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22/10/2008

La Justice ressentie (suite)... en prison

Quelques sujets qui me tiennent à cœur…

La Justice ressentie – 2 -


Y aurait il plusieurs « justices » ?
Ou, est-il normal que l’interprétation des textes soit régi par la « seule » interprétation d’un petit nombre ?
Lorsque j’étais à Metz, j’ai lu un article édifiant, dans VSD ou L’EXPRESS ou ailleurs qui faisait une étude comparée des différentes « Cour d’assises ». En fait, je n’ai retenu peu de choses, si ce n’est qu’il fallait mieux être condamné en Corse ou à Nancy qu’à Metz…

Tout ce qui précède ne concerne, en fait, principalement que le Tribunal correctionnel (tous les délits, sauf ce qui est pris en compte par une Cour d’Assises, à savoir : meurtres, viols, braquages, agressions avec armes, terrorisme, etc…)
Pour ce qui se passe en Cour d’assises, l’instruction est, en théorie, de 2 ans ou plus, si nécessaire. Il y a des jurés (jury populaire).
Les peines sont plus lourdes, en général, avec une période dite de sûreté, pendant laquelle aucun aménagement de peines n’est possible.

Ce qui est et reste le plus choquant dans notre « Justice » française, c’est qu’il n’y a pas de justice ou plutôt « d’égalité » devant la justice.
Cela est particulièrement flagrant lorsqu’il s’agit de trafiquants (principalement les « passeurs » = convoyeurs) de produits illicites. Ce devrait être simple. En fonction de la quantité saisie, c’est telle peine, telle amende. Il n’en est rien, selon le tribunal, le « tarif » n’est pas le même, selon le service des « douanes », l’amende n’est pas la même.
Et on ne peut pas dire que le passé de l’individu influe sur la décision, puisque pour 98 % des cas, il s’agit d’étrangers, inconnus de la justice.
A juste titre, vous pourrez me dire que le propre de la Justice est justement de tenir compte de l’individu, de ses antécédents, des risques de récidive, etc…
J’en conviens, mais si certains facteurs « individuels » doivent influencer toute décision, il n’est pas normal qu’il y ait de telles différences, et je vous assure, elles sont souvent considérables, d’un tribunal à un autre.

Pour ce qui est des « conditions de détention », il semblerait que c’est bien la même chose. Au niveau de l’admission, les « Maisons d’Arrêt » sont « obligés » d’accepter tout ce qui « arrive ».
En CD (centre de détention), les places sont limitées au nombre de places.
Mais pourquoi, à Metz, pour être transféré en CD, il faut au minimum 6 mois, alors qu’à Nancy, 1 mois après le jugement, le transfert peut avoir lieu…
Pourquoi, un détenu (de plus, prévenu, donc considéré comme présumé innocent), devrait-il être logé dans des conditions, dirons-nous, précaires qui frisent l’inhumain et le manque d’hygiène, et qui « violent » l’intimité à laquelle, au XXIième siècle, tout être humain devrait avoir droit.
Pourquoi mélanger toutes sortes de délinquants au risque (réel) de transformer la prison en école de la délinquance.

Et il faut évoquer, aussi, les conditions dans lesquelles est attribué le « travail ». C’est avant tout du « copinage », en fait, ce terme est impropre, car, travaillent, en priorité, ceux qui ne « disent rien ». C’est humain, mais cela ne peut provoquer que des tensions dans les étages, car la priorité « aux ateliers » (puisqu’il n’y a pas de travail pour tout le monde) ne se fait pas selon des critères de besoins financiers et/ou psychologiques.
Ici, il semble qu’ils sont un peu plus réalistes, et, compte tenu de la « pénurie » de travail due, nous l’espérons, à la période estivale, ils ont organisé un roulement afin que, dans le mois, ceux « en place » travaillent quand même un peu.

Aux dires de certains, certains CD sont mieux qu’ici : plus de liberté ( !), plus d’équipements, plus d’activités, plus de travail.
Certainement, il y a mieux, mais il doit bien y avoir pire, aussi, je pense que l’important est d’arriver à s’adapter à chaque lieu, à chaque circonstance, à chaque étape de ta détention.

