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02/06/2008

La détention provisoire... en Prison

La Préventive :

La détention provisoire (préventive) :

Revenons à la comparution immédiate ou plutôt aux autres possibilités.
Tout d’abord, tu peux refuser la comparution immédiate et le tribunal peut « la » reporter, lorsqu’il se rend compte que tu n’es pas en état de répondre… et celle-ci est reportée à 2 ou 3 jours que tu fais en prison.
Mais, comme l’arrivée en prison est aussi, quelque peu traumatisante, au bout de 48 h, tu n’es pas forcément, en meilleure forme…
En 1996, j’ai été, en cellule, avec un gars (un plus vieux que moi, un retraité qui avait, une nouvelle fois, menacé son voisin, avec un fusil) qui n’a pu être jugé en comparution immédiate, parce que son avocat n’était pas disponible… Il est resté un mois en prison… avant d’être jugé et condamné à un mois de prison… bizarre coïncidence…
Pour conclure sur la comparution immédiate, actuellement, procédure la plus simple et la plus courante (en nombre), je pense qu’elle est, quand même, « souvent », un peu légère… et expéditive…

La nouvelle réforme prévoit qu’il y aura moins de « comparution immédiate » si le délinquant reconnaît les faits, et donc, le délit reconnu, non contesté… et il n’y aurait plus de jugement, mais une transaction, (nous en reparlerons, ci-après)…
Je ne connais pas les chiffres officiels, mais déjà pour ceux qui sont en prison, plus de 50 %, sont passés en comparution immédiate. A eux, il faut rajouter tous ceux qui ont une peine avec sursis, donc qui retournent à leurs occupations en attendant le prochain délit… ou plutôt, la prochaine arrestation…
La comparution immédiate « différée » a l’avantage pour « le condamnable » de lui permettre de « reprendre ses esprits et des forces » et de préparer, avec son avocat (payant ou commis d’office) un peu sa défense, ou plutôt, de rassembler les éléments qui peuvent influencer une « minoration » de la peine.

Donc, si comme déjà dit précédemment, tu n’es pas jugé en comparution immédiate, après passage (souvent inutile), devant un juge d’instruction, plusieurs possibilités s’offrent à toi et à la justice.
Soit tu es remis en liberté, sous contrôle judiciaire (avec quelques obligations), et tu seras convoqué pour revoir ton dossier avec le juge d’instruction et jugé plus tard (délai… l’inconnu).
Cette facilité t’est offerte si tu présentes des gages de garantie de « représentation » (si on pense que tu ne vas pas te sauver), si tu n’es pas dangereux pour la société, s’il n’y a pas de risque de poursuite (ou de récidive) du délit, si ta situation familiale l’exige (ou le recommande).
Soit, tu es mis en détention provisoire (donc avant jugement), et tu seras amené à revoir le juge d’instruction.
Lors de la détention provisoire, ce qui est tout à fait pénalisant et inadmissible, c’est que tu ne peux avoir accès à tes « propres » documents, tes propres affaires, tu ne peux chercher ou obtenir des témoignages « directs ». Toute ta vie passe par le juge d’instruction (courrier aller-retour, mais aussi demande de témoignages, demande de recherches d’informations complémentaires, etc…).
Et nombreux sont ceux qui vivent très mal cette période car ils se rendent compte qu’ils pourraient prouver leur « bonne foi » ou la « véracité » de leurs déclarations (contestées), mais qu’ils n’ont pas les moyens matériels de le faire : se rendre chez eux, au bureau, interpeller tel ou tel.
Même s’il y a eu « perquisition », c’est à dire, déplacement (avec toi) sur les lieux (domicile, bureau, etc…) avec la police, ce qui est pris (ou donné) ne l’est qu’à charge. La police te demande telle ou telle chose, fouille, et à ce moment-là, tu ne penses pas à « donner » ce qui peut t’être favorable.
Même si tu t’attends à une « garde à vue », tu ne l’as pas « préparée »… Et (rappel), il s’agit souvent non pas du présent, mais de faits datant de 2 ou 3 ans, ou plus…
Ce qui semble, à moi et à beaucoup d’autres, injuste à l’égard du prévenu (celui qui est condamnable, mais réputé innocent, jusqu’à son jugement), c’est que s’il est en prison, il lui est, tout à fait, impossible, de prouver « matériellement » ce qu’il dit.

J’ai en mémoire, un exemple typique. J’ai rencontré et aidé, comme écrivain, un gars qui était accusé d’avoir violé une jeune femme qui avait été assez précise dans sa description (physique, jour, heure, etc) et pour cause, puisque les deux protagonistes se connaissaient et s’étaient même, auparavant, fréquentés.
Comme il avait déjà eu affaire avec la Justice, il s’est vite retrouvé, malgré ses protestations, en détention préventive.
A plusieurs reprises, je suis intervenu pour lui, à sa demande. Son cas me semble bien illustrer la difficulté à faire apparaître la vérité lorsque l’on est « emprisonné ».
Donc, il était accusé d’avoir violé une jeune femme, tel jour, à telle heure. Or, à cette heure-là, il était dans le train Nice-Metz. Pour lui, le prouver, était en théorie facile, puisqu’il avait voulu voyager sans billet et avait fait l’objet d’un PV- SNCF, et ce document, il l’avait chez lui. Il a donc écrit à son avocate pour qu’elle récupère ledit document et le présente au juge d’instruction afin qu’il le remette en liberté et constate l’erreur de l’accusatrice. Pas de réponse, pas de suite. Il a donc écrit au juge d’instruction pour lui rappeler ces faits et l’existence de la preuve de sa non-participation au délit. Pas de réponse, pas de suite. Il a essayé de faire faire la recherche dudit document par un ami (en sachant que le courrier allait transiter, comme le prévoit la loi, par le juge d’instruction). Pas de réponse, pas de suite. Bref, au bout de six mois, il était toujours en prison, à clamer son innocence. Je n’ai pas connu la suite de son affaire, ayant moi-même quitté cette prison.
Il est sûr que s‘il était resté en liberté, ne serait-ce que quelques heures, ou si le juge l’avait fait, dès la première entrevue, accompagner chez lui par les gendarmes, il l’aurait cette preuve…

