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14/03/2008

L'Isolement en Prison

Il me semble que j’ai fait le tour de toutes les informations « pratiques » que je pouvais te faire partager,, afin que tu puisses me suivre tout au long de ces journées.
Comme il me reste encore quelques jours… mois … à faire.
Et, pour poursuivre notre échange, je vais essayer de te faire part de quelques unes de mes pensées et impressions sur les conditions psychiques de ce que je vis, de ce que nous vivons… en détention.



« L’isolement » = 1ère punition… ?

A maintes reprises, j’ai eu l’occasion de te le dire déjà : c’est « l’isolement », « l’éloignement » de nos familles qui est notre première punition.
Pour certains, c’est d’ailleurs, la seule…
C’est, en fait, un sentiment général. La quasi totalité des détenus avec lesquels j’en ai discuté, souffre de cet isolement.
Ce sentiment d’isolement est d’autant plus « amplifié » qu’il est difficile, voire impossible, de trouver, en prison, un « confident » susceptible d’échanges « sincères » et « honnêtes » que tout être humain recherche… et dont il a besoin…
Pour les étrangers, l’isolement est inévitable, il y a les kms, et même ici, il est difficile d’avoir un contact téléphonique… les unités filent vite.
Pour les français ou résidents français qui ne sont pas de la région, le problème est presque identique. Les parloirs sont rares, les coups de téléphone, coûteux… et leur principale préoccupation est d’obtenir un transfert dans un Centre de détention, plus proche de chez eux.
Faisons une parenthèse : beaucoup arrivent ici, parce que le Centre de détention de Saint Mihiel leur est présenté comme un lieu où il y a de la place et du travail, où c’est bien, matériellement parlant, et pour quitter, rapidement, une Maison d’arrêt surpeuplée, voire insalubre, ils «demandent» (le mot est fort, ils «acceptent») leur transfert pour Saint Mihiel, en prévoyant (on leur dit que ce sera possible) de demander un nouveau transfert vers un lieu plus proche de chez eux.
Pour ceux qui sont de la Lorraine, Saint Mihiel est un Centre de détention, « d’affectation normale »…

Mais, quand même, paumé et très loin de toute ville, avec des moyens difficiles de communication : minimum aller-retour – 2 heures de route, pour une heure de parloir (parfois 2), donc beaucoup de frais pour les familles, pas de transport en commun, ou si peu...
Si le secteur « habitation » est adapté, les parties « travail » et « ludique » et/ou « éducatif » sont tout à fait insuffisantes… ce qui provoque un sentiment « réel » d’ennui et de désoeuvrement pour beaucoup. Et tu le sais, ou tu t’en doutes, ici plus qu’ailleurs, le désoeuvrement est source de conflit et d’agressivité.
Rien n’est simple, je le sais, mais il est surprenant que, ici comme en beaucoup d’autres lieux, il y ait toujours quelque chose qui cloche… à croire qu’il n’est pas imaginable de faire quelque chose qui « fonctionne bien »… !!!
Pour sortir de cet isolement « affectif et familial », il y a, en théorie, plusieurs moyens dont les principaux sont les aménagements de peines (libération conditionnelle, semi-liberté, chantier extérieur) et les permissions de sortie.
Je ne te dirai pas que cela n’existe que sur le papier, parce que ce serait faux… Il y en a, ici et ailleurs, mais ici, peut-être plus difficilement qu’ailleurs, en raison des personnes qui en sont maîtres… Je ne t’en parlerai pas, cela ne changerait rien…

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Rajout : L’isolement – 1ère punition

Ouah… là tu passes aux choses sérieuses.
Ca, c’est vrai, même si tu as des potes, t’es quand même seul, et ça, c’est dur, ça te fout les boules, loin de la famille.

Les perms, bien vu ton analyse. Moi, je n’ai eu qu’une perm, d’un jour, pour voir un patron qui était d’accord de me donner du taf. Mais revenir, ça était dur et j’ai failli craquer… mais après quelques heures, je me suis fait une raison, surtout que mon RDV s’était bien passé.