Ceci est ma devise, et c’est ce que j’arrive, ou pour le moins, je m’emploie à mettre en pratique…

Pour conclure, et parce qu’il voyait juste (c’est mon intime conviction), je vous citerai une réflexion d’un de mes ancêtres :

« La Justice, loin d’être absolue, peut varier, suivant l’humeur momentanée
de celui qui la rend. Cette pensée me remplit de mélancolie »

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A travers : « 1019 jours de détention… ou la vie en prison, vue du dedans, comme si vous y étiez… » (index des notes sur la journée du 7 janvier)
Clémence et Paul Denis tentent de vous faire vivre le quotidien d’un détenu « moyen », pas inculte, mais pas VIP, non plus (vous avez l’intégral de ce bouquin, complété par vos questions / remarques et mes réponses…).
Nota : Sur la journée du 14 janvier, vous trouverez un lexique des mots qui méritent une explication et/ou un commentaire…
……..
Ma Prison… ou quelques questions qui fâchent… et des solutions proposées…
A travers ces pages, Paul Denis poursuit sa réflexion, il ne se considère plus comme un détenu, mais comme un observateur qui très souvent est devenu un confident.
Vous trouverez, sur la journée du 17 mai les dates de parution de mes articles…
……
Les bouquins de Paul DENYS n’ont pas encore trouvé d’éditeur.
Si vous désirez avoir leur version papier, vous pouvez acquérir (l’un ou l’autre ou les deux) en envoyant, par volume, un chèque de 17 € (frais d’envoi compris) à Ligue des Droits de l’Homme (LDH 57), 3 rue Gambetta à 57000 METZ. Pour 10 €, je peux vous l’envoyer par e-mail (150 pages A4 ou 220 pages A4).…
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20/10/2008

La Justice ressentie... en prison

Quelques sujets qui me tiennent à cœur…

La Justice ressentie…

« L’ennemi de la vérité n’est pas le mensonge, mais l’intime conviction »

Cette pensée de Friedrich NIETZSCHE (philosophe allemand – 1844-1900) vous annonce le « ton » de mon propos.

Aujourd’hui, je veux vous parler de la Justice et surtout, comment elle est ressentie par le, les condamnés que nous sommes.

Je ne reviendrai pas sur les conditions matérielles et psychologiques de la garde à vue, de la comparution immédiate et du déroulement de l’instruction quand elle a lieu. Je vous en ai longuement parlé au début de cet ouvrage.

A l’issue de tout jugement, il y a une sentence, une condamnation et c’est là que cela commence à pécher.

En effet, la sentence, c’est la seule inconnue, c’est la loterie, il y a bien des bases (Code pénal), mais il ne s’agit que de maximum, selon le cas et les faits reprochés…, à multes reprises, j’ai pu constater que c’était vraiment à la tête du client et selon l’humeur (du jour) des juges. A cela, vous rajoutez, le lieu, Thionville n’est pas Nancy qui n’est pas Metz. Pour un même délit, la « peine » peut aller du simple au double. Tout peut influencer et peut provoquer une hausse ou une baisse du « tarif ».
Et cette constatation (affirmation) est ce que l’on (les détenus) reproche le plus à la Justice…
C’est de ne pas être « juste » et « équitable » et cela donne un sentiment d’inégalité, insupportable. Il n’y a qu’un texte, le même pour tous, mais selon les lieux, et les individus, et les juges, il n’est pas interprété « pareil »…
Qu’en penser ?
Au niveau de la « détention », je pense que c’est un peu la même chose.
Outre les différences entre les lieux et leur « qualité de vie » (conditions matérielles et conditions psychologiques), il y a encore le rôle du JAP (Juge d’Application des Peines) qui régit, en dictateur, sans aucun contrôle, (tout le monde en a peur), les conditions dans lesquelles tu feras ton temps de détention (permission de sortie, remise de peines, aménagement de peines, etc…).
C’est pareil, il y a des textes et surtout leur application qui manque, pour le moins, d’objectivité et surtout d’uniformité. C’est au bon vouloir du JAP qui, pour certains, se permettent de te rejuger alors que leurs décisions ne devraient être motivées que par l’attitude du détenu en détention.
Alors, dans ces conditions, que penser de la Justice.
Elle a, certes, son rôle et sa nécessité, mais, quoi qu’en disent certains, elle subit des pressions politiques (il suffit de voir « les affaires » et leur déroulement / aboutissement).
Il y a aussi beaucoup de copinage entre procureur (représentant de la Loi et de l’Etat), juges (interprètes des textes législatifs), et avocats (défenseurs de l’accusé ou de l’accusateur).
Le prévenu (ou condamné) n’est qu’un « petit » pion, dont peu de monde se préoccupe, en réalité, mais c’est bien lui qui subit.