Avant de passer à « l’instruction », je voudrais te faire part des réformes « indispensables » qu’il faut, à mon avis, appliquer à « la garde à vue » pour qu’elle devienne « humaine » et « non contestable ».
En fait, il n’y a pas beaucoup de propositions à faire.
L’idée de rendre obligatoire, la présence d’un avocat, durant les interrogatoires, me semble, matériellement, non réalisable, en raison de son coût et de la non-disponibilité des avocats.
Au XXI° siècle, il faut enfin, utiliser les moyens audiovisuels que nous possédons et il est indispensable que « la garde à vue » soit enregistrée, image et son, de la première minute à la dernière.
Cela se fait déjà, pour les mineurs, mais c’est trop incomplet.
Pour ce faire, il faudrait que les locaux où se passent les gardes à vue soient aménagés et sous contrôle de caméra enregistreuse, sous tous les angles, entrée, couloirs, bureaux, geôle, etc.
A ce dispositif général qui a la mission de visionner et d’enregistrer l’environnement et l’ambiance de cette garde à vue, il faut ajouter un dispositif individuel, pour chaque personne mise en garde à vue.
Même si ce dispositif peut entacher l’intimité du quidam, il est indispensable dès l’arrivée dans le secteur « garde à vue », avant même le début de l’interrogatoire. En effet, avant tout échange, il y a l’accueil et ses conditions souvent dégradantes ou pour le moins désagréables, lors de la fouille à corps (nu) qui peut se faire sous l’œil de la caméra, tout en n’étant pas indiscrète, où parfois, m’a-t-on dit, les plaisanteries grivoises et parfois blessantes ne sont pas absentes. Elles peuvent être du style : « Il est baraqué, le mec, mais, il n’a rien entre les jambes » ou à l’inverse : « Avec cela, elles doivent être heureuses tes meufs »,… etc. Même si on n’est pas pudique à l’excès, ce passage obligé (disent-ils) peut, dès le départ, déstabiliser le mis en garde à vue et fausser les rapports futurs.
L’enregistrement des interrogatoires pourront éviter les pressions (courantes) sur les aveux et permettraient que cet interrogatoire se passe bien, d’égal à égal.
Pour l’enquêteur, cela lui garderait sa bonne conscience, puisqu’il ne pourrait plus influencer l’interrogé.
Pour l’interrogé, il aurait la preuve, si besoin est, de ce qu’il a dit et de ce qu’il a subi.
Il est sûr que, parfois, ces enregistrements ne seront pas du goût de l’interrogé parce qu’il a hésité, s’est contredit, s’est emmêlé les pédales, bref, parce qu’il n’a pas eu une attitude « sans équivoque ». Par contre, la vérité sur ce qu’il a dit, ne pourra plus être contesté. L’équité et la Justice y gagneraient.
Il se peut que ces heures d’enregistrement ne servent pas par la suite, mais la présence de l’enregistrement aura pour première mission, dans mon esprit, d’assainir, ce moment « primordial » pour l’avenir du « délinquant ».
Certes, on me dira que ce sera une dépense supplémentaire, mais elle sera vite compensée par le fait qu’elle évitera des détentions inutiles, voire non justifiables, elle évitera des déclarations « arrachées » et donc des rétractations difficilement admissibles et admises.

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A travers : « 1019 jours de détention… ou la vie en prison, vue du dedans, comme si vous y étiez… » (index des notes sur la journée du 7 janvier)
Clémence et Paul Denis tentent de vous faire vivre le quotidien d’un détenu « moyen », pas inculte, mais pas VIP, non plus (vous avez l’intégral de ce bouquin, complété par vos questions / remarques et mes réponses…).
Nota : Sur la journée du 14 janvier, vous trouverez un lexique des mots qui méritent une explication et/ou un commentaire…
……..
Ma Prison… ou quelques questions qui fâchent… et des solutions proposées…
A travers ces pages, Paul Denis poursuit sa réflexion, il ne se considère plus comme un détenu, mais comme un observateur qui très souvent est devenu un confident.
Vous trouverez, sur la journée du 17 mai les dates de parution de mes articles…
……
Les bouquins de Paul DENYS n’ont pas encore trouvé d’éditeur.
Si vous désirez avoir leur version papier, vous pouvez acquérir (l’un ou l’autre ou les deux) en envoyant, par volume, un chèque de 17 € (frais d’envoi compris) à Ligue des Droits de l’Homme (LDH 57), 3 rue Gambetta à 57000 METZ. Pour 10 €, je peux vous l’envoyer par e-mail (150 pages A4 ou 220 pages A4).

07/05/2008

En guise de conclusion...