De Alex, le 11 mars 2007

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A travers : « 1019 jours de détention… ou la vie en prison, vue du dedans, comme si vous y étiez… » (index des notes sur la journée du 7 janvier)
Clémence et Paul Denis tentent de vous faire vivre le quotidien d’un détenu « moyen », pas inculte, mais pas VIP, non plus (vous avez l’intégral de ce bouquin, complété par vos questions / remarques et mes réponses…).
Nota : Sur la journée du 14 janvier, vous trouverez un lexique des mots qui méritent une explication et/ou un commentaire…
……..
Ma Prison… ou quelques questions qui fâchent… et des solutions proposées…
A travers ces pages, Paul Denis poursuit sa réflexion, il ne se considère plus comme un détenu, mais comme un observateur qui très souvent est devenu un confident.
Vous trouverez, sur la journée du 17 mai les dates de parution de mes articles…
……
Les bouquins de Paul DENYS n’ont pas encore trouvé d’éditeur.
Si vous désirez avoir leur version papier, vous pouvez acquérir (l’un ou l’autre ou les deux) en envoyant, par volume, un chèque de 17 € (frais d’envoi compris) à TOP SERVICES, 7 Bld d’Alsace à 57070 METZ. Pour 10 €, je peux vous l’envoyer par e-mail (150 pages A4 ou 220 pages A4).

12/03/2008

Après 4 mois... en Centre de détention

4 mois en Meuse :