Il est bien sûr clair que le cas de chacun est « unique », mais ce qui apparaît comme le plus évident, c’est que beaucoup de condamnés considèrent qu’ils n’ont pas eu la possibilité de prouver la réalité et de présenter ce qui était « à leur avantage » et/ou les vraies motivations de leur geste.

La Justice se fait sur des apparences et sur l’intime conviction, tout d’abord du policier-enquêteur, du juge d’instruction (souvent la même intime conviction), puis celle des juges, en sachant, en fait, après réflexion, je pense que c’est encore le policier-enquêteur qui passe le plus de temps sur ton dossier.
Aussi, est-il déplorable de constater, savoir que c’est le moment le plus pénible et le plus inhumain, aussi. On te questionne sur des faits qui se sont parfois passés plusieurs années auparavant… tu n’y es pas préparé… tu subis une pression psychologique « forte », inacceptable… Reprendre les faits (= se contredire) chez le juge d’instruction, c’est « normalement » possible, mais c’est « difficilement » accepté…
Tu n’es plus entendu…, et les juges n’ont pas le temps de vérifier, de faire vérifier, et qui va vérifier : le policier-enquêteur ? …
Reste le problème de « l’application de la peine » : c’est encore toute une suite de circonstances qui nous échappent…
Même si au tribunal, tu es condamné à une peine de prison ferme avec ou sans X mois de sursis, cela ne veut pas dire que tu vas aller en prison. Certes, si tu y es déjà, tu y restes. Une « majorité » des peines inférieures à 6/12 mois, ne sont pas mises en exécution. C’est à dire que tu ne vas pas en prison… Mais, en fait, c’est un piège (nous en reparlerons).

En pratique, ta peine doit être mise en application, par, comme son nom l’indique, le Juge d’Application des Peines (JAP) (pas le même que celui qui t’a jugé et qui s’occupe de la prison, en théorie), qui, avec toi, devrait étudier la meilleure des solutions pour que tu puisses exécuter ta peine, sans « trop » perturber ta vie familiale et professionnelle, c’est là qu’apparaissent les aménagements tels que la semi-liberté (nuit en prison + journée et week-end libres) : 70 places à Metz ( !), bracelet électronique (combien ?) (mise en route lente) et dans de nombreux cas, tu n’es jamais convoqué chez le juge, et avec le jeu des grâces (14/07) : 2 mois de grâce par année, si tu n’es pas incarcéré (rappel : 14 jours/mois avec maxi 4 mois, si tu es incarcéré), la peine s’éteint…
Ce décalage, ce laxisme ou plutôt, cette incapacité a exécuté ce que la Justice a décidé, est bien connu des petits délinquants : petit voleur, chèques falsifiés, petit consommateur de stupéfiants, etc… en fait de tous ceux pour qui leur délinquance ne prévoit pas de peines « importantes ».
Et c’est là que le piège se met en place… Il est évident et réaliste de constater que « parfois » le même juge retrouve les mêmes « clients » pour les mêmes faits. Et là, il en a marre, s’énerve un peu et déclare (lors du jugement) : « mise en détention à la barre », ce qui veut dire qu’il est arrivé « libre » et qu’il ressort du tribunal entre deux policiers pour rejoindre la prison.
Et à partir de là, eh bien, toutes les condamnations antérieures non mises en exécution ou « avec sursis » « tombent » (sont mises en exécution) et celui qui est arrivé avec 6 mois, se retrouve là pour 2 ans ou plus…
Et le vice aidant, et la mémoire faisant défaut, bien sûr, tout ne « tombe » pas en même temps. J’ai vu certains, prêts à « sortir », se voir « signifier » (annoncer) la mise en exécution d’un jugement ou la révocation d’un sursis, c’est surtout dans ce dernier cas, car, les condamnations, on y pense, on oublie plus facilement le « sursis », car en théorie, il n’est pas exécuté, sauf si tu as une autre condamnation postérieurement.
Un de mes travaux épistolaires, le plus important (en nombre), ici, est de rédiger des demandes et « lettres de motivation » en vue d’une confusion des peines. J’ai vu jusqu’à 8 peines de 2 à 6 mois pour le même type de délits !
Pour tout dire, l’issue d’une telle confusion de peines est quelque peu aléatoire, en fait, il s’agit d’un nouveau jugement, en général, le condamné n’y est pas présent ( !) et les motivations de la demande doivent être présentées par écrit et/ou par un avocat.
Le Code pénal prévoit la révocation « automatique » du sursis, en cas de seconde condamnation.
Qui le sait ? Même les avocats vous disent que ce n’est pas systématique.
Par expérience et de visu, je vous dirai que c’est, quand même, la généralité.
En 15 mois d’écrivain, je n’ai connu que 2 cas (détenus) qui sont sortis en gardant leur sursis.