A tous ceux qui m’ont permis de passer ces longs mois… sans embûche…
A tous ceux que mon éloignement n’a pas laissé indifférent qu’ils se soient manifestés, ou qu’ils s’en soient abstenus…


En guise de conclusion,

Dès les premiers jours, mon fils Victor, dans sa première lettre, en citant NIETZSCHE, m’a placé la barre très haute : "Tout ce qui ne me tue pas, me rend plus fort, accroît ma puissance, car s'il ne dépend pas de nous d'aller contre les événements, du moins est-il en notre pouvoir de les assumer, de les dépasser et d'en tirer profit...".
Dès mon arrivée à la Maison d’Arrêt de Metz, une phrase de l’Etranger d’Albert Camus, m’a interpellé (un co-détenu l’avait affichée sur notre panneau d’affichage) : « C’est un homme banal, innocent, que la Justice prend pour un criminel (un coupable). Tout cela parce qu’il refuse de mentir et d’entrer dans son jeu ». Celle-ci me semblait résumer ma situation.
La vocation première de la prison qui n’est, selon la loi, que de « priver de la liberté d’aller et venir » m’a guidé dans mes objectifs.

Ces trois phrases ont été constamment à mon esprit, pendant ces près de 34 mois.

Les deux premières étaient faciles, pour moi, elles ne dépendaient que de moi, elles ne résumaient que mon intime conviction, et le fruit de ma vie passée, ce que mes parents m’avaient appris de la vie, ce que la vie familiale et professionnelle m’avait fait mettre en pratique.
Bien vite, je me suis rendu compte que ce que disait la loi n’était pas le quotidien de ce que je vivais et allais vivre et il m’appartenait de ne pas me laisser dépasser par les événements…

Je ne conteste pas le fait que ce que l’on m’a reproché soit le fruit d’une attitude « hors-norme », et je ne prétends pas que c’était ce qu’il y avait de mieux à faire.
Dans les affaires, il y a des hauts et des bas. Et soyez-en bien sûr, j’ai une conscience et elle ne me reproche rien. Il me semble que je n’ai pas été un « danger public ».
Mais c’est fait, je le regrette, cela a été jugé, et il n’y a pas lieu de revenir sur la décision prise, même si je trouve « souvent » que celle-ci est quelque peu disproportionnée, pour ne pas dire « excessive »…

Ma seule volonté, dès le départ, a été d’assumer, en espérant et en faisant en sorte que ma propre famille ne souffre pas trop de cette situation.

Mon seul souhait a été de faire en sorte que ma période de détention ne soit que la « privation d’aller et venir », et pas plus.

Certes, ce ne fut pas facile, tous les jours.
Et pendant les quatre premiers mois, j’ai souffert « intellectuellement » et « mentalement » de « l’inactivité » et de « l’inutilité » de mon temps. Je n’y étais pas habitué…

Dès que j’ai pris « les fonctions d’écrivain », outre les avantages, en confort matériel, incontestables, ma vie entre ces murs a pris, à mes yeux, un autre sens.
En fait, je mettais tout en œuvre, pour moi-même et pour les autres, pour appliquer la pensée de Nietzsche.
C’est ainsi que jusqu’aux derniers jours, puisque ma dernière demande a été examinée le 13 septembre, j’ai tout mis en œuvre pour écourter ce temps d’éloignement… ( demande de confusion de peines, demande de non-révocation du sursis, demande de libération conditionnelle (JAP + en appel), demande de semi-liberté)… Je n’ai jamais été suivi, je n’ai jamais été compris, entendu…

Mais ces demandes (répétées) ont eu, pour effet, qu’en attendant une échéance plus favorable à ce qui était prévu, je ne pensais pas que je resterai, en prison, aussi longtemps… et cela aussi, m’a (nous a) permis de survivre… sans une « permission de sortir » pour renouer avec la famille et chercher du « travail »…

Comme vous le savez, j’ai toujours été « actif » : actif, pour m’occuper, mais aussi « actif » pour rendre service.
De cela, j’ai conscience, même si cela n’a pas été du goût de tout le monde… mais on ne se refait pas… si facilement.
Et cela m’a valu une diminution de mes remises de peines supplémentaires (RPS) = 2 x 10 j de RPS au lieu de 2 x 1 mois.

L’important était donc d’être occupé, car c’est, assurément, la seule façon de supporter un tel éloignement de sa famille, dans de telles conditions.

Je pense avoir « réussi » ma détention, mais vous le savez, comme pour tous les détenus, même les « meilleurs », les plus « résistants », les plus « adaptables », cette période n’a pas été « agréable » pour moi… !

En détention, consciemment et inconsciemment (souvent, j’espère), on est le fruit d’attitude de mépris, de brimades, de manque de respect de la personne humaine, aussi bien de la part d’autres détenus que d’autres intervenants (surveillants, intervenants extérieurs).
Certains êtres humains sont ainsi faits…
Ce n’est certes pas « physique » (au moins à mon égard), mais c’est souvent psychologique et extrêmement « déstabilisateur »… et je comprends très bien que certains (plus faibles) ne soient pas capables de résister, d’où les « pétages de plomb » (« réprimés »… et dont on en recherche pas l’origine), et pire, les suicides… j’en ai connu, en 33 mois, au moins 5, des tentatives, une bonne dizaine… des automutilations…, trop souvent.

