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07/04/2008

Parloirs.... en Prison

« Parloirs » :

La prison, vue de l’extérieur, si elle ne laisse pas indifférent, rebute le commun des mortels, cela me semble une certitude.
En ce qui concerne les familles (et amis) de détenus, je pense que l’attitude est un peu la même.
Il est vrai que pour pouvoir venir « visiter » un détenu, c’est un peu le parcours du combattant, surtout si vous n’êtes pas de sa famille proche (épouse, enfants, frères et sœurs). Avant le jugement (lorsque tu es en détention « en préventive »), c’est encore plus dur et au bon vouloir du juge d’instruction (qui a connaissance, aussi, de tout courrier (hors avocat) à l’aller et au retour) et parfois (souvent) la possibilité d’avoir des parloirs – famille, est refusée au détenu, pendant plusieurs mois, sous prétexte (vrai ou faux) que le dialogue avec l’extérieur pourrait nuire à l’instruction…
Hypocrisie… crois-moi… si un détenu « doit » communiquer avec l’extérieur, il y arrive. Fais-lui confiance…
Néanmoins, pour venir, il faut le vouloir et se décider. Beaucoup de détenus n’ont pas de parloir, pour des raisons légitimes, mais aussi pour des raisons, pour moi, quelques peu incompréhensibles.
Pour certains, ce peut être l’éloignement (les kms qui les séparent), c’est aussi une question d’argent, et à cause d’un problème de coût, le nombre des parloirs est réduit : un par mois, au moment des Allocations familiales… !, pour d’autres, une volonté délibérée de ne pas venir : c’est un rejet manifeste, un refus de communication, en raison (s’il peut y en avoir une) du délit lui-même, ou plus souvent, pour « punir » le parent détenu, pour marquer sa désapprobation…

Permets-moi de te faire une parenthèse, sur l’avant et l’après-parloir, vu de l’intérieur.
D’abord, on nous prévient, la veille, au plus tard, ou 2 jours avant que nous avons « parloir », mais nous ne savons pas qui viendra.
C’est souvent une surprise… mais, dans certains cas, cela peut poser problème, car parfois un détenu ne veut pas avoir de rencontre avec telle ou telle personne de son entourage. J’ai, parfois, été témoin de demi-tour, lors de l’apparition du visiteur…
Donc, l’heure du parloir est attendue (de plus, il faut être prêt, sur place, un quart d’heure avant)… pour certains, il y a toujours l’incertitude, viendra-t-elle, ne viendra-t-elle pas… Ici, c’est plus facile, il y a le téléphone, et, en conséquence, nous connaissons le visiteur, ne serait-ce que par déduction…, et le parloir « fantôme » (le visiteur ne vient pas) est plus rare, mais en Maison d’arrêt, c’était fréquent et j’ai souvenir de détenus qui, une fois sur 2, bénéficiaient d’un parloir « fantôme »… même s’ils s’y attendaient, c’était toujours un moment (retour) très pénible.
D’ailleurs, le retour, la séparation est toujours pénible, pour tout le monde, pour le visiteur trouvant le parloir trop court, pour le détenu qui, pendant quelques minutes, s’est échappé et qui se retrouve en prison avec de bonnes mais souvent aussi de mauvaises nouvelles « en tête ».
Je dirai que, pour tous les détenus, même pour celui qui ne le reconnaît pas, le parloir est « une épreuve »…
On nous arrache à notre train-train, on nous replonge dans une vie (des problèmes) que nous avions presque oubliée, et on nous rejette dans un monde (la prison) qui nous est hostile.