"Mon" unité (25 gars maxi, en ce moment 24) est calme et mixte (jeunes et vieux), pas de tête de turc, pas de conflits, une bonne ambiance et une bonne entente, un respect mutuel et pas trop de "quémandeurs"… Bref, ce que l'on peut souhaiter de mieux, et ce, d'autant plus que malgré le mélange "français + étrangers", l'entente et la propreté sont de rigueur… Pourvu que cela dure…
En ce qui me concerne, mes journées sont bien occupées avec mon emploi d'écrivain. J'ai, donc, repris une activité qui me convient… et m'intéresse.
Par rapport à Metz, c'est plus intéressant, dans la mesure où il y a moins de courriers répétitifs, et plus de courriers "personnalisés", du type "lettre de motivation" qui nécessite un peu de réflexion et un dialogue avec l'intéressé.
En règle générale, mes "clients" savent ce qu'ils veulent dire, mais ils ne savent pas comment cela doit être dit et c'est là que j'interviens, pour mettre "en forme" leurs souhaits. Je ne fais pas de censure.
Nous avons annoncé "ma présence", à travers le bulletin interne du CD, des affichettes ont été mises sur le panneau d'affichage de chaque unité, l'information est passée auprès des travailleurs sociaux et du centre de formation et le bouche à oreille fonctionne bien…
En plus de cette activité, à temps plein, j'ai accepté d'être aide-auxi (bénévole) d'unité pour aider l'auxi en place (rémunéré) et ma "fonction" se limite à l'aider lors de la distribution des repas… Nous sommes passés "au tout barquette" pelliculée – normes européennes exigent, paraît-il !
L'inconvénient, ma nouvelle fonction me prend un peu de temps, à un moment de la journée où, en général, j'étais tranquille et "isolé" : autour des repas (avant et après). L'avantage : nous nous partageons les "restes", ce qui me permet d'exclure de mon alimentation ce qui ne me convient pas trop et de choisir ce qui me plait le plus, et ce, je l'espère, en ne provoquant pas une reprise de poids… (j'ai déjà perdu 10 kgs, encore 5, serait bien…).
Comme autres activités, je suis pris, presque chaque jour de 17h à 18h15, par une activité "pour moi"… Ce qui fait que tout compte fait… je suis bien occupé.
Il n'en demeure pas moins que j'essaie d'écrire, très régulièrement à vous, mes enfants, … et, parfois, le week-end, … à mes correspondants… Je ne laisse pas de lettre sans réponse, mais parfois, je tarde, car j'essaie de respecter l'ordre de réception…
En fait, ce sont la TV et la lecture qui souffrent le plus de mon activité… effrénée… qui a le pouvoir d'occuper mon temps… mais ai-je d'autres obligations…
Ici, nous arriverons (bientôt) au maxi : 400, et ce, en tenant compte des sorties (-20) et entrées (+45) par mois, au courant de l'été, si mes calculs sont justes.
Pour moi, cela ne devrait pas changer, au quotidien, grand chose.
Mais pour ceux qui veulent travailler ou aller en formation (stage rémunéré), cela va être plus difficile (délicat), car il semble que le "travail" commence à manquer… C'est souvent par à-coups (heures en plus + samedis), avec des périodes "sans travail du tout"…
Mais quand ils travaillent, ils sont mieux payés qu’en maison d’arrêt (200 à 500 euros/mois), mais ils se plaignent de la cadence et de longues journées (7 heures). Cela ne laisse pas de place pour d'autres activités…sport, détente, cuisine…
Si le travail manque, l'ambiance va s'en ressentir… plus d'énervement, moins d'argent, et comme beaucoup ne savent pas "s'occuper", plus de bêtises, en vue…
Heureusement qu'au niveau "sport", le CD est bien équipé, c’est peut-être insuffisant, mais le matériel semble de qualité. Nombreux sont ceux qui y vont et l'activité fonctionne par roulement du matin jusqu'au soir (18h15).
Pour ce qui est de la promenade (je n'y vais que, parfois, lorsque je trouve un compagnon de "marche", avec lequel je pourrais marcher (tourner en rond), en échangeant nos opinions sur les évènements du jour et sur nos vies, en confiance…), il y a deux cours (1 par bâtiment d'hébergement, donc pour 200 gars). Elles sont 4 à 5 fois plus grandes qu'à Metz (soit la surface d'un terrain de foot) avec bancs (en béton), un peu d'herbe, un préau avec une table de ping-pong (béton) et WC.
Ici, je suis obligé de faire pas mal de déplacement (à l'air libre), puisqu'il n'y a aucune activité (et services) dans les bâtiments d'hébergement, il faut donc, sans cesse, se déplacer, d'un bâtiment à l'autre, pour participer aux activités…
Au fait que, chaque fois, je prends un peu d'air, tu rajoutes que nous avons (en cellule) une grande fenêtre qui s'ouvre à 100 %, avec vue sur la campagne, donc mon besoin de m'échapper à l’extérieur, se fait moins sentir……, d’où mon « parfois, je vais en promenade ».
Rappel : les activités (donc la promenade) sont les seuls lieux où l’on peut discuter « longuement » avec un autre détenu qui n’est pas de son unité.
A propos de mon avenir… rien de neuf, pour le moment ; pour moi, le mieux est d'attendre et de m'occuper du moment présent, au mieux de mes intérêts, et, en ne tirant pas de plan sur la comète… "A chaque jour, suffit sa peine"…
Il est vrai qu’il est important de "se" prendre en charge. Ici, on cultive l'indépendance et la prise en responsabilité. Tu choisis, on accepte, et tu décides… Ainsi, il suffit de s'inscrire à une activité (ou travail) pour y participer… C'est à toi de le prévoir dans ton emploi du temps, comme ta porte est ouverte (en permanence), c'est à toi à ne pas "louper" l'heure…
Il est vrai que si tu "refuses" plusieurs fois (sans motif valable) d'aller "travailler" aux ateliers… ensuite, tu disparais de la liste des "autorisés" et, il est évident que pour t'y faire ré-inscrire, ce n'est pas facile…
C'est pareil pour les auxi. Une fois que tu es en place, il faut faire "correctement" ton boulot.
Ici, tout est fait pour que tu y sois bien.
Ce n'est que ton attitude qui peut t'empêcher de profiter de la "libre circulation"… et celui qui est remis en régime "semi-ouvert" (ouvert les après-midis) ou "fermé" (comme en Maison d'Arrêt), se trouve doublement frustré.
En effet, il subit un régime différent des autres et voit la "liberté" des autres… mais il faut reconnaître qu'en étant "objectif", c'est sa propre attitude qui l'a remis dans ce régime et sa situation est revue, chaque quinzaine, en commission d'affectation… donc, rien n'est définitif… mais il est sûr que pour certains, se prendre en charge, c'est dur.
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Rajout : 4 mois en Meuse
RAS, toujours aussi cool l’écrivain, et bien dans ses pompes… Un régal pour moi de te lire, je ne savais pas qu’on pouvait parler/raconter aussi bien, sur un lieu aussi infect… que j’ai quitté sans regret… A des moments, en te lisant, je me dis, ce type, quand il va sortir, il va regretter la prison, il y était si bien…. Je rigole, mais t’es trop cool, vieux.
De Alex, le 11 mars 2007
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A travers : « 1019 jours de détention… ou la vie en prison, vue du dedans, comme si vous y étiez… » (index des notes sur la journée du 7 janvier)
Clémence et Paul Denis tentent de vous faire vivre le quotidien d’un détenu « moyen », pas inculte, mais pas VIP, non plus (vous avez l’intégral de ce bouquin, complété par vos questions / remarques et mes réponses…).
Nota : Sur la journée du 14 janvier, vous trouverez un lexique des mots qui méritent une explication et/ou un commentaire…
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Ma Prison… ou quelques questions qui fâchent… et des solutions proposées…
A travers ces pages, Paul Denis poursuit sa réflexion, il ne se considère plus comme un détenu, mais comme un observateur qui très souvent est devenu un confident.
Vous trouverez, sur la journée du 17 mai les dates de parution de mes articles…
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Les bouquins de Paul DENYS n’ont pas encore trouvé d’éditeur.
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10/03/2008