Vous comprendrez qu’on n’arrive pas à ce stade, à de telles extrémités, sans motif… « valable »… même si beaucoup sont jeunes… ils ne sont pas tous « débiles » et/ou « incapables » (au sens médical et juridique).
L’accumulation de petits détails, pris individuellement « insignifiants », peut produire des effets très pernicieux…

Ce qui est plus malsain, en détention, c’est l’obligation que vous avez de supporter tout cet environnement hostile, je pense particulièrement :
. au bruit perpétuel (musique, cris, dialogues hauts et forts, etc…),
. à la surpopulation qui fait que les équipements sanitaires (et services communs – salles d’activité, parloirs, cuisine, etc…) ne sont plus adaptés au nombre, ce qui provoque, immanquablement, la présence d’une saleté latente qui déteint sur les lieux, mais aussi sur les individus et provoque des maladies suspectes,
. au laxisme de certains décideurs qui, trop souvent, ressemble à de la faiblesse, et lorsque l’autorité réapparaît, elle n’est plus comprise et elle provoque des conflits qui auraient pu (du) être évités,
. à une cohabitation forcée avec certains individus dangereux, peut-être pas physiquement, mais pour l’influence néfaste qu’ils peuvent avoir sur certains détenus influençables ou avides de connaissances délictueuses… !

Bien sûr, tout cela ne produit pas une situation inacceptable, insurmontable… mais cette situation est tellement négative que l’on est en droit de se demander si elle a sa raison d’être…
La prison a-t-elle vocation d’être une école de la délinquance… ? Pourquoi y a t il autant de récidivistes, d’allers et retours… ? Cette question s’est-elle imposée aux décideurs ?

Je crois qu’il est temps de regarder la vérité, en face…, même si elle doit faire mal…

Ne croyez-vous pas… ?

Aussi, vous comprendrez qu’une détention longue, si elle ne déstabilise pas complètement l’individu, elle le choque plus que la « normale »…, c’est pour cela que je la trouve trop longue, d’autant plus qu’elle ne sert pas à la réinsertion « vraie ».

En qualité d’écrivain et de confident (obligé), j’ai eu connaissance de « réels » projets, tout à fait réalisables et allant dans le sens de la « vraie » réinsertion… et ils n’ont pas abouti… pourquoi ? Parce que « ne pas prendre de risque » est la devise de certains décideurs, ce qui provoque des remises en liberté… sans préparation, sans accompagnement, et donc, des « retours »… en prison… et après, ces mêmes décideurs ont l’audace de dire « je vous l’avais bien dit »… !

Moi, j’ai 60 ans, une famille, des amis, une personnalité qui me permettront de reprendre, assez facilement, je l’espère… une vie « normale » et « honnête », sans dérapage… mais je reste l’exception qui confirme la règle.

Il n’y a pas que du négatif, dans une prison, on y rencontre aussi des personnes formidables qui font tout pour ne pas t’abaisser, pour te redonner confiance en toi-même, certains surveillants nous appellent Monsieur et vouvoient, disent « Bonjour », certains même referment ta porte (le matin lorsqu'ils voient que tu es encore couché…). Bref, le respect existe… mais c’est aussi l’exception qui confirme la règle.

Entre détenus même, il existe un certain respect « individuel » et « réciproque », et s’il est vrai que la majorité pense d’abord à elle-même, il y a aussi, chez les détenus, une solidarité « exceptionnelle »… mais cela reste des exceptions qui confirment la règle…

Certaines fonctions (très proches des détenus) sont tenues par des êtres « remarquables », aussi bien à l’Ecole qu’en formation, et dans les aumôneries. Ce n’est plus un métier, c’est plus qu’une vocation, c’est un « apostolat » …
Pour tenir, croyez-moi, il faut vraiment être « accroché » et croire que l’homme… n’est pas aussi noir qu’il peut paraître.
En général, la majorité des détenus leur rend cet hommage par leur respect… ce qui me fait penser que quand on sait « le prendre » et qu’on le respecte… un détenu est un être comme les autres, pas meilleur, mais pas plus mauvais que beaucoup d’autres.

Pour revenir à ma détention personnelle… elle m’a permis à maintes reprises de faire le point sur mon passé, à extrapoler sur le futur…

Avec le recul, un de mes regrets est de m'être laissé autant accaparer par mes différents métiers, mon travail (que j’aimais bien) et de ne pas avoir su profiter d’une vie de famille heureuse et de nos enfants petits… Ils n’ont pas l’air d’en avoir trop souffert, mais pour ma part, quand je me retrouve seul dans le noir, je ne les vois pas « petits »… et quand je vois où tout cela m’a mené, je pense que j’aurais mieux fait de plus profiter de la vie, au quotidien…
Certes, j’ai l’impression que nous avons bien vécue, sans excès, mais aussi, sans privations fondamentales…

Ce n’est pas le moment de regretter, mais parfois, on se surprend, soi-même, en pensant qu’on aurait pu organiser notre vie d’une autre façon. Un simple choix (décision) à un certain moment peut changer tout le futur…

Ainsi va la vie…


Mais je suis pour rester optimiste et je sais que j’ai encore de bonnes années, devant moi… certes il me faudra organiser notre nouvelle vie, mes nouvelles activités professionnelles, mais cela ne me semble pas « mission impossible »…

En étant, de nouveau, l’exception qui confirme la règle, je dirai que cette période de détention me laissera des mauvais souvenirs, mais aussi de bons souvenirs…

Je sais, déjà, que je ne respecterai pas la tradition qui veut que tu dois quitter la prison, sans te retourner.