Tout cela, bien sûr, ne veut pas dire que les « parloirs » doivent être supprimés, car, au final, c’est quand même un moment privilégié dans ta vie de détenu.
En général, il n’est pas fait de « publicité » sur le fait d’avoir « parloir », mais, lorsqu’il le sait, tout détenu te souhaite « bon parloir », et à ton retour, on te demande si « c’était un bon parloir ? ». Ce ne sont que des mots… mais pour moi, même si la réponse, s’il y en a une, n’est pas écoutée ou sans conséquence pour le demandeur, ces interpellations, au départ, m’ont surpris.
Et avec le temps, je les analyse comme le résultat de l’atmosphère (les sentiments) que j’ai évoqué, ci-dessus. Je pense que c’est plus inconscient que conscient. Rares sont ceux qui te diront qu’ils ont regretté d’avoir eu « parloir »… mais, à leur attitude qui, parfois, dure plusieurs heures (jours), tu te rends compte qu’il aurait mieux valu qu’ils n’aient pas eu de « parloir ».
Le « moment parloir » ne fait pas l’objet de jalousie. Personne ne dit : tu as de la chance d’avoir « parloir », c’est quelque chose que l’on n’exprime pas, même avec ceux que tu fréquentes journellement… Il est vrai que l’échange « Bon parloir », « C’était un bon parloir ? » est plutôt le fait de ceux qui ont « parloir », même si ce n’est pas très régulièrement, ceux qui n’ont « jamais » parloir, restent muets sur ce sujet.
Pour ma part, je pense que le parloir est aussi important pour le visiteur que pour le visité.
Le visiteur a besoin de ce lien physique, et s’il fait l’effort de cette démarche, ce n’est pas par pur altruisme. Il est facile de se réfugier derrière une impossibilité matérielle…
Le visité a besoin, aussi, de ce contact, pour ne pas se sentir rejeté, isolé, banni par les siens.

A plusieurs occasions, j’ai été en discussion avec certains de mes co-détenus qui « voulaient » refuser leurs parloirs (ou échange de courrier et téléphone). Ma position a toujours été la même et mon but a été de convaincre mon interlocuteur : « ce n’est pas au détenu à briser le lien s’il existe ».
Pour nous, l’isolement est dur, pour celui qui est « dehors », cet isolement est aussi imposé et dur. Il n’y est pour rien. Ce n’est pas à lui de payer, même s’il paie. Ce n’est pas lui qui a fait que nous sommes détenus. Refuser son amitié, son amour serait le rendre coupable de quelque chose qu’il n’a pas commis. C’est sûr que, pour lui comme pour nous, il y a des hauts et des bas. Mais ce n’est pas lui qui est demandeur d’affection, de lien. Lui, il peut en trouver, dehors, auprès d’autres que nous. Et même si tu as conscience qu’il y a eu, peut-être, un dérapage, c’est à toi de pardonner, tu ne peux pas l’en rendre responsable. C’est toi qui es absent. C’est lui qui t’apporte son soutien, son amour. Ce n’est pas toi qui as le droit de « rejeter »… Et s’il y a rejet, tu ne peux lui en vouloir, et tu dois laisser au temps, le temps de combler les vides et tu dois attendre d’être dehors pour prendre une décision. N’oublie jamais que c’est toi qui es « demandeur » et que celui qui te fait l’amitié de ne pas t’oublier, a droit à tout ton respect, ton affection, ton amour.
Tu le comprendras, si je parle à mon interlocuteur de la sorte, c’est parce que c’est aussi ce que je ressens.
Il me semble que parfois j’ai été convaincant, parfois le risque de rupture persiste, mais il faut avouer que bien souvent, rien que le fait d’en parler entre hommes, est déjà un pas vers un éventuel respect de l’autre et un pas vers la réconciliation et souvent le désamorçage d’un conflit latent.

Ceux qui viennent me voir, ont parfois été les témoins d’altercations verbales, plutôt agressives… Cela fait partie du quotidien et est provoqué par cet isolement qui nous fait perdre conscience de la dureté de la vie « dehors »… Bien souvent, c’est sans suite, et, en fait, il est très rare que lors du face à face, un refus de parloir ait lieu. Mais j’ai rencontré des détenus qui refusaient et ont fait annuler le permis de visite, sollicité et obtenu, par un de leurs parents ou amis.
A priori, nous ne sommes pas « avertis » du fait qu’une personne a obtenu le permis de visite, et d’ailleurs, cela me semble tout à fait logique, mais cette acceptation d’office, tacite, doit être le reflet de la réalité qui est que le visité est plus demandeur de « parloir » et qu’il est, en fait, très rare, que cela ne fasse pas plaisir…

Un conseil, si vous me le permettez, valable aussi bien pour le détenu que pour la famille qui vient le visiter.
Il faut savoir taire ses propres craintes, par affection, ne pas parler de ses propres ennuis, de sa propre santé, des éventuelles catastrophes survenues depuis la dernière visite, ne pas s’apitoyer sur son sort.
Il faut sourire, redonner confiance.