Journée-type en Centre de Détention

Pour la cellule, je te donne quelques détails et différences, par rapport à Metz :
. en mieux : l’espace « toilettes » (plus petit, mais mieux agencé, avec un bon éclairage, une tablette (à Metz, il n’y en avait pas), une belle glace, un lavabo qui a la forme carrée d’un évier (ce qui facilite la vaisselle, avec une petite tablette pour poser (genre, mini égouttoir), un WC, une prise de courant.
Moi, j’y ai mis ma grande poubelle (au moins 60 l),
. en moins bien : le lit et l’armoire sont fixés au sol, donc pas d’initiative « privée ».
Moi, j’ai mis le frigo (sous la TV), à côté de la fenêtre (qui peut être ouverte à 100 %). Comme à Metz, les cellules, côte à côte, sont inversées, ce sont les sanitaires qui servent de pivot. Toutes les portes s’ouvrent dans le même sens (face à l’arrivée dans l’unité). Quand, je suis dans le coin « sanitaires », je peux voir la TV (à l’envers) dans la glace, en effet, en règle générale, je laisse la porte des sanitaires ouvertes, et je l’ai accrochée au lit, mais la nuit, elle doit être fermée, car autrement, son ouverture gêne la vision à partir de l’œilleton (et donc, la sécurité). Encore une précision, la table étant petite (57 x 63), je l’ai « libérée » au maximum et je me sers du dessus du frigo pour y déposer ma cruche qui me sert à chauffer l’eau du café et ma boîte à courrier… + Ricoré (l’ami du petit prisonnier) + bouteille d’eau, etc…