La prison m’a pris 34 mois de ma vie, mais je sais que ce ne sera pas, en vain…


Un grand merci à tous ceux qui m’ont soutenu et aidé, mentalement et matériellement.

Une nouvelle page s’ouvre…



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A travers : « 1019 jours de détention… ou la vie en prison, vue du dedans, comme si vous y étiez… » (index des notes sur la journée du 7 janvier)
Clémence et Paul Denis tentent de vous faire vivre le quotidien d’un détenu « moyen », pas inculte, mais pas VIP, non plus (vous avez l’intégral de ce bouquin, complété par vos questions / remarques et mes réponses…).
Nota : Sur la journée du 14 janvier, vous trouverez un lexique des mots qui méritent une explication et/ou un commentaire…
……..
Ma Prison… ou quelques questions qui fâchent… et des solutions proposées…
A travers ces pages, Paul Denis poursuit sa réflexion, il ne se considère plus comme un détenu, mais comme un observateur qui très souvent est devenu un confident.
Vous trouverez, sur la journée du 17 mai les dates de parution de mes articles…
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05/05/2008

Ma prison...

Ma prison… ou la prison, telle que je la voudrais…

Comme je vous l’ai déjà dit, la durée de détention est souvent trop longue et de ce fait, elle est destructrice de l’individu. De plus, elle le rejette d’une façon irrémédiable, hors de la normalité et il est vain de prétendre qu’une réinsertion est possible. Les séquelles sont tels que l’ancien détenu ne sera plus jamais le citoyen qu’il était avant sa détention, sa délinquance.

Pour moi, la durée maximale de détention devrait être de 6 mois, quelque soit le délit ou crime. Pendant ce laps de temps, la Justice aura tout le loisir de trouver des peines (hors prison) pour punir le délinquant.

Les statistiques disent que la durée moyenne de détention est de 8 mois, ce qui veut dire qu’en fait, il y a beaucoup de petits séjours en prison… donc je devrais être satisfait.
Mais, je ne le suis pas, car ces séjours courts en prison, à l’heure actuelle, son tout à fait inopérants dans leur fonction punitive.
Le détenu n’y trouve pas des contraintes susceptibles de le faire réfléchir, susceptibles de lui faire regretter sa présence en ces murs.
Il vit, il attend que le temps passe dans des conditions matérielles si elles ne sont pas bonnes, pour le moins, elles ne sont pas traumatisantes.
De plus, une fois dehors, la prison ne lui laisse pas de souvenir assez déplaisant pour le persuader qu’il ne doit pas y retourner.

Pour moi, si on est reconnu coupable, on doit aller en prison, ne serait-ce que quelques temps.
Ainsi, les jeunes « petits » délinquants sont condamnés à la prison avec sursis de nombreuses fois avant d’y rentrer… Si à la première condamnation, il allait en prison… (dans ma prison), il n’y retournerait plus ou pour le moins, il redouterait un retour… ce qui n’est pas le cas aujourd’hui.

Donc ce passage obligé court (pas plus de 6 mois) permettrait aux juges de trouver des peines complémentaires en fonction de la nature du délit ou crime commis. Je leur en donnerai quelques pistes.

Pourquoi pas plus de 6 mois ?
6 mois me semblent, tout d’abord, largement suffisant pour trouver des peines complémentaires.
Pour celui qui est dedans, le régime que je lui propose devrait le dégoûter assez pour ne pas avoir envie d’y retourner…
Pour lui-même, s’il avait un employeur, ce dernier peut l’attendre (s’il en a besoin) 6 mois, au-delà, c’est du mécénat… Si la détention est longue, il sera difficile à l’ancien détenu de retrouver du travail (cf. trou dans le CV, les techniques ont évoluées, etc), de plus, l’ancien entourage professionnel l’aura oublié et ne sera pas enclin à l’aider dans sa recherche professionnelle.
S’il a une famille, avec l’aide d’amis et de leur famille, elle devrait pouvoir survivre et supporter l’éloignement de celui qui est souvent le chef de famille, celui qui apporte la meilleure paie.
De plus un éloignement long va le marginaliser dans sa propre famille, on se sera organisé sans lui, sa place ne sera plus la même.
D’un point de vue plus personnelle, la détention s’accompagne souvent d’une crise au sein du couple même, qui fait que celui-ci éclate à la sortie même si pendant la détention, les apparences ont été maintenues.

Si je veux que le maximum de délinquants passe par la prison, cela implique que les juges, sur la seule accusation (procureur), sur les seuls faits concrets connus (délit caractérisé, pris sur le fait, accident, meurtre, viols, etc), sur les seules investigations de la police judiciaire, décident qu’il y a faute et que celle-ci, au nom de la société, doit être suivie d’une punition.

Pour découvrir la gravité des faits, 6 mois sont largement suffisants dans la majorité des cas, si on s’occupe du dossier sans le faire traîner dans un placard… Alors, en fonction de ladite gravité, il sera possible de déterminer les peines complémentaires applicables en l’espèce. Dans l’absolu, je pense même que celles-ci pourraient être « choisies » en accord avec le délinquant.