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Rajout : Parloirs

Les parloirs, c’est galère… car il ne se passe jamais comme on l’a imaginé.
Je dois te dire que parfois, j’ai regretté d’avoir parloir… tant cela m’a fait mal de voir comment ma mère et mes sœurs devaient vivre… alors que moi j’étais « presque » bien…
Je trouve que tu expliques bien ce qui se passe dans notre tête.

D’Alex, le 15 avril 2007

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A travers : « 1019 jours de détention… ou la vie en prison, vue du dedans, comme si vous y étiez… » (index des notes sur la journée du 7 janvier)
Clémence et Paul Denis tentent de vous faire vivre le quotidien d’un détenu « moyen », pas inculte, mais pas VIP, non plus (vous avez l’intégral de ce bouquin, complété par vos questions / remarques et mes réponses…).
Nota : Sur la journée du 14 janvier, vous trouverez un lexique des mots qui méritent une explication et/ou un commentaire…
……..
Ma Prison… ou quelques questions qui fâchent… et des solutions proposées…
A travers ces pages, Paul Denis poursuit sa réflexion, il ne se considère plus comme un détenu, mais comme un observateur qui très souvent est devenu un confident.
Vous trouverez, sur la journée du 17 mai les dates de parution de mes articles…
……
Les bouquins de Paul DENYS n’ont pas encore trouvé d’éditeur.
Si vous désirez avoir leur version papier, vous pouvez acquérir (l’un ou l’autre ou les deux) en envoyant, par volume, un chèque de 17 € (frais d’envoi compris) à Ligue des Droits de l’Homme (LDH 57), 3 rue Gambetta à 57000 METZ. Pour 10 €, je peux vous l’envoyer par e-mail (150 pages A4 ou 220 pages A4).

04/04/2008

La sortie.... de Prison

Aujourd’hui, je te transmets le texte d’une fiche que j’ai réalisée et qui est (devrait être) donnée au détenu, un peu pommé, avant sa libération. Cette fiche, agrémentée de dessins, explique et met en avant certains points importants, à ne pas oublier… une fois « dehors »…

Informations recueillies et rédigées par PDG, à la demande de l’Aumônerie catholique du Centre de Détention Régional de Saint-Mihiel. Attention : chiffres et mesures énoncées sont celles en application au 01/12/03.
Les informations recueillies ont été relues et vérifiées par nos différents partenaires, et en particulier, par des Travailleurs sociaux et l’ANPE-ASSEDIC.

La Sortie…. :

Ta sortie est proche, il te faut la préparer

Si tu as une famille.

Tu vas la retrouver, c’est bien.
Tu as un logement qui te recevra, c’est tant mieux.
Tu as un employeur et un travail qui t’attendent, c’est merveilleux.
Il ne me reste plus qu’à te souhaiter « Bon vent »,
mais certains conseils qui vont suivre pourront t’être utiles.

Si tu es seul.

Une fois de plus, il te faudra te prendre en charge pour trouver tout ce dont tu as besoin, certes, il y a des organismes qui peuvent t’y aider, mais ils ne sont là que pour t’assister et, non pour faire tout à ta place.

C’est à toi à te prendre en responsabilité.

Nous allons passer en revue toutes les étapes et obstacles qu’il te faudra franchir.

L’extérieur :

Il est sûr qu’après quelques mois, voire quelques années de détention, la vie « dehors » a changé. Même si tu regardes, régulièrement, les infos et certaines émissions de TV, tu ne peux pas « vivre » l’extérieur, en étant entre quatre murs.
Alors, prudence, commence par observer les changements et essaye de t’y adapter. C’est à toi de « changer », le monde extérieur a, lui, évolué pendant ton absence. Je pense, en particulier, au code de la route, nouveau sens giratoire, nouvelles limitations et contraintes, nouveaux concepts de la vie.
N’oublie pas que c’est à toi de t’adapter, revois le monde d’un œil neuf et sois prêt à le vivre pleinement, sans le critiquer.