Quand vous êtes détenu, vous êtes censé pouvoir bénéficier d’un certain nombre d’aménagements de peines, une fois que ta (tes) peine(s) (éventuellement cumulées) sont faites à moitié ou à 2/3 (pour récidiviste).
Il s’agit, principalement, de la « libération conditionnelle ». Pour l’obtenir, il faut avoir un hébergement, une promesse d’embauche et avoir manifesté des « efforts » de réinsertion par une bonne conduite en prison et le travail et/ou la formation, par le paiement des parties civiles.
Il y a aussi, comme aménagement possible, quand il reste moins de 12 mois à faire, la semi-liberté et le bracelet électronique, il y a encore « placement extérieur », c’est à dire, toujours sous contrôle judiciaire, un contrat de CES (1/2 temps) dans et/ou sous la responsabilité d’une association agréée (cf cas de José BOVE, c’est cela qu’il a eu pour aller manifester au Larzac et ailleurs (!)…).

Voilà. Je pense avoir fait le tour des possibilités. Mais il n’est pas négligeable de répéter que tous ces aménagements sont assujettis au « bon vouloir » du JAP qui est censé tenir compte de l’avis de l’administration pénitentiaire… mais je ne suis pas sûr que cet avis influence sa décision…
Ce qui me permet de répéter que certains détenus pensent, peut-être pas sans bonnes raisons, qu’il vaut mieux être « prisonnier » dans telle ou telle prison, car on sait que là, le JAP est plus cool…

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A travers : « 1019 jours de détention… ou la vie en prison, vue du dedans, comme si vous y étiez… » (index des notes sur la journée du 7 janvier)
Clémence et Paul Denis tentent de vous faire vivre le quotidien d’un détenu « moyen », pas inculte, mais pas VIP, non plus (vous avez l’intégral de ce bouquin, complété par vos questions / remarques et mes réponses…).
Nota : Sur la journée du 14 janvier, vous trouverez un lexique des mots qui méritent une explication et/ou un commentaire…
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Ma Prison… ou quelques questions qui fâchent… et des solutions proposées…
A travers ces pages, Paul Denis poursuit sa réflexion, il ne se considère plus comme un détenu, mais comme un observateur qui très souvent est devenu un confident.
Vous trouverez, sur la journée du 17 mai les dates de parution de mes articles…
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Les bouquins de Paul DENYS n’ont pas encore trouvé d’éditeur.
Si vous désirez avoir leur version papier, vous pouvez acquérir (l’un ou l’autre ou les deux) en envoyant, par volume, un chèque de 17 € (frais d’envoi compris) à Ligue des Droits de l’Homme (LDH 57), 3 rue Gambetta à 57000 METZ. Pour 10 €, je peux vous l’envoyer par e-mail (150 pages A4 ou 220 pages A4).…
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17/10/2008

Les prisons et la TV

Quelques sujets qui me tiennent à cœur…

Les prisons et la TV

Il est vrai que la TV nous (vous) bombarde d'émissions… Comme dans tout, il y a du bon et du mauvais…, mais, en règle générale, d'après ce que j'ai appris de ceux qui ont déjà fait plusieurs établissements, la situation générale n'est pas digne d'un pays civilisé qui se veut être un pays "moralisateur" : aucun bien-être, aucune sécurité en cas de sinistre…, aucune considération (respect) de l'être humain (à Nancy, ils sont, pour certains, à 14 dans une cellule… Imaginez l'intimité et le respect possibles… Imaginez les "sources" de conflit possibles.

A Metz, ce n'était pas "merveilleux", mais ce n'était pas l'enfer que connaissent (supportent) certains : délabrement des installations, cafards, pas d'hygiène + le surpeuplement "généralisé".