Parmi les peines les plus efficaces, pour éviter la récidive, à mes yeux, et qui, souvent, peuvent aussi soulager la ou les victimes, je mettrai en premier : le déplacement du délinquant, en l’obligeant à quitter sa région d’origine. En second, je mettrai l’obligation de travailler et pas de chômage et de RMI possible (autorisé) pendant x mois ou années. Le reste suivra sans difficulté : dédommagement des victimes, interdiction de fréquenter telle ou telle personne, en rapport avec l’origine du délit, , port du bracelet, interdiction de fréquenter certains lieux, etc…

Tout cela ne se fera pas au bon gré du délinquant, mais sous la surveillance et avec l’aide d’un tuteur (éducateur) qui ne s’occupera que d’une dizaine d’individus.
Il faut une aide, une écoute et un soutien permanent, aide à la recherche d’emploi et de logement, aide aux observations et à l’exécution des peines complémentaires. 10 surveillés – protégés, cela ne fait qu’une vingtaine d’heures par mois maxi, pour chacun, cela me semble bien peu… mais on peut partir avec l’idée que le nouveau « protégé » aura / sera plus demandeur d’aide que celui qui est sur les rails depuis plusieurs mois, cela devrait faire un équilibre.

Pour éviter la récidive, il y a deux choses qui me semblent fondamentales : exiger l’éloignement et mettre en place le tuteur, présent à chaque instant, aussi bien pour aider et conseiller que pour surveiller et mettre en garde.

Ces peines, au-delà des 6 mois, doivent être acceptées par le délinquant, s’il refuse de s’y soumettre ou s’il dérape malgré les mises en garde, c’est le retour en prison pour une durée fixée d’avance et qui ne pourra être réduite (pas de RP – RPS – Grâces).


MA PRISON…


Je pense qu’elle ne plaira pas à tout le monde.

Nota : pour ne pas alourdir mon texte, je vous ferai des renvois pour expliquer pourquoi je pense que cela doit être comme cela.

Cellule individuelle (1) de 7 à 9 m² avec un lit, une table, une armoire, une chaise, un cabinet de toilette (2) avec lavabo et eau froide, WC (3),
Toute décoration, toute personnalisation interdites (4),
Pas de TV, pas de poste de radio ou CD, pas de DVD, pas de Playstation (5),
Musique de fond (ambiance), flash d’informations audio, chaque heure ou 3 fois par jour, avec possibilité pour le détenu de l’éteindre (6),
Bien sûr, porte fermée 24 h/24, sauf pour certaines activités,
Interdiction de fumer en cellule (7),
Interdiction d’y cuisiner, pourraient être toléré une bouilloire, du nescafé, sucre, etc et un peu de nourriture (type biscuits),
Au niveau confort et hygiène, bien sûr, il faut un lit correct et une literie propre, désinfectée entre chaque occupant, draps changés chaque quinzaine, maxi,
Si le coût n’en était pas trop excessif, j’envisagerai bien le retour au vêtement banalisé, type bleu de travail, avec seule possibilité de linge personnel dans les sous-vêtements, chaussettes et chaussures (8),

Cet environnement, quelque peu spartiate, devrait produire un effet d’isolement, un sentiment de non – bien-être avec cependant un confort digne du XXI° siècle.

Il est important que la prison ne soit pas un facteur de dé-sociabilisation. Donc, je pense qu’il faut y créer une vie sociale, et la possibilité de côtoyer d’autres individus, sans pour cela favoriser la trop bonne cohabitation – confraternité.
Ainsi, je pense que toute prison devrait être divisée en secteur regroupant au maximum 20 à 25 cellules.
Dans chaque secteur, on trouverait douche individuelle à laquelle chacun pourra aller une fois par jour, une salle d’activité–fumoir, un réfectoire.
Attenante à cette salle, parce que chacun doit se prendre en charge, à disposition, évier pour la vaisselle, machine à laver et sèche-linge. On peut même imaginer que les draps et serviettes sont lavés par le détenu (9).
En effet, dans ma prison, tous les repas (les 3) sont pris en commun, par table de 4 ou 6, pour un semblant de cellule familiale où parler est possible (10). Dans cette salle, on pourrait y trouver des casiers (comme dans les gares) où le détenu mettrait ses couverts, serviette, sel, poivre, etc… et son tabac. Il serait autorisé à fumer qu’après les repas, pendant un laps de temps court. La pose repas + rangement + tabac serait limité à 30 + 15 minutes.

Parmi les activités possibles : 1 h maximum le matin, et 1 h l’après-midi.

Ce qui est proposé ; promenade à l’extérieur (air libre),
salle d’activité avec jeux de société,
sport individuel (muscu),
sport collectif (11),

En sus de ces activités, seraient possible l’accès à la bibliothèque (2 ou 3 fois par semaine), les activités scolaires et bien sûr, l’accès à tous les soins – suivis médicaux nécessaires, et aux activités cultuelles.

J’envisage de réduire la possibilité d’échanges avec la famille : un seul parloir d’une demi-heure par semaine (pas de prolongation) (12), courrier libre et contrôlé (si vous voulez), pas d’accès au téléphone sauf nécessité et donc sous contrôle du travailleur social (et avec lui). Pas d’échange de linge, que des apports, rappel : le détenu lave son linge.

Au niveau des cantines : tabac (13), produits d’hygiène (de qualité, mais pas forcément de marque prestigieuse), produits alimentaires dits de confort : nescafé, sucre, gâteaux secs.

Le non respect du règlement, des consignes et de la sécurité serait sanctionné par la suppression de toute activité collective (y compris douche (14), parloir, activités, courrier), les repas seraient pris en cellule (15).
Ce régime d’isolement devrait être limité à une semaine.