Tes « nouvelles » relations avec ta famille tes amis doivent être ressentie dans le même esprit : recevoir et percevoir l’autre, en oubliant le passé, « l’avant » détention.
Toi, tu as changé, eux, aussi.
Ils ont du se passer de toi, pendant un certain temps.
Tu ne peux pas « t’imposer »…
Tu as, certes, ta place, mais, n’oublie pas qu’ils ont eu l’obligation de se passer de toi, pendant ton absence et qu’a priori, cela n’a pas été de leur faute...
Un premier conseil. Si tu as fait un séjour en prison, ce n’est pas écrit sur ton front, alors vis le présent, oublie le passé et redémarre une nouvelle vie.

Tes préoccupations « réelles » et « vitales » se résument en peu de mots : nourriture, boulot, dodo, vie sociale, vie personnelle. Je ne pense pas qu’il y ait un ordre de préférence : tout est important, tout est à prendre en compte, en même temps ou presque.
Voyons tout d’abord :

Le logement :

Ton lieu d’implantation est « vital ». Il peut être imposé par un emploi en vue, mais je pense que cela doit être ta première préoccupation, et dès maintenant, tu peux réfléchir si tu as intérêt à retourner dans « ta » ville, ton quartier.
Il peut y avoir des obstacles : tentation de récidive, regard de l’entourage, mauvais souvenirs.
Ce nouveau départ peut être l’occasion de changer carrément de région, pourquoi ne pas aller à Aix ou à Brest.
Au moins là, tu n’es pas connu, et il sera plus facile de mettre en pratique les « bonnes » résolutions que tu as prises, tout au long de ces longs mois de solitude.
Il ne te sera pas plus difficile de trouver un logement là que dans ta ville où ton passé risque de te rattraper, même si tu as payé ta dette à la société.
C’est, peut-être, l’occasion de t’assurer un « vrai » nouveau départ, dirons-nous quasi « vierge »…
Dans chaque département, il existe des organismes, les mêmes ou d’autres, qui peuvent t’aider à trouver un logement.

Parmi les organismes susceptibles de t’aider à trouver un logement, tu peux t’adresser aux organismes qui possèdent des logements dits sociaux (HLM, OPAC), souvent, tu y es prioritaire.
Certes, ce n’est pas le Pérou, mais tu y trouves un toit (de plus, souvent, il n’est pas demandé de caution (somme à verser, d’avance, pour garantir un ou deux loyers).
Il y a quand même, parfois des listes d’attente, aussi, n’est-il pas superflu de t’y préparer (inscrire) dès maintenant (voir nota A).
Il y a les propriétaires privées (attention, certains bailleurs (propriétaires) demandent un garant (une personne qui assure que tu paieras ton loyer et qui est susceptible de suppléer à tes « oublis » = payer à ta place) qui, parfois, ont des appartements réservés à des cas sociaux (dont tu fais partie, hélas !), qui ont bénéficié d’aide de l’Etat et dont la garantie et la distribution sont assurés par des organismes d’Etat (préfecture) de type GIPDAL.
Si tu as la possibilité de présenter un garant et de payer une caution, tout le parc immobilier français s’offre à toi…
Dans certains régions, certaines associations nationales ou locales, peuvent t’aider à trouver un logement « provisoire », le temps de te retourner et de trouver mieux : en foyer, en maison d’accueil, en appartement indépendant. Je pense à la Communauté d’Emmaüs, au Secours catholique, à certaines aumôneries de prison, à certaines associations (se renseigner auprès de la mairie et de son service social qui peut te fournir les lieux de contacts (voir nota A).
Le problème du logement étant résolu, et je pense que ce problème « vital » peut et doit être réglé, pendant ta fin de détention (voir nota A), il reste à prendre en charge tes moyens de subsistance : le travail et parfois, avant lui, l’octroi de certaines aides.
Les titulaires du RMI peuvent, par l’intermédiaire du Travailleur social qui a instruit leur dossier, obtenir le FSL (Fonds de Solidarité Logement) qui permet :
D’assurer la caution (remboursable par l’intéressé), payer le 1er loyer, parfois, la première année d’assurance habitation et qui fonctionne pour l’achat de mobilier et d’appareils électroménagers (dans ce cas, c’est une aide non remboursable). Nota. : les moins de 30 ans n’ont pas droit au FSL.

Nota A : N’oublie pas que ton travailleur social - CIP (Conseiller d’Insertion et de Probation) peut t’aider dans cette démarche, notamment en te trouvant les « bonnes » adresses, vois également avec l’écrivain qui a, peut-être, une lettre-type qui pourrait t’aider à rédiger ta propre lettre de motivation.