Etre en surnombre n'est pas, en théorie, une catastrophe, mais ce qui est grave et désastreux, ce sont les structures (douches, cuisines, salles, etc.…et peut-être même le nombre de surveillants (si on les écoute) qui sont prévues pour le nombre prévu : 439 places pour plus de 640 détenus à Metz… Il ne suffit pas de mettre un lit (matelas) de plus…

En Centre de détention, nous sommes ce que le nombre de places prévoit et les conditions "matérielles" légales (1 détenu par cellule) sont plus acceptables et respectées. Nous sommes privilégiés par rapport aux Maisons d'Arrêt qui ont l'obligation de "recevoir" ce que la "Justice" leur envoie…

N'en doutez pas, les mutineries, pétitions internes et évasions ont "toujours" existées… mais on n'en parlait pas… De plus, les "discours" et "déclarations" ne reflètent que rarement la réalité… on ne vous dit pas tout… on pèche par omission…

Et si on ne laissait "en prison" que les délinquants "dangereux" et/ou "non récupérables", croyez-moi, il y aurait de la place… et cela coûterait moins cher (coût de revient d'un détenu entre 90 et 120 euros/jour…! (chiffre officiel, selon les structures…).

Très souvent, une détention longue, plusieurs dizaines de mois, ne sert à rien et donc ne se justifie pas… Pour moi, au moins 1/3 des 60.000 détenus (actuels) pourrait être "dehors" "surveillé et contrôlé"…

L'adage qui veut que "la prison soit l'école du crime" ne me semble pas tout à fait hors de la réalité.
Celui qui souhaite (ou veut) être initié… l'est, facilement.
A ce niveau là, la solidarité existe et tu es vite informé des techniques bonnes et moins bonnes de te faire une vie "facile", dehors.
De plus, les mauvaises habitudes (pratiques) sont vite prises…
Je ne crois pas que la violence physique soit un des problèmes majeurs de la vie carcérale. Ce qui est néfaste à notre société, c'est que celui qui est "irrécupérable", pourrit celui qui aurait pu être "récupéré".
J'ai vu un petit voleur à la tire, sortir au bout de six mois, complètement "accroc" au haschisch…, alors qu'il ne consommait pas avant…
Moi-même, je ne peux dénombrer le nombre de fois où sa consommation m'a été proposée (offerte)… en remerciement du service rendu…. Que va-t-il faire à sa sortie, ce "petit" voleur, si ce n'est revoler, non plus pour permettre à sa petite famille de survivre (de toutes façons, sa copine et leur enfant l'ont quitté – une des conséquences "indirectes" et fréquentes de toute détention), mais pour s'alimenter en cannabis…

Post-scriptum : Soyez sans crainte, je n'y ai jamais goûté… un spécialiste (Vincent) m'a dit, sur ma demande, ne voulant pas mourir idiot : "Si elle était bonne, peut-être, je te laisserais y goûter, une fois, pour voir, mais, ici, elle est tellement "dégueulasse" que j'en aurais honte…".

Et cela, je pense que c'est notre système judiciaire et pénitentiaire qui en est responsable… A ce stade, la politique de l'autruche n'a pas lieu d'être… Et les efforts faits pour éviter les échanges "illicites" ne portent pas de fruit, car en amont, il n'y a aucune volonté "réelle" de voir "changer" quelque chose.
En effet, je suis et reste persuadé, au moins à Metz, et, ici, aussi, qu'il serait facile d'éviter les mélanges néfastes aux plus faibles et influençables.
La topographie des lieux s'y prête et/ou a été prévue pour… En tout cas, rien n'est fait dans ce sens et c'est au coup par coup, souvent après l'incident que des modifications sont apportées…
En fait, l'état actuel des prisons (tensions, surpeuplement, etc…) tient au fait que, faute de réelle volonté (et capacité) de réinsertion et de suivi (après libération), les récidivistes sont "nombreux", à Metz, plus de 50 %, malgré une très grande majorité de – de 35 ans…!

Et parmi les "récidivistes", on trouve beaucoup de consommateurs de stupéfiants et cela me semble inévitable puisqu'en prison, ils ne sont pas "obligés" de se désintoxiquer…
On leur donne des produits de substitution, tout au long de leur incarcération et à la sortie… re-trafic, et c'est reparti…, et cela revient…
Pour moi, cette méthode de "préserver" un calme relatif me semble scandaleux. Quand vous en parlez, entre quatre yeux, avec un membre du personnel pénitentiaire et/ou médical, c'est le motif que l'on vous donne : "préservation du calme", ce qui laisse entendre que l'intérêt de l'individu (et de la société) passe après… ou, on ne s'en préoccupe pas… en prison.