Voilà ma prison idéale…

Je pense qu’elle vous a bien choqué et que vous n’avez pas envie d’y goûter…

Pour ma part, j’ai bien déliré (comme disent les jeunes), mais je pense qu’il y a du bon là dedans et qu’une telle prison serait efficace…

Avant de conclure et pour répondre à certains qui ne jurent que par la détention préventive.
Je ne suis pas contre la détention préventive, mais contre la forme qu’elle a aujourd’hui. Elle peut se justifier si les faits reprochés sont très graves et les preuves quelque peu minces, mais les présomptions grandes.
Cependant, si détention il y a, le prévenu doit avoir la possibilité de présenter tout ce qui peut être en sa faveur et avoir la possibilité de communiquer avec l’extérieur (téléphone, courrier fermé) et même on doit lui donner la possibilité de « sortir ». Pour cela le bracelet électronique (avec GPS) est tout à fait adapté. Le prévenu fait son itinéraire et le respecte.

A ce jour, ce qui est catastrophique, c’est que le prévenu n’a pas accès à son propre dossier, il ne lui est pas possible de rechercher par lui-même documents, témoignages, etc…
Actuellement, l’instruction se fait à charge, souvent mal, mais jamais à décharge, même les affirmations ne sont pas vérifiées.
Comme il s’agit de détenu, non encore reconnu comme coupable, on pourrait imaginer leur accorder un régime de type centre de détention, c'est-à-dire, régime ouvert (sauf nuit) et libre circulation.
Il est indispensable qu’il soit isolé des autres détenus condamnés qui purent leur 6 mois (maximum).

Notes :

(1) : un par cellule, comme déjà expliqué dans mon bouquin (1019 jours de détention), le plus pénible pour beaucoup de détenu, c’est de se retrouver seul. S’il y a cohabitation imposée et/ou choisie, ce n’est pas pour cela que cette cohabitation ne sera pas source de conflits. De plus, beaucoup de détenus, surtout parmi les plus jeunes, recherche la compagnie 24 h/24 d’autres détenus. Pourquoi lui offrir ce plaisir… ?

(2) : cabinet de toilettes : au XXI° siècle et parce que tout homme a droit à un minimum de respect et d’intimité. Je pense que l’on doit au détenu, un cabinet de toilettes fermé, à l’abri des regards et de l’œilleton. En cas de besoin, une interpellation peut permettre de s’assurer que tout va bien.

(3) : eau froide : l’eau chaude n’est pas nécessaire et peut être considérée comme superflu et un luxe. Il est très sain de se laver à l’eau froide…

(4) : décoration : il n’est pas bon que le détenu se sente bien « moralement » dans sa cellule. Il ne faut pas qu’il puisse se recréer un chez soi.

(5) : la TV permet trop de s’évader. Pouvoir la regarder en permanence permet de faire passer le temps. On est en prison pour subir, ce luxe n’est pas nécessaire. Les postes de radio ou CD sont, à ce jour, plus source de bruit et de conflits que de convivialité.

(6) : musique : les psychologues sont à même de sélectionner des musiques qui calment les esprits, tout en étant variées et distrayantes. Pour éviter un trop grand isolement avec l’extérieur, il faut qu’il soit prévu des flashs d’informations afin que l‘actualité soit connue du détenu. Autrement, à sa sortie, il va être déphasé. Celui qui ne veut pas en profiter, peut éteindre cette source sonore.

(7) ; linge : dans le respect de l’individu, il peut garder certains effets personnels de confort. En effet, il n’est pas nécessaire d’imposer le slip à celui qui préfère le caleçon et vice-versa. Il n’est pas nécessaire de faire marcher un individu dans des chaussures qu’il ne supporte pas…

(8) : le tabac tue… alors pourquoi en favoriser la consommation en prison. Celui qui voudrait se faire aider pour quitter la cigarette devrait y être aidé, sans réserve.

(9) : on peut imaginer que chaque détenu aurait accès à la machine à laver – sèche-linge :1/3 journée par semaine (9h à 12h – 12h à 15h – 15h à 18h).

(10) : pour éviter tout débordement et respecter l’hygiène, on peut imaginer qu’à l’issue du sport, les intéressés auraient accès à des douches collectives – limitées dans le temps. Pas de possibilité de prendre une douche à l’issue du sport dans le secteur d’habitation.

(11) : tabac en quantité limité, pour éviter tout trafic et racket… et favoriser l’arrêt de consommation.

(12) : il me semble indispensable (surtout si faire semblant de cuisiner est interdit) qu’une alimentation suffisante et équilibrée soit donnée au détenu. Celle-ci devrait être sous le contrôle permanent et journalier de diététiciens indépendants (hors administration) – établissement des menus, contrôle des produits utilisés et préparation.

(13) : cela limitera aussi l’introduction de substances interdites et donc leur consommation. A ce sujet, à l’issue du parloir, je serai assez favorable à un examen médical plus approfondi pour s’assurer que les anciens consommateurs ne consomment plus. Bien sûr, une aide médicale au sevrage sera mise en place. Je ne suis pas opposé à des vérifications sur les non-consommateurs avant.

(14) : si on est seul en cellule, on peut se laver très bien, sans avoir de douche et d’eau chaude…

(15) : on peut même imaginer un repas plus frugal, moins varié, ne contenant que le nécessaire et indispensable. Et même, suppression de la tolérance : nescafé + gâteaux secs cantinés.