Certaines aides financières :

Les aides, susceptibles de t’être versées, varient selon ta situation (durée de détention) et ton âge.
Si ta détention a duré plus de 36 mois (3 ans), tu « perds » tous tes « droits acquis » ASSEDIC, « droits » acquis par un travail et cotisations antérieures à ta détention.
Si tu as moins de 26 ans (et moins de 36 mois de détention et des « droits acquis »), tu peux bénéficier de l’ARE (Aide au Retour à l’Emploi), comme tout chômeur.
Prévoir inscription ANPE + ASSEDIC et production de feuilles jaunes (attestation d’emploi de ton (tes) employeur(s)) sur trois dernières années d’activité salariée).
Si tu as moins de 26 ans (et une détention supérieure à 2 mois) et pas de « droits acquis », tu as droit à aucune aide sauf l’AI (Allocation d’Insertion), soit 282,30 €, pendant six mois (renouvelable une fois).
Quelque soit ton âge, si tu as travaillé, pendant plus de 5 ans, en 10 ans, mais moins de 36 mois de détention, tu peux bénéficier de l’ASS (Allocation Spécifique de Solidarité) qui équivaut à peu près au RMI (Revenu Minimum d’Insertion), soit 411,70 €.
Si tu as plus de 50 ans et moins de 60 ans, tu peux prétendre à l’ARE (voir ci-dessus), à l’AI (voir ci-dessus), à l’ASS (voir ci-dessus), mais si tu as plus de 36 mois de détention, tu as perdu tous tes « droits acquis » et donc, il ne te reste plus qu’une possibilité, le RMI (362,30 €, pour une personne seule - sans charge de famille + éventuellement, une aide au logement de 49,40 €).
Pour permettre à tout un chacun d’avoir un « minimum », il est prévu de créer un RMA (Revenu Minimum d’Activité) qui viendrait en complément, d’un autre revenu ou allocation. Attendons sa mise en place, pour en savoir plus.

Si tu bénéficiais, avant ta mise en détention de l’AAH (Allocation Adulte Handicapé), tu devrais en bénéficier, au taux plein, dès ta libération. Pour éviter tout retard, prévenir la CAF (Caisse d’Allocation Familiales) d’accueil, et ta actuelle CAF (lieu de détention), de ta date de libération prévisible, et ce, deux mois à l’avance.

Pour obtenir le RMI :

Il faut, tout d’abord, t’inscrire à l’ANPE + ASSEDIC = une seule inscription à faire auprès de ton ASSEDIC (de résidence = où tu habites).
Tu peux « demander » le RMI (Revenu Minimum d’Insertion) que si tu as été « refusé » par les ASSEDIC (pas d’indemnisation, prévue par les textes, cf ci-dessus). Nota : ton inscription à l’ANPE + ASSEDIC peut se faire, quelques mois avant ta « sortie » = remplir le formulaire intitulé « Inscription comme demandeur d’emploi », disponible auprès de ton travailleur social (CIP = Conseiller d’Insertion et de Probation) - Tu dois fournir : pièce d’identité ou titre de séjour (avec autorisation de travail) pour les étrangers + copie de ta carte de Sécurité sociale et attestation(s) d’employeur(s) (feuilles jaunes) des 13 derniers mois (voir les 5 dernières années) et un RIB ou RIP (Relevé d’Identité Bancaire ou Postal) + bulletin de sortie du Centre de détention.
Tu dois « passer » par le CMS (Centre Medico Social) et ton AS (Assistante Sociale) ou par le CCAS (Centre Communal d’Action Sociale) de ta mairie de résidence.
Ceci n’est possible que lors de ta sortie, une fois dehors, mais cela se prépare, ici = collecter les pièces ci-dessus, y compris un certificat de non-imposition à l’IR (Impôt sur le Revenu).

Rappel : même si tu n’es pas « imposable », en raison de tes faibles revenus (voire nuls), tu as intérêt (voire l’obligation) de faire une « déclaration de revenus » (en février, de chaque année). Nota : il n’est pas trop tard pour faire les déclarations non faites.

Tout ce qui précède concerne les aides que tu peux obtenir si tu ne travailles pas.