Journée – type en Centre de détention

Je m'étais dit que je pouvais aussi, te parler de ma semaine "type", en Centre de détention.
Avant que je sois "écrivain", mes journées étaient simples : ouverture de la porte à 7 h + lever pour la refermer de l'intérieur, je me recouchais jusqu'à 8 h 30 avec France 2, en fond sonore. 8 h 30 : lever + petit-déjeuner + toilette + un peu de rangement, nous arrivons à 9 h 30. A partir de là : TV ou écriture ou lecture jusqu'à 15 h 30 (avec interruption pour le repas de midi). 15 h 45 à 17 h : travail à l'infirmerie (nettoyage). 17 h à 18 h (activités : voir ci-dessous), 18 h 15 : douche + repas + fermeture de la cellule (vers 19 h) + TV couché + dodo…
Depuis quelques mois, j'ai donc "repris" l'activité d'écrivain que j'avais abandonnée, avec regret, en quittant Metz. Dès mon arrivée, il était prévu que ce "poste" me serait confié et ne voyant rien venir, j'ai pris contact avec le directeur de l'école d'ici qui m'a autorisé à venir en salle d'informatique et nous avons discuté de mon futur "emploi" et en particulier des conditions matérielles. D'emblée, il est apparu que, sans problème particulier, je pourrais utiliser un ordinateur pour la réalisation de courriers « importants ».
Donc, fin avril, le chef de détention me confirme que mon poste est créé et que je commence dès lundi et qu’ainsi, je quitte le poste d'auxi-infirmerie.
Mais, comme c'était encore les vacances scolaires et donc, de certains de mes "interlocuteurs" susceptibles de mettre en place, concrètement, mon "emploi", pendant encore 20 jours, j'ai été "écrivain officiel", non connu, puisque l'information et les définitions de l'emploi n'avaient pas été faites… ce qui ne m'a pas empêché de répondre aux demandes spontanées.
A ce jour, tout le monde étant là, il a été décidé :
. que j'assurerai une permanence (aux heures de bibliothèque),
. que, pour "ma sécurité", je n'irais pas dans les unités,
. que, si la situation (la confidentialité) l'exigeait, je pourrais utiliser une salle de l'école.
Voilà les bases actuelles qui pourront être revues, en fonction de l'évolution de la demande.
Donc, cela roule… et occupe mes journées qui se partagent entre un temps en bibliothèque et le reste, en salle informatique…
Comme autres activités, je vais 2 fois par semaine (en principe, les mardis et jeudis) en "Santé par le sport", en fait (pour moi) : 1 heure de vélo d'appartement, pour affiner ma ligne, le mercredi : 1h15 de "relaxation" (essentiellement des exercices respiratoires, des étirements et de maîtrise du corps (sentir chaque partie de notre corps, à la demande), cela détend… : voilà pour l'activité physique…
Je participe, également, à l'équipe de rédaction (six ou sept gars) du bulletin interne du CD (réunion hebdomadaire, chaque vendredi) qui s'appelle : "L'Escapade" : tout un programme… Il n’est pas mal fait, mais il passe à la "censure" et ne reflète que partiellement ce que nous voudrions qu'il soit : plus complet, plus pratique et plus intéressant pour nos co-détenus…
Toutes ces activités ont lieu de 17h à 18h15, afin que tous (y compris ceux qui travaillent) puissent y participer… Mais, en fait, les travailleurs ont quelques difficultés à y participer pleinement, car de 17h à l’heure du repas, c’est aussi, pour eux, le moment de la douche, du téléphone, de la préparation du repas (ou complément) et en tout cas, un moment où ils sont un peu libre…
Pour te préciser encore un peu la "bonne" ambiance qui règne dans notre "unité de vie", je te dirais (aux dires des surveillants) que nous sommes une unité "calme" dans laquelle ils aiment bien venir.
Ce qui implique que, comme on ne leur casse pas la tête, ils ne nous cassent pas les pieds par toutes sortes de tracasseries, même si celles-ci sont réglementaires…
Ils nous font donc confiance et on leur rend en n'en abusant pas… et en nous "gérant" nous-mêmes, en particulier, lors des repas qui, en général, subissent un certain rituel : retour en cellule, porte refermée, puis réouverture (4 par 4), puis re-fermeture… Cela peut te sembler bizarre que nous considérions que le fait de ne pas «réintégrer » (rentrer en cellule) soit considéré comme une « faveur », alors que c’est la règle… et pourtant, le fait de nous laisser nous organiser dans la distribution des repas est ressenti par la totalité des membres de notre unité comme un signe de "reconnaissance" de notre "sérieux". Je pense que tu as saisi…
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Rajout : Journée type

Comme d’hab, tu as réussi à faire ton trou. Je vois que tu sais mener ton jeu et t’organiser une petite vie cool… même en prison. Bravo, tu es un bon, et au fil des pages, je comprends pourquoi tu as réussi à écrire ce bouquin et que cela te fait rien d’y penser, à cette sacrée prison que nous avons connue. Allez, écrivain, avoue, dis-moi que c’était pas cool la prison…
De Alex, le 11 mars 2007
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A travers : « 1019 jours de détention… ou la vie en prison, vue du dedans, comme si vous y étiez… » (index des notes sur la journée du 7 janvier)
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Nota : Sur la journée du 14 janvier, vous trouverez un lexique des mots qui méritent une explication et/ou un commentaire…
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