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Votre idée de la prison me plaît bien, mais j’ai un peu peur du coût d’une telle réforme. Qu’en pensez-vous, Paul-Denis ? Alexandre

A Alexandre,

Cette question, je l'attendais...

Il est vrai que j'y ai pensé. En fait, je pense que c'est un vrai faux problème, car mes réformes doivent pouvoir être financées par les économies faites.

A Bientôt, et merci pour cette question pertinente...
Paul-Denis,

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Coût de ma prison…


Il est vrai que j’ai laissé sous silence, le coût de « Ma prison ». Je l’ai fait volontairement, parce que je pense que c’est un faux problème.

Actuellement, il est admis qu’une journée de détenu coûte entre 90 à 120 €, selon la structure (neuf, vieux, gestion privée) et son régime (Maison d’Arrêt, Centre pour peines, Centrale).
Ce coût comprend, outre ce que coûte le détenu (alimentation, entretien), les frais des personnels de surveillance et administratifs et les coûts de structure (amortissement des bâtiments).

Les statistiques (chiffres pris sur PRISON.EU.ORG) nous disent, qu’en 2005, il y a eu :
. 81.629 entrées, dont :
. 29.466 entrées de condamnés en comparution immédiate,
. 28.387 entrées de prévenus (non encore jugés),
. 3.907 condamnés à plus d’un an,
.19.860 condamnés à 1 an ou moins.
Ces chiffres me semblent assez bizarres, car elles ne nous indiquent pas à quelle durée ont été condamnés les 29.466 condamnés en comparution immédiate.

Mais, en fait pour mon propos, cela n’a pas d’importance. Je garde le chiffre de 81.600 entrées dont 28.400 prévenus et le chiffre de 30.000 (sur 53.400 condamnés) condamnées à environ 8 mois (moyenne de la durée de détention).

Ces chiffres montrent qu’avec ma conception de la prison (maxi 6 mois), il y a largement assez de places de prison (54.000) même si on admet que 15.000 détenus seront maintenus en prison pour de longues peines.
Comme le nombre d’entrée est relativement stable, d’une année à l’autre, on peut admettre que le nombre de sorties est quasiment équivalent au nombre d’entrées, puisque le nombre de détenus reste stable, autour de 60.000.

Ce qui veut dire que, avec 6 mois de détention maxi, on va gagner (30 jours x 6 mois x 40.000 détenus) 7.200.000 journées de détention par année, à un coût moyen de 100 €, soit 720.000.000 €.

Le surcoût de « Ma prison » ne réside que dans l’obligation que je fais, pour l’ancien détenu, d’un suivi, pendant un certain temps, parfois long, par un tuteur – éducateur.
Un tel emploi coûtera à la société 35.000 €/an (salaire et charges et structure d’encadrement)). Avec le nombre de journées en moins, on peut financer 20.500 emplois, donc suivre (1 pour 10) 205.000 anciens détenus, comme il y en a 40.000 à aider/surveiller, cela fait que nous avons le financement de 5 années de suivi… !

Personnellement je pense que cette durée est tout à fait excessive, dans mon esprit, un suivi de 2 à 3 ans serait déjà pas mal. Si en deux ans, l’ancien délinquant n’est pas remis sur les bons rails… sa cause me semble désespérée et il risque de se retrouver en prison…

Ces chiffres ne tiennent pas compte du fait que « Ma prison » est susceptible de réduire considérablement le nombre de récidivistes (ceux qui sur 10 ans de leur vie, en passe 5 ou 6 en prison, avec une dizaine de condamnations), donc le nombre d’entrées, chaque année, va se réduire puisque plus de 40 % (chiffre officiel, à mon avis sous-estimé) sont récidivistes.

A cela, vous devez rajouter un effet non négligeable, c’est lui qui va désengorger les tribunaux, puisqu’il y aura moins de récidivistes. De plus, pour les condamnés qui ne contestent pas leurs délits, pourquoi faire des investigations supplémentaires qui n’apportent aucun élément susceptible de faire modifier la peine encourue : 6 mois de prison ferme (maxi) et un programme de réinsertion avec suivi (efficace).

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A travers : « 1019 jours de détention… ou la vie en prison, vue du dedans, comme si vous y étiez… » (index des notes sur la journée du 7 janvier)
Clémence et Paul Denis tentent de vous faire vivre le quotidien d’un détenu « moyen », pas inculte, mais pas VIP, non plus (vous avez l’intégral de ce bouquin, complété par vos questions / remarques et mes réponses…).
Nota : Sur la journée du 14 janvier, vous trouverez un lexique des mots qui méritent une explication et/ou un commentaire…
……..
Ma Prison… ou quelques questions qui fâchent… et des solutions proposées…
A travers ces pages, Paul Denis poursuit sa réflexion, il ne se considère plus comme un détenu, mais comme un observateur qui très souvent est devenu un confident.
Vous trouverez, sur la journée du 17 mai les dates de parution de mes articles…
……
Les bouquins de Paul DENYS n’ont pas encore trouvé d’éditeur.
Si vous désirez avoir leur version papier, vous pouvez acquérir (l’un ou l’autre ou les deux) en envoyant, par volume, un chèque de 17 € (frais d’envoi compris) à Ligue des Droits de l’Homme (LDH 57), 3 rue Gambetta à 57000 METZ. Pour 10 €, je peux vous l’envoyer par e-mail (150 pages A4 ou 220 pages A4).

 
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