A la recherche d’un travail :

Il est bien clair que ton objectif doit être de travailler dans un secteur où tu t’y trouveras bien, ce sera un gage de bonne réinsertion.
Pour t’y aider, l’Etat est susceptible d’aider ton futur employeur s’il t’emploie, sous certaines conditions, à savoir, tu peux :
. Souscrire un CDD (Contrat à Durée Déterminée) ou un CDI (Contrat à Durée Indéterminée) = l’idéal.
. Commencer un apprentissage (de 1 ou 2 ans), si tu as moins de 26 ans (formation + travail).
. Conclure un contrat de qualification (1 ou 2 ans), si tu as moins de 26 ans (formation + travail - mieux rémunéré que l’apprentissage, moins aidé par l’Etat, plus facile à obtenir par l’employeur).
. Faire un CES (Contrat Emploi Solidarité) de 3 à 12 mois, avec une collectivité de droit public (mairie, administration, école), ou, autres associations. La durée du travail est de 20 heures/semaine, avec une rémunération égale au SMIC (Salaire Minimum Interprofessionnel de Croissance), au prorata des heures faites. C’est souvent un bon départ pour une reprise du travail, mais la rémunération ne permet pas de « vivre » ! C’est ce qui t’est proposé, lors d’un « chantier extérieur », mais là, tu es, encore, pris en charge par l’administration pénitentiaire qui t’assure le gîte et le couvert…
. Faire un CIE (Contrat Initiative Emploi), en CDD (entre 12 et 24 mois) ou en CDI, avec tout employeur affilié à l’UNEDIC, c’est à dire toute entreprise sauf tout ce qui est administratif ou para-administratif. La durée de travail est de 35 heures/semaine, avec une rémunération conforme à la convention collective (avec comme minimum le SMIC). Le CIE peut être à temps partiel (attention : il faut plus de 120 heures de travail, pour bénéficier des prestations sociales et/ou droits ASSEDIC futurs).
Tu as tout intérêt, à prévoir et préparer, ici, dès que possible, un CV (Curriculum Vitae) qui résumera, ton état-civil, ta formation, ton parcours professionnel, et tes projets et souhaits.

Ton travailleur social et/ou l’écrivain peuvent t’aider dans sa rédaction.
Tout ce qui précède, bien sûr, n’est qu’un résumé « simplifié » des différentes possibilités, en matière d’aides financières et de recherche d’un emploi. Selon ton cas « personnel », ton travailleur social pourra « affiner » ce qui précède. De plus, sais-tu que très régulièrement (chaque mois ou presque), un Conseiller d’emploi de l’ANPE de Commercy (et particulièrement chargé de « l’Accueil spécifique « Ancien détenu » (accueil qui existe dans de nombreux centres ANPE)) vient nous informer (s’inscrire auprès de ton CIP) en information collective et en entretien individuel.

RAPPEL : Il te faut être inscrit à l’ANPE + ASSEDIC pour bénéficier de la quasi-totalité des aides et, surtout, des soins médicaux « gratuits », pendant une année, pour toi et tes ayants-droits (épouse et enfants), après ta « sortie » de détention.

Avant de te « lancer » dans la recherche d’un emploi, tu peux, dès maintenant, et, au plus tard, dans tes six derniers mois de détention, préparer cette étape, essentielle de ta réinsertion « réussie ».
. Avec les ASSEDIC, tu peux conclure un PARE (Plan d’Aide au Retour à l’Emploi) = suivi individuel régulier et personnalisé et des allocations qui ne diminuent pas...
. Avec la SIGES (et en accord avec ton CIP), tu peux « faire un bilan de compétences » qui te permettra de bien « cibler » tes aptitudes, tes centres d’intérêt et tes compétences intellectuelles et professionnelles pour tel ou tel métier (s’inscrire auprès de la SIGES Formation).

Je ne voudrais pas terminer ce propos sur le « travail » sans te rappeler qu’il existe une autre possibilité pour vivre de son travail, c’est « en créant ton entreprise ».

Quelques rappels :

Carte d’identité : Quand tu es arrivé en prison, t’a été retenue ta carte d’identité. Si elle est « périmée », tu as tout intérêt à prévoir son renouvellement deux mois avant la date présumée de ta sortie. Pièces à fournir : acte de naissance + 2 photos d’identité + 2 enveloppes timbrées + justificatif de domicile + 1 formulaire à remplir.
Ton SPIP et/ou l’écrivain peuvent t’aider dans cette démarche.