Tout ce qui précède et mes autres textes / constats, devraient vous faire "sentir" que les nombreux "reportages TV" ne montrent et ne disent que ce que l'on veut vous montrer (démontrer…)… C'est si souvent incomplet que la vérité s'en trouve "déformée"…

En fait, lorsque l'on parle des prisons, il faut ne pas faire d'amalgame. Il y a les Maisons d'Arrêt (comme Metz) avec le surpeuplement et ses conséquences et les Centres de Détention ou Centrales (+ de 10 ans).

En Maison d'Arrêt, c'est du "gardiennage", du "parcage", tu es en attente, tu es sans cesse "encadré", contrôlé, je dirais même "canalisé". Tu ne peux que subir.
Aucune initiative vous est permise (ex.: tel jour, telle heure : douche).

En Centre de Détention et/ou Centrale, tout est fait et dirigé vers la réinsertion (et ce, même si tous les moyens d'une bonne et réelle réinsertion ne sont pas mis en place (ex.: équipement insuffisant, pas assez de travail ou par à coup (il faut tout finir en 3 jours, et ensuite, ne rien faire pendant 10).
Cette réinsertion passe par la prise en charge "personnelle" de sa propre destinée. Cela passe par le choix de ce que tu veux faire : travail, formation, ne rien faire et du choix de tes activités (sport, bibliothèque, école, activités diverses).
On ne te demande que de manifester ton intention en t'y inscrivant. Après, tu y vas si tu veux. Si tu n'y vas pas, personne ne te dira rien : aucune réflexion, aucun blâme (nota : pour le travail et la formation, les absences doivent être motivées. Même si ce n'est pas très bien vu, tu peux demander de ne pas aller travailler tel jour, pour convenance personnelle).

On te propose, tu disposes. On te laisse "libre" jusqu'au moment où il apparaît clair que tu n'es pas capable de gérer toi-même, cette autonomie.
Et cela fait (provoque) des crises (conscience d'une injustice) de la part de ceux qui se retrouvent en régime fermé, ou semi-fermé alors que si tu discutes avec eux, tu te rends compte que l'origine de leur situation restrictive n'est que le fruit de leur non-autonomie qui passe par le respect des consignes (interdits) et des autres (détenus et surveillants).

Aux ateliers (ou formation), la même politique de prise d'autonomie est appliquée. Tu t'écartes de la normale (ou sécurité), tu es éjecté.
Pour ma part, je pense que c'est une attitude (de l'administration) saine, et ce, d'autant plus que chaque mesure de restriction est revue, chaque quinzaine, sur décision collective des intervenants (évidemment, les détenus ne sont pas représentés dans cette instance interne, il ne faut pas trop demandé…).

Mais tranquillisez-vous, je ne suis pas parmi ceux qui sont le plus à plaindre, le plus malheureux, mon "mental" pallie et masque les désagréments de ma vie carcérale…

Je sais m'occuper et ainsi le temps passe…, mais il faut avouer qu'ici, nous vivons au ralenti… le temps ne compte pas… Nous sommes là et il s'écoule et nous rapproche de la sortie… alors, laissons-le couler…


A la relecture de ce texte, sur les "Prisons et la TV" : une réflexion n'est revenue, qui peut vous faire comprendre l'accueil reçu, et surtout l'état d'esprit dans lequel on est accueilli :
En effet, une des premières questions que l'on (l'administration) te pose quand tu arrives, est : "Etes-vous déjà venu, ici". Il est vrai qu'en cas de réponse positive, le questionnement (informations à donner) peut être différent… mais le fait que ce soit la préoccupation première de ton "premier" interlocuteur est quelque peu surprenante, pour ne pas dire traumatisante.
D'ailleurs, à notre niveau (détenus), à l'arrivée à l'étage, en quelques secondes, nous comprenions à qui nous avions à faire. Ce questionnement "direct" est tout à fait inutile et ne peut que déstabiliser (perturber) l'arrivant qui n'a pas besoin de cela pour l'être, croyez-moi.
Il ne faut pas oublier que lors de ton arrivée en prison : soit, tu as subi 48 h (ou plus) de "garde à vue", dans des conditions matérielles et psychologiques "déplorables", soit, tu viens de sortir du tribunal qui t'a condamné, en "comparution immédiate" à x mois de prison et donc, "cassé" ta vie présente.
A la vue de ton désarroi, il ne faut pas être fin psychologue pour "savoir", si tu connais les lieux…

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