-détenu, « ils » ne souhaitaient pas nous imposer un détenu, nous pouvions « choisir » dans toute la prison…
Mais si nous continuions à refuser cette cohabitation, notre avenir était tout tracé : déclassement (suppression de l’emploi) et mise au 5ème étage (étage réputé particulièrement bruyant) et mis à deux, bien-sûr…
Le dialogue était « clos »…
Avions-nous le choix… En nous-mêmes, nous acceptions le fait d’être mis à deux, mais ce qui nous semblait « injuste » était le fait que nous soyons les premiers à « bénéficier » de cette mesure nécessitée (imposée) par la surpopulation croissante…

Pour ma part, j’ai « bénéficié », une autre fois, d’une pression psychologique, tout à fait, gratuite.
En effet, fin septembre 2003, j’ai été convoqué par le chef de détention qu’accompagnait une dame que je ne connaissais pas (mais qui, en fait, était la sous-directrice) pour m’entendre dire que certains (les travailleurs sociaux, le Juge d’application des peines) pensaient que je faisais trop bien mon travail d’écrivain et que je leur faisais de l’ombre. Certains détenus leur ayant fait part qu’en passant par l’écrivain, ils obtenaient plus rapidement et plus sûrement satisfaction… !
Pour moi, c’était un compliment…
Il n’y a, bien-sûr, pas eu de sanction, mais ils tenaient à me le dire, et me demandaient d’être plus « réservé » à l’avenir.
A mon avis, ces remarques étaient, tout à fait, inutiles, je ne pensais pas être sur les plates bandes de qui que ce soit et je leur donnais des noms et des témoignages de travailleurs sociaux, très contents que je sois là, pour les assister dans leurs tâches répétitives…
Si je pense que cette rencontre était, tout à fait, inutile et quelque peu pernicieuse, c’est parce que le lendemain de cette entrevue, ma demande de participation au stage de pâtisserie devait être évoquée en « commission de classement (affectation) ».
Il leur suffisait de m’accepter à ce stage, et la gêne que je provoquais, disparaissait…
Ce propos, je leur ai dit au final de l’entretien, en leur rappelant que le poste avait été créé suite à mon arrivée et que donc, j’avais agi comme je le faisais à Metz, à la satisfaction de tous (détenus, travailleurs sociaux, administration, Justice) et qu’aucune « instruction » particulière ne m’avait été faite.
Par la suite, j’ai appris que mon successeur avait reçu des « instructions » et des « consignes »…
Ci-dessus, je t’ai donné quelques exemples (cas) de pression psychologique, où le rapport « humain » normal de supérieur à subordonné n’existe même plus. C’est en fait, un abus de pouvoir qui est très préjudiciable à l’équilibre du détenu.
Avec de nombreux détenus, dans de nombreux cas, un rapport « normal » pourrait avoir lieu.
Tu auras des exemples, à travers les « portraits » que j’ai décidé de faire. Cela pourra faire l’objet d’un autre livre.
Il est clair qu’une telle « ambiance de vie », voulue ou non, n’est pas faite pour permettre de prévoir dans de bonnes conditions la « réinsertion » (Rappel : la réinsertion est un des objectifs de la « prison »…).

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Rajout : Quelques réflexions : Autorité

Il est vrai que nous voudrions que ce que je veux, je l’ai et je le fais… et si un surveillant n’est pas disponible, je râle…
Mais, comme toi, je pense aussi qu’il y a trop de différences entre tel ou tel maton qui devrait faire le même travail et faire respecter les règles de la même façon. Parfois, pour nous, il est difficile de s’y retrouver… !

D’Alex, le 15 avril 2007


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A travers : « 1019 jours de détention… ou la vie en prison, vue du dedans, comme si vous y étiez… » (index des notes sur la journée du 7 janvier)
Clémence et Paul Denis tentent de vous faire vivre le quotidien d’un détenu « moyen », pas inculte, mais pas VIP, non plus (vous avez l’intégral de ce bouquin, complété par vos questions / remarques et mes réponses…).
Nota : Sur la journée du 14 janvier, vous trouverez un lexique des mots qui méritent une explication et/ou un commentaire…
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Ma Prison… ou quelques questions qui fâchent… et des solutions proposées…
A travers ces pages, Paul Denis poursuit sa réflexion, il ne se considère plus comme un détenu, mais comme un observateur qui très souvent est devenu un confident.
Vous trouverez, sur la journée du 17 mai les dates de parution de mes articles…
……
Les bouquins de Paul DENYS n’ont pas encore trouvé d’éditeur.
Si vous désirez avoir leur version papier, vous pouvez acquérir (l’un ou l’autre ou les deux) en envoyant, par volume, un chèque de 17 € (frais d’envoi compris) à Ligue des Droits de l’Homme (LDH 57), 3 rue Gambetta à 57000 METZ. Pour 10 €, je peux vous l’envoyer par e-mail (150 pages A4 ou 220 pages A4).

 
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