Tu es prioritaire, dans de nombreuses démarches, auprès de l’ANPE (voir le Conseiller d’emploi, chargé de l’accueil spécifique « ancien détenu »), auprès des organismes sociaux (HLM pour le logement, CAF pour le RMI).

Vie Sociale :

Comme déjà dit, l’extérieur ne t’a pas attendu, peut-être, il ne t’attend pas du tout, c’est donc à toi de faire en sorte qu’il te reçoive dans les meilleures conditions.
Pour ce faire, de nombreuses associations (spécialisées en réinsertion) ou autres (ouvertes à tous) sont susceptibles de t’aider à faire ce pas social, à rencontrer du monde.
Le pire est de te « retrancher » dans ton chez soi = boulot + dodo = point final.
Il faut vivre, et vivre, c’est communiquer.
Donc, je te conseille, selon tes goûts et tes capacités, de participer à des activités « collectives » sportives et/ou culturelles auprès d’associations proches de ton domicile.
La mairie pourra te renseigner sur ce qui existe dans ton secteur et t’indiquer des contacts.
Un conseil : ne pas crier sur les toits d’où tu sors, mais, ne pas le cacher, non plus.
L’honnêteté et la franchise, en la matière, sont payantes.
De toutes les façons, un jour ou l’autre, cela se saura, alors autant prendre les devants (avec les formes) et faire en sorte que le passé reste le passé et que l’on sache que tu es « volontaire » pour repartir sur de « nouvelles bases »…

Vie Personnelle :

Je ne t’en parlerai pas, c’est ton affaire, tes choix, mais…
N’oublie pas que l’homme est fait pour vivre en harmonie avec ses semblables, en se respectant soi-même et en respectant les autres.

N’oublie pas qu’une « sortie », cela se prépare, si tu ne veux pas aller au casse-pipe… et si tu veux réussir ta réinsertion, c’est à dire ton retour à la vie de tous les jours.

Informations recueillies et rédigées par PDG, à la demande de l’Aumônerie catholique du Centre de Détention Régional de Saint-Mihiel. Atention : chiffres et mesures énoncées sont celles en application au 01/12/03.
Les informations recueillies ont été relues et vérifiées par nos différents partenaires, et en particulier, par des Travailleurs sociaux et l’ANPE-ASSEDIC.


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A travers : « 1019 jours de détention… ou la vie en prison, vue du dedans, comme si vous y étiez… » (index des notes sur la journée du 7 janvier)
Clémence et Paul Denis tentent de vous faire vivre le quotidien d’un détenu « moyen », pas inculte, mais pas VIP, non plus (vous avez l’intégral de ce bouquin, complété par vos questions / remarques et mes réponses…).
Nota : Sur la journée du 14 janvier, vous trouverez un lexique des mots qui méritent une explication et/ou un commentaire…
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Ma Prison… ou quelques questions qui fâchent… et des solutions proposées…
A travers ces pages, Paul Denis poursuit sa réflexion, il ne se considère plus comme un détenu, mais comme un observateur qui très souvent est devenu un confident.
Vous trouverez, sur la journée du 17 mai les dates de parution de mes articles…
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Les bouquins de Paul DENYS n’ont pas encore trouvé d’éditeur.
Si vous désirez avoir leur version papier, vous pouvez acquérir (l’un ou l’autre ou les deux) en envoyant, par volume, un chèque de 17 € (frais d’envoi compris) à Ligue des Droits de l’Homme (LDH 57), 3 rue Gambetta à 57000 METZ. Pour 10 €, je peux vous l’envoyer par e-mail (150 pages A4 ou 220 pages A4).

31/03/2008

La Prison... la Récidive...

La prison :

Ce mot m’inspire la réflexion suivante :

A ma connaissance, à ce jour, la majorité ou pour le moins, les plus grandes prisons sont souvent archaïques, vétustes.
J’ai entendu dire, à juste titre, qu’elle est la honte d’une société qui se dit moderne, démocratique, civilisée et respectueuse des droits de l’homme.
C’est un lieu où l’on fabrique des délinquants et des révoltés contre la Justice, mais aussi contre toute forme de vie sociale.
Elle est faite pour punir et pour amender (corriger)… !
Elle punit peut-être, mais il est certain qu’elle n’améliore pas l’individu, ça c’est sûr.
Il n’y a ni réelle réinsertion, ni formation, mais plutôt un apprentissage du « milieu délinquant »…
Il est plus facile (probable) d’en ressortir « voyou » qu’honnête homme…

On y trouve sur chaque porte : le n° de la porte, le nom du détenu, le n° d’écrou, par le jeu d’une étiquette de différente couleur (jeune, DPS – détenu particulièrement surveillé, religion), parfois régime alimentaire (sans porc, édenté, etc…).
Cela manque, pour le moins, de confidentialité et d’intimité… On n’en fait pas plus pour du bétail… de foire.

Chaque cellule, chaque ouverture (fenêtre) est équipé de barreaux qui sont sondés (testés), chaque jour, bruit régulier qui s’entend de loin.

C’est tout un cérémonial : deux surveillants, un dehors, un dedans. L’accès de la cellule est bloqué pour que le surveillant ne soit pas « enfermé ». J’ai, une fois, interrogé un surveillant qui était là depuis longtemps et il m’a avoué ne pas connaître le bruit d’un barreau « en train d’être scié »… mais ce sondage doit être effectué, précise le règlement.


On parle de récidive… :

On parle de « en état de récidive ». Cela se dit d’un individu qui a déjà été condamné (en général, pour les mêmes faits). Cela aggrave toujours la peine encourue qui peut être doublée.
Le nombre élevé de « récidivistes » me pose les questions gênantes du style :
. la 1ère condamnation a-t-elle été justifiée et n’a-t-elle pas provoqué un sentiment d’injustice et déclenché une haine contre le système ?
. une « réinsertion » a-t-elle été mise en place pour éviter cette récidive ?
. la prison n’a-t-elle pas favorisé les délits suivants. Et cela repose le problème du mélange « prévenu et condamné », « petits et grands délinquants », primaires et récidivistes, des jeunes avec de plus âgés.
. l’état psychologique, familial, social et/ou financier à sa sortie de prison, n’a-t-il pas contraint l’ancien détenu à commettre de nouveaux délits (le même ou d’autres).
A vrai dire, la prison se révèle souvent plus destructrice qu’il n’y paraît.
Se reconstruire, pour un individu, est plus difficile que l’on croit.
Sans aide, rares sont ceux qui y parviennent.


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Rajout : La Prison, la Récidive

Je suis d’accord avec toi, la prison n’améliore pas les gens. Elle les rend fainéant, on prend l’habitude de ne rien faire.
De plus, elle te donne pas un métier, elle te le prend plutôt, car tu perds ton boulot et à la sortie, tu ne retrouves pas facilement du taf… Tu as un trou dans ton CV.
C’est vrai que pour beaucoup, c’est plus facile de « reprendre » l’ancien business plutôt que de chercher un taf nouveau et chiant… alors que l’on connaît bien la façon de gagner pas mal de blé… Alors…

D’Alex, le 16 avril 2007


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A travers : « 1019 jours de détention… ou la vie en prison, vue du dedans, comme si vous y étiez… » (index des notes sur la journée du 7 janvier)
Clémence et Paul Denis tentent de vous faire vivre le quotidien d’un détenu « moyen », pas inculte, mais pas VIP, non plus (vous avez l’intégral de ce bouquin, complété par vos questions / remarques et mes réponses…).
Nota : Sur la journée du 14 janvier, vous trouverez un lexique des mots qui méritent une explication et/ou un commentaire…
……..
Ma Prison… ou quelques questions qui fâchent… et des solutions proposées…
A travers ces pages, Paul Denis poursuit sa réflexion, il ne se considère plus comme un détenu, mais comme un observateur qui très souvent est devenu un confident.
Vous trouverez, sur la journée du 17 mai les dates de parution de mes articles…
……
Les bouquins de Paul DENYS n’ont pas encore trouvé d’éditeur.
Si vous désirez avoir leur version papier, vous pouvez acquérir (l’un ou l’autre ou les deux) en envoyant, par volume, un chèque de 17 € (frais d’envoi compris) à TOP SERVICES, 7 Bld d’Alsace à 57070 METZ. Pour 10 €, je peux vous l’envoyer par e-mail (150 pages A4 ou 220 pages A4).

 
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